{"id":12294,"date":"2019-01-15T14:33:52","date_gmt":"2019-01-15T13:33:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=12294"},"modified":"2022-09-15T18:34:14","modified_gmt":"2022-09-15T16:34:14","slug":"hommage-au-pere-lagrange-pour-ses-noces-dor-par-gonzague-ryckmans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=12294","title":{"rendered":"Hommage au p\u00e8re Lagrange pour ses noces d&rsquo;or par Gonzague Ryckmans"},"content":{"rendered":"<div class=\"fcbkbttn_buttons_block\" id=\"fcbkbttn_left\"><div class=\"fcbkbttn_button\">\n\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/\" target=\"_blank\">\n\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/plugins\/facebook-button-plugin\/images\/standard-facebook-ico.png\" alt=\"Fb-Button\" \/>\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t\t<\/div><div class=\"fcbkbttn_like \"><fb:like href=\"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=12294\" action=\"like\" colorscheme=\"light\" layout=\"standard\"  width=\"225px\" size=\"small\"><\/fb:like><\/div><\/div><p><strong>Hommage-T\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\">Le P\u00e8re Lagrange<\/h2>\n<p style=\"text-align: center;\">Gonzague Ryckmans<a name=\"_ftnref1\"><\/a>[1]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>In La Revue catholique des id\u00e9es et des faits\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">XIII<sup>e\u00a0<\/sup>ann\u00e9e, n\u00b0 39<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Vendredi 22 d\u00e9cembre 1933<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui m\u00eame, 22 d\u00e9cembre, le P. Lagrange f\u00eate \u00e0 J\u00e9rusalem ses noces d\u2019or sacerdotales. Dans l\u2019intimit\u00e9 de sa famille religieuse, au milieu de ses disciples de choix qui sont devenus ses collaborateurs, et \u2013 le terme est du P. Lagrange lui-m\u00eame \u2013 ses ma\u00eetres, dans le cadre de cette \u00c9cole biblique dont chaque pierre lui a co\u00fbt\u00e9 tant de labeurs et de soucis, il rendra gr\u00e2ces \u00e0 Dieu pour ces cinquante ann\u00e9es de vie sacerdotale et religieuse consacr\u00e9es tout enti\u00e8res au service ind\u00e9fectible de la v\u00e9rit\u00e9. Si elles ne furent exemptes ni de joies ni surtout d\u2019\u00e9preuves, elles furent sans tache. En les \u00e9voquant, l\u2019illustre jubilaire pourra redire la parole de l\u2019\u00c9criture\u00a0: <em>\u00c6tas senectutis, vita immaculata<\/em><a name=\"_ftnref2\"><\/a>[2].<\/p>\n<p>Il est n\u00e9 sous le signe de saint Thomas d\u2019Aquin, le 7 mars 1855. Mais la vocation dominicaine ne se manifesta qu\u2019apr\u00e8s un passage \u00e0 la Facult\u00e9 de droit \u2013 o\u00f9 le futur ex\u00e9g\u00e8te fut brillamment re\u00e7u au doctorat \u2013 suivi de trois ann\u00e9es pass\u00e9es au s\u00e9minaire d\u2019Issy. C\u2019est en 1879 qu\u2019il entra au noviciat de Saint-Maximin. Quelques ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes de th\u00e9ologie dogmatique \u00e0 Salamanque, et d\u2019ex\u00e9g\u00e8se \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Vienne\u00a0; une initiation scientifique due au contact personnel de l\u2019abb\u00e9 Thomas<a name=\"_ftnref3\"><\/a>[3], l\u2019un des pr\u00e9curseurs de la critique biblique en France, suffirent \u00e0 donner au jeune dominicain une exacte compr\u00e9hension de l\u2019indiscutable m\u00e9diocrit\u00e9 des \u00e9tudes scripturaires chez les catholiques.<\/p>\n<p>Non pas que la Bible jou\u00e2t chez eux un moins grand r\u00f4le que chez les protestants. Mais ces derniers la tenaient pour l\u2019unique r\u00e8gle de foi\u00a0: leur recours \u00e0 l\u2019original et aux versions les amen\u00e8rent \u00e0 user largement des m\u00e9thodes de la critique. Les rationalistes \u00e0 leur tour adopt\u00e8rent celles-ci pour montrer que certains passages ayant \u00e9t\u00e9 alt\u00e9r\u00e9s ou donnant lieu \u00e0 plusieurs variantes entre lesquelles l\u2019h\u00e9sitation \u00e9tait possible, le caract\u00e8re surnaturel intrins\u00e8que et litt\u00e9ral des Livres saints