Écho de notre page Facebook : février 2016

29 février 2016

Saint Jérôme et deux anges. Cavarozzi (1617)

Saint Jérôme et deux anges. Cavarozzi (1617)

La révélation contient donc un enseignement qui fait connaître à l’homme le nouveau but qui lui est assigné. Or, précisément parce que cette connaissance dépasse la raison, et donc ne s’impose pas à elle par sa propre clarté, si ce n’est chez la personne qui reçoit la lumière divine, Dieu confirmera cet enseignement par des signes extérieurs ; pour que ce signe fasse impression et soit du même ordre que l’enseignement qu’il est destiné à confirmer, il sortira du cours ordinaire des choses, tantôt par son importance et par l’impression que des circonstances sagement groupées font sur les esprits, tantôt par le miracle proprement dit. Cette Providence spéciale de Dieu, ces révélations, ces miracles ne peuvent être perçus de tous. Dieu a jugé bon qu’ils soient consignés dans un livre, l’écriture, comme moyen de conserver l’histoire, étant d’un usage courant dans l’humanité. Mais qui entreprendra cette tâche s’il n’est excité par Dieu et soutenu par lui ? De même que le miracle confirme la révélation, l’inspiration garantit l’enseignement surnaturel et nous est un gage des intentions paternelles de Dieu dans l’œuvre de notre salut, ou, comme disaient agréablement les anciens, une lettre que nous recevons de notre Père. Nous n’avons qu’à ouvrir cette lettre avec respect et à la lire avec une filiale soumission (Père Lagrange. La notion d’inspiration).

 

26 février 2016

La première Église

La première Église

L’intervention surnaturelle de Dieu. – Je n’hésite donc pas à le dire, l’étude historique, très attentive et très critique, mettra de plus en plus en lumière l’action surnaturelle de Dieu […] Je ne voudrais rien dire qui pût caractériser cette intervention comme arbitraire, mal proportionnée au temps, brouillant les cervelles, se montrant pour le plaisir de se montrer, touchant à tout, comme un enfant capricieux qui fait voir qu’il est le maître. Je suis persuadé au contraire qu’elle est infiniment suave et douce, condescendante, ordonnée, légère de touche, on dirait aujourd’hui eurythmique. Mais enfin l’histoire de l’Ancien Testament est l’histoire d’une chute et de plusieurs rechutes. Il a fallu que Dieu intervînt par la prophétie et le miracle, et cela se voit, jusqu’au jour où il a résolu de venir faire lui-même une œuvre définitive, qui se continuerait d’une façon stable par l’institution de l’Église (Père Lagrange. La méthode historique. L’évolution du dogme).

 

 

22 février 2016

Marie, Première Église. Fra Angelico (détail)

Marie, Première Église.
Fra Angelico (détail)

 

L’Église nous enseigne la doctrine, elle nous guide dans l’action et dans la vie. La vérité révélée ne touche que les sommets, c’est de là qu’elle se répand pour éclairer les actes. Des hommes généralement distingués par l’intelligence, formés aux bonnes méthodes, occupés leur vie entière de questions spéciales, se prononcent. Ils constituent une autorité des plus respectables. Concevrait-ont des particuliers s’émancipant de l’enseignement scientifique de leur temps, comme des gamins de Paris qui prendraient plaisir à toucher aux plots des tramways ? De même lorsqu’il s’agit de la morale et de la vérité. Le corps des théologiens constitue la meilleure des garanties ; ils représentent en somme, pour une fonction spéciale, ce que le simple particulier doit toujours avoir en grande estime, l’intelligence, le travail, la sagesse accumulée des siècles et l’apport des contemporains (Père Lagrange, La méthode historique même en matière scientifique).

 

 

16 février 2016

abbey_bible_monksDieu a jugé à propos de se communiquer aux hommes et de se faire comprendre d’eux. Il leur a donc parlé, si nous devons nommer ainsi ce qu’un esprit fait savoir à un esprit. L’homme a pris en présence de Dieu une attitude, qui ne fut pas toujours celle de l’adoration et de l’amour, jusqu’à ce qu’enfin, peu content de parler par l’organe d’autres hommes, le Fils de Dieu s’est incarné pour nous dire ce qu’il a plu au Père de nous révéler. La Révélation fut une longue chaîne de témoignages rendus par des homme à la vérité, avant d’être le témoignage rendu au Père par le Fils, et le témoignage rendu par les apôtres au Fils incarné.

Or, il a plu à Dieu que quelque chose fût écrit de ces relations divines et humaines, engagées dans la trame de l’histoire et dans les sentiments les plus divers, et pour donner au Livre une authenticité certaine sans lui enlever son caractère d’adaptation aux temps et aux circonstances, il a favorisé les écrivains d’une lumière spéciale, celle qui convenait à leur génie, à la vérité qu’ils connaissaient, au rôle qu’ils avaient à jouer. De telle sorte que, il faut le répéter, ils sont les auteurs du Livre et que Dieu en est l’auteur (Père Lagrange, La Bible au Moyen Âge).

 

13 février 2016

Tentation de Jésus Duccio (1308-11)

Tentation de Jésus
Duccio (1308-11)

Luc 4, 1-13

C’est une pensée pieuse, aussi utile que vraie, de voir dans la tentation repoussée par Jésus la preuve de sa condescendance, de la réalité de sa nature semblable à la nôtre, un exemple et un réconfort. Tout cela est contenu dans l’enseignement de l’Épître aux Hébreux (2, 18 ; 4, 15) : « C’est parce qu’il a souffert, et a été lui-même éprouvé qu’il peut secourir ceux qui ont été éprouvés…, car nous n’avons pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos infirmités ; pour nous ressembler il les a toutes éprouvées, hormis le péché. »

Mais si le Sauveur doit nous servir de modèle, et s’il a voulu se mettre à notre rang, s’il a permis à Satan de le tenter en sa qualité d’homme, le fait qui résulte de cette lutte, c’est sa victoire après un combat singulier. Satan l’a vu disposé à établir le règne de Dieu ; il a craint que ce ne fût la fin de son règne à lui, il a cru possible de détourner Jésus de son entreprise, ou plutôt il a essayé de le faire entrer dans une voie où il aurait lamentablement abouti à confirmer son propre empire.

Étranges conceptions aux yeux de nos contemporains ! Il est cependant certain que, même après tant de siècles de christianisme, la part du mal dans le monde est très grande, selon l’estime de ceux qui nomment mal ce qui est contraire à la volonté de Dieu (Père Lagrange, L’Évangile de Jésus Christ).

10 février 2016

« Évite le mal et fais le bien, recherche la paix et attache-toi à elle. » Diverte a malo et fac bonum, inquire pacem et persequere eam. Ps 34 (33). (cité par le P. Lagrange dans son Journal spirituel).

10 février : En communion de prières avec Fr. Manuel Rivero qui célèbre la messe, de ce jour anniversaire, aux intentions de tous les amis de l’association du Père Lagrange, ainsi que pour la béatification de cette grande figure de l’Église qu’est le père Lagrange.

