25 février 2026
Le signe de Jonas, le prophète
Insensiblement un grand nombre de personnes étaient venues se grouper autour de Jésus et de ses adversaires. Les plus acharnés avaient été réduits au silence, leur défaite étant achevée par l’intervention de la femme inconnue, donnant si franchement raison au Maître calomnié. Une parole vive et spontanée plaît au peuple. L’atmosphère était donc détendue. Cependant quelques-uns des scribes, moins passionnés, mais se posant toujours en juges de la mission de Jésus, lui demandèrent de nouveau d’en faire la preuve en donnant un signe dans le ciel. C’est ainsi
que Samuel avait déchaîné le tonnerre et la pluie au temps de la moisson des blés, et qu’Élie avait fait tomber le feu du ciel, puis imposé une sécheresse de trois ans terminée à sa prière. La première fois, Jésus avait nettement refusé ce signe du ciel. Sa résolution n’est pas changée. Il veut seulement expliquer plus clairement à cette génération insatiable que ses paroles et ses miracles sont un signe suffisant, et qu’elle est gravement coupable de fermer obstinément son cœur. Voir dans ces miracles, spécialement dans l’expulsion des démons, une action diabolique, c’était dépasser les limites ordinaires de la malice humaine. Mais, il faudrait encore rendre compte au jour du jugement de n’avoir pas vu un signe divin dans cette existence toute divine. C’est ainsi que Jonas avait été un signe pour les Ninivites, et ces idolâtres avaient fait pénitence, se montrant dociles à sa prédication. Et pourtant celui qui parlait ici, en pleine terre d’Israël, était plus grand que Jonas.
(Marie-Joseph Lagrange des frères Prêcheurs. L’Évangile de Jésus-Christ avec la synopse évangélique. Artège-Lethellieux. 2017.) 32 euros.
Avis. Les derniers exemplaires de ce livre sont encore disponibles. Écrire au secrétariat de l’Association des amis du père Lagrange. Couvent des Dominicains. 9 rue Saint-François-de-Paule. 06300 Nice.
Que symbolise le séjour de Jonas dans le ventre du poisson ?
Ce passage évoque :
- Une descente au plus basde soi ou de l’existence,
- Une expérience de mort et de renaissance,
- Une prière dans l’obscurité, au creux de la détresse.
Jonas crie vers Dieu et, une fois sauvé, accepte enfin sa mission.
Source : https://www.prixm.org/articles/histoire-de-jonas-et-la-baleine-dans-la-bible
23 février 2026
Quand on aime Dieu, on ne peut aimer les autres que pour leur faire partager ce noble et généreux amour. (P. Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel. Cerf 2014.)
« Jour du Seigneur » Dimanche 15 février, la messe était célébrée en l’église de Bousies (Nord).
L’évangile du jour était celui selon saint Mathieu (5, 17-37) : « Il a été dit aux Anciens. Eh bien moi ! je vous dis ».
Ce jour-là, le père Denis Ledogard (assomptioniste) prononça une belle homélie.
La loi de l’amour
« Libère-toi de toute règle. Fais ce que tu veux, du moment que tu es sincère. »
Frères et sœurs ce discours est très répandu aujourd’hui. Et parfois, on ose prétendre que Jésus serait d’accord avec cela. Après tout, n’a-t-il pas parlé d’amour plutôt que de loi ? Mais alors, une question simple surgit : « si tout est permis, pourquoi avons-nous encore autant de mal à aimer ?
Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, Jésus répète avec insistance : « Vous avez appris que…eh bien moi, je vous dis… » Il ne supprime pas la loi. Il ne la contourne pas. Il la déplace. Il la fait descendre au plus profond de l’homme : dans son cœur, dans sa parole, dans les gestes les plus ordinaires de la vie.
Il faut le dire clairement : Jésus n’est pas un surveillant tatillon, assis derrière un bureau, édictant des règles de bonne conduite, prêt à sanctionner la moindre faute. La loi de l’Évangile, n’est pas faite pour écraser l’homme, mais pour le faire vivre. Un leitmotiv chez lui : la loi est au service de l’homme et de son bonheur, et non l’inverse.
