Les lieux mariaux – Itinéraire du père Lagrange par Bernard Montagnes, o.p.

Lieux mariaux – Itinéraire du Père Lagrange

Fr. Bernard Montagnes, o.p.[1]

 

Mars 1855 – Bourg-en-Bresse

« Je suis né le 7 mars, jour de S. Thomas ; j’ai été baptisé le 12, fête de S. Grégoire et, selon l’usage, sans doute consacré à Marie à l’autel de la Vierge noire. Je me trouvais donc, dès le début sous la protection de S. Joseph. Ma mère m’a mis en voeu pendant trois ans, me faisant porter le bleu et le blanc en l’honneur de Marie. Quelle douce pen­sée, et n’est-ce pas l’origine de sa tendresse pour moi ! » (Journal  spirituel, Autobiographie de 1892).

            « Regina sacratissimi Rosarii o.p.n. Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous. En 1854 on éleva à Bourg, sur le portail principal de l’église, une statue Mariae Immaculatae Deiparae… à laquelle j’ai dédié le commentaire des Juges. Quelle dut être la joie de ma mère, née à Lyon, au pied de la Vierge Immaculée de Fourvière, aimant les Filles de la Charité à qui venait d’être donnée la Médaille miraculeuse… Combien de fois dut-elle recommander à l’Immaculée l’enfant qu’elle portait ! Je suis né le 7 mars 1855, la première fête de S. Thomas après la proclamation du dogme… Il est tout de même singulier qu’au noviciat j’ai récité si souvent l’office (petit) de l’Immaculée Conception, et que ma seule épreuve au collège de Saint-Thomas [à Salamanque] ait été d’être mis à la porte pour m’être levé quand un professeur voulait nous imposer la formule de la Somme… Cela eut une grande influence sur mes dispositions de doctrine… » (Journal spirituel, 01.10.1924).

 

Mars 1872 – Lyon : Fourvière

Albert Lagrange passe le baccalauréat :

« Dans une salle du palais Saint-Pierre, le professeur déclara que j’avais l’air de tomber de Fourvière, dont la petite église brillait à travers les grands panneaux de glace. Pour donner satisfaction à la boutade du bon M. Dieu, nous montâmes le lendemain au sanctuaire de Marie, pour remercier la patronne Immaculée des Lyonnais, mes amis pleins de gaieté, moi savourant amèrement le vide de ce petit succès. » (Souvenirs personnels,  p. 247).

« Le soir du jour où je fus reçu, mes amis me menèrent à Fourvière… Ô bonne Mère, quel vide, quelle tristesse ! » (Journal spirituel, Autobiographie de 1892).

« Je pense que tu recommandes quelquefois ton vieux cousin à Notre-Dame de Fourvière, que j’ai appris à connaître dans mes tribulations, telle que ma mère l’avait toujours trouvée, si bonne et si secourable. » (À Olympe Potton, 16.01.1921).

« J’implore pour vous la protection de Notre-Dame de Fourvière, que j’ai été si consolé de retrouver pendant ma maladie. » (À Olympe Potton, 12.01.1923).

« Je compte sur toi et sur Jeanne pour me recommander à Notre-Dame de Fourvière : je suis son enfant et le fils de sa servante. » (À Olympe Potton, 30.12.1927).

1916 : Albert Lagrange est opéré à Lyon :

« … mon opération, que je ne voulus décidément pas tenter à Lausanne parce que Marie n’était pas dans cette clinique, qui s’est faite sous l’église de Fourvière, que je regardais si souvent avant et après… » (Journal spirituel).

 

Mai 1877 – Paris : église Saint-Sulpice

« Il arriva, au mois de mai de cette année 1877, que Dieu me toucha le coeur… Un jour que j’étais aux courses de Longchamp, un ami me dit qu’il y avait chez moi une dépêche… Je rentrai aussitôt : cette dépêche m’annonçait de mauvaises nouvelles de ma famille. Désolé, j’entrai à Saint-Sulpice, jusqu’au fond, aux pieds de Marie… Que se passa-t-il ? Quelques jours après, j’achetai un chapelet… Puis je rentrai à Bourg. Le jour de Ste Marie-Madeleine, j’écrivais à un ami : “Il me vient des pensées de religiosité”… Au 15 août, j’allai me confesser comme la première fois à la Visitation ; et tout stupéfait de mon audace, je confiai au confesseur le désir de me faire prêtre ! » (Journal spirituel, 24.09.1892. Voir aussi Souvenirs personnels, p. 266).

 

 

Été 1878 – Marseille : Notre-Dame de la Garde 

           « Ce voyage d’Algérie ! Plus il avançait, plus mes forces diminuaient. Après le premier enchantement, le 8 septembre à N.-D. d’Afrique, où j’entrevis pour la première fois Mgr Lavigerie, les Pères d’Alger et de l’Orient, la tentation commença ; en vain j’employai le jeûne, la discipline, la prière, la fuite… À Bône, le souvenir de S. Augustin… Au retour, cruelle tempête, angoisse inexprimable, soupirs vers N.-D. de la Garde, vocation en suspens… » (Journal spirituel, Autobiographie de 1892)

