29 août 2026
Mémoire du martyre de saint Jean-Baptiste
Quand justice et vérité se rencontrent.
Comme en 1907, le Bulletin de la semaine avait publié une critique, injustifiée selon le P. Lagrange, il envoie à la revue un rectificatif qu’il conclut ainsi :
« Cela soit dit parce qu’un catholique doit être inflexiblement pour la vérité, pour la justice et, à l’occasion, pour la reconnaissance. » (Le profil humain et spirituel du père Lagrange. Bernard Montagnes o. p.)
Jean Baptiste parlant sans crainte devant les rois a donné sa vie pour la justice et la vérité. Précurseur du Christ dans sa naissance et dans sa mort, il s’est effacé devant lui lorsque l’heure eut sonné et il lui a rendu le plus beau témoignage, le témoignage du martyre.
C’est la Parole de Dieu elle-même qui dénonce sans ambiguïté les injustices et qui promeut la solidarité et l’égalité. (100. Verbum Domini.)
Photo : La décollation de Saint Jean-Baptiste. Collection Louvre.
28 août 2026
Saint Augustin, Évêque, Docteur de l’Église + 430
Dire et glorifier la divinité de Jésus Christ.
Saint Augustin dit : « les sens atteignent l’humanité, le cœur atteint le Verbe ».
Humilité, douceur, charité, prière continuelle : se laisser guider par Marie
Demander à saint Augustin : la fidélité dans la vocation. Ses vertus favorites : l’humilité, la contrition, son amour pour Notre-Seigneur (Père Lagrange dans son Journal spirituel).
À la suite de saint Augustin, le P. Lagrange voit en Marie “le moule de Dieu” dans lequel le chercheur de Dieu est façonné à l’image du Fils unique de Dieu qui a pris chair dans le sein de la Vierge.
Photo : San Agustin-Antonio Rodriguez (1636-1691) Museo Nacional de Arte-Mexico City.
27 août 2026
Sainte Monique (+ 387 à Ostie), mère de Saint Augustin
Il nous suffit d’avoir travaillé pour Dieu
Le P. Lagrange n’a entrevu le succès de son grand dessein que de loin ; il en a surtout subi les avanies. À lui il a été donné de semer dans les larmes ce que d’autres récoltent dans la joie : « Vraiment, nous avons créé un mouvement, d’autres en recueilleront le fruit : il nous suffit d’avoir travaillé pour Dieu. » (Cité par Bernard Montagnes o. p. dans Marie-Joseph Lagrange. Biographie critique. 2004.)
J’encourage les fidèles à méditer fréquemment l’hymne à la charité que l’apôtre Paul a écrit, et à se laisser inspirer par lui :
« L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais » (1 Co 13, 4-8). (103. Verbum Domini.)
Sainte Monique a su, dans les larmes et les prières, avoir confiance en Dieu et en son fils Augustin. Son exemple nous montre que pour conduire une âme à Dieu, il faut agir par la douceur, la confiance et la patience, car le Seigneur qui « n’éteint pas la mèche qui faiblit » (Is 42, 3) intervient en temps voulu.
Voir aussi
https://www.vaticannews.va/fr/saint-du-jour/08/27/sainte-monique–mere-de-saint-augustin.html
23 août 2026
Sainte Rose de Lima (1586-1617)
Santa Rosa, ora pro nobis. Sainte Rose, priez pour nous. (Marie-Joseph Lagrange. 30 août 1883, Appel au diaconat, Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 205.)
Rose de Sainte Marie du Tiers Ordre de saint Dominique vit son union au Christ dans la prière incessante et joyeuse. Active auprès des malades et des déshérités qu’elle soigne, qu’elle visite, qu’elle accueille avec tout son amour et sa patience ; elle est toujours disponible à tous. Elle aimait répéter : “Si les hommes savaient ce qu’est vivre dans la grâce, ils ne s’effraieraient d’aucune souffrance et pâtiraient volontiers toute peine, parce que la grâce est le fruit de la patience”. Sainte Rose de Lima est la première sainte canonisée du continent latino-américain, dont elle est la première patronne. (Fr. Manuel Rivero, o.p.)
