Le Père Lagrange d’une Thérèse à l’autre par fr. Bernard Montagnes o.p.

In revue Carmel, n° 139, mars 2011, p. 110-119

Dans la basilique de Lisieux, un panneau présentait (il y a une vingtaine d’années) les personnages sur lesquels s’est exercée l’influence de Thérèse de Lisieux. On y voyait une photographie du dominicain Lagrange[1] accompagnée de la légende suivante : « Je dois à sainte Thérèse de n’être pas devenu un vieux rat de bibliothèque. Je lui dois tout, car sans elle j’aurais dû me racornir, me dessécher l’esprit. » Le même propos thérésien prêté au Père Lagrange se lit (avec la date de 1927) sous la plume de l’abbé Pierre Descouvemont dans l’article « Thérèse de l’Enfant-Jésus » du Dictionnaire de spiritualité[2].

Quelle en est la provenance ? Et d’abord ce propos est-il vraisemblable ?

Le P. Lagrange et Thérèse de Lisieux

Thérèse de Lisieux

Dans son Journal spirituel, Lagrange écrit, à la date du 30 septembre 1924, jour de S. Jérôme : « Bienheureuse Thérèse de l’Enfant-Jésus, je vous recommande instamment cette bonne Madame Cauvin… Vous voulez passer votre ciel à faire du bien : assistez cette pauvre femme, si abandonnée… »

L’année suivante, le 16 octobre 1925, Lagrange — septuagénaire — note :

« Lu la vie de sainte Thérèse de Lisieux par elle-même. Première impression étrange. Elle parle tant d’elle, de ses goûts, des signes qu’elle a demandés et obtenus, de sa sainteté… avec tant de fleurettes, de jouets. On se sent si loin de saint Augustin ou de sainte Thérèse d’Avila… Mais le sens de tout cela est ama et fac quod vis. Dans l’immense clarté d’amour divin où elle vivait, elle se voyait si peu de chose qu’elle pouvait parler d’elle sans le moindre amour-propre. Admirable leçon qu’elle donne plus que tout autre saint, avec un abandon d’enfant gâtée… »

On pourrait certes aussi songer à l’annotation spirituelle dont le dominicain Ceslas Lavergne a orné sa traduction française de la Synopse des quatre évangiles[3] publiée dans la collection des Études bibliques en 1927. À propos des notes qu’il a ajoutées, Lavergne déclare dans son Avertissement : « Mon cher maître m’ayant encouragé à appuyer discrètement sur la note de piété, j’ai eu recours à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Dans un temps où l’Évangile n’occupe pas la place qui lui est due dans les lectures et les méditations des chrétiens, n’est-il pas admirable que cette chère petite sainte, qui paraît si uniquement envahie du pur amour de Dieu, se soit si visiblement complue à cette divine lecture. »

Cela est bel et bon, mais appartient à la culture religieuse d’une autre génération que celle du Père Lagrange : Lavergne, né (en 1890) 35 ans après Lagrange, a été ordonné (en 1921) 38 ans après lui. Thérèse de l’Enfant Jésus a été béatifiée en 1923, canonisée en 1925, année des 70 ans du Père Lagrange.

Alors peut-on raccorder la Père Lagrange au char de triomphe de Thérèse de Lisieux ?

Après une enquête difficile sur la provenance du logion, j’ai abouti aux archives du Carmel de Lisieux. Là se trouve une lettre du chanoine Terrillon (1893-1969), prêtre du diocèse de Meaux et vice-postulateur de la cause de Mme Martin, qui avait rencontré le Père Lagrange, au printemps de 1927, alors en convalescence dans la maison d’accueil des Franciscaines de Sainte-Marie des Anges à Hyères. Le témoignage du chanoine Terrillon se présente ainsi :

Le R.P. Lagrange, O.P., dit un jour à [son] interlocuteur, en parlant du livre du P. Petitot sur sainte Thérèse de Lisieux : « Pourquoi avoir voulu enfermer dans la cage de nos cadres théologiques cette petite sainte, qui était faite pour voler librement en plein ciel du bon Dieu ? » Et il ajoutait finement : « Je lui dois de n’être pas devenu un vieux rat de bibliothèque. Je lui dois tout, car, sans elle, j’aurais dû me racornir, me dessécher l’esprit ».

