{"id":4243,"date":"2013-09-13T18:04:50","date_gmt":"2013-09-13T16:04:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=4243"},"modified":"2014-05-18T10:28:32","modified_gmt":"2014-05-18T08:28:32","slug":"l%c3%a9cole-biblique-et-la-d%c3%a9couverte-arch%c3%a9ologique-parr-monsieur-ernest-will-membre-de-l%e2%80%99adad%c3%a9mie-des-inscriptions-et-belles-lettres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=4243","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00c9cole biblique et la d\u00e9couverte arch\u00e9ologique par Monsieur Ernest Will, Membre de l\u2019Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres."},"content":{"rendered":"<div class=\"fcbkbttn_buttons_block\" id=\"fcbkbttn_left\"><div class=\"fcbkbttn_button\">\n\t\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/\" target=\"_blank\">\n\t\t\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/plugins\/facebook-button-plugin\/images\/standard-facebook-ico.png\" alt=\"Fb-Button\" \/>\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t\t<\/div><div class=\"fcbkbttn_like \"><fb:like href=\"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=4243\" action=\"like\" colorscheme=\"light\" layout=\"standard\"  width=\"225px\" size=\"small\"><\/fb:like><\/div><\/div><p style=\"text-align: right;\">In\u00a0: Comptes-rendus des s\u00e9ances de l&rsquo;Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres, 134<sup>e<\/sup> ann\u00e9e, N. 4, 1990. pp. 857-864. (Pers\u00e9e)<\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\">C\u2019est en 1890 que le P. Marie-Joseph Lagrange fonda l\u2019\u00c9cole pratique d\u2019\u00e9tudes bibliques<\/span> et qu\u2019il l\u2019installa dans les b\u00e2timents du couvent dominicain de Saint-\u00c9tienne aux portes de J\u00e9rusalem.<\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><em>\u00c9cole pratique d\u2019\u00e9tudes bibliques<\/em><\/span>, tel \u00e9tait le nom de l\u2019institution dont nous c\u00e9l\u00e9brons aujourd\u2019hui le centenaire sous le nom d\u2019<span style=\"color: #993300;\"><i>\u00c9cole biblique et arch\u00e9ologique fran\u00e7aise de J\u00e9rusalem<\/i><\/span>\u00a0: d\u2019une institution strictement priv\u00e9e et d\u2019ob\u00e9dience confessionnelle l\u2019on passe \u00e0 une autre qui comporte une face scientifique et publique. Comment s\u2019est fait ce changement, il m\u2019appartient d\u2019abord de vous l\u2019expliquer.<\/p>\n<p>La date du changement est aussit\u00f4t significative\u00a0: 1920. Le monde sort de cinq ann\u00e9es d\u2019une guerre terrible\u00a0; au Proche-Orient, l\u2019Empire ottoman s\u2019est \u00e9croul\u00e9 et la Palestine a pass\u00e9 sous mandat britannique, comme la Syrie voisine sous mandat fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>\u00c0 J\u00e9rusalem, les nouvelles autorit\u00e9s ont \u00e0 c\u0153ur de donner \u00e0 la Palestine l\u2019armature d\u2019un pays moderne et dans un pays, o\u00f9 les fouilles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 nombreuses, il convenait aussi de mettre sur pied l\u2019organisation administrative et scientifique correspondante. D\u2019o\u00f9 le projet d\u2019associer \u00e0 l\u2019\u00c9cole am\u00e9ricaine, revenue sur place apr\u00e8s les ann\u00e9es de guerre, et \u00e0 l\u2019\u00c9cole britannique, nouvellement cr\u00e9\u00e9e, l\u2019\u00c9cole biblique fran\u00e7aise, elle aussi de retour. C\u2019est le professeur J. Garstang, le premier directeur du nouveau D\u00e9partement des Antiquit\u00e9s et aussi de l\u2019\u00c9cole britannique, qui fit des propositions en ce sens \u00e0 l\u2019\u00c9cole biblique. Une bonne mani\u00e8re de la part d\u2019un repr\u00e9sentant d\u2019une nation alli\u00e9e\u00a0? Peut-\u00eatre\u00a0; mais certainement pour autant et plus encore la reconnaissance de la <span style=\"color: #993300;\">valeur de la cr\u00e9ation du P. Lagrange<\/span>. Et il convient aussi de rappeler les droits d\u2019anciennet\u00e9, si l\u2019on peut dire, de l\u2019\u00c9cole, la premi\u00e8re institution de ce genre autoris\u00e9e par les Turcs \u00e0 s\u2019installer sur place \u00e0 J\u00e9rusalem, suivie, seulement en 1900 de l\u2019\u00c9cole am\u00e9ricaine et en 1902 par l\u2019Institut \u00e9vang\u00e9lique allemand.