Écho de notre page Facebook : mai 2022

P. Lagrange priant
Photo EBAF

22 mai 2022

Évangile de ce dimanche (Jean 14, 23-29) commenté par le père Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 1936.

(23) – Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui.

– La réponse n’est pas directe, mais c’est bien une réponse : c’est seulement dans le cas que j’avais dit que je me manifesterai, ce qui exclut le monde indifférent ou hostile. Mais il est dit de plus que le Père aussi viendra, ce qu’on pouvait supposer, puisque le Fils est si intimement uni au Père, et, ce qui est plus nouveau, cette venue sera une demeure. Dieu habitait dans Israël (Ex 14, 8, etc.) ; cette cohabitation, atténuée par la disparition de l’arche devait se reproduire (Za 2, 10), et s’était en fait réalisée dans l’Incarnation (1, 14). Une fois le Christ remonté vers son Père, tous deux viendront, mais seulement en chacun de ceux qui aiment le Fils et observent ses commandements. Cette demeure est intérieure, c’est seulement une formule conforme à la métaphore : on habite chez quelqu’un.

(24) Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles ; et la parole que vous avez entendue n’est pas la mienne, mais celle du Père qui m’a envoyé.

– Le revers de la médaille. Ceux qui ne m’aiment pas sont aussi ceux qui ne gardent pas mes paroles, c’est-à-dire n’observent pas mes commandements. Ils n’observent donc pas non plus ceux du Père, car la parole de Jésus est celle de celui qui l’a envoyé, comme il l’a déjà dit plus d’une fois. Ce sont ceux-là qui figurent ici le monde. Le Père ne saurait les aimer : comment viendrait-il amicalement chez eux avec le Fils, comment le Fils se ferait-il connaître à eux comme un ami ?

(25-26) Demeurant auprès de vous, je vous ai dit ces choses ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que mon Père enverra en mon nom, celui-là vous enseignera tout et vous remettra dans l’esprit tout ce que je vous ai dit.

Nouvelle promesse de la mission de l’Esprit.

Les deux versets sont comme la conclusion de l’exhortation aux disciples touchant leur situation future, précédant les dernières paroles de consolation (27-31). C’est en même temps une allusion à l’enseignement que Jésus a donné jusqu’à présent, et qui sera continué par l’action du Paraclet déjà promis.

C’est le Défenseur qui figure ici bien clairement dans l’office de maître de doctrine. Il sera envoyé par le Père, non plus (16) à la prière du Fils, mais ce qui est plus en situation, pour tenir la place du Fils et parler en son nom ; comme le Fils est venu de la part du Père et pour parler en son nom, ainsi l’Esprit Saint parlera au nom du Fils. Le Paraclet, qualifié déjà esprit de vérité (17) est ici l’Esprit Saint (1, 33), terme connu par la Bible. Sa fonction ne sera pas seulement de rappeler les paroles de Jésus : il enseignera et il rappellera. C’est bien le même groupe de vérités que le Paraclet enseignera et rappellera. D’autre part, il faut admettre un nouvel enseignement qui complètera celui de Jésus (16, 12 s.), non par addition de vérités autres, mais par un développement où l’on reconnaîtra de quelque manière ce que Jésus avait déjà dit. Le nom même d’Esprit indique la nature de cet enseignement, par suggestion intérieure, plutôt que par la parole. C’est sur assistance que s’appuie l’Église quand elle propose la règle de foi soit d’après l’Écriture, soit d’après la Tradition. Aucun privilège n’est accordé ici à la parole écrite, et l’Église ne saurait errer puisqu’elle a pour maître l’Esprit Saint. Après la mort du dernier Apôtre, il n’y a plus eu dans l’Église de révélation officielle, destinée à toute l’Église ; mais entre l’Ascension et la mort du dernier Apôtre, l’Esprit Saint a sûrement révélé des vérités sinon entièrement nouvelles, du moins qu’on n’aurait pu sans cela dégager de la révélation faite par le Christ.

(27-29) Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble et ne s’effraye pas. Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais et je viens à vous. Si vous m’aimiez vous vous réjouiriez parce que je vais au Père, car le Père est plus grand que moi. Et maintenant je vous ai avertis, avant que cela n’arrive, afin que lorsque cela sera arrivé, vous croyiez.

Les adieux et les dernières paroles d’encouragement

C’est la conclusion du discours qui a commencé avec le chapitre ; elle est parallèle au début par l’invitation à ne pas se troubler par l’annonce du départ et la promesse du retour, surtout par l’appel de la foi. Il y a ici en plus le don de la paix, et même une invitation à la joie, par un contraste saisissant avec la pensée du sacrifice plus imminent ?