Le dominicain Hyacinthe Petitot (1880-1934) dont il est question n’était pas, pour le Père Lagrange, un inconnu, car il a été assigné au couvent Saint-Étienne de Jérusalem de 1900 à 1914, comme novice simple et comme frère étudiant, puis comme professeur (de philosophie en 1906-1907, de théologie dogmatique ensuite). Qu’en 1927, le Père Lagrange ait lu son livre de 1925, Thérèse de Lisieux : une renaissance spirituelle, et qu’il en ait jugé les catégories scolastiques trop rigides en regard de la liberté spirituelle de la sainte, rien n’est plus vraisemblable, sans aucun mépris, du reste, pour la théologie thomiste. Tel est donc l’objet de la première partie de la conversation.

La seconde partie, en revanche, est passée d’une Thérèse à l’autre, de celle de Lisieux à celle d’Avila.

Dans le Journal spirituel du Père Lagrange, en effet, le nom de Thérèse de Lisieux n’est jamais mentionné avant 1924 (et encore, à cette date, est-ce sous la forme d’une simple invocation).

La lecture de l’Histoire d’une âme date seulement d’octobre 1925, après la canonisation, alors que le Père Lagrange, âgé de soixante-dix ans, devait sa formation spirituelle à d’autres sources — et d’abord à Thérèse d’Avila, depuis les années 1880, ainsi qu’il le relate en 1930 dans ses Souvenirs personnels : « Le peu de lumières que j’ai eues sur la vie spirituelle m’est venu surtout de sainte Thérèse d’Avila[4] ».

Le récit du chanoine Terrillon est recevable, sous réserve de la confusion aisément explicable, dans sa seconde partie, d’une Thérèse sur laquelle il était polarisé avec l’autre à laquelle songeait Lagrange. Cependant la sainte de Lisieux ne lui a pas été indifférente puisqu’il note, le 19 octobre 1927 : « J’avais promis à l’hôpital à sainte Thérèse de Lisieux de ne plus lire de romans. — Je n’ai pas assez observé cette résolution. Prétexte à me détendre l’esprit. En fait, je me fatigue davantage… Combien de fois j’ai expérimenté que la prière me repose mieux que tout ! » Mais, pour l’essentiel, c’est à l’autre Thérèse que nous sommes renvoyés.

Thérèse d'Avila

Sainte Thérèse d’Avila dans la vie du P. Lagrange

Dans un article nécrologique écrit cinq jours après le décès du Père Lagrange[5], un dominicain qui avait vécu à Jérusalem avec lui durant les deux dernières années qu’il avait passées à Jérusalem (1933-1935), l’auteur souligne « l’admiration et la vénération » que celui-ci portait à Thérèse d’Avila. Or cette dévotion du Père Lagrange, qui se manifestait ainsi dans les années de fin de vie, remonte loin et accompagne tout une vie.

Il existe un indice qu’Albert Lagrange lisait sainte Thérèse dès le séminaire d’Issy (1878-1879) : il en copie une citation dans son cahier en février 1879. Une fois devenu dominicain en octobre 1879, sous le nom de frère Marie-Joseph, elle est pour lui un auteur spirituel familier. Il en fait sa lecture au moins durant la retraite annuelle.