<\/p>\n<p>Une n\u00e9gociation triangulaire s\u2019ensuivit \u00e0 Paris entre le minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique, l\u2019Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres et l\u2019\u00c9cole biblique. Le prestige de cette derni\u00e8re \u00e9tait incontest\u00e9 \u00e0 J\u00e9rusalem\u00a0; il restait \u00e0 Paris de trouver une formule faite aussi bien pour \u00e9viter d\u2019\u00e9ventuelles susceptibilit\u00e9s d\u2019une R\u00e9publique encore pointilleuse sur le chapitre de la la\u00efcit\u00e9 que pour respecter la volont\u00e9 d\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019\u00c9cole dirig\u00e9e par les dominicains de J\u00e9rusalem. C\u2019est l\u2019Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres qui offrait l\u00e0 un patronage d\u2019une valeur scientifique et d\u2019une neutralit\u00e9 incontestables. Il n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re opportun au reste de placer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une institution qui avait fait ses preuves une autre nouvelle et d\u00e9pendant directement de l\u2019\u00c9tat, comme il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 inutile aussi de doubler des outils de travail, tel que la biblioth\u00e8que constitu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9cole biblique.<\/p>\n<p>Et ainsi d\u00e8s octobre 1920, dans une lettre adress\u00e9e au P. Lagrange, R. Cagnat, Secr\u00e9taire perp\u00e9tuel de l\u2019Acad\u00e9mie, lui demanda \u00ab\u00a0d\u2019assurer \u00e0 la France dans l\u2019\u00e9tude des antiquit\u00e9s palestiniennes la part qui lui revient en accord scientifique avec les \u00c9coles anglaise et am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb. Et le premier rapport d\u2019activit\u00e9 d\u00e9taill\u00e9 de la nouvelle \u00c9cole pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie par E. Pottier, dans sa s\u00e9ance du 13 octobre 1922, rappelait les bases m\u00eames de l\u2019accord intervenu. Il \u00e9tait entendu que \u00ab\u00a0l\u2019\u00c9cole fran\u00e7aise d\u2019arch\u00e9ologie plac\u00e9e sous la direction du P. Lagrange resterait tout \u00e0 fait distincte de l\u2019\u00c9cole biblique qui garderait son ind\u00e9pendance et son autonomie compl\u00e8tes\u00a0\u00bb. Il \u00e9tait de m\u00eame entendu que \u00ab\u00a0les missionnaires d\u00e9sign\u00e9s par l\u2019Acad\u00e9mie recevraient l\u2019hospitalit\u00e9 dans une Maison des \u00e9tudiants situ\u00e9e en dehors du couvent\u00a0\u00bb\u00a0; qu\u2019ils \u00ab\u00a0auraient par ailleurs le libre usage de la biblioth\u00e8que et des collections de l\u2019\u00c9cole\u00a0\u00bb\u00a0; qu\u2019ils \u00ab\u00a0suivraient les cours sp\u00e9ciaux ou publics faits par les P\u00e8res et prendraient part \u00e0 leurs promenades et explorations\u00a0\u00bb. De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019Acad\u00e9mie assurait le contr\u00f4le scientifique de l\u2019\u00c9cole, recrutait des missionnaires (les boursiers de notre temps), prenait connaissance du rapport d\u2019activit\u00e9 que le directeur de l\u2019\u00c9cole lui adressait obligatoirement chaque ann\u00e9e. Enfin \u2013 nous sommes en 1922 \u2013 une somme de 8 000 francs, mise \u00e0 la disposition par le minist\u00e8re de l\u2019Instruction publique et destin\u00e9e \u00e0 l\u2019entretien de la biblioth\u00e8que, serait vers\u00e9e par l\u2019Acad\u00e9mie \u00e0 l\u2019\u00c9cole.<\/p>\n<p>J\u2019arr\u00eaterai l\u00e0 le rappel des donn\u00e9es administratives et statutaires, qui ont pu conna\u00eetre \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience des ajustements divers. Aujourd\u2019hui, c\u2019est le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, par l\u2019interm\u00e9diaire de la DGRCST, qui est l\u2019autorit\u00e9 de tutelle et le dispensateur des fonds de l\u2019\u00c9cole arch\u00e9ologique, l\u2019Acad\u00e9mie des inscriptions gardant toujours le contr\u00f4le scientifique.