Jésus dit : « Tu ne tueras pas. » Et nous pourrions répondre tranquillement : « Je n’ai tué personne. » Mais lui va plus loin. La violence apparaît bien avant les coups. Elle commence dans la colère qui s’installe, dans le mépris, le soupçon, dans le refus de l’autre. Les propos racistes ne sont pas des opinions. Ce sont des poisons. Ils abîment ceux qui les reçoivent en pleine figure et ils détruisent aussi ceux qui les prononcent. Toute parole qui rabaisse, qui exclut, toute parole qui nie la dignité d’un autre être humain est déjà une offense faite à la vie.
Le pape François nous rappelle avec force : « On ne doit pas louer Dieu avec la même langue qui insulte notre frère. » La médisance, les ragots, les accusations sans preuve peuvent tuer la renommée d’une personne. On ne verse pas le sang, mais on assassine une réputation. On n’enlève pas la vie, mais on abîme une existence. L’Évangile se joue là : dans ce que je dis, dans ce que je relaie, dans ce que je choisis de taire.
Frères et sœurs, un instant, regardons nos mains. À quoi servent-elles ? À construire ou à détruire ? À caresser ou à frapper ? À donner ou à retenir ? Ces mains qui vont recevoir tout à l’heure le Corps du Christ, que font-t-elles le reste de la semaine ?
Et vous, habitants de la région de Bousies, vous qui aimez la terre et travaillez avec elle, vous savez ce que signifie prendre soin de ce qui nous nourrit. Vous savez qu’une terre bien aimée porte du fruit, que l’attention manifestée à vos champs, à vos cultures et à vos bêtes, exige patience, constance et soin. Jésus nous invite à vivre avoir une attitude semblable : sa loi nous invite à vivre en harmonie avec nos frères, comme vous vivez ici en communion avec la terre. Cependant, Jésus ne nous écrase pas, il ne nous demande pas d’être meilleur. Il commence simplement par nous aimer. Et quand on se sent vraiment aimé, on n’a plus envie de vivre comme avant.
Frères et sœurs, l’Évangile n’est ni une morale rigide, ni une autorisation à vivre n’importe comment. Il ne nous accuse pas. Il nous réveille. Il nous dit : « Tu es infiniment aimé. Alors ne te contente pas d’aimer à moitié. »
Amis présents et chers téléspectateurs, cette semaine, chacun peut repartir avec une question simple et décisive : mes paroles, mes gestes, mes prises de position servent-elles la vie ou l’abîment-elles ? Au cœur de l’Évangile, il n’y a pas d’abord des règles à appliquer, mais une loi à mettre en pratique : la loi de l’amour.
18 février 2026
Cathédrale de Saint-Denis de La Réunion.
18 février 2026
Fr. Manuel Rivero O.P.
Ouverture de la célébration
En ce Mercredi des Cendres l’Église se réunit dans une assemblée sainte pour commencer dans la prière, la pénitence et le partage sa montée vers Pâques.
Nous allons recevoir les cendres sur notre front en entendant l’appel du Christ Jésus à nous détourner du péché pour nous tourner vers Dieu : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».
Laissons l’Esprit Saint ouvrir notre cœur à la grâce du Carême. Saint Paul appelait les baptisés « saints » ; nous sommes maintenant sanctifiés par la sainteté de Dieu répandue dans nos âmes.
Homélie
Prière, partage et pénitence. Voici le trépied sur lequel repose le Carême. En 18 février, l’Église fait habituellement mémoire de deux grands saints : sainte Bernadette de Lourdes (+1879) et Fra Angelico (+1455), le peintre dominicain de Florence, patron universel des artistes. Leur foi
et leur sainteté font briller la lumière du Christ ressuscité sur le chemin qui va nous conduire au mystère pascal, à Jérusalem, sur le Calvaire et dans le jardin fleuri de la résurrection.