 

6 février 2016

P.Lagrange64.-La religion a pour but de nous rapprocher de Dieu ; la plus parfaite est celle qui nous unit à lui davantage. Quand l’union est telle que l’esprit ne peut en concevoir de plus intime, je pense que nous avons atteint l’absolu et le définitif autant que l’homme est capable d’y participer. Ce que la religion nous propose de croire, c’est que Dieu s’est uni à la race humaine par l’Incarnation, qu’étant incarné il s’unit à nous par l’Eucharistie pendant cette vie, que s’unissant encore à nous par la grâce, il nous offre d’être unis avec lui par la gloire en pénétrant dans la vue même de sa nature insondable. Il semble qu’il suffise de réciter ces termes pour reconnaître qu’il est impossible d’aller plus loin dans l’ordre religieux. Ce qu’on peut dire, c’est que c’est trop beau, que c’est de l’idéal, non du réel, que c’est une chimère : personne ne peut proposer rien de plus à moins de supprimer l’une des conditions du problème : une race humaine qui désire se rapprocher de Dieu. Ceux qui ne veulent plus croire doivent donc dire simplement que, durant des siècles, l’humanité a fait fausse route en s’occupant de religion, et que la forme religieuse la plus parfaite n’étant qu’un rêve, il ne reste plus qu’à briser la dernière idole, l’idée d’un dieu personnel, et à renoncer une bonne fois à toute religion. Cela serait franc et net. Mais on aime à colorer ce beau résultat du nom de progrès. Qu’on dise alors progrès de la pensée dans le sens de l’émancipation et non progrès religieux (Père Lagrange. La méthode historique).

 

1er février 2016

Christ Handing the Keys to St. Peter by Pietro Perugino (1481-82) Fresco, 335 x 550 cm Cappella Sistina, Vatican

Christ Handing the Keys to St. Peter by Pietro Perugino (1481-82) Fresco, 335 x 550 cm Cappella Sistina, Vatican

Assurément les chrétiens eux aussi vénèrent l’Écriture sainte, inspirée par Dieu, et nul, pas même le Souverain Pontife, ne pourrait s’arroger le droit de la contredire. Mais pour eux l’Écriture n’est pas tout. Elle est complétée par la tradition transmise depuis les Apôtres, et dont l’autorité est la même. La règle de foi, ce n’est pas l’explication que tel ou tel docteur donne de l’Écriture, c’est la formule reconnue par l’Église comme représentant correctement la vérité révélée ou le dogme, comprenant des vérités de foi qui s’imposent à l’intelligence, des vérités morales plus spécialement destinées à régler la conduite. Mais ce domaine, si étendu qu’il soit, n’embrasse que les vérités immuables qui participent de l’éternité de Dieu. Une foule d’actes humains sont conditionnés par les circonstances du temps et du lieu : la législation qui les règle peut changer avec ces circonstances. La discipline de l’Église elle-même ne doit pas perdre de vue les développements de la société et des mœurs. L’Église catholique, dirigée par un Chef, a toute autorité pour opérer les transformations utiles dans ce domaine mouvant pour ce qui regarde les intérêts éternels, laissant les pouvoirs publics disposer selon la droite raison en ce qui concerne les intérêts du temps. (P. Lagrange. L’Évangile de Jésus-Christ. Jésus à Capharnaüm)

Écho de notre page Facebook : Janvier 2016

 

28 janvier 2016

Saint Thomas d'Aquin--Le jour où Thomas d’Aquin eut achevé son « Commentaire sur l’Eucharistie », il le présenta au Christ de l’autel : « Tu as bien parlé de moi, Thomas, que veux-tu en récompense ? », entendit-il à genoux devant le crucifix. Et le Docteur angélique de répondre : « Toi-même, Seigneur. » À l’exemple de Thomas, qu’il appelait « l’ange de l’École », le père Lagrange n’aspirait qu’à une seule récompense : Dieu lui-même. L’Église vénère le Christ à la table de l’Eucharistie et à la table de la Parole de Dieu. Le père Lagrange le dit à sa manière : « J’oserai dire que l’Écriture sainte est, comme les sacrements, une chose sainte »

(Prier 15 jours avec le Père Lagrange. Manuel Rivero o. p.)

 

 

23 janvier 2016

Pour une théologie de la communication

 

 

http://www.paroleetsilence.com/POUR-UNE-THEOLOGIE-DE-LA-COMMUNICATION_oeuvre_11689.html

 

 

 

 

 

 

22 janvier 2016

L’École biblique à l’honneur dans un numéro spécial du FIGARO

http://www.ebaf.edu/?p=4760&lang=fr

 

21 janvier 2016

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Ce fut l’œuvre de Jésus de fonder cette unité du genre humain, non plus seulement sur la création, comme les Juifs qui n’en tiraient aucune conclusion pratique de fraternité, mais encore sur la foi au même Père. S’il s’était arrêté à cette formule, on pourrait encore attribuer à un coup de génie cette fusion de deux concepts également certains pour nous, dont le lien était alors ignoré : l’unité du Dieu créateur, et le devoir pour toutes ses créatures de lui rendre un même culte. C’est de la sorte que nombre d’âmes religieuses envisagent le rôle et la personne de Jésus-Christ. Son évangile a introduit dans le monde la notion du Dieu père de tous, désireux du salut de tous, qui doivent donc l’aimer et s’aimer entre eux comme des frères. (Père Lagrange. L’Évangile de Jésus-Christ, « Le Fils de Dieu, Dieu comme son Père »).

 

 

18 janvier 2016

Unità --Jean 17, 1-24. Prière du Christ pour l’Unité de l’Église

Que tous ceux qui souhaitent l’unité des chrétiens sentent leurs désirs s’enflammer en lisant cette parole : Je prie « afin que tous soient un, comme toi-même, ô Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu’eux aussi soient en nous ». Cette unité, c’est la marque divine de la religion de Jésus : « de façon que le monde croie que tu m’as envoyé ». Et Jésus le répète avec une énergie croissante : « afin qu’ils soient un, comme nous sommes un ». Ce n’est pas par la simple imitation d’un modèle que se formera cette unité, c’est l’union au Père par Jésus qui créera une unité parfaite : « Moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient consommés dans l’unité » (Toute cette doctrine a été admirablement développée dans l’Encyclique Mortalium animos du Saint-Père Pie XI. Père Lagrange, L’Évangile de Jésus-Christ).

