La fête de l’Immaculée Conception et le père Lagrange par fr. Manuel Rivero, o.p.

Manuel Rivero o. p.
Vice-postulateur pour la Cause de béatification du Père Lagrange

La vie et l’œuvre du Père Lagrange ont été marquées par la dévotion à l’Immaculée Conception. Dans ses Souvenirs personnels il relie sa naissance à cette fête liturgique mariale : « Je suis né à Bourg (Ain), ville placée sous le patronage de Marie, le 7 mars 1855, la première fête de saint Thomas d’Aquin après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, heureux événement qui réjouit si profondément le cœur de ma pieuse mère. »

La date du 8 décembre avait été choisie aussi pour la fête de l’École biblique. Si la première pierre de cette fondation avait été posée le 5 juin 1891, la prise de possession de l’École par les frères n’avait eu lieu que six mois plus tard, le 7 décembre, veille de l’Immaculée Conception.

Lors de la rédaction de L’Évangile de Jésus-Christ en 1927, le Père Lagrange se confia encore une fois à l’intercession de la Mère de Dieu : « Très douce Mère, Marie Immaculée, Reine du très Saint Rosaire, c’est pour vous plaire que je commence [ L’Évangile de Jésus-Christ ], et par vous à votre Fils : aidez-moi. Faites-le moi mieux connaître, donnez-moi de l’aimer et étant devenu uni à ses sentiments, d’avoir pour vous son amour, sa tendresse, et comme étant aussi votre esclave, la docilité et le dévouement d’un bon serviteur… Suppléez à tout ! Saint Joseph priez pour moi, saint Dominique, aidez votre enfant. »

Le frère Roland de Vaux, l’un des héritiers intellectuels et spirituels du Père Lagrange, a relevé cet attachement à la prière mariale dans le portrait qu’il a dressé de son maître : « Sa piété, parce qu’elle puisait aux sources authentiques, fut simple et profonde, sans aucun calcul, sans le moindre semblant d’ostentation. Il eut toujours pour la Vierge une dévotion filiale. Il aimait à rappeler qu’il était né l’année qui suivit la définition de l’Immaculée Conception ; l’École biblique fut mise par lui sous le patronage de Notre Dame du Rosaire.

Jusqu’aux dernières années de sa vie, il eut un règlement de novice. Levé à cinq heures, il descendait à l’église, célébrait le Saint sacrifice, prolongeait son action de grâces et son oraison, puis se mettait au travail. Vers onze heures, bien avant le début de l’office choral, il descendait à l’église. Nous étions sûrs de le voir là, priant près de ce pilier de la nef d’où l’on découvre à la fois le tabernacle et l’autel du Rosaire. »

Avec le Père Lagrange, confions-nous à la prière de l’Immaculée Conception !

(La Revue du Rosaire, n° 186, décembre 2006)