ne s\u2019imposait pas avec l\u2019\u00e9vidence que les protestants se plaisaient \u00e0 reconna\u00eetre. Quant aux catholiques, forts des t\u00e9moignages de la tradition et de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise, ils cherchaient dans l\u2019\u00c9criture, parole de Dieu, les fondements de la doctrine, les r\u00e8gles de la vie morale, les exemples propos\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9dification du chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>Mais, \u00e0 part quelques hommes, tel Van Hoonacker<a name=\"_ftnref4\"><\/a>[4] \u00e0 Louvain, rares \u00e9taient ceux qui s\u2019occupaient des Livres saints comme objet d\u2019\u00e9tude scientifique. On n\u00e9gligeait l\u2019h\u00e9breu et le grec pour s\u2019en tenir au latin de la Vulgate, les questions d\u2019authenticit\u00e9 \u00e9taient r\u00e9solues d\u2019autorit\u00e9, d\u2019un point de vue uniquement doctrinal et dogmatique.<\/p>\n<p>De plus en plus les catholiques ressemblaient \u00e0 une arm\u00e9e menac\u00e9e d\u2019un si\u00e8ge, qui se retrancherait dans ses positions avec le seul objectif de repousser les assauts de l\u2019ennemi, sans m\u00eame s\u2019inqui\u00e9ter de savoir si elle pourrait lutter avec lui \u00e0 armes \u00e9gales.<\/p>\n<p>Et c\u2019\u00e9tait le moment o\u00f9 les \u00e9coles mythiques d\u00e9niaient \u00e0 l\u2019Ancien comme au Nouveau Testament leur valeur historique\u00a0; quant aux \u00e9volutionnistes, ils ajustaient les \u00c9critures aux cadres de l\u2019histoire religieuse <em>a priori<\/em>suivant les principes d\u2019une \u00e9volution de l\u2019humanit\u00e9, o\u00f9 le monoth\u00e9isme ne se serait d\u00e9gag\u00e9 que progressivement d\u2019un polyth\u00e9isme mat\u00e9riel et barbare. Appliquant ces principes \u00e0 la Bible, ils bouleversaient les notions re\u00e7ues, r\u00e9visaient la date de composition des Livres saints, et remettaient en question leur authenticit\u00e9. Dans tous ces syst\u00e8mes, \u00ab\u00a0la r\u00e9v\u00e9lation et la r\u00e9demption disparaissent, il n\u2019y a plus d\u2019intervention directe de Dieu dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9\u00a0; la religion catholique dont on respecte l\u2019id\u00e9al de justice et de saintet\u00e9, a eu tort de lier sa fortune \u00e0 des l\u00e9gendes sans valeur<a name=\"_ftnref5\"><\/a>[5]\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Renan<a name=\"_ftnref6\"><\/a>[6] \u00e9tait alors \u00e0 son apog\u00e9e. Fait \u00e9trange\u00a0: son \u0153uvre qui suscit\u00e9 tant de passions contradictoires a \u00e9t\u00e9 surfaite par ses amis dans ce qu\u2019elle a de plus m\u00e9diocre, et sous-estim\u00e9e par ses adversaires l\u00e0 o\u00f9 elle m\u00e9ritait qu\u2019il lui f\u00fbt rendu justice. Sa mission de Ph\u00e9nicie, o\u00f9 il se r\u00e9v\u00e9la un pionnier de l\u2019exploration arch\u00e9ologique, ses travaux sur l\u2019\u00e9pigraphie s\u00e9mitique, et notamment la part pr\u00e9pond\u00e9rante qu\u2019il a prise \u00e0 la fondation et \u00e0 la r\u00e9daction du <em>\u00a0Corpus inscriptionum semiticarum<\/em>, lui assurent une place honorable parmi les orientalistes. Mais ce ne sont pas ces titres-l\u00e0 qui lui ont valu une statue \u00e0 Tr\u00e9guier et une enseigne de la rue dans les plus banales sous-pr\u00e9fectures. Pour le grand public, Renan est l\u2019homme de l\u2019<em>Histoire d\u2019Isra\u00ebl<\/em>, de la <em>Vie de J\u00e9sus\u00a0<\/em>et des <em>Ap\u00f4tres\u00a0<\/em>o\u00f9, en un style prestigieux, il a mis \u00e0 la port\u00e9e des lecteurs fran\u00e7ais les th\u00e9ories des \u00e9coles lib\u00e9rales allemandes. \u00ab\u00a0Sa n\u00e9gation du christianisme, enti\u00e8re et passionn\u00e9e, \u00e9tait mise au service d\u2019un sentiment religieux qu\u2019il proposait comme \u00e9tant d\u2019une essence plus rare, sans y assujettir les autres plus que lui-m\u00eame. Il ne parlait pas de J\u00e9sus sans un accent tendre et d\u00e9vot, donnant ainsi satisfaction \u00e0 ce qui resterait en France, en dehors du christianisme, de vague religiosit\u00e9<a name=\"_ftnref7\"><\/a>[7].