<\/p>\n<p>Que ce contr\u00f4le ait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie pouvait se recommander de la comparaison avec la tutelle exerc\u00e9e par celle-ci depuis longtemps sur les prestigieuses \u00c9cole de Rome et d\u2019Ath\u00e8nes. De plus, les liens entre l\u2019Acad\u00e9mie et l\u2019\u00c9cole \u00e9taient anciens et dus aux contacts personnels entre les hommes de l\u2019\u00c9cole et certains membres de l\u2019Acad\u00e9mie. Une place \u00e0 part revient l\u00e0 sans nul doute au marquis Melchior de Vog\u00fc\u00e9 (1829-1916) dont le r\u00f4le dans la pr\u00e9sence de l\u2019arch\u00e9ologie fran\u00e7aise au Proche-Orient a \u00e9t\u00e9 capital\u00a0; on le sait bien pour la Syrie voisine, mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa fameuse <i>Syrie centrale<\/i>, publi\u00e9e entre 1865 et 1877, se place aussi et d\u00e8s 1864 son <i>Temple de J\u00e9rusalem<\/i>. Quant aux bons rapports que le marquis aura avec l\u2019\u00c9cole biblique, ils ont connu une illustration toute r\u00e9cente par le fait que ses descendants viennent de faire don de sa biblioth\u00e8que personnelle \u00e0 l\u2019\u00c9cole, o\u00f9 une pi\u00e8ce sp\u00e9ciale lui est r\u00e9serv\u00e9e dans l\u2019aile arch\u00e9ologique nouvellement cr\u00e9\u00e9e. D\u2019autres noms seraient \u00e0 citer, avant tout celui de Ch. Clermont-Ganneau (1846-1923), ce chercheur hors ligne qui consacra une activit\u00e9 longue, infatigable et extraordinairement fructueuse \u00e0 la red\u00e9couverte de la Palestine et du Proche-Orient antiques.<\/p>\n<p>On ne sera pas \u00e9tonn\u00e9 de la sorte de constater qu\u2019\u00e0 plusieurs reprises, et d\u00e8s avant 1920, l\u2019Acad\u00e9mie fit appel \u00e0 l\u2019\u00c9cole pour des missions pr\u00e9cises. D\u00e8s 1897, le P. Lagrange est charg\u00e9 de retrouver et de relever \u00e0 P\u00e9tra l\u2019inscription nabat\u00e9enne la plus longue connue \u00e0 l\u2019\u00e9poque, une mission dont il se tira brillamment, avec l\u2019aide du P. Vincent (<i>RB<\/i> 1897, p. 208-238). Une autre mission, en 1899, eut pour but de pr\u00e9ciser les limites du Tell Gezer. En 1904, les PP. Jaussen et Savignac proc\u00e8dent \u00e0 une exploration du Neguev o\u00f9 ils rel\u00e8vent le site nabat\u00e9o-byzantin d\u2019Avedat (l\u2019Oboda antique). Et les m\u00eames ex\u00e9cutent en 1907 et 1912 une s\u00e9rie de missions en Arabie du Nord et en Transjordanie, comme ils seront encore charg\u00e9s en 1914 d\u2019une mission \u00e9pigraphique \u00e0 Palmyre.<\/p>\n<p>On ne peut mentionner par la suite que la mission de Tell Neirab (proche d\u2019Alep en Syrie) et confi\u00e9e en 1926 et 1927 aux PP. Carri\u00e8re et Barrois, assist\u00e9s par un jeune arch\u00e9ologue d\u2019avenir, A. Parrot, boursier de l\u2019\u00c9cole. Derni\u00e8re mission de cet ordre, celle effectu\u00e9e en 1932 en liaison avec le D\u00e9partement des Antiquit\u00e9s de Jordanie, au Djebel er-Ramm par les PP. Savignac et Barrois. Les relations directes de ce type entre l\u2019Acad\u00e9mie se sont arr\u00eat\u00e9es depuis\u00a0; la place prise par les institutions arch\u00e9ologiques et les missions de plus en plus nombreuses expliquent sans nul doute l\u2019abandon de cette formule.<\/p>\n<p>En 1920, l\u2019\u00c9cole pratique d\u2019\u00e9tudes bibliques avait ainsi d\u00e9j\u00e0 derri\u00e8re elle un double pass\u00e9 consacr\u00e9 d\u2019une part \u00e0 la recherche scientifique, de l\u2019autre, \u00e0 des liens confiants avec l\u2019Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres. C\u2019est, et il convient de le rappeler, <span style=\"color: #993300;\">le P. Lagrange lui-m\u00eame qui d\u00e9cida de l\u2019orientation arch\u00e9ologique de son \u00c9cole par un choix raisonn\u00e9 r\u00e9pondant aux conceptions et aux exigences de son temps.<\/span><\/p>\n<p>Mais voyons donc o\u00f9 en \u00e9tait, en 1890, l\u2019exploration arch\u00e9ologique de la Palestine, dans ses liens aussi avec l\u2019ex\u00e9g\u00e8se biblique.