Écho de notre page Facebook : mai 2026

24 mai 2026

Solennité de la Pentecôte

Jésus apparaît à ses disciples, en l’absence de saint Thomas

Jn 20. 19 Au soir donc, ce jour-là – le premier de la semaine – et les portes [de la maison] où étaient les disciples étant fermées – à cause de la peur que les Juifs leur inspiraient – Jésus vint et se tint au milieu. Et il leur dit : « Paix à vous ! » 20 Et ayant dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent donc de voir le Seigneur.

21 Il leur dit donc de nouveau : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » 22 Et ayant dit cela, il souffla sur eux, et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint, 23 ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous [les] retiendrez, ils [leur] seront retenus. »

L’Évangile de ce jour en compagnie du père Marie-Joseph Lagrange :

Le jour et le moment sont marqués.

Peut-être une heure très tardive, ce qui laisse aux disciples d’Emmaüs le temps de revenir à Jérusalem, même s’ils sont partis de l’Emmaüs qui devint Nicopolis, à 160 stades. Les portes étaient fermées, non que les Juifs n’eussent pu les forcer, mais pour éviter des importuns qui pouvaient être des espions. Ce détail est mentionné pour montrer que Jésus entra d’une façon surnaturelle. Il n’en usait point ainsi de son vivant : c’est donc que son corps ressuscité a acquis des propriétés surnaturelles, qui lui sont pour ainsi dire naturelles. […] — « La paix à vous » est bien cette fois la formule de salutation des Juifs (24,27), mais non cependant sans une certaine solennité ; de même en souhaitant la paix ; de même 21-26 : en souhaitant la paix, Jésus la donne, comme il l’avait déjà donnée.

De glorieuses cicatrices

Jésus avait donc conservé sur son corps ressuscité la trace de ses blessures, comme de glorieuses cicatrices : non qu’il ne puisse apparaître autrement ; mais il les montre pour être reconnu comme le crucifié, et, sans se faire un mérite de ses souffrances auprès de ses disciples, il les rappelle néanmoins, pour exciter leur foi et leur amour, soit pour que la joie soit plus complète, tant de douleurs n’étant plus qu’un souvenir. Le resuscité use selon les dispositions de ceux auxquels il apparaît. Il avait dû modérer l’ardeur aimante de Magdeleine ; il semble avoir eu besoin de convaincre ses disciples, d’un sens plus rassis, comme l’indiquent Luc et Marc, et aussi Matthieu 28, 17. — Jean va au plus court : il remplace les pieds (dans Luc.) par le côté 19, 34), et ne parle pas comme Luc des aliments pris par le Seigneur. — La joie, certes bien naturelle (Luc 24, 41), avait été annoncée par Jésus (16, 22).

Salutation avant de prendre congé

Jésus répète sa salutation, comme prélude d’un dernier acte avant de prendre congé, et parce que la paix est une disposition favorable à l’action divine.

Parlant de son Père (17, 18) il avait déjà regardé la mission des Disciples comme accomplie dans sa pensée. Il leur intime maintenant dans les mêmes termes : comme il a été l’envoyé de son Père, ils seront ses envoyés : la résurrection dont ils sont les témoins sera sans doute la première bonne nouvelle qu’ils auront à annoncer au monde.