Le P. Lagrange, les musulmans et le Rosaire
Tout au long de sa vie en Israël, le Père Lagrange a côtoyé les musulmans. Dans un récit de voyage entrepris en avril 1890, il évoque la rencontre avec des bédouins et avec des croyants des autres confessions chrétiennes, protestants et orthodoxes ; il y est aussi question du chapelet :
« Il semble d’ailleurs que le Rosaire soit comme un lien liturgique entre les différentes communautés de l’Orient. Les Grecs-Unis si attachés à leurs anciens rites l’ont adopté, et le peuple parmi eux le récite fidèlement […]. Les musulmans reconnaissent à ce signe l’homme de prière et m’ont souvent interrogé à cet égard avec curiosité et respect. Qui peut dire le bien que fera le Rosaire dans la conversion de l’Orient ? »
Confions au Père Lagrange l’œcuménisme, le dialogue interreligieux et la paix au Moyen Orient.
Le respect et le dialogue favorisent la paix et l’entente entre les peuples. (Jean-Paul II, Discours lors de la rencontre avec les jeunes musulmans à Casablanca au Maroc, le 19 août 1985.). Confions au Bienheureux Jean-Paul II et au Serviteur de Dieu Marie-Joseph Lagrange la paix au Moyen Orient.
22 août 2026
La Vierge Marie, reine
Reine du Très Saint Rosaire, vous que je désire tant faire connaître et aimer ! (Marie-Joseph Lagrange. Journal spirituel)
Plusieurs écrits ont paru sur le Père Lagrange, surtout depuis que Jean-Paul II a introduit sa cause de béatification. Je m’en tiendrai à quelques souvenirs du Père Jaussen, qui, pendant trente ans, avait été disciple et collaborateur du Père Lagrange à Jérusalem : « La dévotion du Père Lagrange envers la Vierge Marie, nous dit que ce frère dominicain, était plein de confiance, je dirai presque « enfantine », comme celle de sainte Thérèse de Lisieux. Je le vois encore récitant souvent le matin, dans une allée du jardin ou sous le cloître, le petit office de la Sainte Vierge ou un chapelet avant de se mettre au travail. Chaque année, la veille de l’Immaculée Conception, il conduisait les novices au sanctuaire de Sainte Anne à Jérusalem… En juillet, il accompagnait ses étudiants au sanctuaire de la Visitation à Aïn Karim, lieu traditionnel de la visite de Marie à Élisabeth, pour exciter la charité dans les cœurs, à l’imitation de la charité de Marie. Chaque matin, autant que possible, il choisissait l’autel du Rosaire pour célébrer la Sainte Messe. La Vierge immaculée était honorée comme une Mère bien aimée sous le regard de laquelle vivait son serviteur. » Albert Enard. Assidus à la prière avec Marie, Mère de Jésus. Parole et Silence ; 2003.
21 août 2026
Saint Pie X. Pp., (élu le 4 août 1903, † 20 août 1914)
En matière d’études bibliques, l’urgence devient celle du contrôle et même de la répression. Aussi le projet d’une institution romaine vouée à la science biblique tombe en sommeil, comme le déplore le P. Lagrange, le 29 octobre 1903, dans une lettre au P. Ambroise Gardeil : « Le Saint-Père n’est évidemment pas entré dans la pensée de Léon XIII et n’y entrera probablement pas. Ceux qui veulent démolir se passent de permission… et nous en sommes là. On travaille beaucoup ici… pour l’avenir. »
Par le Père Cormier, Maître général, familier de Pie X, le P. Lagrange sait ce que le pape pense de l’École biblique. « Le Saint-Père me dit : “En cette matière, soyez dur ; vous pouvez être assuré de l’appui du Saint-Siège” » (10 septembre 1906). « Il ne pense pas qu’à Jérusalem on soit bien enchanté de ce qu’il fait et bien empressé à la seconder efficacement con amore. Un de nos Pères […] lui a dit que les études philosophiques et théologiques souffraient de la prépondérance donnée au reste » (22 avril 1908). « L’opinion s’est répandue chez certains de nos Pères que des professeurs ont pour tactique de se taire, attendant des jours meilleurs, et prévoyant que, s’ils avaient le malheur de risquer des opinions peu agréées, le pape frapperait comme un sourd, quod est inconveniens(1) » (18 juin 1909).