<\/p>\n<p>L\u2019exploration arch\u00e9ologique de la Palestine, si elle suit tout au long du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle le mouvement g\u00e9n\u00e9ral de la red\u00e9couverte du Proche-Orient antique, rev\u00eat aussi des aspects originaux dus \u00e0 la situation particuli\u00e8re de cette Terre sainte o\u00f9 se rencontrent les trois grandes religions du Livre\u00a0; l\u2019enqu\u00eate arch\u00e9ologique se trouva l\u00e0 marqu\u00e9e par un curieux m\u00e9lange de politique, de religion et de recherche scientifique.<\/p>\n<p>Ce fut d\u2019abord, apr\u00e8s la p\u00e9riode des grands voyageurs du d\u00e9but du si\u00e8cle, l\u2019heure de la pr\u00e9sence britannique et plus g\u00e9n\u00e9ralement anglo-saxonne.<\/p>\n<p>En 1865, en effet, est fond\u00e9 \u00e0 Londres, sous le haut patronage de sa gracieuse Majest\u00e9 la reine Victoria, le PBF, <i>Palestine Exploration Fund<\/i> (Fondation pour l\u2019exploration de la Palestine). Il s\u2019agissait de la base pour une enqu\u00eate \u00e0 bilan global concernant \u00e0 la fois la g\u00e9ographie, la topographie, l\u2019histoire et l\u2019ethnographie, enqu\u00eate comparable somme toute \u00e0 celle de la <i>Description de l\u2019\u00c9gypte<\/i> r\u00e9alis\u00e9e au d\u00e9but du si\u00e8cle sur l\u2019initiative de Bonaparte. Le monumental <i>Survey of Western Palestine<\/i>, suivi de celui de l\u2019<i>Eastern Palestine <\/i>(la Transjordanie) acheva en 1877, consacra ce premier grand effort. Mais second\u00e9 par d\u2019autres associations et organisations souvent am\u00e9ricaines \u2013 dont la fameuse ASOR, l\u2019<i>American<\/i> <i>School of Oriental Research<\/i> \u2013, le PEF fut en mesure de soutenir d\u00e8s lors des entreprises particuli\u00e8res\u00a0; les fouilles des grands sites, J\u00e9richo, Meggido, Gezer, Samarie, etc. se multiplient \u00e0 partir de cette date.<\/p>\n<p>Cependant, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019esprit du temps, les pr\u00e9occupations religieuses avaient leur part dans ces entreprises\u00a0: il s\u2019agissait aussi de r\u00e9unir des documents susceptibles de soutenir la foi, la foi chr\u00e9tienne certes, mais celle de pays pass\u00e9s \u00e0 la R\u00e9forme. C\u2019est bien cet arri\u00e8re-plan religieux qui explique l\u2019immense int\u00e9r\u00eat port\u00e9 par l\u2019autre grande nation anglo-saxonne et encore \u00e0 cette date \u00e0 majorit\u00e9 protestante, celle des \u00c9tats-Unis, \u00e0 l\u2019exploration arch\u00e9ologique de la Palestine\u00a0: red\u00e9couvrir la Terre sainte, le pays des patriarches, de David et de Salomon, des Proph\u00e8tes, tel fut le mobile premier de nombreuses entreprises consacrant jusqu\u2019\u00e0 la Premi\u00e8re guerre mondiale la pr\u00e9pond\u00e9rance anglo-saxonne dans ce domaine.<\/p>\n<p>Il s\u2018agissait ainsi d\u2019abord d\u2019une arch\u00e9ologie bibliste et pal\u00e9o-testamentaire au premier chef, une arch\u00e9ologie fid\u00e8le aux exigences scientifiques cependant. Certes on peut trouver ici ou l\u00e0 chez certains des tr\u00e8s nombreux participants \u00e0 cette recherche, mais surtout bien plus chez ceux qui les mandataient dans leur pays d\u2019origine, le th\u00e8me trop connu de la \u00ab\u00a0Bible arrach\u00e9e aux sables\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire du projet de v\u00e9rifier par les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques l\u2019exactitude litt\u00e9rale du texte biblique. Mais dans l\u2019ensemble l\u2019exploration arch\u00e9ologique \u00e9tait con\u00e7ue comme servant d\u2019illustration aux textes, un moyen de les mieux comprendre. Au reste l\u2019ex\u00e9g\u00e8se biblique, qui dans les pays mentionn\u00e9s \u00e9tait devenue \u00ab\u00a0critique\u00a0\u00bb, avait assur\u00e9 cette \u00e9volution.