Le don d’un pouvoir spirituel spécial

On doit se garder de deux excès. Luc dans le récit de cette apparition contient seulement une promesse d’envoyer l’Esprit Saint, ce qu’il nomme la promesse du Père (Luc 24, 49). Cela s’entend très bien, car il racontera dans les Actes l’exécution de cette promesse au jour de la Pentecôte (Actes 2, 1 ss). En voulant harmoniser trop littéralement Je avec Luc on a en vu le texte de Jean, une simple préparation à l’envoi de l’Esprit Saint, ce qui est contre les termes qui sont clairs, car Jésus n’a pas donné l’Esprit en apparence seulement, et cela a été défini au Ve concile contre Théodore Mopsueste — Aujourd’hui des critiques modernes tendent plutôt à mettre Jean en contradiction avec les Actes, en remplaçant la mission de l’Esprit Saint à la Pentecôte par l’insufflation du jour de Pâque. Mais ils doivent avouer que l’acte décrit ici par Jean ne remplit pas les conditions indiquées par jean lui-même (13, 16.26 ; 16, 7.13) pour la mission de l’Esprit qui doit être envoyé par le Père (ou par le Fils), mais après le retour du Fils auprès du Père, et pour suppléer à l’absence du Fils. Jean n’avait pas à parler du moment où cette mission a eu lieu, puisqu’elle était en dehors du cadre de l’évangile.  Mais il a retenu un trait important de l’action du Christ ressuscité, le don d’un pouvoir spirituel spécial. Il est clair d’abord qu’il ne donne pas naissance à l’Esprit Saint, dont l’A. T. connaissait l’existence et décrivait les attributs. Tout au plus peut-on dire que cette insufflation est un SIGNE qu’il participe à la spiration éternelle de l’Esprit Saint ; Thomas : Il ne faut pas comprendre que ce souffle du Christ est le Saint-Esprit, mais un signe de celui-ci. C’est pourquoi Augustin dit dans le livre IV, De Trinitate : « Ce souffle corporel n’est pas la substance du Saint-Esprit, mais une démonstration et une signification directe que le Saint-Esprit procède non seulement du Père, mais aussi du Fils. »

Jésus donne à ses apôtres une Aide dans l’ordre de la vérité

Ce que Jésus donne à ses apôtres est donc quelque chose est donc quelque chose de surnaturel que l’on doit rattacher à l’action de l’Esprit Saint, représenté dans l’A. T. surtout comme vivifiant, et que Jésus lui-même a désigné comme une Aide dans l’ordre de la vérité. Après la mission imposée au v. précédent, il semble bien que ce doive être un pouvoir, plus tôt qu’une disposition de l’esprit ou du cœur, mais on ne saurait que conclure, si paroles jointes au geste ne donnaient l’explication. Ce pouvoir, en effet, est exprimé clairement (v. 23) ; c’est celui de remettre les péchés, et c’est aussi celui de les retenir. C’est le pouvoir déjà donné à Pierre et aux apôtres (Matthieu 16, 19 ; 18, 18), qui est ici renouvelé expressément, avec l’insufflation de l’Esprit, laquelle le confère définitivement. L’allusion de l’Esprit s’entend assez : remettre les péchés, c’est donner la vie spirituelle ; et cela ne doit pas se faire sans discernement, puisque dans certains cas les péchés sont retenus. Or cela ne pourrait être par caprice, mais par suite d’un jugement porté sur la disposition des hommes. Ceux qui prétendent que la théologie johannique ne comporte pas cette distinction (Bauer) prétendent sans doute la comprendre la comprendre mieux que Jean lui-même. N’a-t-il pas d’ailleurs insisté sur la nécessité, pour ceux qui acceptent la doctrine, de pratiquer les commandements (14, 21) ? Quelques-uns pouvaient y manquer, d’où l’importance suprême de ce qu’on nommera le sacrement de pénitence avec l’Église (Conc. Trid. Sessio XIV, Can. ; Denz ; 913).

(Voir la suite dans L’Évangile selon saint Jean 20, 19,23. Marie-Joseph Lagrange O.P. 1936. Ed. Lecoffre-Gabalda, pp. 514-516.)

Illustration : Vivre du souffle de l’Esprit Saint. source paroisse-chaville.fr

10 mai 2026 -Jour anniversaire

En ce jour de grande espérance, qui se trouve être également le jour anniversaire de la « naissance au ciel » du père Lagrange, unissons notre prière à celle de Fr. Manuel Rivero, o.p., pour la béatification du père Lagrange auquel nous demandons son intercession pour les demandes de grâces qui nous sont chères.

