L’enfance du Père Lagrange par fr. Manuel Rivero, o.p., vice-postulateur

L’enfance bressane d’Albert Lagrange, le futur frère Marie-Joseph Lagrange, fondateur de l’École biblique de Jérusalem, a été façonnée par la présence aimante de sa mère, Marie-Élisabeth Falsan. Femme de sensibilité artistique – elle aimait la peinture avec passion –, profondément chrétienne, elle a veillé sur la croissance spirituelle de son fils.

Dans ses Souvenirs personnels, le frère Lagrange décrit les étapes de son enfance où la Vierge Marie occupe déjà une grande place :

« Je suis né le 7 mars (1855), jour de saint Thomas d’Aquin ; j’ai été baptisé le 12, fête de saint Grégoire et, selon l’usage, sans doute consacré à Marie à l’autel de la Vierge noire. Je me trouvais donc, dès le début sous la protection de saint Joseph. Ma mère m’a mis en vœu pendant trois ans, me faisant porter le bleu et le blanc en l’honneur de Marie. Quelle douce pensée, et n’est-ce pas l’origine de sa tendresse pour moi ! Mes parents m’ont amené en pèlerinage à Ars, le saint curé m’a béni, et peut-être guéri d’une fatigue d’entrailles. Je sais m’être confessé à sept ans, à M. Morand, aumônier de la Visitation. On me menait vénérer la Vierge noire, et aussi, la veille de la Fête de la ville, le tableau miraculeux.

À neuf ans et demi, j’entrai au séminaire d’Autun. De bonne heure on me mit au catéchisme de première communion. J’aimais à réciter l’office de la Sainte Vierge. J’eus le bonheur de faire ma première communion, le jour de la Sainte Trinité, 27 mai 1886. Ma mère, qui ne put y assister, m’envoya une lettre touchante pour m’enseigner le sacrifice. Ma contrition était si grande que mes camarades prétendirent avoir entendu mes accusations. Le soir, nous nous consacrâmes à Marie, auprès du bassin, au pied de sa statue aujourd’hui enlevée. J’étais sincère en me donnant à elle, mais elle a été plus fidèle que moi. Le soir, nous nous consacrâmes à Marie, auprès du bassin, au pied de sa statue aujourd’hui enlevée. » [1]

Confions à l’intercession du Père Lagrange les familles et particulièrement les enfants et les adolescents, afin qu’ils aient le bonheur de découvrir l’Évangile et d’expérimenter la grâce de Jésus-Christ.

(La Revue du Rosaire, n° 182, septembre 2006)

Notes    (↵ returns to text)

  1. MONTAGNES Bernard, Marie-Joseph Lagrange, une biographie critique, Paris, Éd. du Cerf, 2004, p. 42-43.