<\/p>\n<p>Et la France dans cette histoire\u00a0? Tr\u00e8s pr\u00e9sente dans les pays des grandes civilisations de l\u2019Orient ancien, l\u2019\u00c9gypte et la M\u00e9sopotamie, elle l\u2019est peu en Palestine ou pr\u00e9sente surtout par des initiatives particuli\u00e8res, celles d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es de Melchior de Vog\u00fc\u00e9 ou de Charles Clermont-Ganneau par exemple. Car la France, catholique et romaine, n\u2019est pas bibliste\u00a0; elle se pr\u00e9occupe, \u00e0 l\u2019instigation de l\u2019\u00c9glise, de la d\u00e9fense des Lieux saints et de la protection des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes d\u00e9pendant de Rome. C\u2019est ainsi qu\u2019en 1860 a lieu l\u2019exp\u00e9dition pour le sauvetage de la minorit\u00e9 maronite du Liban, exp\u00e9dition \u00e0 laquelle Napol\u00e9on III ajouta une mission arch\u00e9ologique confi\u00e9e \u00e0 un certain Ernest Renan qui s\u2019en acquitta magistralement avec sa <i>Mission de Ph\u00e9nicie<\/i>, mais qui rapporta aussi de son retour en Orient (qui l\u2019avait men\u00e9 en Palestine) une <i>Vie de J\u00e9sus<\/i> qui fit quelque bruit.<\/p>\n<p>\u00c0 trente ans de l\u00e0, en d\u00e9pit de ce qui pour certains ne pouvait \u00eatre qu\u2019un mauvais pr\u00e9sage, le P. Lagrange, par une vue qu\u2019on est presque tent\u00e9 de dire g\u00e9niale, r\u00e9serva dans le programme d\u2019\u00e9tudes de son \u00c9cole une place \u00e0 l\u2019arch\u00e9ologie dont le r\u00f4le lui apparaissait pr\u00e9cis\u00e9ment non comme une justification, mais comme une illustration de la Bible, un moyen de la mieux comprendre. Somme toute, son point de vue ne se distinguait pas fondamentalement de celui des arch\u00e9ologues anglo-saxons pr\u00e9sents dans le pays. <span style=\"color: #993300;\">On pourrait parler d\u2019une sorte de manifestation d\u2019\u0153cum\u00e9nisme avant la lettre, scientifique certes au premier chef, rapprochant en un id\u00e9al commun des hommes de bonne volont\u00e9.<\/span> Mais on comprend d\u00e8s lors le prestige qui sera celui du P. Lagrange et de son \u00c9cole aupr\u00e8s de ses amis et coll\u00e8gues anglo-saxons.<\/p>\n<p>Il me reste \u00e0 \u00e9voquer rapidement <span style=\"color: #993300;\">l\u2019\u0153uvre r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019\u00c9cole dans le domaine de l\u2019arch\u00e9ologie, d\u2019une arch\u00e9ologie con\u00e7ue au sens large du terme, toujours soucieuse de red\u00e9couvrir le pass\u00e9 dans son int\u00e9gralit\u00e9<\/span> et en des approches vari\u00e9es. On ne saurait l\u00e0 dresser un tableau illustr\u00e9 par le nom de ces grands sites qui restent le domaine r\u00e9serv\u00e9 d\u2019autres institutions\u00a0: pas de Delphes, ni d\u2019Olympie du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00c9cole biblique, elle ne b\u00e9n\u00e9ficiait pas des subsides n\u00e9cessaires pour engager de lourdes op\u00e9rations de longue dur\u00e9e de ce genre. Et Qumran, ce lieu inspir\u00e9 cher \u00e0 l\u2019\u00c9cole, n\u2019est du point de vue arch\u00e9ologique qu\u2019une petite entreprise. Mais heureusement <span style=\"color: #993300;\">l\u2019\u00c9cole pouvait disposer d\u2019hommes d\u00e9vou\u00e9s et comp\u00e9tents sans lesquels rien n\u2019est possible.<\/span><\/p>\n<p>Je ne vais ainsi que rappeler quelques grands noms de l\u2019\u0153uvre qui fut la leur.<\/p>\n<p>C\u2019est la prospection qui occupa au d\u00e9part une place de premier plan allant de la promenade proche autour de J\u00e9rusalem ou en Palestine aux tourn\u00e9es lointaines au Sina\u00ef, dans le Neguev, en Arabie ou \u00e0 Palmyre. La Transjordanie \u00e9tait un but privil\u00e9gi\u00e9 de ces premi\u00e8res visites de 1892 \u00e0 1896. La fameuse mosa\u00efque topographique de M\u0101dab\u0101 fut l\u2019objet d\u00e8s sa d\u00e9couverte des relev\u00e9s du P. Lagrange accompagn\u00e9 du <span style=\"color: #993300;\">P. Vincent<\/span>. \u00c0 la m\u00eame date se place une exp\u00e9dition \u00e0 P\u00e9tra et une autre, celle du Sina\u00ef par Gaza et le Neguev jusqu\u2019au golfe d\u2019Aqaba.