Novembre – décembre 1926

            « À Marseille… Dieu a permis, voulu cette maladie : sûrement pour mon bien si j’en avais profité… J’ai été mis dans l’impuissance, je me suis plus abandonné… mais que d’impatiences… j’ai prié et, pour la première fois peut-être, conçu un vrai désir de connaître au ciel S. Dominique, d’autres saints. Combien de fois les nuits ai-je récité le Veni Sancte Spiritus et emitte caelitus … ou le Sacris Solemniis  ; ma confiance en Marie, que j’allais saluer de loin dans son sanctuaire de N.D. de la Garde… »  (Journal spirituel, 15.10.1926)

 Été 1878 :Marseille : couvent des Dominicains

« Quand nous étions partis pour l’Algérie avec Béluze, nous étions entrés dans la chapelle empreinte de la poésie du Rosaire, construite par M. Bossan, l’architecte de Fourvière. Prosterné d’abord au bas de l’église, le regard invinciblement attiré vers le groupe placé au-dessus du choeur qui rayonne sur toute la nef, j’étais si absorbé dans la prière que mon ami avait eu peine à m’arracher à ce lieu où je me sentais déjà fixé. » (Souvenirs personnels, p. 273, écrit en octobre 1930).

 

1879

Après avoir visité la Sainte-Baume et le couvent de Saint-Maximin :

« Je fus conquis, et dès notre retour à Marseille l’abbé Castellan me conduisit [le 9 septembre] au couvent de la rue Montaud. […] Le P. Cormier, alors provincial de Toulouse, depuis général de l’Ordre, m’accueillit avec bonté : il allait partir pour Saint-Maximin où il devait prêcher la retraite. C’était une occasion favorable pour tout décider. Ainsi fut fait. » (Ibid., p. 274).

 1879, 5 octobre

« Le matin du Rosaire, j’étais à Marseille avec mon cousin Langeron, dans cette même église du Rosaire, le soir à Saint-Maximin. » (Journal spirituel, Autobiographie de 1892).

 

1878-1879 : Séminaire d’Issy

« Je pris la soutane le 21 novembre [1878], jour où les sulpiciens se consacrent chaque année à Marie. […] L’époque des ordinations arriva. Je fus tonsuré le 6 juin [1879], et mon nom inscrit dans un cœur d’or offert par les ordinands à Notre-Dame de Lorette. À ce moment, je pris ma résolution définitive [de devenir dominicain]. » (Souvenirs personnels, p. 269).

 

1880 – Lourdes

« Les recommandations du père Maître, les résolutions prises, abondamment couchées sur mon cahier réservé aux choses spirituelles, sont seulement interrompues par ces mentions laconiques : 30 septembre expulsion, 1er novembre à Lourdes, 4 novembre arrivée à Salamanque. […]  Le soir même [du 30], nous prenions le train à Marseille, et le 1ernovembre au matin nous chantions la messe de la Toussaint dans la première basilique de l’Immaculée Conception. » (« Souvenirs de Salamanque », dans La Vie dominicaine 3 [1937], reproduit dans L’Écriture en Église, Paris, 1990, p. 86).

 

1880, 17-18 décembre : Au couvent dominicain d’Avila :

M.-J. Lagrange reçoit les ordres mineurs et le sous-diaconat dans l’oratoire des novices, « devant Notre-Dame de Lourdes ». (Journal spirituel).

1881

Départ de Salamanque, le soir du 5 août, avec le P. Gil Villanova. Le 9 août, à Nay.

«15 août au soir. À Lourdes, pèlerinage à pied, arrivée à l’heure de l’Ave Maria.» (Journal spirituel).

 

Autun

« Je vous suis très reconnaissant de m’avoir fait ce beau cadeau de la Vierge d’Autun. J’ai fait mes études au petit séminaire de cette ville ; c’est pourquoi je suis très dévot à cette image de Marie. » (À sœur Cécile Merle, de Tourelles, 29.01.1937).

Être dans les bras de Marie, la Vierge d’Autun, comme l’enfant Jésus emmailloté, serré, qui se laisse prendre, porter sans remuer bras ni jambe. Autrefois je devais agir, prendre des initiatives ; aujourd’hui je dois m’en remettre à mes supérieurs; s’ils m’appellent, j’irai, s’ils me laissent, je resterai ; je ne demanderai rien. Après une vie qui n’avait de religieux que le nom, je n’ai que cette disposition comme planche de salut, confiant dans la miséricorde de Marie.(Journal spirituel, 21.10.1927).

 

La Vierge du cloître de Saint-Maximin

« Le Père Lagrange fut aussi un exemple de pauvreté évangélique. Il gardait auprès de lui les livres nécessaires pour ses cours. Sa cellule était un modèle de dépouillement et de détachement. Une autre chose qui m’impressionna beaucoup dans la vie du Père Lagrange pendant les quelques mois où j’eus la grâce de vivre avec lui, ce fut sa dévotion envers la Vierge Marie. Il avait dans sa cellule une image de la très Sainte Vierge. Mon camarade d’études, frère Martin Penido-Burnier, était très ami du Père Lagrange. Chaque fois que nous allions en promenade, il cueillait des fleurs pour les placer aux pieds de l’image. C’était la meilleure façon de faire plaisir à son maître et grand ami. » (Témoignage de fr. Domingo-Maria Leite, o.p., 30 juin 1988).

In La Revue du Rosaire, n° 213, juin 2009

 

www.mj-lagrange.org

[1] Président de la Commission historique diocésaine pour la Cause du P. Lagrange : Membre adjoint du Tribunal.

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