Dans son Journal spirituel, la date du 15 octobre, fête de sainte Thérèse, est toujours marquée de façon spéciale comme un moment de rencontre privilégiée. Lui qui se plaît à dater ses ouvrages d’une fête liturgique mémorable date ainsi son Saint Paul : Épître aux Romains : « Jérusalem, fête de sainte Thérèse, 15 octobre 1914 ». Pareillement lorsqu’en octobre 1930, il rédige les « Notes sur ma vie », il termine ainsi : « Aujourd’hui, 15 octobre, fête de l’incomparable sainte Thérèse[6]. »

L’exil du couvent de Saint-Maximin à Salamanque, de 1880 à 1886, a constitué pour les jeunes dominicains de la province de Toulouse un moment privilégié de familiarité avec les lieux thérésiens : Avila et le carmel de l’Incarnation, Alba de Tormès où sont conservées les reliques, Salamanque où Thérèse se confessait chez les dominicains. Et ce d’autant plus que le séjour des frères de Saint-Maximin a coïncidé avec le tricentenaire de sainte Thérèse[7].

L’atmosphère thérésienne à Salamanque

Cette période de sa vie, le Père Lagrange l’a évoquée deux fois. D’abord en mai 1932, dans ses Souvenirs personnels[8] :

À Salamanque, nous étions à dix-neuf kilomètres d’Alba de Tormès, où reposait le corps de sainte Thérèse. Dès les premiers jours, la grande sainte, la mistica doctora des Espagnols, nous ouvrit ce grand cœur que l’on croyait voir percé d’épines. Si ces lignes ont pour but principal d’exprimer ma gratitude envers ceux qui m’ont fait du bien, je reconnais ici que le peu de lumières que j’ai eues sur la vie spirituelle m’est venu surtout de sainte Thérèse d’Avila. Mon ordination au sous-diaconat à Avila[9] n’a pu qu’augmenter ma dévotion pour la noble et vaillante sainte.
Le couvent [de Salamanque] lui-même était plein de sa mémoire. On montrait sous le grand cloître un petit guichet par où le P. Bañez entendait sa confession quand elle était dans l’église.

Une seconde fois en avril 1937 (texte daté du 5 mai), dans l’article « Souvenirs de Salamanque »[10] :

Dans l’église du couvent Saint-Étienne : On y montrait une porte qui semblait servir de passage : elle était murée à l’intérieur sauf une petite grille. Sainte Thérèse, disait-on, s’agenouillait dans une chapelle de l’église. De l’autre côté, et presque sans quitter le cloître, le père Bañez entendait sa confession et lui donnait l’assurance du caractère divin de son oraison.

Dans le jardin clos du noviciat : Nous y plantâmes un pommier en souvenir de celui où sainte Thérèse a vu une image du Sauveur, le doux manzano[11].

Alba de Tormès : Si l’on ravivait la mémoire de la Sainte-Baume, qui conserve le souvenir de sainte Madeleine, on se disait qu’Alba de Tormès contenait le corps de sainte Thérèse. La distance était la même — et sans montée — de sorte que les plus vaillants, partis de bonne heure, franchissaient gaiement 18 à 19 kilomètres pour aller dire ou entendre la messe au couvent des Carmélites. Le saint corps reposait — et repose encore — dans une châsse placée au-dessous de l’autel, derrière des barreaux qui paraissaient de bronze, à moins qu’ils ne fussent de bois peint ! Lors du centenaire de la sainte, ils se révélèrent d’argent. […] À cette même occasion, on ouvrit un guichet qui permit d’entrevoir la cellule où mourut Thérèse de Jésus, dans un élan d’amour.
À droite de l’autel, c’est-à-dire du côté de l’Épître, son cœur est enfermé dans un cristal très limpide, de façon à être vu et vénéré des fidèles dans l’église, et des religieuses dans le chœur. Le globe de cristal est ouvert par en haut, comme si on avait voulu permettre à ce cœur de respirer encore. On a beaucoup parlé des épines qui en sont sorties pendant la guerre civile (vers 1833). Je n’ai pu distinguer qu’une sorte de poussière en dessous de la pointe du cœur, composée, semble-t-il, de petites parcelles détachées. Ce n’est là que l’impression d’une observation souvent renouvelée, mais qui doit être subordonnée aux résultats d’une étude rigoureuse et scientifique qui a sûrement été publiée, mais dont je n’ai pas connaissance.
Dans l’église, on a conservé le caveau en pierre où a d’abord été déposé le saint corps. Quelques-uns ont cru, à certains jours, y percevoir ce parfum céleste que les Italiens nomment une odeur de Paradis. Ce qui était plus évident et plus efficace, c’était l’ascendant toujours plus bienfaisant de la
mistica doctora, comme chanta toute l’Espagne durant les fêtes du centenaire.

