{"id":11647,"date":"2018-11-15T18:03:51","date_gmt":"2018-11-15T17:03:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=11647"},"modified":"2021-11-12T16:11:07","modified_gmt":"2021-11-12T15:11:07","slug":"discours-inaugural-du-president-le-reverend-pere-lagrange-the-journal-of-the-palestine-oriental-society-jerusalem-1920","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=11647","title":{"rendered":"\u00c9crits de circonstances-Discours inaugural du pr\u00e9sident le R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re Lagrange &#8211; The Journal of the Palestine Oriental Society, J\u00e9rusalem 1920"},"content":{"rendered":"<div class=\"fcbkbttn_buttons_block\" id=\"fcbkbttn_left\"><div class=\"fcbkbttn_button\">\n\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/\" target=\"_blank\">\n\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/plugins\/facebook-button-plugin\/images\/standard-facebook-ico.png\" alt=\"Fb-Button\" \/>\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t\t<\/div><div class=\"fcbkbttn_like \"><fb:like href=\"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=11647\" action=\"like\" colorscheme=\"light\" layout=\"standard\"  width=\"225px\" size=\"small\"><\/fb:like><\/div><\/div><p style=\"text-align: right;\"><em>The Journal of the Palestine Oriental Society<\/em><br \/>\nvol. 1, october, 1920-1921, n\u00b0 1, p. 7<br \/>\nJerusalem<br \/>\nPrinted by W. Drugulin, Leipzig (Germany)<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Lagrange_portrait_lunettes.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2981\" src=\"https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/Lagrange_portrait_lunettes.jpg\" alt=\"\" width=\"258\" height=\"278\" \/><\/a>Discours inaugural <\/strong><strong>du pr\u00e9sident le R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re Lagrange, J\u00e9rusalem<\/strong><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mesdames et Messieurs,<\/p>\n<p>Que faisons-nous\u00a0? Nous offrons vraiment un spectacle \u00e9trange. L\u2019Europe, l\u2019Asie, le monde entier, vient d\u2019\u00eatre en proie \u00e0 la plus effroyable tourmente que l\u2019histoire ait connue. Le sol tremble encore. \u00c0 la guerre entre les nations succ\u00e8de le malaise, sinon partout la lutte ouverte entre les classes. Il se forme des comit\u00e9s pour assurer le bon ordre, pour essayer de pourvoir au pain quotidien. On se demande si l\u2019humanit\u00e9 pourra vivre dans des conditions \u00e9conomiques nouvelles. Tous les regards se portent anxieux vers l\u2019avenir. Et nous voil\u00e0 r\u00e9unis pour traiter de menus probl\u00e8mes qui ont \u00e0 peine int\u00e9ress\u00e9 le pass\u00e9, pour discuter du sens des mots et des r\u00e8gles de la grammaire, nous occuper de la g\u00e9ographie ancienne, des fleurs des champs, des vieilles m\u00e9lop\u00e9es, des lettres grav\u00e9es sur les rochers de la Palestine\u00a0!<\/p>\n<p>En v\u00e9rit\u00e9, je crains qu\u2019on ne nous reproche de jouer \u00e0 la poup\u00e9e dans un monde adulte, inquiet de ses destin\u00e9es et que des probl\u00e8mes plus urgents pr\u00e9occupent.<\/p>\n<p>Mais d\u2019abord, Messieurs, nous travaillons, et c\u2019est un excellent exemple que nous donnons dans un temps o\u00f9 les bras qui ont tenu l\u2019\u00e9p\u00e9e r\u00e9pugnent \u00e0 reprendre les outils ou la charrue. Nous travaillons, et la journ\u00e9e de huit heures nous para\u00eet trop courte pour assouvir notre curiosit\u00e9. Autant que la crise du p\u00e9trole le permet, vous prolongez vos veilles studieuses bien avant dans la nuit, et si l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 du pays n\u2019y faisait obstacle, on vous verrait reprendre l\u2019exploration du sol