Être la mère d’un prêtre : la maman du père Lagrange par fr. Manuel Rivero, o.p.

L’Évangile nous raconte l’ambition de la mère des fils de Zébédée, les apôtres Jacques et Jean, pour qui elle demandait à Jésus les meilleures places dans le Royaume des cieux imaginé d’une façon bien matérielle.
La mère du père Lagrange n’a jamais orienté son fils vers la réussite mondaine ni même ecclésiastique. Attirée par la vie religieuse dans sa jeunesse, servante des pauvres, Élisabeth Falsan, devenue Mme Lagrange, se consacra à l’éducation chrétienne de son fils.
Au cours de son enfance et de sa jeunesse, Albert Lagrange a été façonné par les dialogues avec sa mère qui lui avoua avoir reçu très tôt comme une vision de sa vocation sacerdotale. Dans ses lettres, elle lui conseillait l’humilité et l’obéissance et elle n’hésitait pas à lui reprocher son caractère mou et indécis.
Éprouvée par la perte d’autres bébés, Élisabeth Lagrange avait confié dès sa naissance son fils Albert à l’intercession de la Vierge Immaculée, si chère aux Lyonnais. Quand il eut trois ans, elle alla en pèlerinage à Ars pour le présenter au saint curé qui le bénit. Plus tard, elle deviendra tertiaire dominicaine, partageant la vocation contemplative et apostolique de son fils appelé depuis sa prise d’habit frère Marie-Joseph.
Deux anecdotes de la vie du père Lagrange manifestent l’importance qu’il accordait à la mère du prêtre. À Saint-Maximin, la maman d’un jeune frère dominicain pleurait en accompagnant son fils au couvent. Ému par les larmes de cette femme, le père Lagrange lui dit : « Madame, ma mère me disait : une mère ne connaît toutes les joies de la maternité que lorsqu’elle a un fils prêtre. » Loin de quitter et de perdre son enfant, cette mère allait découvrir une nouvelle facette de sa maternité.
Une autre fois, lors de l’ordination d’un jeune prêtre, le père Lagrange heureux de saluer la mère de l’ordinand, lui offrit le chapelet offert par le saint curé d’Ars à sa propre mère. Ce prêtre racontait comment sa mère avait été enterrée les mains liées par le chapelet du père Lagrange, qui avait été aussi celui de sa mère et de saint Jean-Marie Vianney.

En cette Année sacerdotale, prions pour les mères des prêtres, afin qu’elles découvrent la joie profonde de donner un fils à Dieu, à l’Église et à l’humanité.

Fr. Manuel Rivero, o.p.

(La Revue du Rosaire, L’Année sacerdotale et le Père Lagrange, n° 223, mai 2010)