Non seulement le P. Lagrange est empêché en 1907 de publier quoi que ce soit sur l’Ancien Testament, mais après son Évangile selon saint Marc (1911), la Congrégation romaine responsable des séminaires jette en 1912 un blâme public sur ses publications. C’est alors que le P. Lagrange adresse au pape une admirable lettre de soumission, dans laquelle il proteste de son intention de servir l’Église et non de la subvertir, lettre qui émut Pie X. Le P. Cormier en avertit aussitôt le P. Lagrange le 5 septembre 1912 : « J’ai eu hier l’audience du Saint-Père, qui spontanément m’a exprimé sa grande et pleine satisfaction de votre lettre, m’encourageant à la publier. J’ai ajouté que vous aviez été peiné que certains vous attribuassent d’être rationaliste et insoumis. Votre désir était, au contraire, de sauvegarder la véracité, même historique de l’Ancien Testament et vos écrits dans ce sens sont de beaucoup antérieurs aux récentes décisions. » La bienveillance de Pie X se maintient ensuite puisqu’en mars 1913, comme le P. Lagrange le raconte à Tisserant, il a reçu une bénédiction spéciale du Saint-Père par un de ses anciens amis, camérier de cape et d’épée.
Dans ses Souvenirs personnels, écrits en 1926, le P. Lagrange revient sur cet épisode : « Quand je pense à l’accueil plein de bonté que fit Pie X à ma soumission de 1912, je me dis que si je lui avais écrit alors [en 1909] une lettre filiale, pour lui ouvrir mon cœur plus complètement que je ne l’avais fait jusqu’alors, ses soupçons se seraient peut-être évanouis. Je me suis trop condamné à ne rien faire qui parût être une captatio benevolentiae (2). Et que pouvait une lettre contre les attaques sans cesse renouvelées auprès de Sa Sainteté ? » (p. 184). (Extrait de La Revue du Rosaire, Montagnes B. o.p. Les papes du P. Lagrange, n° 197.)
(1) Ce qui ne convient pas.
(2) La captatio benevolentiae est un procédé rhétorique qui consiste à s’assurer d’entrée de jeu de la sympathie de l’interlocuteur.
15 août 2026
Homélie pour l’Assomption de la Vierge Marie
L’aurore de l’Église triomphante
Fr. Paul-Dominique Marcovits, o. p.
S’il est un jour où nous devrions aller au cimetière visiter nos morts, ce n’est pas le 2 novembre froid et pluvieux, mais aujourd’hui en cette fête de l’Assomption. Là, devant la tombe de ceux qui nous sont chers, il faudrait proclamer notre foi en la résurrection de la chair et dire : « Au terme de sa vie terrestre, Marie a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel » (définition du dogme de l’Assomption par Pie XII, en 1950). Aurore de l’Église triomphante, Marie est tout entière passée à la vie. Voilà l’espérance concrète que nous confessons devant nos morts.
Que s’est-il passé pour Marie ? Bien sûr la réponse ne peut être journalistique ! Mais nous pouvons dire que s’accomplit pour elle la première parole de l’ange Gabriel : « Le Seigneur est avec toi. » Marie est tant habitée par la présence de Dieu, elle a aussi été si volontairement et si librement au service de Dieu, que tout son être n’est que demeure de Dieu. « Elle est le ciel sur la terre », dit un Père de l’Église. Aussi lorsque l’Esprit Saint vient pour la faire monter dans le ciel, il n’y a rien qui ne puisse rester dans ce monde. Tout, corps et âme, est habité par Dieu et tout monte vers Dieu. C’est l’accomplissement de l’Incarnation du Fils de Dieu qui se réalise. Tous, nous passerons tout entiers en Dieu. Déjà, cela est fait en Marie.
Que se passera-t-il pour nous ? Nous pouvons dire de la même façon que « le Seigneur est avec nous ». C’est la première parole de toute célébration chrétienne. Tout le but de notre vie est d’ouvrir progressivement tout l’espace de nous-mêmes, corps et âme à la présence vivifiante de Dieu. Que Dieu puisse faire circuler son amour dans tous les moindres replis de notre cœur, dans les événements, les rencontres, les travaux, les espoirs et les douleurs de notre existence. Oui, que tout puisse, enfin, vivre totalement de Dieu. Cette incarnation de la vie de Dieu en nous s’épanouit alors en ce passage en l’éternité.
Revenons à la Vierge Marie. Quel est le changement qui s’opère en elle en entrant au ciel ? Elle entre dans l’éternité de Dieu. Elle est tout ouverte à l’intimité du Père, du Fils et de l’Esprit. Elle est au cœur de leur Amour. Nous n’avons pas de mot pour dire cette splendeur : l’éternité ne suffira pas pour la découvrir… Mais tout cela elle le pressentait déjà. Le grand changement est qu’enfin Marie peut être mère totalement. Ici, sur la terre, il n’est possible d’être présent aux autres que successivement ; au ciel, elle peut être présente à Dieu et à chacun de nous qu’elle a reçu comme enfant, sans obstacle de temps ou d’espace… Sa maternité s’épanouit, elle peut veiller sur chacun de ses enfants. Enfin, elle peut donner libre cours à la puissance de son amour, de sa miséricorde, de sa paix. Tout ce qu’elle a reçu de Dieu, elle ne cesse de nous le donner. Au ciel, plus que jamais, elle donne la vie, le Christ.
