3 septembre 2026
Mémoire de saint Grégoire le Grand. (540-604) pape et docteur de l’Église.
Un goût passionné des Saintes Écritures
L’Église, lieu originaire de l’herméneutique de la Bible
En effet, comme l’a affirmé la Commission Biblique Pontificale, faisant écho à un principe partagé par l’herméneutique (1) moderne, « le juste sens d’un texte ne peut être donné pleinement que s’il est actualisé dans le vécu des lecteurs qui se l’approprient ». Tout cela met en relief la relation entre la vie spirituelle et l’herméneutique de l’Écriture. En effet, « avec la croissance de la vie dans l’Esprit grandit, chez le lecteur, la compréhension des réalités dont parle le texte biblique ». L’intensité d’une authentique expérience ecclésiale ne peut que développer une intelligence de la foi authentique à l’égard de la Parole de Dieu ; réciproquement, on doit dire que lire dans la Foi les Écritures fait grandir la vie ecclésiale même. De là, nous pouvons comprendre d’une façon nouvelle l’affirmation connue de saint Grégoire le Grand : « les paroles divines grandissent avec celui qui les lit ». De cette façon, l’écoute de la Parole de Dieu introduit et accroît la communion ecclésiale avec ceux qui cheminent dans la foi. (30. Verbum Domini.)
(1) L’herméneutique est la théorie de la lecture et de l’interprétation des textes. Elle sert aussi, plus précisément, à expliquer le vrai sens des textes religieux et sacrés comme la Bible. cnrtl
Au XIXe siècle, face au modernisme rationaliste et au traditionalisme piétiste, le père Marie-Joseph Lagrange, dominicain, a œuvré pour dépasser la politique du « tout ou rien » par un effort d’interprétation critique de la Bible. Cnrtl
Habité par un goût passionné des Saintes Écritures, il a consacré sa vie à mettre en lumière la dimension surnaturelle de la Révélation biblique – « pour le salut des âmes » – à travers l’étude et l’enseignement. (Prier 15 jours avec le père Lagrange. Manuel Rivero o. p.)
« On ne saurait retrouver le sens du christianisme par un groupement de textes si l’on ne pénètre pas jusqu’à la raison d’être du tout. C’est un organisme dont le principe vital est unique. Or il est découvert depuis longtemps, et c’est l’incarnation de Jésus-Christ, le salut assuré aux hommes par la grâce de la rédemption. En cherchant ailleurs, on s’exposerait à faire fausse route » » (M.-J. Lagrange, Le Sens du christianisme d’après l’exégèse allemande, Paris, Gabalda)
Photo : Saint Grégoire le Grand (1766) Joseph Marie Vien. Musée Fabre, Montpellier.
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