Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans l’éclat de ton règne par Marie-Joseph Lagrange, o.p.

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« Cependant l’autre larron, moins endurci, rentrait en lui-même au moment de paraître devant Dieu. Il se rendait justice : sa peine était méritée. Et ce même instinct de grâce si sûr lui faisait comprendre aussi que Jésus était innocent. Peut-être autrefois avait-il entendu son compagnon de supplice, alors suivi de la foule, parler du royaume de Dieu qu’il devait inaugurer comme Messie. Les prêtres venaient encore de reconnaître ses miracles. Et cependant ce Jésus se taisait. C’est qu’il attendait son heure qui sûrement sonnerait, après ces souffrances dont il avait parlé. Et s’efforçant de tourner la tête, le larron articula doucement : Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras dans l’éclat de ton règne. Admirable acte d’une foi que Jésus veut éclairer davantage, en tournant toutes les pensées du pécheur repentant vers son accès si prochain auprès de Dieu : En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. Le bon larron, qui était juif, avait sûrement entendu parler du Paradis. (…) Compagnon de Jésus sur la Croix, l’heureux larron sera désormais sous sa sauvegarde auprès de Dieu. Et c’est ainsi que sur la Croix le Sauveur servait bien réellement les autres[1]. »

La Revue du Rosaire, n° 206, novembre 2008.


Notes    (↵ returns to text)

  1. M.-J. LAGRANGE, L’Évangile de Jésus-Christ avec la Synopse évangélique, traduite par le P. C. LAVERGNE, o.p., nouvelle édition, Paris, éd. Gabalda et Cie, 1954, p. 629.