Quel sera aussi le grand changement dans notre vie à notre entrée dans le ciel ? Comme la Vierge, nous entrerons tout entiers dans la vie même de Dieu. « Océan où je me perds », dit Élisabeth de la Trinité. Cela seul suffit. Oui, mais Dieu veut qu’au ciel nous n’abandonnions pas nos frères et nos sœurs qui cheminent encore sur la terre. Comment Dieu séparerait-il ceux qu’il a unis sur la terre ? Alors, au ciel, nous pourrons pleinement aimer. Aimer, cela seul emplit l’éternité. Combien nous l’ont dit : « Au ciel, je veillerai sur vous ! » Et nous avons constaté que cela était vrai. Au ciel s’épanouit notre personnalité, notre être profond créé à l’image et à la ressemblance du Dieu d’amour.
Voilà la beauté si profonde et si proche de cette fête. Il ne s’agit pas seulement de chanter les merveilles accomplies par Dieu en Marie. Ce que le Seigneur a fait en Marie, il veut aussi l’accomplir en nous. Si Marie est montée au ciel, c’est le signe que nous aussi nous sommes appelés à entrer dans la gloire de Dieu. Si Marie a été élevée en son corps et en son âme, c’est que Dieu veut aussi que nous entrions corps et âme en paradis. Nous croyons à la résurrection de la chair et à la vie éternelle. Aujourd’hui, nous voyons la réalité du salut en la première d’entre nous.
(publié dans La revue du Rosaire, n° 181, juillet-août, 2006.)
11 août 2026
Saint Claire d’Assise (1194-1253)
Fondatrice de l’ordre des Clarisses
Bonne Fête à toutes les « Claire » !
Dans son Journal Spirituel le père Lagrange s’examine souvent sur sa pratique personnelle de l’esprit de pauvreté.
« Degrés de pauvreté :
1° être en fait dépouillé de tout, ne rien faire de contraire au vœu ;
2° être détaché en esprit des choses dont on a l’usage. Ex. : les prêter volontiers ;
3° faire volontiers le sacrifice des choses superflues ;
4° faire volontiers le sacrifice des choses nécessaires ;
5° quand on est malade. »
Puis, il cite sainte Angèle de Foligno : « La pauvreté est si réellement la racine et la mère de toute humilité et de tout bonheur, que l’abîme où je vois cela ne peut se décrire. L’homme qui verrait le bien de la pauvreté, l’amour de Dieu tomberait sur lui ! »
Pie XII, Lettre Apostolique (en forme brève) proclamant Ste Claire Patronne Céleste de la Télévision (21 août 1958)
Mémoire de sainte Claire, vierge. Première plante des pauvres Dames de l’Ordre des Mineurs, elle suivit saint François d’Assise et mena au couvent de Saint-Damien une vie très austère, mais riche d’œuvres de charité et de piété. Aimant par-dessus toute la pauvreté, elle n’accepta jamais de s’en écarter, pas même dans l’extrême indigence ou dans la maladie.
Sainte Claire, priez pour nous.
10 août 2026 – Jour-Anniversaire
Prière pour la béatification du P. Marie-Joseph Lagrange O.P.
Intention confiée pour notre amie Thérèse qui à la suite d’une opération son état de santé ne s’améliorant pas devra entrer en EPHAD.
Pour tous nos ami(e)s malades.
8 août 2026
Saint Dominique (1170-1221)
Fondateur des Frères Prêcheurs (Dominicains)
La sainteté selon saint Dominique par le père Lagrange
La sainteté consiste dans l’imitation de Notre Seigneur. Mais personne ne peut reproduire entièrement toutes les perfections de ce divin modèle. Il m’a bien fait comprendre ce matin que je devais m’appliquer surtout à retracer en moi les traits de notre Père saint Dominique. De même que Marie est pour tous les chrétiens l’océan des grâces, le seul réservoir qui nous les distribue, saint Dominique est le fleuve qui nous les apporte. Or il eut surtout, en particulier, l’esprit de prière, de pénitence, de dévotion envers la Sainte Vierge par le Rosaire, le zèle des âmes : la contemplation dans la vie active. J’ai cru comprendre aussi comment la vie apostolique avait peut-être moins de danger d’orgueil que la vie érémitique.