<\/p>\n<p>Deux noms cependant se d\u00e9tachent dans ce contexte, ceux des <span style=\"color: #993300;\">PP. Antonin Jaussen et Rapha\u00ebl Savignac<\/span>, le premier, arabisant et \u00e9pigraphiste, le deuxi\u00e8me plus arch\u00e9ologue et technicien, se chargeant des relev\u00e9s et de la photographie. Fameuse est l\u2019exp\u00e9dition reprise par trois fois en 1907, 1909 et 1910-1912 en Arabie du Nord. Ce fut la d\u00e9couverte de Madain Saleh, l\u2019antique H\u00e9gra, cette d\u00e9pendance extr\u00eame des Nabat\u00e9ens de P\u00e9tra, d\u00e9couverte accompagn\u00e9e des pointes pouss\u00e9es dans les lointaines oasis d\u2019el Ela (l\u2019antique Dedan), de Teima et de Tebouk. Ajoutons que le troisi\u00e8me voyage se consacra au relev\u00e9 des ch\u00e2teaux omeyyades du nord de la Transjordanie. Six volumes rendent compte de ces missions en Arabie. Si la copie des inscriptions et le relev\u00e9 des monuments allaient normalement de pair dans ces exp\u00e9ditions, il convient aussi de signaler une autre dimension, celle qui \u00e9tendait l\u2019enqu\u00eate \u00e0 l\u2019ethnographie, domaine favori du P. Jaussen \u2013 le \u00ab\u00a0sheik Antoun\u00a0\u00bb des B\u00e9douins \u2013\u00a0; d\u00e9j\u00e0 on \u00e9tait pluridisciplinaire sans le savoir ou le dire, et l\u2019on pratiquait aussi l\u2019ethno-arch\u00e9ologie qui consiste \u00e0 retrouver dans des m\u0153urs toujours vivaces ou des objets toujours en usage la persistance des traditions tr\u00e8s anciennes et pouvant remonter \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9. Les volumes consacr\u00e9s aux <i>Coutumes des Arabes au pays de Moab<\/i>, de 1908, comme celui des <i>Coutumes palestiniennes de Naplouse<\/i>, de 1927, illustrent magnifiquement cette orientation et l\u2019on peut dire que cette \u0153uvre ne redoute en aucune mani\u00e8re la comparaison avec celle accomplie par l\u2019Allemand G. Dalman en Palestine ou l\u2019Austro-Hongrois A. Musil en Arabie.<\/p>\n<p>Tout aussi large dans sa conception, tout aussi globale, fut l\u2019\u0153uvre du <span style=\"color: #993300;\">P. F\u00e9lix-Marie Abel<\/span> (1878-1952), c\u00e9l\u00e8bre par sa <i>G\u00e9ographie de la Palestine<\/i>, parue en 1933 et 1938. Quarante ann\u00e9es d\u2019enqu\u00eate sont pr\u00e9sent\u00e9es l\u00e0 en une large synth\u00e8se dont l\u2019ampleur et l\u2019exactitude restent admirables. On ne peut que citer le jugement de l\u2019Am\u00e9ricain W.F. Albright\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le meilleur travail accompli sur le sujet. La ma\u00eetrise in\u00e9gal\u00e9e de l\u2019auteur sur les sources \u00e9pigraphiques ou doctrinales se rapportant \u00e0 son relev\u00e9 nominal lui permet de d\u00e9battre des questions topographiques de mani\u00e8re exhaustive.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le P. Abel fut le collaborateur le plus assidu d\u2019un autre pilier de cette activit\u00e9 arch\u00e9ologique des ann\u00e9es qui vont des origines \u00e0 la Deuxi\u00e8me guerre mondiale, le P\u00e8re L.-H. Vincent (1872-1960). \u00c0 l\u2019inverse de ses coll\u00e8gues et amis anglo-saxons, actifs sur les sites propres de l\u2019histoire d\u2019Isra\u00ebl, le P. Vincent marcha davantage, comme il e\u00fbt pu dire, sur les traces de \u00ab\u00a0N.-S. J\u00e9sus-Christ\u00a0\u00bb, et s\u2019attacha \u00e0 l\u2019\u00e9tude des grands monuments d\u2019architecture, qu\u2019il s\u2019agisse de ceux \u00e9difi\u00e9s par H\u00e9rode ou de ceux laiss\u00e9s par Constantin ou sainte H\u00e9l\u00e8ne. Trois publications monumentales sont consacr\u00e9es \u00e0 J\u00e9rusalem, <i>J\u00e9rusalem sous terre<\/i>, de 1911, la <i>J\u00e9rusalem nouvelle<\/i>, de 1914 \u00e0 1922, et la <i>J\u00e9rusalem de l\u2019Ancien Testament<\/i>, de 1954 \u00e0 1960\u00a0; mais d\u2019autres noms glorieux se retrouvent parmi les titres de ses \u0153uvres\u00a0: H\u00e9bron, Bethl\u00e9em, Emma\u00fcs. Il y avait l\u00e0 encore en 1960 une somme non remplac\u00e9e et seules des recherches toutes r\u00e9centes, faites en particulier \u00e0 J\u00e9rusalem, ont pu apporter du nouveau.