\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quelques apologistes faisaient de leur mieux pour parer les coups. Parmi eux, M. Vigouroux se trouvait au premier rang. Son \u00e9rudition consid\u00e9rable s\u2019effor\u00e7ait de faire appel aux d\u00e9couvertes modernes, tant en mati\u00e8re scientifique qu\u2019historique, pour \u00e9tablir contre les adversaires l\u2019accord de la Bible et de la science. \u00ab\u00a0On peut douter, a dit trop cruellement de lui M. Loisy<a name=\"_ftnref8\"><\/a>[8], qu\u2019il y ait, par ailleurs, rendu de bien grands services \u00e0 la cause qu\u2019il d\u00e9fendait. En r\u00e9futant la critique, il a fait conna\u00eetre la critique, et comme il l\u2019a fort insuffisamment r\u00e9fut\u00e9e, en d\u00e9pit de sa bonne volont\u00e9, parce que la critique n\u2019\u00e9tait pas toujours r\u00e9futable, il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 beaucoup d\u2019esprit les d\u00e9fauts de la position catholique<a name=\"_ftnref9\"><\/a>[9]\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La grande faiblesse de Vigouroux<a name=\"_ftnref10\"><\/a>[10] et des \u00ab\u00a0apologistes\u00a0\u00bb de son \u00e9poque, le P. Lagrange la signalait d\u00e8s 1892\u00a0: elle r\u00e9sultait de l\u2019attitude purement d\u00e9fensive dans laquelle ils se cantonnaient. \u00ab\u00a0Rien de plus f\u00e2cheux, dira-t-il plus tard, quand il s\u2019agit de la recherche de la v\u00e9rit\u00e9, que ces allusions plus ou moins voil\u00e9es \u00e0 une consigne, que les mots de concession, et surtout de tactique, comme si nous occupions une position qu\u2019il faut d\u00e9fendre par d\u2019habiles dispositions et par tous les stratag\u00e8mes<a name=\"_ftnref11\"><\/a>[11].\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et encore\u00a0: \u00ab\u00a0De toute fa\u00e7on une d\u00e9fense perp\u00e9tuelle de la Bible ne rend pas justice \u00e0 sa dignit\u00e9. Elle est l\u2019\u0153uvre de Dieu, le tr\u00e9sor sans prix confi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9glise, une source de lumi\u00e8re, un principe d\u2019action morale et religieuse. Elle doit \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e en elle-m\u00eame, dans son texte primitif, dans son milieu, avec le concours de la philologie, de l\u2019arch\u00e9ologie, de l\u2019histoire<a name=\"_ftnref12\"><\/a>[12].\u00a0\u00bb C\u2019est l\u00e0 toute la raison d\u2019\u00eatre et aussi le programme d\u2019une \u00c9cole biblique, en m\u00eame temps que le motif de son \u00e9tablissement \u00e0 J\u00e9rusalem.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de 1890, le P. Lagrange visitait pour la premi\u00e8re fois les Lieux saints. \u00c0 la fin de la m\u00eame ann\u00e9e l\u2019\u00c9cole ouvrait ses portes. La voie de son fondateur \u00e9tait trac\u00e9e\u00a0: voici quarante-trois ans qu\u2019il l\u2019a suivie sans d\u00e9vier. Appliquer aux probl\u00e8mes d\u2019ex\u00e9g\u00e8se et de critique biblique que la th\u00e9ologie ne r\u00e9sout pas la m\u00e9thode scientifique dans le respect absolu de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise\u00a0; \u00ab\u00a0former des sp\u00e9cialistes qui ne soient pas des tributaires des sciences qu\u2019ils combattent<a name=\"_ftnref13\"><\/a>[13]\u00a0\u00bb, qui deviennent eux-m\u00eames des ma\u00eetres et travaillent, au m\u00eame titre que les savants ind\u00e9pendants, au progr\u00e8s de la science \u00e0 laquelle ils ont vou\u00e9 leur activit\u00e9, voil\u00e0 ce qui conf\u00e9rera aux ex\u00e9g\u00e8tes l\u2019autorit\u00e9, et \u00e0 leurs travaux un prestige jusque-l\u00e0 compromis.<\/p>\n<p>Il recruta aussit\u00f4t une admirable pl\u00e9iade de jeunes auxquels il distribua selon les aptitudes des lots du terrain \u00e0 d\u00e9fricher.