La vérité de la Bible d’après le Père Lagrange, o.p.

Un défi passionnant à relever par les étudiants.

Dans son discours d’inauguration de l’École biblique, le 15 novembre 1890, fête de saint Albert le Grand, prénom de son baptême, le Père Lagrange écrit :

« Il y a [dans la Bible] en histoire, en philologie, en archéologie, en morale, des problèmes qui ne seront pas de longtemps résolus, et qui nous touchent de si près que leur intérêt ne faiblit pas. Dieu a donné dans la Bible un travail interminable à l’intelligence humaine et, remarquez-le bien, il lui a ouvert un champ indéfini de progrès dans la vérité. Car ce que j’admire le plus dans la doctrine catholique, c’est qu’elle est à la fois immuable et progressive. Pour l’esprit ce n’est pas une borne, c’est une règle. Elle s’impose à lui, mais elle sollicite son activité ; elle aime être examinée de près parce qu’elle se sait sans reproche : les grandes intelligences qui ont fait éclater le cadre étroit de tant de religions, se trouvent à l’aise dans ses limites, et peuvent se livrer à loisir à leur passion dominante, le progrès dans la lumière. La vérité révélée ne se transforme pas, elle grandit. C’est une évolution, mais une évolution qui a pour cause première le Dieu révélateur, pour point de départ les dogmes, pour appui l’autorité de l’Église. C’est un progrès, parce que les acquisitions nouvelles se font sans rien enlever aux trésors du passé. » [1]

Prions pour les étudiants avides de lumière mais menacés souvent de déception et de scepticisme. Puissent l’exemple et l’intercession du Père Lagrange éveiller le meilleur d’eux-mêmes à la recherche critique de la vérité, à l’écoute de la Parole de Dieu et à la mise en pratique – toujours difficile – des enseignements révélés.

(La Revue du Rosaire, n° 184, novembre 2006)

Notes    (↵ returns to text)

  1. Marie-Joseph LAGRANGE, L’Écriture en Église. Choix de portraits et d’exégèse spirituelle (1890-1937). Présentation par M. Gilbert, s.j., collection « Lectio divina » n°142, Paris, Éditions du Cerf 1990, p.104.