Écho de notre Page Facebook : octobre 2023

26 octobre 2023

« Je suis venu jeter un feu sur la terre ; et combien je désire qu’il soit déjà allumé ! … Mais je dois recevoir un baptême : et combien je suis angoissé jusqu’à ce qu’il soit accompli ! … (Luc 12, 49-50) ».

Le P. Lagrange nous dit : Jésus était aimé, et ceux qui s’attachaient à lui éprouvaient le désir d’aimer Dieu davantage. Il voyait d’avance le feu nouveau de charité qui devait consumer les cœurs. Il s’écria : « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et combien je désire qu’il soit déjà allumé ! » Mais, c’est en donnant sa vie pour les hommes qu’il touchera leur cœur ; il voudrait que cette heure soit passée, parce que la partie sensible de son âme répugne à tant de souffrances et parce qu’alors qu’alors seulement se répandra cette flamme, cette effusion d’amour qu’il souhaite si fort. Il compare sa Passion à un baptême : « Mais je dois recevoir un baptême, et combien je suis angoissé, jusqu’à ce qu’il soit devenu un fait accompli ! » […] Ce que Jésus avait déjà annoncé des persécutions qui attendent ses messagers, il l’embrasse d’un coup d’œil sous le côté le plus pénible à son Cœur aimant, une longue suite de dissensions et de querelles. Si du moins elles n’étaient qu’entre ses disciples et ceux du dehors !

(Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile de Jésus-Christ avec la synopse évangélique, (extraits), Artège, 2017.)

Photo : Centro Aletti.

Abbaye Bec-Hellouin

25 octobre 2023

La vérité de la Bible

Un défi passionnant à relever par les étudiants.

Dans son discours d’inauguration de l’École biblique, le 15 novembre 1890, fête de saint Albert le Grand, prénom de son baptême, le père Lagrange écrit :

Découverte de la nouvelle Bible par les frères de Jérusalem
Photo : École biblique de Jérusalem

« Il y a [dans la Bible] en histoire, en philologie, en archéologie, en morale, des problèmes qui ne seront pas de longtemps résolus, et qui nous touchent de si près que leur intérêt ne faiblit pas. Dieu a donné dans la Bible un travail interminable à l’intelligence humaine et, remarquez-le bien, il lui a ouvert un champ indéfini de progrès dans la vérité. Car ce que j’admire le plus dans la doctrine catholique, c’est qu’elle est à la fois immuable et progressive. Pour l’esprit ce n’est pas une borne, c’est une règle. Elle s’impose à lui, mais elle sollicite son activité ; elle aime être examinée de près parce qu’elle se sait sans reproche : les grandes intelligences qui ont fait éclater le cadre étroit de tant de religions, se trouvent à l’aise dans ses limites, et peuvent se livrer à loisir à leur passion dominante, le progrès dans la lumière. La vérité révélée ne se transforme pas, elle grandit. C’est une évolution, mais une évolution qui a pour cause première le Dieu révélateur, pour point de départ les dogmes, pour appui l’autorité de l’Église. C’est un progrès, parce que les acquisitions nouvelles se font sans rien enlever aux trésors du passé. » [1]

Prions pour les étudiants avides de lumière mais menacés souvent de déception et de scepticisme. Puissent l’exemple et l’intercession du père Lagrange éveiller le meilleur d’eux-mêmes à la recherche critique de la vérité, à l’écoute de la Parole de Dieu et à la mise en pratique – toujours difficile – des enseignements révélés.

[1] Marie-Joseph LAGRANGE, L’Écriture en Église. Choix de portraits et d’exégèse spirituelle (1890-1937). Présentation par M. Gilbert, s.j., collection « Lectio divina » n°142, Paris, Éditions du Cerf 1990, p.104.

24 octobre 2023

Dans l’évangile selon saint Luc (12, 37-38), Jésus dit cette parabole : Heureux ces serviteurs que le maître à son arrivée trouvera veillant ! En vérité, je vous dis qu’il se ceindra, et les fera mettre à table et se présentera pour les servir. Et s’il vient à la deuxième ou à la troisième veille et qu’il trouve les choses ainsi, heureux sont ces serviteurs !

Commentaire du P. Lagrange : C’est ce que Jésus exprime tout d’abord par le tableau de la fidélité, et de la récompense vraiment inouïe qui la couronne.

Un maître s’est fait attendre ; il était à une noce, retenu par conséquent jusqu’à une heure avancée. Les serviteurs veillaient, tenant les lampes allumées, et, quand il a heurté à la porte, ils lui ont ouvert aussitôt, prêts à le conduire chez lui à la lumière. Mais lui, ravi de ce zèle, les fera mettre à table, se ceindra et les servira. Hyperbole si l’on s’en tient aux usages, mais propre à indiquer une condescendance infinie de la part de Dieu, car on comprend que c’est lui qui va frapper à la porte. Les choses se passeront de la même façon pour le monde entier à l’avènement du Sauveur, mais ici le sort de chaque âme est en jeu, comme dans le cas du riche insensé ; l’arrivée du maitre, c’est le moment qu’attend le bon serviteur, et c’est le Fils de l’homme qui vient, qui le fait asseoir à son banquet.

(Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile de Jésus-Christ avec la synopse évangélique, Artège, 2017.)

18 octobre 2023

Saint Luc, Évangéliste

Comment lire la Sainte Écriture : Évangile selon saint Luc

Par Marie-Joseph Lagrange, o. p.

Extrait de La Vie dominicaine, Saint-Maximin (Var) Juin-Décembre 1936. L’Écriture en Église, coll. « Lectio divina », n° 142, Éd. du Cerf, Paris, 1990, p. 185-217.

Pendant que Pierre annonçait l’évangile à Rome surtout aux juifs qui y étaient très nombreux, Paul, au moment où il s’apprêtait à anéantir le christianisme naissant à Damas, fût éclairé par Jésus-Christ en personne, converti, destiné à convertir ses coreligionnaires, et plus encore les païens. Antioche était alors