 

14 janvier 2016

Bon Samaritain-El_bon_samarità_(1838),_de_Pelegrí_Clavé_i_Roquer

 

Que la vérité puisse devenir une idole, voire une idole cruelle, au nom de laquelle les fils les plus fidèles de l’Église n’ont pas été moins tourmentés que les plus déviants, l’histoire de la crise moderniste au temps de Pie X en administre la preuve. Le fondateur de l’École biblique de Jérusalem, même s’il n’a pas été aussi sévèrement matraqué que d’autres savants catholiques, a dû subir une redoutable épreuve de l’obéissance. La vérité, qui est une lumière de nature à libérer l’esprit, peut devenir une arme meurtrière, tout comme elle peut aussi servir de remède bénéfique. En la personne du P. Lagrange, se voit une figure de la miséricorde de la vérité : de la vérité administrée comme le baume du Samaritain plutôt que comme la trique de l’inquisiteur (Fr. Bernard Montagnes, o. p. « Le P. Lagrange ou la miséricorde de la vérité. » La Vie spirituelle, « Les miséricordieux » mars-avril 1992, n° 699).

 

10 janvier 2016

« Mon Jésus, je voudrais être enseigné de vous, docibilis Dei.
Je le suis par votre Écriture, par votre Église. »
(Père Lagrange, Journal spirituel, 28 septembre 1913)

Comme chaque mois, le 10, nous nous retrouvons en communion de prières avec frère Manuel Rivero qui célèbre la messe pour la béatification du père Lagrange. Confions à l’intercession du père Lagrange une grâce dont nous avons besoin et disons ensemble la prière pour la glorification du Serviteur de Dieu : 
http://www.mj-lagrange.org/?page_id=631&lang=en

P. Lagrange-Prière pour sa glorification2c

 

6 janvier 2016

Lumière FSJésus est la lumière, mais une lumière qu’il faut d’abord désirer, une lumière qui grandit à mesure que l’homme se dépouille d’une fausse science et s’offre à ses rayons, tandis qu’elle est cachée aux superbes. Ce qui est vrai essentiellement de Jésus l’est aussi de ses disciples. Il est la lumière du monde, ils sont aussi la lumière.

Mais comment les disciples ont-ils reçu cette lumière qui ne leur appartient point en propre, si ce n’est, comme l’explique saint Luc, en ouvrant les yeux à la lumière qu’est Jésus, tandis que d’autres se cantonnent dans leurs ténèbres ? (Luc 11, 35).

« Si donc ton corps entier est éclairé, n’ayant aucune partie ténébreuse, combien sera-t-il éclairé tout entier lorsque la lampe par son éclair t’illuminera ! » (Luc 11, 36) (Père Lagrange, L’Évangile de Jésus-Christ).

 

Adoration des Mages3 janvier 2016

Entrés dans l’humble étable qui servait de maison, les mages virent l’Enfant, avec Marie sa mère, se prosternèrent devant lui, et ouvrant leurs sacoches de voyage offrirent les présents dont ils s’étaient munis pour le petit roi : de l’or, de l’encens et de la résine parfumée qu’on nommait la myrrhe. Plus tard on y a vu des symboles : l’encens est réservé à Dieu, l’or va au roi, la myrrhe fut employée dans la sépulture du Christ (Père Lagrange. L’Évangile de Jésus Christ).

« Votre volonté adorée, ô Jésus, Fils de Dieu, Dieu incarné par votre volonté de nous sauver ! » (Père Lagrange. Journal spirituel).

 

 

1er janvier 2016 

Maria-madre-della-Chiesa-PadovaCe titre de Mère de Dieu fait toute la grandeur de Marie : « La Bienheureuse Vierge, du fait de sa maternité divine, possède une certaine dignité infinie, par suite du bien infini qui est Dieu ». (Saint Thomas, la, q 25, a 6). Abîme pour nos intelligences, la Maternité divine donne la raison à tout le mystère marial, et sans elle, rien ne s’explique.
« Daignez donc, ô Mère de la Sagesse, instruire vos enfants : votre conversation n’a pas d’amertume, votre discipline est douce, vos leçons forment l’esprit et le cœur » (Père Lagrange, Journal spirituel).
L’humanité du Christ, du fait qu’elle est unie à Dieu ; la béatitude créée, du fait qu’elle est jouissance de Dieu ; et la bienheureuse Vierge, du fait qu’elle est Mère de Dieu, ont en quelque sorte une dignité infinie, dérivée du bien infini qu’est Dieu. Sous ce rapport rien ne peut être fait de meilleur qu’eux, comme rien ne peut être meilleur que Dieu.

Nouveau-Testament-Marie à Nazareth par Marie-Joseph Lagrange des Frères prêcheurs

Nouveau Testament

MARIE À NAZARETH

Marie à Nazareth par Marie-Joseph Lagrange des frères Prêcheurs [1] In L’Écriture en Église, 142, coll. Lectio divina, p. 149-157