<\/p>\n<p>Dans les locaux de fortune, sans biblioth\u00e8que, s\u2019improvisant tour \u00e0 tour professeur d\u2019ex\u00e9g\u00e8se des deux Testaments, d\u2019h\u00e9breu, d\u2019assyrien, d\u2019\u00e9pigraphie, d\u2019arch\u00e9ologie, alimentant en grande partie la <em>Revue biblique\u00a0<\/em>qu\u2019il fondait en 1902, parcourant \u00e0 cheval \u2013 et souvent non sans danger \u2013 la Palestine, la Transjordanie, la p\u00e9ninsule du Sina\u00ef, il marque de son empreinte son \u00e9cole et ses \u00e9l\u00e8ves. De l\u2019avis de saint Fran\u00e7ois de Sales, \u00ab\u00a0la bonne fa\u00e7on d\u2019apprendre, c\u2019est d\u2019\u00e9tudier, la meilleure, c\u2019est d\u2019\u00e9couter, et la tr\u00e8s bonne, c\u2019est d\u2019enseigner<a name=\"_ftnref14\"><\/a>[14]\u00a0\u00bb. C\u2019est la \u00ab\u00a0tr\u00e8s bonne\u00a0\u00bb, sans conteste, qu\u2019a pratiqu\u00e9e le P. Lagrange, et elle lui a r\u00e9ussi.<\/p>\n<p>Avec une s\u00fbret\u00e9 de coup d\u2019\u0153il dont on reste confondu, il entrevoit la solution des probl\u00e8mes les plus divers, en indiquant la marche \u00e0 suivre pour y parvenir. Dans le premier fascicule de la <em>Revue biblique\u00a0<\/em>il \u00e9tablit les donn\u00e9es de la localisation de la J\u00e9rusalem antique \u00e0 l\u2019encontre de la tradition moderne\u00a0; les fouilles qui se poursuivent encore aujourd\u2019hui sur la colline d\u2019Ophel<a name=\"_ftnref15\"><\/a>[15]sont venues pleinement confirmer ces vues. Que d\u2019intuitions aussi g\u00e9niales \u2013 r\u00e9sultat d\u2019un labeur acharn\u00e9 \u2013 dans les identifications et localisations relevant de la topographie, dans l\u2019interpr\u00e9tation des anciennes inscriptions, dans la discussion des syst\u00e8mes d\u2019ex\u00e9g\u00e8se, des th\u00e9ories critiques et historiques les plus vari\u00e9es\u00a0!<\/p>\n<p>La haute tenue scientifique de la\u00a0<em>Revue biblique <\/em>lui assura d\u2019ailleurs les collaborations les plus flatteuses. \u00c0 Louvain, o\u00f9 l\u2019on suivait avec sympathie ces d\u00e9buts pleins d\u2019esp\u00e9rances, les professeurs Lamy, Van Hoonacker, Ladeuze et Coppieters lui apport\u00e8rent les plus pr\u00e9cieux concours.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps qu\u2019elle tient le public au courant des progr\u00e8s de la science, une revue stimule les travailleurs qui ont la charge de l\u2019alimenter\u00a0; elle les force \u00e0 mettre au point les r\u00e9sultats de leurs recherches et leur permet d\u2019amorcer des \u0153uvres de vaste envergure, qu\u2019ils publieront plus tard en volumes s\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n<p>Marchant toujours de l\u2019avant, conscient des services immenses que rendrait une vaste collection de commentaires scientifiques de l\u2019\u00c9criture sainte doubl\u00e9s de travaux de premi\u00e8re main traitant des diff\u00e9rentes sciences auxiliaires, le P. Lagrange fonda en 1900 la collection d\u2019 \u00ab\u00a0\u00c9tudes bibliques\u00a0\u00bb qui allait donner aux catholiques un droit de cit\u00e9 d\u00e9finitif et incontest\u00e9 dans le domaine de la Bible et de l\u2019orientalisme. Comme toujours, il paya largement de sa personne. Il y d\u00e9buta par des commentaires sur l\u2019Ancien Testament et des \u00e9tudes sur les religions s\u00e9mitiques.<\/p>\n<p>Mais il ne tarda pas \u00e0 abandonner ces disciplines \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves devenus eux-m\u00eames des sp\u00e9cialistes, et \u00e0 des collaborateurs de choix, pour se cantonner dans l\u2019\u00e9tude de saint Paul, des \u00c9vangiles et du milieu juif \u00e0 l\u2019\u00e9poque de J\u00e9sus-Christ. Ses commentaires sur les \u00c9p\u00eetres aux Romains et aux Galates, ses quatre volumes consacr\u00e9s aux \u00c9vangiles, condens\u00e9s plus tard dans son admirable \u00e9tude sur l\u2019<em>\u00c9vangile de J\u00e9sus Christ,<\/em>ses enqu\u00eates sur <em>Le Messianisme chez les Juifs\u00a0<\/em>et sur <em>Le Juda\u00efsme avant J\u00e9sus Christ\u00a0<\/em>font de lui le ma\u00eetre incontest\u00e9 de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se et de la critique n\u00e9o-testamentaires.