Prière : « Père saint, tu as mis en ton serviteur le frère Marie-Joseph Lagrange, le désir de la vérité et un goût passionné pour la Parole de Dieu. À la lumière de la Loi de Moïse, des Prophètes et des Psaumes, il a scruté le mystère de Jésus-Christ et son cœur est devenu brûlant. Avec la Vierge Marie, il a médité l’Évangile dans la prière du rosaire. Il a voué son existence à l’étude scientifique de la Bible dans l’harmonie évangélique de la foi et de la raison afin de sauver les âmes perturbées par la critique scientifique. Ceux qui l’ont connu ont témoigné de sa foi rayonnante et de son exemplaire obéissance dans les épreuves. Nous te prions, Père de hâter le jour où l’Église reconnaîtra publiquement la sainteté de sa vie, afin que son exemple bienfaisant entraîne nos frères à croire en la Parole de Dieu. Que l’intercession du frère Marie-Joseph Lagrange nous obtienne les grâces dont nous avons besoin, et en particulier : (préciser laquelle). Nous te le demandons, Père, au nom de ton Fils Jésus-Christ, dans la communion du Saint-Esprit, un seul Dieu vivant pour les siècles et des siècles. Amen. » http://www.mj-lagrange.org. Pour les grâces reçues, écrivez-nous : pere.marie.joseph.lagrange@gmail.com

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean avec le commentaire du père Lagrange

« Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)

15 Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ; 16 et je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur, afin qu’il soit avec vous à jamais, 17 l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne le voit et ne [le] connaît pas ; vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure chez vous, et [qu’] il est en vous. 18 Je ne vous laisserai pas orphelins : je reviens à vous. 19 Encore un peu et le monde ne me voit plus ; mais vous, vous me voyez, car je vis et vous-mêmes vivrez. 20 En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous. 21 Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime, or, celui qui m’aime sera aimé de mon Père, et je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Le père Lagrange : Cette foi, dans les disciples, ne doit point être inactive. Des fidèles ne doivent point se troubler ; bien plus, ils devront agir, et leur Maître leur donnera les secours nécessaires ; c’est sa seconde exhortation. Leur meilleure ressource sera la prière, toujours exaucée, parce que les disciples prieront le Père au nom de Jésus, et telle est l’unité du Père et du Fils, que le Fils sera ce qu’ils demanderont, l’ordre étant désormais que le Père soit glorifié dans le Fils. Et celui qui aura la foi, armé de cette prière, fera les mêmes œuvres que Jésus, et même de plus grandes. En effet il n’est pas sorti du pays d’Israël, et il les envoie pour convertir les gentils. Pour cette œuvre l’amour de Dieu aussi est nécessaire, l’amour qui garde les commandements. La foi seule ne serait pas un appel suffisant au don que la prière de Jésus obtiendra du Père, celui du Paraclet, défenseur, protecteur, grand ami, qui n’est autre que l’Esprit de vérité. Celui-ci assistera les disciples dans leurs voies comme la lumière, en chassant les ténèbres paralysantes, rend la confiance de marcher et d’agir. Mais cette lumière est intérieure. Le monde n’en reçoit pas le bienfait, parce qu’il regarde au dehors, où l’on ne saurait la percevoir ; les disciples en jouiront, parce qu’ils la trouveront au dedans d’eux-mêmes. Jésus lui-même viendra à eux. Le monde ne le verra pas, sa vie étant une vie spirituelle, mais les disciples vivant de la même vie le verront, et ils connaîtront le secret de cette union qui les rattache au Père : Jésus en eux, eux en lui, et lui en son Père. Et cette union ne sera pas seulement actuelle par la foi. Si le fidèle aime vraiment le Fils, et il l’aime s’il garde ses commandements – précieux encouragement pour les âmes timorées –, il sera aimé du Père et du Fils, et le Fils se manifestera à lui. Jésus indiquait ainsi cette vue presque intuitive, par un contact intime de l’intelligence avec la vérité infinie, connaissance plus claire et plus féconde que tout exercice de la raison, sans dissiper encore toutes les obscurités de cette vie.

 

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