Jérusalem, en la fête de sainte Élisabeth, 1933

Que faisait Marie à Nazareth ? Nous n’en savons rien. Savons‑nous seulement ce qu’y fit Jésus ? Il travaillait dans ce qu’on ose à peine appeler l’atelier de celui qui passait pour son père. Il allait à la synagogue le samedi. Il vivait dans la compagnie de Marie, sa mère, de saint Joseph, sans doute aussi de quelques parents et amis, puisque la sainte Famille n’était pas un monastère avec sa clôture. Ainsi Marie, dans son adolescence, s’occupait des soins du ménage, allait à la fontaine, la cruche couchée sur sa tête, en revenait, la cruche droite cette fois et bien en équilibre sur son front. Elle tissait peut-être et cousait. Quand nous aurions établi tout cela avec quelques textes du Talmud, nous serions plus en repos sur l’exactitude de ces traits de la vie d’une jeune fille à Nazareth ; nous ne saurions rien de plus de Marie… Et c’est cette insignifiance même, le vide apparent de ces journées grises – en dépit du beau soleil –, qui peine nos pèlerins les mieux disposés. Voici une fillette, déjà dressée à porter la provision d’eau de la famille ; elle va pieds nus, la démarche légère, elle sourit à ses compagnes, échange avec elles quelques propos… pouvons-nous nous figurer ainsi Notre-Dame, la Reine du Ciel, la très Sainte Vierge destinée à être l’auguste Mère de Dieu ? La foi de ces bons chrétiens ne chancelle pas, mais elle est dépaysée. Ils ont toujours contemplé Marie la couronne sur la tête, à moins qu’elle ne la reçoive à son entrée au ciel des mains de son Fils, aux yeux baignés par l’extase des saints transfigurés. Même ce petit Jésus, qui s’éloigne du sein de sa mère pour embrasser tous les traits d’un visage chéri, celui de Notre‑Dame du Marthuret, il la voit couronnée. Notre pèlerin de Nazareth relit la Bulle Ineffabilis : Marie, dès le premier instant de sa Conception, était enrichie d’une grâce plus haute que celle des séraphins… et c’est cette grâce qui habitait l’âme de cette enfant, gracieuse, mais vouée à l’obscurité ; de si grands dons dans une vie si ordinaire, disons si vulgaire. Volontiers il écarterait de Notre-Dame ces images, cette gaine de petites choses, l’existence commune d’une fillette dans un village ignoré, sans que rien ne la distingue d’une Rachel ou d’une Sarah, qui vont avec elle sur le chemin, dont le rêve est de trouver un Jacob ou un Lévi selon leur cœur. Alors notre pèlerin cherche un refuge dans ces gracieux récits où l’enfant pré-destinée, dont la grâce rayonne, admirée des prêtres pour sa sagesse, est nourrie par les anges d’une nourriture céleste dans le parvis du Seigneur[2]. Devant l’abîme de la condescendance divine, cet abaissement que saint Paul appelait un dépouillement, comme si le Fils de Dieu s’était vidé du seul être essentiel en prenant la condition d’esclave[3], il détourne les yeux vers des objets plus riants, espérant ainsi échapper au vertige. Ce qu’il est bien obligé de confesser de Jésus, il souhaiterait n’avoir pas à l’avouer de sa Mère. Qu’il entre plus au fond au contraire dans les profondeurs du mystère de l’Incarnation, et il acceptera cette apparence, cette réalité de bassesse extérieure, sauf à demander à Dieu sa lumière pour pénétrer dans l’intimité des âmes, de Marie comme de Jésus. Oui, toute la gloire de Marie est dans son intérieur. Mais par là aussi elle est un jardin fermé, une fontaine scellée. Qui osera pénétrer ce secret ? Celui qui en aurait le dessein permettrait de mesurer l’épaisseur de son sens profane. La communication de Marie avec Dieu est le secret du Roi qu’il garde pour Lui seul. Nous devons cependant penser qu’il en est d’elle comme de Jésus : au seuil de la vie divine du Sauveur, même dans son âme humaine, nous nous tenons prosternés en silence. Mais quand il a parlé, puisque ce fut toujours dans l’intérêt de nos âmes, nous écoutons sa voix, nous essayons de la comprendre. De même pour Marie dans son rang d’associée à l’œuvre de son Fils. Ses paroles, celles du Magnificat surtout, sont comme une aurore de l’Évangile. Elles nous laissent apercevoir ce que fut la préparation dirigée par l’Esprit Saint en vue d’elle-même, et aussi des bons Israélites qui devaient suivre le Sauveur. Trop souvent notre attention se détourne de ces âmes d’élite, parce que nos informations sont courtes. Ce qui nous émeut, c’est de voir le peuple d’Israël, le peuple de Dieu, sous la pression de ses chefs et dans son ensemble, méconnaître le Sauveur, le Messie qui lui avait été envoyé. Nous cherchons les causes de ce résultat lamentable d’une pédagogie que nous confessons divine. Elles ne peuvent être que dans l’aveuglement et l’obstination du peuple. Mais contenue dans l’Écriture n’était donc pas assez claire ? Il ne s’est donc trouvé personne pour justifier Dieu au chétif tribunal des humains ? Assurément si, puisque son œuvre s’est faite. Mais elle ne s’est pas faite en dehors d’Israël. Le peuple chrétien est, d’après saint Paul, le véritable dépositaire des promesses faites à Abraham dans la personne de son fils, Isaac, figure de l’héritier de la promesse, le Christ et ceux de ses frères qui ont cru en Lui. Les premiers furent les apôtres, tous israélites, même saint Paul. Ce sont eux qui ont reçu cette lumière et qui l’ont transmise, qui ont été embrasés de cette charité pour tous les hommes et qui l’ont communiquée. Au-dessus d’eux, avant eux, unie à Jésus, Marie est non pas le type, mais la vraie mère de ces âmes saintes, de cette élite exquise, que la révélation et la grâce avaient préparée, à laquelle il fut donné de la comprendre et de la suivre par une volonté droite et une fidélité inaltérée. C’est en Marie, à Nazareth, dans ces journées qui n’étaient remplies de rien, que cette harmonie s’était réalisée que cette grande aurore avait brillé. Encore une fois, nous ne parlons pas des grâces les plus sublimes, trop heureux si nous pouvions faire usage des sentiments exprimés à notre intention et fidèlement transmis par l’Église qui les met chaque jour sur nos lèvres, et souhaite qu’elles pénètrent notre cœur. Comment tracer en quelques mots les grandes lignes du rapprochement divin depuis Adam et Abraham, pour aboutir à l’Incarnation, la transgression réparée par la clémence, la misère comblée par le don ? Il faudrait d’abord sonder le penchant de l’homme à méconnaître Dieu, même lorsqu’il le cherche, et à s’adorer soi-même quand il prétend rendre hommage à Dieu. Ce péché est toujours actuel. Le R. P. Teilhard de Chardin, répondant à une enquête sur les raisons actuelles de l’incroyance[4], l’a diagnostiqué en termes scientifiques modernes, qu’on pourrait traduire dans un langage qui exprimerait toute l’Antiquité :

Le monde actuel […] n’est pas radicalement incroyant ou areligieux. Mais son pouvoir naturel d’adoration est présentement dérivé vers un objet, l’Univers. Et plus loin : L’Humanité, en quelques générations, s’est littéralement convertie, spontanément, à une espèce de Religion du Monde, confuse dans ses dogmes, mais parfaitement claire dans ses orientations […] l’Homme moderne ne peut plus reconnaître Dieu qu’en prolongement (pourrait-on dire : sous les espèces ?) de quelque progrès ou maturation universelle. Pour le Révérend Père, très au courant du mouvement des études, cela vient de « la découverte scientifique de l’unité naturelle et de l’énormité du monde » (p. 220). Je ne sais si la science démontre mieux que l’ancienne philosophie l’unité naturelle du monde, mais son énormité ne fait rien à l’affaire ; ce qui est le Tout est toujours énorme, et pour les anciens le monde était le Tout. C’était donc le Tout que l’homme adorait, en rendant un culte particulier à certaines de ses forces, et en prenant lui-même place dans ce Tout, étant sa partie pensante. S’il y a autre chose que le monde, à savoir son Créateur, plus le monde est reconnu grand, plus son créateur sera adorable ; l’énormité de ses œuvres n’est pas défavorable à Dieu. Mais le monde a-t-il été créé ? Aucun ancien n’a osé le dire[5], et c’est ce que la Bible dit dès la première page, c’est ce qu’elle proclame par la voix des martyrs du temps des Maccabées[6].

Dieu, le Dieu des juifs, le seul Dieu, avait créé le Soleil et la Lune, ces deux grandes divinités. Et si la Lune, reine des nuits orientales, avait pâli dans les brumes de l’Occident, ce fut encore le Soleil Invincible qui s’opposa dans le monde romain au triomphe du Dieu créateur révélé par son Fils. Distinct du monde, le Dieu créateur des Hébreux ne s’y mêlait pas, et tel était l’excès de son Être, même sur l’homme, que tout contact entre eux mettait le plus faible en péril certain de mort. La pensée qu’un mortel pût forcer la retraite inaccessible de Dieu ne pouvait venir à personne. Toute démarche devait venir du Saint, et cette sainteté était si redoutable que, même lorsqu’il invita son peuple à s’approcher de lui pour entendre sa voix, il lui prescrivit de poser des barrières et de ne les pas franchir « de peur qu’un grand nombre d’eux ne périsse[7] ».