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Certaines sciences, a dit M. Paul Hazard, sont si difficiles et si compliqu\u00e9es, qu\u2019elles demeurent pour ainsi dire interdites au grand public\u00a0; elles demandent, pour \u00eatre abord\u00e9es seulement, une initiation pr\u00e9alable\u00a0; elles exigent une vertu d\u2019asc\u00e9tisme qui ne saurait \u00eatre commun\u00e9ment r\u00e9pandue. R\u00e9sister \u00e0 cette contagion du facile, qui est un des maux les plus \u00e9vidents de notre soci\u00e9t\u00e9 moderne, pour maintenir au contraire le sens du difficile et du rare\u00a0: r\u00e9sister aux puissances de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et d\u2019illusion, qui tendraient \u00e0 nous faire croire que, seuls, le pr\u00e9sent et l\u2019imm\u00e9diat sont dignes de notre attention\u00a0; montrer par l\u2019exemple ce que les \u00e9tudes d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9es ont non seulement d\u2019\u00e9lev\u00e9 dans leur principe, mais n\u00e9cessaire \u00e0 la vie d\u2019une nation\u00a0; former loin des succ\u00e8s brillants des successeurs qui reprendront le m\u00eame sillon<a name=\"_ftnref16\"><\/a>[16]\u00a0\u00bb, telle est la noble mission des \u00e9coles et des groupements scientifiques qui se consacrent dans le silence et le recueillement \u00e0 la recherche de la v\u00e9rit\u00e9. Ce sens du difficile et du rare \u00ab\u00a0transpara\u00eet dans toute l\u2019\u0153uvre du P. Lagrange, dans la minutie et la pr\u00e9cision des plus humbles recherches critiques, dans l\u2019accumulation infatigable d\u2019une \u00e9rudition exactement inform\u00e9e, sur lesquelles s\u2019\u00e9l\u00e8vera ensuite la brillante synth\u00e8se semblable \u00e0 l\u2019\u00e9difice b\u00e2ti sur le roc.<\/p>\n<p>Parvenu au soir de sa carri\u00e8re, l\u2019illustre savant peut mesurer avec une joie intime et profonde le chemin parcouru depuis un demi-si\u00e8cle. Il y a tout d\u2019abord son \u0153uvre de pr\u00e9dilection, son \u00c9cole, l\u2019\u00c9cole biblique et arch\u00e9ologique de J\u00e9rusalem,, officiellement reconnue par le gouvernement fran\u00e7ais dans le magnifique couvent de Saint-\u00c9tienne, \u00e0 l\u2019ombre de la basilique byzantine d\u00e9di\u00e9e par Eudocie au premier martyr, \u00e0 l\u2019endroit m\u00eame o\u00f9 il rendit t\u00e9moignage au Christ.<\/p>\n<p>Cette \u00c9cole, mod\u00e8le des institutions similaires \u00e9tablies \u00e0 J\u00e9rusalem ou ailleurs, pourvue d\u2019une biblioth\u00e8que sans rivale en Orient et d\u2019un outillage scientifique parfait, rayonne aujourd\u2019hui par le monde. Ses professeurs sont des ma\u00eetres incontest\u00e9s, ses \u00e9l\u00e8ves peuplent les \u00e9tablissements scientifiques, depuis la Biblioth\u00e8que vaticane et les universit\u00e9s jusqu\u2019aux s\u00e9minaires les plus lointains.<\/p>\n<p>La <em>Revue biblique, <\/em>la collection d\u2019<em>\u00c9tudes bibliques<\/em>, et les publications plus sp\u00e9cialis\u00e9es sont devenues des instruments de travail indispensables dans le monde savant. La critique biblique catholique a \u00e9t\u00e9 restitu\u00e9e dans sa dignit\u00e9 et dans son prestige, elle est aujourd\u2019hui affranchie de cette p\u00e9nible suj\u00e9tion \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la critique ind\u00e9pendante \u00e0 laquelle il lui fallait demander des armes pour la combattre. L\u2019esprit scientifique p\u00e9n\u00e8tre peu \u00e0 peu les travaux de vulgarisation et les manuels, telle la pr\u00e9cieuse collection <em>Verbum salutis\u00a0<\/em>qui ne m\u00e9nage pas sa gratitude au P. Lagrange et \u00e0 ses collaborateurs pour la dette contract\u00e9e \u00e0 leur \u00e9gard.<\/p>\n<p>Moisson splendide\u00a0! Elle n\u2019a pas lev\u00e9 seulement sous la chaude caresse du soleil d\u2019Orient, elle a connu aussi les heures sombres et les orages.