<\/p>\n<p>Le prestige du P. Vincent fut sans pareil. Citons encore W. F. Albright\u00a0: \u00ab\u00a0Il y avait chez lui une splendide attitude de coop\u00e9ration. <i>Facile princeps<\/i>, tel \u00e9tait le Dominicain L. H. Vincent\u2026 Il \u00e9tait le tuteur de tous et n\u2019\u00e9pargnait aucune peine pour initier les n\u00e9ophytes aux myst\u00e8res de la discipline.\u00a0\u00bb <i>Princeps<\/i> \u2013 le premier, le ma\u00eetre \u2013 disons aussi un \u00ab\u00a0prince\u00a0\u00bb, et notons que le mot se trouve sous la plume d\u2019un savant qui fut un des grands ma\u00eetres de l\u2019arch\u00e9ologie palestinienne.<\/p>\n<p>\u00c0 une autre g\u00e9n\u00e9ration appartient une autre personnalit\u00e9 de grande envergure, le <span style=\"color: #993300;\">P. Roland Gu\u00e9rin de Vaux<\/span>, directeur de l\u2019\u00c9cole de 1945 \u00e0 1960 et membre libre de notre Acad\u00e9mie. Plus \u00e9troitement arch\u00e9ologue que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, le P. de Vaux, connu par ses fouilles \u00e0 Abou Gosh, tell el Farah, tell Keisan, fut aussi un homme des textes (il collabora de pr\u00e8s \u00e0 la Bible de J\u00e9rusalem) et un historien. Ses <i>Institutions de l\u2019Ancien Testament<\/i> (1958-1960) et son <i>Histoire ancienne d\u2019Isra\u00ebl<\/i>, dont seul le tome I parut en 1970, le qualifient comme tel. Comme couronnement de sa carri\u00e8re, il eut la chance et le m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 ce qui fut la d\u00e9couverte du si\u00e8cle en Palestine, celle des manuscrits dits de la mer Morte, dont on vous a d\u00e9j\u00e0 entretenu par ailleurs. C\u2019est \u00e0 la demande m\u00eame du Chef du D\u00e9partement des Antiquit\u00e9s, Lankaster Harding, qu\u2019il prit la direction de l\u2019\u00e9quipe internationale charg\u00e9e de la publication des fragments de manuscrits d\u00e9pos\u00e9s au Mus\u00e9e arch\u00e9ologique palestinien et qu\u2019il entreprit aussi les fouilles de ce que l\u2019on a appel\u00e9 le \u00ab\u00a0monast\u00e8re des Ess\u00e9niens\u00a0\u00bb, sur le site de Qumran, d\u2019o\u00f9 proviennent les manuscrits.<\/p>\n<p>Mais que de noms il conviendrait de citer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ceux que je viens d\u2019\u00e9voquer, les noms de toute une s\u00e9rie de <span style=\"color: #993300;\">P\u00e8res non moins d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 la science et au renom de leur Maison, les Barrois, Benoit, Carri\u00e8re, S\u00e9journ\u00e9<\/span> et autres, les noms aussi d\u2019anciens boursiers et collaborateurs, <span style=\"color: #993300;\">A. Parrot, E. Dhorme, A. Dupont-Sommer, J. Starcky<\/span>.<\/p>\n<p>Et que d\u2019ouvrages et d\u2019\u00e9tudes, il faudrait mentionner pour donner une id\u00e9e m\u00eame approximative de la prodigieuse activit\u00e9 dont l\u2019\u00c9cole biblique fut le centre. Rappelons seulement que la <i>Revue biblique<\/i> avec ses \u00c9tudes et sa Chronique reste une source in\u00e9gal\u00e9e pour l\u2019arch\u00e9ologie palestinienne.<\/p>\n<p>Un pass\u00e9 si riche et si glorieux n\u2019est pas sans imposer des obligations \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration qui a pris la rel\u00e8ve. L\u2019ardeur et l\u2019esprit d\u2019entreprise n\u2019ont pas chang\u00e9\u00a0; ce sont les circonstances externes et particuli\u00e8rement propres \u00e0 la Palestine qui ont contraint \u00e0 chercher des champs d\u2019action nouveaux. Heureusement la Jordanie voisine a permis des fouilles fructueuses, ainsi sur le site de Khirbet Samra, proche d\u2019Amman o\u00f9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un cimeti\u00e8re truff\u00e9 d\u2019\u00e9pitaphes syro-palestiniennes, existait une agglom\u00e9ration byzantine aux \u00e9glises nombreuses et d\u00e9cor\u00e9es de mosa\u00efques, sans parler d\u2019un <i>castellum<\/i> romain plus ancien, ainsi encore \u00e0 el Fedei qui a livr\u00e9 un \u00e9tonnant tr\u00e9sor d\u2019objets d\u2019\u00e9poque omeyyade\u00a0; ajoutons la toute r\u00e9cente participation aux fouilles du D\u00e9partement des Antiquit\u00e9s \u00e0 la citadelle d\u2019Amman. Comme gage d\u2019avenir appara\u00eet la <span style=\"color: #993300;\">cr\u00e9ation \u00e0 J\u00e9rusalem d\u2019une aile arch\u00e9ologique dans l\u2019aire m\u00eame de l\u2019\u00c9cole, aile qui abrite le mat\u00e9riel arch\u00e9ologique de Qumran, dont l\u2019\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 reprise<\/span>.