Qui aurait jamais osé prétendre qu’il n’avait rien en soi qui ne risquât de déchaîner la violente réaction de la sainteté divine ? C’est seulement en s’abstenant de tout ce qui pouvait paraître impur, en prenant d’infinies précautions, qu’on se hasardait à affronter le voisinage de l’Être Saint, dans l’espérance de lui être consacré de quelque façon. Ce n’était pas, il faut l’avouer, le moyen de nouer des relations très cordiales, et il semble, au premier abord, que la piété païenne avait ici l’avantage. Avec quelle tendresse Épictète parle de ce Dieu qui est en lui ! Aussi le mot de saint n’est jamais prononcé. Entre eux aucune distance, à plus forte raison aucune décharge à redouter de la sainteté courroucée. Mais s’il n’y a pas de distance, c’est qu’il n’y a même pas distinction. En Dieu le Sage s’adore lui-même. S’il est en si bons termes avec Dieu, c’est qu’il fait partie de Dieu, au même titre que les dieux immortels. Pour réprimer cet orgueil, pour rappeler aux hommes qu’ils sont devant Dieu comme s’ils n’étaient pas, pour les mettre à leur place, il fallait dresser avant tout les barrières du Sinaï.

Elles avaient surtout leur raison d’être entre le peuple et son Dieu. Le peuple se rapproche de Dieu par le culte, qui a toujours quelque chose d’officiel et de solennel. Mais les âmes ? Il était commandé à chacun : « Tu aimeras ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta force[8]. »

Comment concilier cet amour avec le respect dû au Dieu tout-puissant et trois fois saint ?

C’est ce que les chefs d’Israël, au temps de Marie, ne savaient pas très bien faire. Ils insistaient sur les précautions à prendre vis-à-vis du Saint, avant d’épancher leur cœur avec l’ami. Et cependant, depuis les jours reculés de Moïse, depuis que la promesse faite à Abraham avait été renouvelée à David, depuis que le peuple emmené en captivité à Babylone, avait été ramené à Jérusalem par une protection si visible de Dieu, les fils d’Israël étaient invité par les prophètes encore plus à l’amour qu’à l’obéissance. C’était Lui, et non un autre, qui était personnellement leur Sauveur. Il ne demandait pas qu’on tentât à travers les cieux une ascension impossible, pour aboutir à un palais ou glacé ou brûlant ; c’est lui-même qui devait descendre, parce que l’antithèse entre la sainteté et l’union allait être résolue dans le baiser de la justice et de la paix, la miséricorde exécutant les promesses faites à David, misericordias David fideles (Is 55, 3).

Assurément, Marie jeune fille, pas plus que Jésus adolescent, ne dédaignait d’aller le samedi à la synagogue. Trop souvent l’explication du maître portait sur les règles de la pureté et de l’impureté, la pratique rigoureuse du sabbat, même au détriment du prochain, la nécessité de payer exactement la dîme. Mais on lisait aussi les Prophètes. Osons ici faire une conjecture. Notre-Seigneur a spécialement cité Isaïe. C’était évidemment son prophète de prédilection. Ne pouvons-nous pas supposer que c’était pour ainsi dire une dévotion de la sainte Famille ? N’est-ce pas Marie tout d’abord qui lui a appris à lire dans le prophète comment une fleur devait s’épanouir sur la tige de Jessé ? N’a-t-elle jamais exprimé son désir du salut par ces paroles enflammées :

 Regarde du haut du ciel, et vois,

de ta demeure sainte et glorieuse ;

Où est ton zèle et ta grande puissance,

l’émotion de tes entrailles et ta pitié ?

Ah ! ne te fais pas insensible !

Car tu es notre Père !

Abraham ne nous connaît pas,

et Israël ne nous reconnaît pas.

Toi, Iahvé, tu es notre Père,

notre Rédempteur, c’est ton nom en tout temps…

Oh ! Si, déchirant les cieux, tu descendais ![9]

À Nazareth, d’autres sans doute attendaient le Messie. Mais dans ce petit village on était, comme partout, absorbé par les soins de la vie. La récolte faite, un marché était ouvert aux étrangers. Sur les collines mûrissait le raisin, les Bédouins des terres basses apportaient le lait de leurs troupeaux. Tout ce monde allait se désaltérer à la source. Et Marie, songeant à la faim et à la soif de l’Esprit, se disait avec Isaïe que Dieu allait satisfaire aux vrais besoins des âmes :

Ô vous tous qui avez soif, approchez-vous des eaux,

même vous qui êtes sans argent !

Venez acheter du blé et mangez ;

venez, achetez sans argent,

sans payer, du vin et du lait…

Prêtez l’oreille, et venez à moi ;

écoutez et votre âme vivra ;

et je conclurai avec vous un pacte éternel !

(C’est) la faveur assurée à David[10].

Tendre compassion envers les besoins de l’âme devenus sensibles par la comparaison avec les exigences du corps. Cependant la sainteté demeurait dans sa pureté inviolable. Personne dans Israël n’eût osé l’outrager. Mais c’est elle qui se penchait vers la misère, étant devenue désormais la miséricorde. Elle se penchait vers les choses basses. Dieu est par soi-même aimant les choses basses, a dit à peu près M. Olier, inspiré par sa dévotion envers Marie. Nous nous scandalisions de cette petite existence, de cette bassesse. Et Marie, connaissant les goûts de Dieu, ne s’étonnait pas qu’il regardât la bassesse de sa servante. Où irait cette plénitude de bonté, si ce n’est sur la pente et vers le vide ? Si absolument bon qu’il soit, il ne peut se déverser sur cette sotte boursouflure de l’orgueil humain. Marie s’en apercevait bien, car elle n’ignorait pas dans sa bourgade méprisée, les tragédies qui remplissaient Jérusalem d’horreur et de larmes. Il était encore sur son trône, cet Hérode dont les crimes semblaient défier le ciel. Pour combien de temps ? Et lui-même avait renversé sur les marches du trône ses propres enfants. Lorsque, malgré la distance qui les séparait, elle s’entretenait avec sa cousine Élisabeth, elle écoutait avec déférence les paroles du prêtre Zacharie ; quand elle voyait grandir dans le cœur de Joseph, qui allait être son époux, la plus pure charité divine, elle comprenait où allaient les trésors de la miséricorde.