Bilan spirituel : Dans cette solitude [de Salamanque], hantée de si hauts souvenirs, la doctrine de sainte Thérèse attirait vers l’oraison, qu’elle a décrite avec un charme inégalé, prêchée avec une conviction contagieuse. Comme le père Cormier[12] aimait à le dire : le brasier était allumé, il suffisait d’y répandre quelques grains pour que se dégageât et montât vers Dieu l’encens de la prière.

Par le Journal spirituel comme par la chronique du noviciat, on sait que M.-J. Lagrange est allé sept fois au moins, à partir de 1881, en pèlerinage aux reliques de sainte Thérèse à Alba de Tormès.

Ce que le Père Lagrange doit à Thérèse d’Avila

La ferveur thérésienne ne se borne pas aux années de noviciat. La retraite annuelle, au long de la vie active du P. Lagrange, lui permet de se plonger à nouveau dans les écrits de la sainte. Toutes les citations qui suivent ont été écrites durant une retraite.

Au passage, il note « belle doctrine », « belle pensée » de sainte Thérèse. Il s’exclame : « Mon Dieu, votre lumière est admirable ! Soyez béni de l’avoir prodiguée à votre fidèle servante, Thérèse de Jésus ! » Il rend grâce : « Lu les Moradas de ma chère sainte Thérèse : quelle clarté, quelle suavité, quel entraînement d’amour de Dieu. » « Durant cette retraite j’ai relu les Fondations, qui m’ont rappelé la Providence spéciale de Notre Seigneur pour ceux qui sont consacrés à son service. »

Il l’invoque : « Ma bonne et chère sainte, ma courageuse sainte, donnez-moi quelque chose de votre amour pour Jésus. » S’adressant au Seigneur, il confesse : « Je me suis présenté à vous avec cette tiédeur invétérée, vous priant de me guérir. Et je suis monté pour demander des lumières à sainte Thérèse, et sans aucune consolation, j’ai compris que j’abusais de sa doctrine, si j’attendais l’heure de la grâce sans rien faire. » Une autre fois : « Cette retraite a commencé dans un sentiment de sécurité et de foi, elle se continue sans que je voie autre chose que la bonté de l’oraison, donum optimum. Sont-ce les carmélites [à qui il avait prêché] qui m’ont obtenu ce désir par l’intercession de sainte Thérèse ? »

Il remarque : « Sainte Thérèse devrait m’enseigner le courage. » Il prend comme résolution de retraite : « Lire souvent sainte Thérèse puisque ses œuvres me font un bien si grand ». Il reconnaît que « la lecture de sainte Thérèse m’a toujours fait beaucoup de bien ». Et aussi que « la lecture des lettres de sainte Thérèse — toujours elle — me donne beaucoup d’estime du courage, de l’action. ». Et encore : « L’impression profonde que me font toujours les écrits de sainte Thérèse me persuade que cette chère sainte me veut du bien. »

À la lecture de sainte Thérèse, 5e demeure, ch. 3, il note : « Une grâce aussi éminente que celle de l’union n’est pas donnée en vain ; si l’âme qui la reçoit n’en profite point, elle tourne au profit des autres. J’ai connu une personne à qui ce que je dis est arrivé. »

Quand il médite sur la souffrance et l’épreuve que Jésus envoie de ses mains percées pour nous, pensée à laquelle il faut toujours revenir, il ajoute : « Les épreuves des Pères déchaussés et de la sainte Mère elle-même sont aussi bien consolantes. »

Laissons pour conclure la parole à un autre dévot dominicain de la sainte, le P. Benoît Lavaud (1890-1979), évoquant les souvenirs de son propre noviciat à Saint-Maximin en 1924-1925 :

Un dominicain ne trahit pas en lisant la santa Madre. Heureux et trop courts moments. Beaucoup plus tard j’apprendrais que notre P. Lagrange avait obtenu de passer une nuit en prière avant son ordination sacerdotale dans le parloir de l’Incarnation d’Avila [légende inexacte], et que Thérèse avait toujours été pour lui une mère, une avocate, un soutien aux heures dures[13].