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas lieu de craindre. L\u2019avenir de l\u2019<i>\u00c9cole biblique et arch\u00e9ologique fran\u00e7aise de J\u00e9rusalem<\/i> est assur\u00e9 aussi bien pour le second terme de son titre que pour le premier.<\/p>\n<p><strong>NOTE<\/strong>. \u2014 L&rsquo;\u00c9cole biblique a \u00e9dit\u00e9 en 1988 une plaquette intitul\u00e9e <i>Un si\u00e8cle d&rsquo;arch\u00e9ologie \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole biblique de J\u00e9rusalem<\/i> qui fournit un tableau d\u00e9taill\u00e9 de son activit\u00e9 arch\u00e9ologique.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l&rsquo;historique de l&rsquo;activit\u00e9 arch\u00e9ologique en Palestine, voir Ph. J. King, <i>American Archaeology in the Mideast<\/i> (Philadelphie, 1983) qui fait une bonne place aux institutions<i> <\/i>autres qu&rsquo;am\u00e9ricaines.<\/p>\n<div id=\"attachment_4244\" style=\"width: 960px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/\u00c9cole-biblique-et-arch\u00e9ologique-de-J\u00e9rusalem-aujourdhui.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-4244\" class=\"size-full wp-image-4244\" alt=\"\u00c9cole biblique et arch\u00e9ologique de J\u00e9rusalem, aujourd'hui\" src=\"http:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/\u00c9cole-biblique-et-arch\u00e9ologique-de-J\u00e9rusalem-aujourdhui.jpg\" width=\"950\" height=\"280\" srcset=\"https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/\u00c9cole-biblique-et-arch\u00e9ologique-de-J\u00e9rusalem-aujourdhui.jpg 950w, https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/\u00c9cole-biblique-et-arch\u00e9ologique-de-J\u00e9rusalem-aujourdhui-300x88.jpg 300w, https:\/\/mj-lagrange.org\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/\u00c9cole-biblique-et-arch\u00e9ologique-de-J\u00e9rusalem-aujourdhui-730x215.jpg 730w\" sizes=\"auto, (max-width: 950px) 100vw, 950px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4244\" class=\"wp-caption-text\">Aujourd&rsquo;hui<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>In\u00a0: Comptes-rendus des s\u00e9ances de l&rsquo;Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres, 134e ann\u00e9e, N. 4, 1990. pp. 857-864. (Pers\u00e9e) C\u2019est en 1890 que le P. Marie-Joseph Lagrange fonda l\u2019\u00c9cole pratique d\u2019\u00e9tudes bibliques et qu\u2019il l\u2019installa dans les b\u00e2timents du couvent dominicain de Saint-\u00c9tienne aux portes de J\u00e9rusalem. \u00c9cole pratique d\u2019\u00e9tudes bibliques, tel \u00e9tait le nom de &#8230;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/?p=4243\" class=\"more-link\">Continue reading &lsquo;L&rsquo;\u00c9cole biblique et la d\u00e9couverte arch\u00e9ologique par Monsieur Ernest Will, Membre de l\u2019Acad\u00e9mie des inscriptions et belles-lettres.&rsquo; &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[53],"tags":[],"class_list":["post-4243","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecole_biblique_jerusalem"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4243","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4243"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4243\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4247,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4243\/revisions\/4247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4243"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4243"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mj-lagrange.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4243"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}