Dieu tout-puissant, Dieu très saint, Dieu Sauveur, Dieu infiniment miséricordieux, qui rassasie les pauvres qui ont faim, qui résiste aux superbes en les laissant à leur impuissance à s’approcher de sa Sainteté, Dieu clément et prompt à pardonner, Dieu qui avait promis le salut à Abraham dans son héritier et non dans une Loi dont ses interprètes ne comprenaient plus l’esprit, tel était le Dieu qu’adorait Marie dans les Écritures. La source était limpide dans son cœur. Une nouvelle révélation la fit jaillir, et ce fut le Magnificat. Notre pauvre érudition n’est pas toujours exempte de myopie. Nous pointons avec une diligence louable tous les mots du Cantique qui se trouvent déjà dans l’Ancien Testament. Avec plus de raison encore nous y cherchons des situations analogues, comme celle d’Anne, mère de Samuel. Mais nous ne comprenons pas assez à quel point le Magnificat exprime les sentiments suggérés par la Révélation ancienne, embrassée dans son esprit, au moment où elle va se dépasser elle-même par l’amour du salut, dans un tressaillement de joie.

D’où vient en effet cette joie, ce transport de joie ? Un ange a abordé Marie, non pas au milieu de ses compagnes, se chamaillant à qui passera la première à la fontaine, comme l’entend une tradition locale des Grecs, mais dans le silence de sa demeure, si simple qu’on pouvait à peine la nommer une maison. Et l’ange a proposé à Marie, au nom de Dieu, d’être la Mère du Messie. Marie a compris. Mais cela pouvait-il être d’accord avec le vœu que lui avait inspiré la sainteté de Dieu, qui ne s’unit qu’aux cœurs purs ? Elle apprend maintenant le secret des secrets, la merveille des merveilles, comment la sainteté de Dieu, qui se plaisait aux retranchements et aux abstentions de la créature, aujourd’hui dans ce miracle unique ferait œuvre de fécondité. En Marie, pleine de grâce, elle ne trouvait rien à détruire, et c’est précisément en tant que Saint que Dieu lui donnerait un fils. La Sainteté si redoutable dans l’intérêt de l’isolement de Dieu se communiquait, en envahissait même l’humanité. D’où cette parole étonnante : « et pour cela, l’enfant né [sera] saint, il sera le Fils de Dieu. » Le pas franchi, la Sainteté non seulement sauvegardée, mais prodiguée, le reste serait l’œuvre de la Puissance, à laquelle rien n’est impossible, et Marie n’avait plus qu’à dire : « Voici la servante du Seigneur, qu’il m’arrive selon votre parole. »

Si bien que Marie, consciente de ce qui s’était passé en elle, pouvait dire : « Le Puissant a fait en moi de grandes choses et son nom est saint. » Et elle glorifiait le Seigneur, en attendant que son Fils nous apprenne à demander que son nom soit sanctifié et que sa volonté soit faite. Elle continue. Partant de la bassesse du présent, prévoyant un avenir de gloire, elle arrête sa pensée sur ces attributs de Dieu que proclame la révélation, qui se manifestent dans l’histoire. À vrai dire, le pauvre exégète se demande si elle parle du présent, du passé ou de l’avenir. Elle met tout au passé, parce qu’il a émis la lueur qui désormais se projette sur l’avenir. La miséricorde, depuis des générations les plus anciennes, s’est exercée en faveur des humbles, en dispersant les orgueilleux, leurs ennemis, en donnant la première place aux humbles, non pas dans les situations de la terre et du temps, mais devant Dieu.

Marie sait que ce Père donnera aux affamés cette nourriture que Jésus les invitera à demander chaque jour. Le Notre Père sera plus clair et plus expressif encore ; saint Paul expliquera quels sont les vrais fils d’Abraham. Mais ne respire-t-on pas dans les paroles de la Vierge de Nazareth l’esprit de toute la prophétie[11] au moment où commence la réalité ?

Qui douterait que le soir même, si cela était exigé par les soins courants du ménage, elle n’ait repris sa cruche pour aller à la fontaine, la dernière plutôt que la première à se servir ?

Et déjà le Magnificat chantait dans son cœur. Voir la suite : https://mj-lagrange.org/wp-admin/post.php?post=8209&action=edit&lang=fr

 

www.mj-lagrange.org

[1] M.-J. Lagrange, O.P., R. Bernard, O.P., Maurice Brillant, Notre-Dame à Nazareth, Juvisy, Éd. du Cerf,  « Les Cahiers de la Vierge », n° 3, mai 1934, p. 53-55 et 59-63.

[2] Ce sont ceux des Évangiles apocryphes dont le centre est à Jérusalem. On ne s’appuie ici que sur les écritures canoniques sans exclure les renseignements qu’on pourrait tirer des autres. Autre chose est par exemple le fait de la Présentation de Marie au Temple et la description du séjour qu’elle y aurait fait.

[3] Philippiens, 2, 7.

[4] La Vie intellectuelle, octobre 1933, p. 218 s.

[5] Si ce n’est selon nous Platon, mais sans trouver d’écho.

[6] 2 M 7, 28.

[7] Ex 19, 21.

[8] Dt 6, 5.

[9] Isaïe, 63, 15-19, traduction Condamin.

[10] Isaïe, 55, 1-3

[11] Saint Augustin, qui a tant étudié l’Écriture par son génie et par sa foi, a résumé quelque part son enseignement dans cette parole : « Que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur. » Pensait-il à Marie glorifiant son Sauveur ?

Écho de notre page Facebook : décembre 2015

 

26 décembre 2015

1894-Vue du futur sanctuaire St-Étienne de Jérusalem« Ô saint de Dieu, ô Étienne, précieux premier martyr ! dans la force de charité qui vous soutenait, vous avez intercédé près du Seigneur pour un peuple ennemi, daignez maintenant répandre vos prières pour la communauté qui vous est si spécialement consacrée et pour tous ceux qui contribueront à la restauration de votre sanctuaire : Sancte Dei, pretiose protomartyr Stephane, qui virtute caritatis circumfulsus undique, Dominum pro inimico exorasti populo, funde preces pro devoto tibi nunc collegio ! » (Neuvième répons de l’office, selon le rite des Frères Prêcheurs)

(Père Lagrange, Saint Étienne et son sanctuaire à Jérusalem, éd. Picard, 1894).

 

24 décembre 2015

Nativité-rUn groupe de ces nomades – car ils n’étaient pas de Bethléem – était demeuré éveillé cette nuit-là, devisant sans doute en gardant les troupeaux. Soudain un ange se trouva près d’eux, et ils furent enveloppés de lumière. Cette lueur les effraya, leur paraissant surnaturelle. L’ange dit : Ne craignez point ! Car il venait lui aussi annoncer la bonne nouvelle. L’évangile est donc bien tout d’abord un message du ciel à la terre. La révélation s’adresse à Israël : c’est le sujet d’une grande joie, car dans la cité de David un Sauveur vient de naître, qui est le Messie, Seigneur auquel est dû l’hommage. À eux maintenant de chercher et de se convaincre qu’ils n’ont pas été trompés par une illusion : ils trouveront un enfant dans une mangeoire, non pas abandonné dans sa nudité comme cet étrange berceau le donnerait à croire, mais enveloppé de langes. Et comme si le ciel s’associait à cette joie, une troupe nombreuse de l’armée céleste apparut encore, louant ce Dieu d’Israël qui avait voulu être nommé Iahvé des armées d’en-haut, et qui allait être reconnu pour l’unique Dieu du monde :

« Gloire à Dieu dans les hauteurs,

« Et paix sur la terre parmi les hommes de bonne volonté. »

Ainsi Dieu recueillera la gloire, la gloire du pardon accordé aux hommes qui voudront bien, d’une volonté droite, accueillir celui qui est venu pour les sauver, et leur apporter ainsi la paix. Tel est donc l’évangile annoncé à ces hommes simples (Père Lagrange. L’Évangile de Jésus-Christ).