Lors des apparitions de Lourdes, la Dame de la grotte, la Vierge Marie, égrenait son chapelet. Bernadette qui venait d’avoir quatorze ans priait le sien. « Pénitence, pénitence, pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs », dit la Vierge Marie à Bernadette.
La Vierge Marie, la toute sainte, est apparue à une jeune fille pauvre dans « la tute aux cochons », endroit sale, obscur, humide et froid.
Le diable est froid. Le péché ne se réduit pas à la faiblesse ou à l’erreur, il naît dans l’orgueil, l’arrogance, le narcissisme, l’idolâtrie de soi-même. Dans le péché, nous mettons Dieu de côté, nous prenant nous-mêmes pour Dieu.
Jésus est venu non pas pour les justes mais pour les pécheurs et pour les malades. Là où le péché abonde avec son odeur de mort, la grâce surabonde avec son parfum de résurrection.
La Vierge de Lourdes désire le rassemblement des chrétiens en prière : « Allez dire aux prêtres que l’on vienne ici en procession et que l’on y bâtisse une chapelle. »
En ce Carême, il importe de se réunir pour prier ensemble, en Église. C’est le désir de Dieu, c’est le commandement de l’Église qui demande aux fidèles de se rendre à l’église les dimanches et les jours de fête pour y célébrer la messe. L’eucharistie, nourriture pour la foi, n’est pas une option parmi d’autres. Tout au long de l’histoire de l’Église, les chrétiens ont vécu la célébration de la messe comme un besoin vital. Les martyrs d’Abitina, au IVe siècle, persécutés par l’empereur Dioclétien, n’hésitaient pas à déclarer : « Sine dominico non possumus », « sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre. »
En ce Carême, Dieu ne nous demande pas la lune. La Réunion était connue comme une île catholique ; elle l’est de moins en moins, avec un pourcentage de pratique religieuse le dimanche qui se rapproche de la métropole. Prenons-nous vraiment au sérieux notre santé spirituelle personnelle et communautaire ? La résignation n’est pas une vertu chrétienne. L’espérance l’est. Chacun d’entre nous a reçu mission de faire connaître et aimer Jésus.
Sans la Parole de Dieu, sans la Communion au Corps du Christ, sans le rassemblement dominical, la foi s’affaiblit et les chrétiens deviennent tièdes. L’expérience prouve qu’il suffit de peu pour que des personnes se tournent vers Dieu. Puissions-nous devenir des témoins encourageants de la foi chrétienne. « Si ton cœur te condamne, Dieu est plus grand que ton cœur » (I Jn 3,20). Il ne s’agit pas de faire la morale aux autres et de les culpabiliser ; l’amour de Dieu vient renouveler notre existence dans une nouvelle naissance qui fait resplendir la beauté du Christ ressuscité. Pourquoi ne pas organiser des missions paroissiales ? Comme les braises s’enflamment à l’arrivée du vent, la foi cachée des Réunionnais s’enflammerait aussi au souffle de l’Esprit Saint.
« À Lourdes, la Vierge Marie était tellement belle que l’on voudrait mourir pour la revoir », déclara Bernadette. La prière embellit et dévoile notre dignité sacrée. « Notre vie est cachée avec le Christ en Dieu », écrit saint Paul dans l’épître aux Colossiens (Col 3,3). Le Carême n’est pas triste ni voleur d’énergies. Le Christ vient rejoindre les profondeurs de notre âme, nos ténèbres, notre mal-être, pour y faire resplendir sa lumière.
Le Carême fait voir l’invisible par la foi. Nous qui sommes habitués au paraître, au look et à la publicité, « fils de pub », le Carême vient nous dévoiler la présence aimante et lumineuse du Christ dans nos vies quotidiennes. Homme insensé que celui qui se moque de la prière, du partage, du jeûne et de la pénitence, accomplis dans la foi et l’amour.
La foi fait voir. La Parole de Dieu fait entrevoir Dieu. Dieu invisible se rend visible aux cœurs qui prient, qui partagent et qui se sacrifient au service des autres.