Demander bien assidûment l’esprit de saint Dominique.
« Ô mon Père, saint Dominique, vous savez que je vous aime ! Je suis entré dans votre Ordre avec l’espérance qu’un jour je serai reçu à la porte du Ciel par vous et conduit par vous aux pieds de Notre-Dame Marie Immaculée. – Accordez-moi cette grâce, à moi et à tous mes parents d’arriver au ciel sous votre bannière., …
Je vous demande encore une abondante effusion de votre Esprit dans tout l’Ordre et le noviciat “Fiat spiritus tuus in me duplex” [2 R 2,9]. [Que me revienne une double part de ton esprit !] »
(Marie-Joseph Lagrange o.p. Journal spirituel.)
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(Extrait du livre de Jean Girou Saint Dominique. Révolutionnaire de Dieu. Albin Michel. Paris. 1959.)
Dominique a fait monter sur le monde de son époque « l’aurore d’une lumière nouvelle » (J. de Saxe) : Lumen ! Dominique est avant tout lumière ; cette lumière est prétexte et symbole. On sait l’importance que la Lumière joue dans la Bible et dans la vie chrétienne. Lux, lumen ! C’est tout le dogme, toute la foi, le mot clef de la doctrine, de la structure, de l’armature en Jésus-Christ ; la vocation vers Dieu c’est le déchirement des ténèbres, le soulèvement du poids des ombres par l’ascension transcendante vers la clarté céleste, l’élan vers les sphères inaccessibles : « Lumen inhabitat inaccessibilem. » Autour de Dominique se tissait une zone de lumière ; il ne s’agit pas ici de l’astre qui a brillé sur son front, nimbe céleste de sa future sainteté, mais de cette source étonnante de rayons spirituels, génératrice des foyers de la foi, de ce reflet de la « lumière » du Christ qui fascinait et suscitait conversions et vocations.
L’étoile de Dominique, prodigieux novateur, réformateur, réalisateur, révolutionnaire, a projeté à travers les âges une telle clarté qu’elle est devenue par ses Fils innombrables la véritable Voie lactée de la chrétienté.
6 août 2026
La Transfiguration du Christ sur le mont Thabor
Lors de la Transfiguration, Jésus dévoile la lumière de sa divinité aux trois disciples bien-aimés (Pierre, Jacques et Jean) car en lui habite corporellement la plénitude de la divinité, s’exclamera plus tard saint Paul (Colossiens 2,9.).
[…] La Transfiguration est l’opposé de la Passion.
À Gethsémani, Jésus transpirait de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre.
À la Transfiguration, Jésus rayonne la gloire de Dieu qui rend heureux ses disciples.
[…] La Transfiguration prépare ainsi les apôtres à affronter le scandale de la Croix.
Prions pour tous ceux qui cherchent Dieu dans les ténèbres.
Prions pour ceux qui dans leur souffrance ne croient plus au bonheur que Dieu donne. (Manuel Rivero, o. p., Le Père Lagrange et la Vierge Marie. Méditations des mystères du Rosaire.)
Illustration : Andrea Previtali, 1513, Accademia di Brera. Milano.
04 août 2026
Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) et le P. Lagrange
L’influence du saint curé d’Ars dans la vie du Serviteur de Dieu Marie-Joseph Lagrange, dominicain.

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En 1858, alors que la mortalité infantile sévissait, sa maman, Élisabeth, redoutant le pire pour son fils Albert, conduit celui-ci au saint curé. Le curé d’Ars aurait dit à la maman « L’enfant ne mourra pas, il deviendra un jour une lumière pour l’Église ». Madame Lagrange n’aurait jamais répété ces paroles à Albert pour lui épargner toute tentation d’orgueil. D’après celle racontée par le P. Lagrange, dans son Journal spirituel un passage écrit durant la retraite conventuelle de septembre 1892 : « Mes parents m’ont mené en pèlerinage à Ars, le saint curé m’a béni et peut-être guéri d’une fatigue d’entrailles ! »
Peu importe la discussion critique : il reste indubitable que le P. Lagrange a eu une dévotion fervente au sanctuaire d’Ars comme à son saint curé. Il s’y est rendu en pèlerinage avec sa mère, durant l’été 1878, demander la grâce de mourir dominicain, fût-ce martyr (B. Montagnes. Marie-Joseph. Une biographie critique. Cerf. Histoire Paris. 2004.)
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