 

21 décembre 2015

Arrivée à Bethléem

 

 

Joseph devait, comme descendant de David, se rendre à Bethléem. Qu’il y ait amené Marie, cela se comprend assez, ne voulant pas la laisser seule […]. Ils s’engagèrent donc sur la route qui de Nazareth conduisait à Jérusalem, puis à Bethléem, distance bien longue à parcourir dans la situation de Marie […] qui devait en éprouver une certaine incommodité. Le couple était sans doute trop pauvre pour recourir à des moyens luxueux. À Bethléem ils ne trouvèrent pas de place dans ces grandes auberges qu’on nomme aujourd’hui des Khans, où les gens et les bêtes s’installent comme ils peuvent les uns à côté des autres. Le bureau de recensement fonctionnant alors à Bethléem attirait beaucoup de monde. Ils trouvèrent cependant l’hospitalité la plus modeste dans une de ces grottes qui servaient de demeure pour les personnes et d’écurie pour les animaux (Père Lagrange. L’Évangile de Jésus-Christ).

« Ô saint Joseph, enseignez-moi une vie toute cachée, toute d’amour » (Père Lagrange, Journal spirituel).

 

18 décembre 2015

St-Dominique recevant le rosaire

 

C’est à saint Luc et par lui à Marie, que les âmes dominicaines

doivent les cinq mystères joyeux qu’elles s’attachent à contempler.

Une fois entrées en communication avec cet écrivain si éclairé sur ces mystères

elles reconnaîtront dans le troisième évangile les mêmes touches émues et délicates

qui attendrissent le cœur et le remplissent d’une immense espérance dans son Sauveur

(Père Lagrange. « Comment lire la Sainte Écriture ? »).

 

 

16 décembre 2015

Attesa

 

Ce qu’attendaient les âmes religieuses, mal satisfaites de religions impures, même sous leur forme la plus élevée,

c’était un Sauveur, qui leur accordât le pardon de leurs péchés,

qui les aidât à pratiquer une vie meilleure

(Père Lagrange. « Comment lire la Sainte Écriture »).

 

 

13 décembre 2015

Mater admirabilis

 

L’Attente

Marie, consciente de ce qui s’était passé en elle, pouvait dire : « Le Puissant a fait en moi de grandes choses et son nom est saint. »

Et elle glorifiait le Seigneur, en attendant que son Fils nous apprenne à demander que son nom soit sanctifié et que sa volonté soit faite. Elle continue.

(Père Lagrange, « Marie de Nazareth »).

 

 

 

 

 

 

10 décembre 2015

Prière pour la glorification-frovredUnissons nos prières à celles de fr. Manuel Rivero O. P. qui célèbre la messe de ce jour‑anniversaire aux intentions particulières confiées et pour la béatification du père Lagrange.

« Miséricorde : amour indulgent et compatissant qui soulage et console celui qui en est l’objet. Elle gagne par la bienfaisance, surtout les âmes faibles, préoccupées de leurs intérêts ; les âmes fortes en ont besoin aussi : ce sont les consolations que Dieu mèle aux épreuves » (Père Lagrange, Journal spirituel, 4 avril 1879).

 

 

 

8 décembre 2015

Immaculée ConceptionUne piété simple et profonde pour l’Immaculée Conception :
« Sa piété, parce qu’elle puisait aux sources authentiques, fut simple et profonde, sans aucun calcul, sans le moindre semblant d’ostentation. Il eut toujours pour la Vierge une dévotion filiale. Il aimait à rappeler qu’il était né l’année qui suivit la définition de l’Immaculée Conception ; l’École biblique fut mise par lui sous le patronage de Notre Dame du Rosaire. Jusqu’aux dernières années de sa vie, il eut un règlement de novice. Levé à cinq heures, il descendait à l’église, célébrait le Saint sacrifice, prolongeait son action de grâces et son oraison, puis se mettait au travail. Vers onze heures, bien avant le début de l’office choral, il descendait à l’église. Nous étions sûrs de le voir là, priant près de ce pilier de la nef d’où l’on découvre à la fois le tabernacle et l’autel du Rosaire. » (Fr. Roland de Vaux, dominicain)
Avec le Père Lagrange, confions-nous à la prière de l’Immaculée Conception !

 

6 décembre 2015

Vierge Marie-Brea« Grâce à demander pour l’Immaculée Conception :

pureté du cœur et persévérance finale dans les cœurs »

(Père Lagrange, Journal spirituel, le 6 décembre 1881).

 

 

 

 

 

 

3 décembre 2015

Dominicains en marche« Seigneur ! Seigneur ! » (Matthieu 7, 21)
Il faut agir. Mais agir pour faire la volonté du Père : « Ce n’est pas quiconque dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fera la volonté de mon Père. »
Depuis que cette parole a été dite, les penseurs chrétiens ont sondé la valeur des actions morales et les conditions de la perfection chrétienne. De plus en plus leur enseignement se résume en ce point que toute la perfection consiste à s’unir à la volonté de Dieu, à l’accomplir selon ses forces, ou du moins à s’y abandonner. Une seule parole de Jésus fait déjà toute la lumière
(Père Marie-Joseph Lagrange : L’Évangile de Jésus-Christ).

 

2 décembre 2015

Seconde multiplication des pains (Matthieu 15, 29-37)

La bonté de JésusMultiplication des pains2

Il se passa alors ce qu’on pouvait attendre de la bonté de Jésus. Toute cette foule était là depuis trois jours ; on amenait sans cesse de nouveaux malades ; avec les guérisons la masse augmentait. Ce spectacle inouï faisait tout oublier. Après avoir récompensé leur foi par ces miracles, Jésus eut pitié d’eux-mêmes, qui n’avaient rien à manger, et ne voulut pas les renvoyer à jeun, car quelques-uns étaient venus de loin et ils étaient exposés à défaillir en route.

 

1er décembre 2015

Très Haut« Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, pour avoir caché ces choses-là aux sages et aux habiles, et les avoir révélées aux petits ! » (Luc 10, 21)

Jésus n’avait-il pas consumé ses forces à éclairer les sages et les habiles ? Mais parce qu’ils se croyaient sages, se confiant en leurs propres lumières, ne se doutant pas de leur cécité, Dieu les avait laissés là, et avait guéri d’autres aveugles, mais qui demandaient à voir. Il leur avait ouvert les yeux par son Fils, auquel tout a été transmis par son Père, tout ce qu’il sait, tout ce qu’il peut, tout ce qu’il est, tout ce dont il est le dépositaire. Et ce don est tellement mystérieux, la Personne du Fils est tellement haute, que « nul ne sait qui est le Fils, si ce n’est le Père », comme « nul ne sait qui est le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudrait le révéler », et encore dans la mesure où ce secret peut tenir dans un cœur d’homme.