La foi fait voir aussi les murs invisibles qui nous séparent les uns des autres : manque de dialogue et de communication dans nos familles et dans nos communautés, colère, frustration et agressivité. De mauvaises paroles sont alors déversées dans la colère. On étouffe, on sature. Au lieu de construire nous détruisons.
Fra Angelico manifeste l’invisible dans le visible. Il ne dépeint pas un autre monde mais un monde autre, auréolé de la gloire de Dieu qui transporte dans le Ciel, couleur or et bleu. Fra Angelico, dominicain, a transmis son expérience de prière contemplative dans la peinture : « Celui qui fait les choses du Christ, avec le Christ doit toujours rester », aimait-il à dire. Aimant les miniatures, il a revêtu de la lumière diaphane du Ressuscité les petites choses du quotidien, qui semblaient insignifiantes et éphémères, leur accordant un rayonnement immatériel et une consistance éternelle.
Confions ce Carême à la Vierge Immaculée. Puisse l’intercession de sainte Bernadette et de Fra Angelico éclairer nos routes. Que nos cœurs chantent la miséricorde de Dieu : « Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu ; rends-moi la joie d’être sauvé » (Psaume 50).
16 février 2026
Le 1er juillet 2025, Fr. Manuel Rivero, o. p., vice-postulateur de la cause de béatification du Père Lagrange, était invité par le Père Christian Venard, diocèse de Monaco, pour évoquer le parcours du Père Lagrange, o. p., de son entrée dans l’Ordre, de sa Fondation de l’École biblique de Jérusalem réalisée malgré les nombreuses difficultés rencontrées.
Une très intéressante évocation a été enregistrée : https://diocese.mc/comprendre/une-evocation-du-pere-lagrange
10 février 2025 – Jour anniversaire de prière pour la béatification du P. Lagrange
Le 10 février [1883]. Samedi. S[anta] Scholastica. Le P. Lagrange écrit dans son Journal spirituel :
Ibi securitas ubi perfecta dilectio. – Tu es sacerdos.
Ô mon Jésus, daignez me remettre mes péchés par l’intercession
de la Mère de Miséricorde.
2 février 2026
Le jour où le Fr. Marie-Joseph Lagrange fut cédé à Jérusalem
C’est le 2 février 1889 qu’une lettre du provincial Colchen (arrivée à Vienne le 5 février) cède Marie-Joseph Lagrange à Saint-Étienne de Jérusalem pour y fonder une école d’Écriture sainte.
Quand le P. Lagrange, passé le premier effroi, se ressaisit, il ébauche un programme d’enseignement en quatre années, qui nécessiterait plusieurs professeurs ; d’emblée il prévoit le cadre spirituel dans lequel doivent se dérouler les études bibliques, celui de la célébration liturgique (allégée toutefois du lever de nuit) : il note succinctement les raisons dans son Journal spirituel :
« 1) l’esprit de l’Ordre et les bénédictions de Dieu ; 2) nourrir la foi surnaturelle, nous ne pouvons faire des apostats dangereux ; 3) l’effet produit sur les populations religieuses de l’Orient. »
Tel est le programme, intellectuel comme spirituel que le P. Lagrange communique quelques jours plus tard au P. Meunier. Auprès du supérieur de Saint-Étienne, il insiste pour que les frères consacrés à l’étude de la Bible baignent dans la prière liturgique : « Je crois avoir donné des marques d’une vraie passion pour l’étude, mais je déclare que je ne la comprends pas, dans notre Ordre, sans le chant d’une bonne partie de l’office, comme repos et comme lumière ! […] L’étude de l’Écriture sainte sans un grand esprit de foi est fort périlleuse, comme le prouvent de nombreuses apostasies, et je ne me soucierais pas de travailler pour arriver à ce résultat pour moi ou pour les autres. » (Bernard Montagnes. Marie-Joseph Lagrange. Une biographie critique. Cerf-Histoire. 2004.)
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