pour lui arracher ses secrets. Travailler, c\u2019est la vieille loi, opportune si l\u2019on ne veut pas que notre humus palestinien se recouvre de nouveau de ronces et d\u2019\u00e9pines, et le travail de l\u2019esprit n\u2019est pas moins p\u00e9nible parfois que celui de d\u00e9fricher la steppe. Nous proclamons \u00e0 notre mani\u00e8re qu\u2019il est bon que chacun reprenne son poste et s\u2019emploie au bien g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Il est vrai que nous portons nos efforts ailleurs que les utiles ouvriers qui nous fournissent le pain, mais j\u2019ose dire qu\u2019\u00e0 eux-m\u00eames nous ne sommes pas inutiles. Car l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui, si fier qu\u2019il soit des progr\u00e8s de son industrie, si haut qu\u2019il \u00e9l\u00e8ve son vol, n\u2019est point un titan qui vienne de sortir du sein de la terre. C\u2019est l\u2019h\u00e9ritier de g\u00e9n\u00e9rations nombreuses, et il est soumis, quoiqu\u2019il en pense peut-\u00eatre, aux obscures influences de son h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 et \u00e0 des lois \u00e9ternelles\u00a0; un poids de plus de quarante si\u00e8cles le courbe vers la terre, un appel non moins ancien l\u2019invite aux choses d\u2019en haut. Si quelque jour pouvait percer les t\u00e9n\u00e8bres de l\u2019avenir, si quelque chose d\u2019humain peut \u00e9clairer le pr\u00e9sent, nous guider dans notre route, nous fortifier dans l\u2019\u00e9preuve, raviver nos plus nobles esp\u00e9rances, c\u2019est la le\u00e7on du pass\u00e9, c\u2019est la lumi\u00e8re de l\u2019histoire. Seulement nous ne voulons plus de cette histoire, fille de l\u2019imagination, qui brosse de grands tableaux et range dans un bel ordre des faits \u00e9clatants dont elle n\u2019a pas contr\u00f4l\u00e9 l\u2019exactitude. Notre m\u00e9thode exige des donn\u00e9es pr\u00e9cises, fussent-elles de m\u00e9diocre apparence. C\u2019est par une \u00e9tude attentive, patiente, \u00e0 la suite d\u2019une enqu\u00eate poursuivie dans tous les milieux, que se fait aujourd\u2019hui l\u2019histoire. Les forces d\u2019un homme n\u2019y suffisent plus. Nous ne sommes plus au temps d\u2019H\u00e9rodote, ni m\u00eame de Bossuet ou de Macaulay.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 pourquoi, Messieurs, nous nous sommes group\u00e9s. Il serait assur\u00e9ment difficile de rencontrer ailleurs qu\u2019\u00e0 J\u00e9rusalem des comp\u00e9tences aussi diverses, sur un sol plus profond\u00e9ment transform\u00e9 par les civilisations les plus vari\u00e9es. Nous y rencontrons l\u2019empreinte de l\u2019antique Babylone, m\u00e8re du droit, des sciences exactes, de l\u2019astronomie, d\u2019un art r\u00e9aliste et vigoureux. Pour lire les plus antiques annales de la Palestine, il faut \u00eatre assyriologue. Mais ces annales ont \u00e9t\u00e9 exhum\u00e9es des sables de l\u2019\u00c9gypte, parce que l\u2019\u00c9gypte elle aussi avait foul\u00e9 les plaines du pays de Canaan, l\u2019\u00c9gypte d\u2019o\u00f9 est venu Mo\u00efse avec les fils d\u2019Isra\u00ebl. Et d\u00e9j\u00e0 la Gr\u00e8ce avait abord\u00e9 \u00e0 nos rivages, repr\u00e9sent\u00e9e par des anc\u00eatres qu\u2019elle avait oubli\u00e9s depuis, les Philistins, fils de la Cr\u00e8te aux cent villes, chant\u00e9e par Hom\u00e8re, et la premi\u00e8re ma\u00eetresse des eaux orientales de la M\u00e9diterran\u00e9e. Alexandre poussa jusqu\u2019\u00e0 Tyr et \u00e0 Gaza sa course triomphale, et les Romains voulurent associer ce fleuron \u00e0 la couronne d\u2019empires que baignait leur mer. Enfin l\u2019Islam vint, puis les Tartares, immense d\u00e9bordement de l\u2019Asie qui provoqua le reflux europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Car