<\/p>\n<p>L\u00e9on XIII, qui aimait les hommes ardents et passionn\u00e9s pour le vrai, et dont un des grands soucis fut la restauration des \u00e9tudes philosophiques et ex\u00e9g\u00e9tiques dans l\u2019\u00c9glise, ne m\u00e9nagea pas ses encouragements au jeune fondateur de l\u2019\u00c9cole de J\u00e9rusalem. Il comprenait l\u2019ardeur de ceux qui se trouvent engag\u00e9s dans la m\u00eal\u00e9e\u00a0; lorsqu\u2019il leur arrivait de ne pas mesurer exactement leurs coups, il avait le secret de les mod\u00e9rer discr\u00e8tement et avec une paternelle indulgence. Ses lettres <em>Providentissimus\u00a0<\/em>et <em>Vigilantiae\u00a0<\/em>t\u00e9moignent de sa volont\u00e9 de garantir aux travailleurs la pleine libert\u00e9 scientifique dans le respect absolu du dogme dont il \u00e9tait le gardien.<\/p>\n<p>Survint la crise moderniste. Le danger se manifesta surtout l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on \u00e9tait le moins par\u00e9 \u00e0 subir le choc. En adressant les f\u00e9licitations de l\u2019\u00c9piscopat belge \u00e0 la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie de Louvain cinq fois centenaire, S. Em. le cardinal van Roey rappelait l\u2019attachement de cette institution aux doctrines orthodoxes, allant de pair \u00ab\u00a0avec une saine modernit\u00e9, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment, ajoutait-il, cette note sagement progressive qui a pr\u00e9serv\u00e9 notre \u00c9cole th\u00e9ologique du modernisme<a name=\"_ftnref17\"><\/a>[17]\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et l\u2019\u0153uvre constructive du P. Lagrange fut, contre les id\u00e9es de M. Loisy, un antidote plus efficace que de volumineuses r\u00e9futations. Mais la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une r\u00e9action imm\u00e9diate et ferme se faisait imp\u00e9rieusement sentir. La temp\u00eate am\u00e8ne des remous dans les r\u00e9gions que l\u2019on pourrait croire \u00e0 l\u2019abri de l\u2019orage. Aujourd\u2019hui le recul du temps donne un singulier relief \u00e0 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et \u00e0 l\u2019humilit\u00e9 avec laquelle certains hommes, qui pla\u00e7aient au-dessus de tout la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la Foi et la soumission \u00e0 l\u2019\u00c9glise, subirent l\u2019\u00e9preuve. Qui n\u2019a jamais rien produit ne craint pas le d\u00e9saveu, suivant l\u2019avertissement donn\u00e9 par le sage Bo\u00e8ce<a name=\"_ftnref18\"><\/a>[18] dans ses Consolations\u00a0: <em>Si tacuisses, philosophus mansisses<\/em>[19]<em>.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Le P. Lagrange comprit que le sceau de l\u2019adversit\u00e9 est la marque supr\u00eame de la faveur de Dieu. Il fit sienne la devise de Montalembert\u00a0<em>: Virtus virescit vulnere<\/em>[20]<em>.<\/em><\/p>\n<p>Il s\u2019\u00e9tait remis r\u00e9solument au travail, lorsque la guerre vint disperser professeurs et \u00e9l\u00e8ves et menacer l\u2019\u00c9cole d\u2019une ruine irr\u00e9parable. Les Turcs y install\u00e8rent leur \u00e9tat-major. La biblioth\u00e8que ne fut \u00e9pargn\u00e9e que gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention d\u2019amis s\u00fbrs. Le P. Lagrange fut d\u00e9port\u00e9, puis expuls\u00e9, et pendant quatre ans, par un miracle d\u2019\u00e9nergie, il parvint \u00e0 maintenir presque seul la <em>Revue biblique<\/em>, avec l\u2019aide de quelques rares collaborateurs. D\u00e8s la nouvelle de la prise de J\u00e9rusalem par les Anglais, il s\u2019embarque et veille \u00e0 ce que tout soit pr\u00eat \u00e0 accueillir les siens au lendemain de la victoire. Celle-ci le trouva remis \u00e0 la t\u00e2che.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui il n\u2019a plus qu\u2019une ambition\u00a0: celle de poursuivre en paix son labeur dans son humble cellule de moine, entour\u00e9 de fid\u00e8les et filiales amiti\u00e9s qui veillent sur sa verte vieillesse.