Bernard Montagnes op
Toulouse, 30 août 2011

Notes    (↵ returns to text)

  1. Le P. Lagrange (1855-1938), dominicain, fut un des pionniers de l’exégèse historico-critique et le fondateur de l’École biblique de Jérusalem. Pour découvrir cette belle figure, on pourra se référer aux ouvrages de B. MONTAGNES, Le P. Lagrange (1855-1938). L’exégèse catholique dans la crise moderniste, Cerf, Paris, 1995 et Marie-Joseph Lagrange. Une biographie critique, Cerf, Paris, 2005 (note de la rédaction de Carmel).
  2. Dictionnaire de spiritualité, t. XV, col.603-604.
  3. Ouvrage du P. Lagrange.
  4. Souvenirs personnels, p. 282.
  5. M.B. Humeau, « Le Père Lagrange (1855-1938) », dans La Vie spirituelle 55, avril 1938, p. 60-76. « Les deux âmes avaient bien des points communs : deux âmes d’initiative, éprises du service divin et de contemplation, toutes deux douées d’un jugement très sûr » (p. 62).
  6. Le Père Lagrange au service de la Bible, Souvenirs personnels, Paris, Éd. du Cerf, 1967, p. 274.
  7. Un des dominicains de Saint-Maximin exilés à Salamanque, Marie-Joseph Savignol (1856-1956), a consacré deux ouvrages à la sainte : Sainte Thérèse de Jésus et l’ordre de saint Dominique, étude historique, Toulouse, Bureau du Rosaire, s. d. [1931] ; Sainte Thérèse de Jésus, sa vie, son esprit, son œuvre, Toulouse, Bureau du Rosaire, 1936. Dans celui-ci, p. 182, il fait part de ses observations sur le reliquaire du cœur conservé à Alba de Tormès : « À maintes reprises, de 1880 à 1886, nous avons eu le bonheur de tenir dans nos mains la précieuse relique. »
  8. Souvenirs personnels, p. 282.
  9. Ordonné sous-diacre à Avila le 18 décembre 1880, samedi des quatre temps. D’après le Journal spirituel, le jour même il va en pèlerinage à la maison de sainte Thérèse ; le lendemain, dimanche 19 décembre, il communie à la maison de sainte Thérèse. Selon un on-dit peu vraisemblable rapporté par le P. Lavaud, il aurait même passé la nuit en prière dans le parloir de l’Incarnation.
  10. Article reproduit dans M.-J. LAGRANGE, L’Écriture en Église, Paris, 1990, p. 90-92.
  11. L’image provenant du Cantique (Ct 2, 3), Thérèse d’Avila y fait appel dans ses Pensées sur l’amour de Dieu : « Comme il abaisse ses branches, ce divin pommier, pour que l’âme parfois cueille ses pommes en considérant ses grandeurs et l’immensité de ses miséricordes à son égard ; ce fruit de la passion qui a arrosé l’arbre de son précieux sang avec un si admirable amour, elle la voit, elle en jouit ! (ch. V, 5) Je vois dans le pommier l’arbre de la croix, car il est dit dans un autre fragment du Cantique : sous le pommier, je t’ai ressuscitée [Ct 8, 5] (ch. VII, 8).
  12. Hyacinthe-M. Cormier (1832-1916), dominicain qui, comme provincial de Toulouse, avait reçu Lagrange dans l’Ordre, puis, comme maître général, avait veillé sur l’École biblique. Il a été déclaré bienheureux le 20 novembre 1994.
  13. Benoît LAVAUD (1890-1979), Souvenirs en fragments, dans Mémoire dominicaine, N° 18, 2004, p. 71.