(L’Évangile de Jésus-Christ par le Père Lagrange)

Écho de notre page Facebook : novembre 2015

 

30 novembre 2015

« Avent dans la ville » La méditation de  par fr. Thomas-Marie Gillet o. p. http://avent.retraitedanslaville.org

« À la gloire de Dieu, l’homme debout »

Redressez-vous et relevez la tête (Évangile selon saint Luc, chapitre 21, verset 28)

Nous sommes déjà à la fin des temps et le Seigneur vient. Dieu ne vient pas encore dans sa gloire, mais il désire ardemment venir dans nos cœurs, et c’est lui qui nous aidera à deviner, à voir les signes de sa venue parmi nous. Ainsi, dès aujourd’hui nous pouvons l’accueillir et demeurer avec lui tous les jours de notre vie. Cette préparation de la rencontre avec Dieu, de l’accueil de sa grâce, est loin d’être une attente passive, elle est active, dynamique et nous conduit vers la lumière. Attente qui nous met en marche vers la vie.
La marche a ses exigences : se mettre debout et relever la tête.
Et rester debout, en état de marche, cela implique que nous ne nous laissions pas décourager, abattre par ce qui alourdit notre cœur. « Débauche, ivrognerie, soucis de la vie »*, voilà ce qui nous empêche d’avancer, dit l’Évangile . C’est pour nous délester de ce poids que nous nous sommes mis à l’écart, que nous sommes entrés en retraite. Chômage, difficultés du couple, violences diverses, discrimination, ils sont nombreux les « soucis de la vie », ces bruits du monde que nous devons faire taire pour un temps, afin de mieux s’y confronter. Je pense en particulier à une amie qui doit affronter depuis plusieurs mois la séparation d’avec son conjoint. Comment ne pas se laisser terrasser par la tristesse, par la douleur de la trahison ? Comment ne pas succomber aux sirènes du laisser-aller, tout lâcher et vouloir mourir à petit feu ? Comment ne pas laisser place à la peur, aux chimères de la vie réinventée avec des « si » : « si j’avais été une meilleure épouse, il ne serait pas parti » ; « si je suis séparée, je ne vais plus pouvoir communier » ? Pourtant cette amie tient le coup, elle n’a pas abandonné la marche. Et si elle continue de tenir debout, c’est certainement grâce à la lumière reçue de Dieu, à l’attachement de ses enfants et au soutien de ses proche s. C’est dans ces ténèbres qui obscurcissent le chemin que la lumière même fragile et vacillante continue de briller et nous invite à choisir la vie. Courage, debout, et relevons la tête !

* Évangile selon saint Luc, chapitre 21, verset 34

Méditation enregistrée dans un studio de RCF Lyon

 

29 novembre 2015

Pêche miraculeuse-Arazzi di raffaello(1519)La pêche miraculeuse (Matthieu 4, 18-22)
L’esprit moderne se cabre plus vite devant le miracle que l’homme ancien. C’est pour lui une difficulté. Mais il a une raison de plus pour croire : il lui est loisible de constater l’accomplissement de la prophétie. Simon a été vraiment pêcheur d’hommes, et ses successeurs continuent à diriger la pêche sur la parole du Seigneur, appelant d’autres hommes à leur secours, mais souverains meneurs de tout l’apostolat, fixant les territoires, choisissant les apôtres, seuls chefs de la mission pacifique conquérante souvent par le sang des martyrs, toujours plus loin, jusqu’à ce que la terre entière ait entendu l’Évangile.
Peut-on exiger de nous qu’en lisant cette pêche miraculeuse nous cessions d’entendre cette parole qui s’exécute depuis tant de siècles : « Avance au large, duc in altum ? Et certes il est très étonnant qu’il ait été donné au successeur de Simon d’avancer toujours au large : cela est plus admirable que la capture miraculeuse d’un nombre considérable de poissons.
(L’Évangile de Jésus-Christ par Marie-Joseph Lagrange des Frères Prêcheurs)

 

25 novembre 2015

C’était un Maître. Il y a, en biblisme, une École de Jérusalem comme il y eut, au XVIe siècle, en théologie, une École de Salamanque ; et le dominicain que fut le P. Lagrange a formé des élèves qui sont devenus des Maîtres comme le fit, il y a près de quatre siècles, le dominicain François de Vitoria.

C’était un Maître

 

22 novembre 2015

Fr. Gianni Festa est le nouveau Postulateur Général de l’Ordre des prêcheurs

http://www.op.org/en/content/fr-gianni-festa-new-postulator-general-order

 

22 novembre 2015

Lectio divina avec le père Lagrange. Le Sermon sur la montagne (55)

http://www.mj-lagrange.org/?p=8151

 

Présentation de Marie au Temple-Prato Duomo

21 novembre 2015

Marie, conduisez-moi par le plus court chemin au coeur de Jésus!

Vase spirituel! Mère de la Grâce! (P. Lagrange, Journal spirituel)

 

 

15 novembre 2015

Lectio divina avec le père Lagrange. Le choix des Douze (54)

http://www.mj-lagrange.org/?p=8136

 

14 novembre 2015

Plus que jamais d’actualité. Prière pour l’Europe et le Monde

http://www.ndweb.org/2012/10/priere-pour-leurope-cardinal-carlo-maria-martini/

 

13 novembre 2015

Homélie de Mgr Bruguès à la messe de clôture des Journées Lagrange, 24 octobre 2015 à Rome

http://www.mj-lagrange.org/?p=8131

 

12 novembre 2015

La perle la plus précieuse de l’évangile de Matthieu selon le père Lagrange

http://www.mj-lagrange.org/?p=8119

 

11 novembre 2015

La cause de béatification du père Lagrange sur le site de la conférence des religieuses et religieux de France. CORREF

http://www.viereligieuse.fr/La-cause-de-beatification-du-P

 

10 novembre 2015

En union de prières avec fr. Manuel Rivero au cours de la messe de ce jour, célébrée aux intentions particulières confiées et pour la béatification du père Lagrange.P. Lagrange-Prière pour sa glorification2c

 

6 novembre 2015

Les dominicains 800 ans de présence.

https://rcf.fr/spiritualite/vie-de-leglise/les-dominicains-800-ans-de-presence-au-monde#.Vjzf7uIdEIo.facebook

 

4-5 novembre 2015

Tout sur les journées Lagrange à Rome, les 23-24 octobre 2015. Voir la page Actualités.

 

3 novembre 2015

Une question brûlante.. http://www.mj-lagrange.org/?p=8064

Lectio divina : L’homme à la main desséchée guéri un jour e sabbat