<\/p>\n<p>Le secret de cette vie\u00a0? L\u2019amour de Dieu et de l\u2019\u00c9glise\u00a0; la passion de la v\u00e9rit\u00e9 et de la recherche scientifique, le d\u00e9tachement absolu qui seul, permet de poursuivre dans la solitude un travail opini\u00e2tre et acharn\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e8s 7 heures du matin, chaque jour, sa messe et son action de gr\u00e2ces termin\u00e9es, le P. Lagrange se retire dans sa cellule. Jusqu\u2019\u00e0 midi il est retranch\u00e9 de parmi les vivants, invisible, presque inabordable. C\u2019est \u00e0 peine si on l\u2019entrevoit, haute et massive silhouette, vo\u00fbt\u00e9e par l\u2019\u00e2ge, se diriger d\u2019un pas quelque peu tra\u00eenant vers la biblioth\u00e8que, o\u00f9 il va contr\u00f4ler une r\u00e9f\u00e9rence, consulter un ouvrage. Le regard fatigu\u00e9 para\u00eet absent\u00a0; les traits sont fig\u00e9s sous le calot en bataille\u00a0; d\u2019un geste nerveux il caresse la barbe grisonnante. De son \u00e9criture menue et r\u00e9guli\u00e8re il remplit d\u2019innombrables feuillets. Sa pens\u00e9e est intens\u00e9ment concentr\u00e9e pendant ces heures qu\u2019il ne sacrifie \u00e0 personne. Il ne s\u2019interrompt qu\u2019\u00e0 l\u2019office de midi. Religieux exemplaire, il est assidu \u00e0 sa stalle. Puis ce sera la d\u00e9tente \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation qui suit le repas. Il y t\u00e9moigne d\u2019une simplicit\u00e9 et d\u2019une fra\u00eecheur d\u2019\u00e2me exquises, secou\u00e9 d\u2019un rire silencieux aux mots d\u2019esprit qui ne manquent pas de fuser. Jamais sa conversation n\u2019est banale. Sa parole est mesur\u00e9e, sa courtoisie, h\u00e9rit\u00e9e d\u2019une vieille lign\u00e9e bourgeoise de la province fran\u00e7aise, ne se d\u00e9ment pas. Il est, je pense, un des derniers humanistes. Les classiques grecs et latins sont ses compagnons de choix aux heures lourdes du jour, et plus tard l\u2019apr\u00e8s-midi se passe \u00e0 d\u00e9pouiller les revues les plus diverses, \u00e0 corriger les \u00e9preuves, \u00e0 prendre contact avec les piles de livres qu\u2019apporte chaque courrier.<\/p>\n<p>S\u2019il faut en croire Anatole France, \u00ab\u00a0on ne peut bien m\u00e9priser les honneurs que quand on les a obtenus\u00a0\u00bb. C\u2019est l\u00e0 peut-\u00eatre le raffinement de l\u2019orgueil. Le vrai d\u00e9tachement consiste \u00e0 m\u00e9prises les honneurs qu\u2019on n\u2019a pas recherch\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 part quelques titres acad\u00e9miques qu\u2019il n\u2019a jamais brigu\u00e9s, quelques distinctions dont il n\u2019arbore pas les insignes, le P. Lagrange met sa seule fiert\u00e9 \u00e0 porter la robe blanche de saint Dominique, sur laquelle il a jet\u00e9 un \u00e9clat incomparable. Sa gloire \u00e0 lui, c\u2019est d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le champion de la v\u00e9rit\u00e9, d\u2019avoir consacr\u00e9 sa vie \u00e0 r\u00e9aliser l\u2019id\u00e9al propos\u00e9 par L\u00e9on XIII\u00a0: <em>Ne veritatis impar sit cum errore concertatio<\/em><a name=\"_ftnref21\"><\/a>[21]. Sa r\u00e9compense, c\u2019est la restauration des sciences bibliques dans le respect de la R\u00e9v\u00e9lation et de la R\u00e9demption, restauration due pour la plus grande part\u00a0 \u00e0 l\u2019immense labeur \u00ab\u00a0de celui que l\u2019on doit saluer comme le premier des ex\u00e9g\u00e8tes catholiques<a name=\"_ftnref22\"><\/a>[22]<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Source\u00a0: <a href=\"https:\/\/donum.uliege.be\/expo\/revue_catholique\/pdf\/P00209D-1933-12-22.pdf\">https:\/\/donum.uliege.be\/expo\/revue_catholique\/pdf\/P00209D-1933-12-22.pdf<\/a><\/p>\n<p>Transcription\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.mj-lagrange.org\/\">www.mj-lagrange.org<\/a><\/p>\n<p>0119<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a name=\"_ftn1\"><\/a>[1][Gonzague Ryckmans (1887-1969) chanoine, orientaliste, arch\u00e9ologue, docteur \u00e8s langues s\u00e9mitiques belge.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\"><\/a>[2]Sap. IV, 9.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\"><\/a>[3][Jacques-Bernard Thomas (1853-1893), pr\u00eatre, th\u00e9ologien, professeur d\u2019h\u00e9breu et d\u2019\u00c9criture sainte.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\"><\/a>[4][Albin van Hoonacker (1857-1933), h\u00e9braisant, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Louvain, belge.