vous le savez, Messieurs, et tous, Palestiniens d\u2019origine ou d\u2019adoption, nous en sommes fiers, cette contr\u00e9e d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e avec ses collines arides du haut desquelles J\u00e9rusalem regarde vers le d\u00e9sert et vers la mer, ce pays aux dimensions \u00e9troites, mais si grand dans l\u2019histoire, surtout religieuse, est au confluent des grandes civilisations antiques et bien des races humaines, nourries sur ce sol, s\u2019y sont endormies du sommeil de la terre. Il en est d\u2019elles comme de ces couches de s\u00e9diment qui se forment au fond des mers, et qui r\u00e9v\u00e8lent aux g\u00e9ologues la flore et la faune disparues des temps \u00e9coul\u00e9s. Mais s\u2019il arrive dans ce domaine paisible de la nature que des couches plus basses se soul\u00e8vent tout \u00e0 coup et remontent \u00e0 la surface, que penser de ces stratifications humaines, toujours vivantes dans leurs descendants\u00a0? Aussi, avouons-le, J\u00e9rusalem et la Palestine ont dans le monde entier la r\u00e9putation d\u2019un sol remu\u00e9 par l\u2019ardeur des passions nationales et religieuses, et plus il appelle le concours des sp\u00e9cialistes les plus divers, plus il semble fait pour provoquer la m\u00e9sintelligence et la discorde.<\/p>\n<p>Eh bien, Messieurs, c\u2019est \u00e0 nous \u00e0 faire \u00e0 notre pays une meilleure r\u00e9putation. Plus pr\u00e9cieux encore que l\u2019encouragement au travail, plus utile que les le\u00e7ons de l\u2019histoire, vous donnerez l\u2019exemple de la concorde. Ou plut\u00f4t vous montrerez par l\u2019histoire que la haine est st\u00e9rile et destructrice, tandis que la concorde \u00e9difie, f\u00e9conde, assure le bonheur de tous.<\/p>\n<p>Sans doute cependant, et quelle que soit la bonne volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, sera-t-il opportun de prendre ses assurances. Nous ne parlerons pas de ce qui pourrait nous diviser. J\u2019ose dire que par ma robe m\u00eame on peut voir \u00e0 qui appartiennent ma vie, mon c\u0153ur et mon \u00e2me, mais je n\u2019ai pas prononc\u00e9 le mot de religion. Les \u00e9tudes religieuses, les plus graves de toutes, et comme je pense les seules d\u00e9finitivement n\u00e9cessaires, ne font point partie de notre programme. On ne devra les aborder que comme les abeilles font les fleurs, d\u2019une touche d\u00e9licate et ail\u00e9e, et afin de composer du miel. Et quant \u00e0 la politique, le mieux sera d\u2019ignorer qu\u2019elle existe et que quelques personnes puissent s\u2019y int\u00e9resser.<\/p>\n<p>Il ne me reste plus, Mesdames et Messieurs, qu\u2019\u00e0 vous exprimer ma gratitude pour l\u2019honneur qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 fait de pr\u00e9sider cette premi\u00e8re s\u00e9ance, \u00e0 remercier Monsieur le gouverneur-militaire qui a bien voulu nous accueillir ici, et \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e la Soci\u00e9t\u00e9 orientale de Palestine, en vous souhaitant une cordiale bienvenue.<\/p>\n<p>Document reproduit par <em>Association des Amis du P\u00e8re Lagrange<\/em><\/p>\n<p>Voir \u00e9galement le format PDF :\u00a0<a href=\"https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/\u00c9crits-de-circonstances-The-Journal-of-the-Palestine-Oriental-Society-Discours-inaugural.pdf\">\u00c9crits de circonstances-The Journal of the Palestine Oriental Society-Discours inaugural<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/\">https:\/\/www.mj-lagrange.org<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The Journal of the Palestine Oriental Society vol. 1, october, 1920-1921, n\u00b0 1, p. 7 Jerusalem Printed by W. 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