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn5\"><\/a>[5]<em>Revue biblique,<\/em>1892, p. 7.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn6\"><\/a>[6][Ernest Renan (1823-1892) philologue, philosophe, historien, \u00e9crivain fran\u00e7ais.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn7\"><\/a>[7]M.-J. Lagrange, <em>M. Loisy et le Modernisme<\/em>, Paris, 1932, p. 52.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn8\"><\/a>[8][Alfred Loisy (1857-1940) pr\u00eatre et th\u00e9ologien catholique fran\u00e7ais.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn9\"><\/a>[9]<em>Choses pass\u00e9es<\/em>, Paris, 1013, pp. 58-59.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn10\"><\/a>[10][Fulcran Vigouroux (1837-1915) p.s.s., ex\u00e9g\u00e8te, professeur d\u2019h\u00e9breu et d\u2019\u00c9criture sainte.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn11\"><\/a>[11]<em>Revue biblique<\/em>, 1905, pp. 298-299.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn12\"><\/a>[12]<em>M. Loisy et le Modernisme<\/em>, p. 14.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn13\"><\/a>[13]<em>Revue biblique,<\/em>1902, p. 314.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn14\"><\/a>[14]<em>Intr. \u00e0 la vie d\u00e9vote,<\/em>\u00e9d. d\u2019Annecy, pp. 10-11.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn15\"><\/a>[15][colline occup\u00e9e par les ruines de la cit\u00e9 de David.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn16\"><\/a>[16]Paul Hazard, Le 4<sup>e<\/sup>Centenaire du Coll\u00e8ge de France, dans <em>Revue des Deux mondes<\/em>, 15 juin 1931, p. 839.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn17\"><\/a>[17]<em>Le V<sup>e<\/sup>centenaire de la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie de l\u2019Universit\u00e9 de Louvain, <\/em>Bruges, 1932, p. 164.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn18\"><\/a>[18][Bo\u00e8ce (480-524) Philosophe et homme politique latin.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn19\"><\/a>[19][Si tu t\u2019\u00e9tais tu t\u2019\u00e9tais tu, tu serais rest\u00e9 un philosophe.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn20\"><\/a>[20][la blessure renforce le courage.]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn21\"><\/a>[21]Lettre <em>Vigilantiae.<\/em>[parce que la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas d\u00e9savantag\u00e9e dans la lutte contre l\u2019erreur]<\/p>\n<p><a name=\"_ftn22\"><\/a>[22]J. Coppens dans <em>Revue d\u2019Histoire eccl\u00e9siastique<\/em>, 1933, p. 955.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hommage-T\u00e9moignage Le P\u00e8re Lagrange Gonzague Ryckmans[1] &nbsp; In La Revue catholique des id\u00e9es et des faits\u00a0 XIIIe\u00a0ann\u00e9e, n\u00b0 39 Vendredi 22 d\u00e9cembre 1933 Aujourd\u2019hui m\u00eame, 22 d\u00e9cembre, le P. Lagrange f\u00eate \u00e0 J\u00e9rusalem ses noces d\u2019or sacerdotales. Dans l\u2019intimit\u00e9 de sa famille religieuse, au milieu de ses disciples de choix qui sont devenus ses collaborateurs, &#8230;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=12294\" class=\"more-link\">Continue reading &lsquo;Hommage au p\u00e8re Lagrange pour ses noces d&rsquo;or par Gonzague Ryckmans&rsquo; &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,29],"tags":[],"class_list":["post-12294","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-sur-le-pere-lagrange","category-temoignages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12294","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12294"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12294\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14954,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12294\/revisions\/14954"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12294"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12294"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12294"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}