Le lien avec ce qui précède serait clair, si l’on pouvait identifier la paix du Christ avec son Esprit. Mais le don de l’Esprit était à venir ; la paix est déjà non seulement léguée mais donnée. Elle sera plus profonde plus tard, mais la forme du don (au présent) empêche de voir ici une suite très exacte de ce qui précède. C’est donc une idée nouvelle qui se présente pour terminer.

On n’a pas manqué de rappeler que depuis l’antiquité les Hébreux se quittaient en se souhaitant la paix. Ce serait le cas ici.

Dans la situation présente, les disciples risquaient de se troubler en perdant leur Maître ; avec lui ils étaient en paix avec Dieu, qu’il leur apprenait à aimer, en paix entre eux, parce que sa voix calmait leurs disputes ; ils ne craignaient pas leurs ennemis, étant confiants dans sa protection. C’est cette paix, la sienne, qu’il leur laisse, comme s’il était présent, par l’assistance qu’il leur a promise. C’est donc grâce à cette paix dont Jésus est la source qu’ils pourront reconnaître sa présence en eux. Jésus parle surtout de l’opposition entre la paix extérieure, la seule que le monde puisse donner quelquefois, et celle qui se maintient au dedans de l’âme, quoi qu’il en soit des périls et de la guerre qu’il faudra affronter, la paix de celui qui va être meurtri par le monde pour obéir à son Père, (semble indiquer un legs), dont par conséquent les disciples jouiront plus tard ; mais sa mort est imminente, et, si l’on peut dire, sa succession déjà ouverte. On conçoit qu’en promettant l’assistance on donne dès à présent l’assurance de la paix et la paix elle-même, disposition spirituelle qui se communique sans formalités. Et en effet les disciples ont besoin de cette paix dès à présent. Ce qui prouve que Jésus ne parle pas spécialement de la paix avec Dieu, par opposition au péché, mais d’une paix fondée sur le secours de Dieu, et affronte la guerre. La prédiction du retour devait encourager les disciples dans leur propre intérêt, puisqu’il allait leur préparer des places. Maintenant abordant un motif encore plus noble, il leur dit que si seulement ils avaient eu jusqu’à présent de l’affection pour lui, ils devraient se réjouir parce qu’il va vers le Père. Le reproche est de ceux que l’on fait aimablement pour amener la protestation : mais oui, je vous aime. Que Jésus vienne vers son Père, c’était assurément un sujet de joie pour lui et ce devrait en être un pour ses disciples. Mais il ajoute un trait spécial une raison de la joie de ce retour : c’est que son Père est plus grand que lui.

 

10 mai 2022 : jour-anniversaire de la naissance au Ciel du fr. Marie-Joseph Lagrange, o.p.

 

 

Nous sommes en communion avec fr. Manuel Rivero, o.p. qui célèbre la messe de ce jour aux intentions personnelles confiées par chaque adhérent à l’association et pour la béatification du P. Lagrange. Pour faire avancer sa cause, un miracle est attendu.

https://www.mj-lagrange.org

Illustration : Smolenskaya-La Vierge Marie, icône orthodoxe chrétienne.

 

 

7 mai 2022

Suivant la tradition, le mois de mai est consacré à Marie, mois de dévotion particulière pour demander à la Vierge Marie de porter nos prières à Dieu particulièrement aujourd’hui en ce temps incertain dû à la folie humaine.

Marie, reine de la pensée du P. Lagrange

Pour le père Lagrange, Marie était reine de sa pensée, c’est à toute occasion qu’il invoquait son secours, avec la tendresse et la confiance d’un fils, et qu’il se plaisait à lui consacrer ses travaux.

Sous le regard de Jésus et de Marie, la vie du père Lagrange trouvait force et lumière et cette grande paix surnaturelle qui, le rendant insensible aux remous de la vaine gloire ou des craintes puériles, lui faisait dominer toutes les situations dans une volonté de servir si habituelle qu’elle avait fini par régler les divers moments de sa journée.

Au moment de la crucifixion : « Notre piété envers Marie voit aussi, dans l’attitude de celle qui se tenait au pied de la croix, un indice de la place qu’elle occupe dans notre rédemption. Elle compatissait aux souffrances de son Fils, elle compatissait à nos maux ; elle souffrait avec lui, sans rien ajouter à ses mérites infinis, mais y joignant les siens ; en s’associant à l’œuvre de celui qu’elle avait donné au monde pour le sauver, non moins participante de son œuvre à sa mort qu’à sa naissance (cf. commentaire du P. Lagrange dans son Évangile selon saint Jean).

Ces quelques phrases se trouvent dans le livre du P. F.-M. Braun, o.p., L’Œuvre du père Lagrange, Imprimerie Saint-Paul, 1943.

Prière pour l’Ukraine

Dieu notre Père, Père de la famille humaine, daigne prendre en pitié le peuple ukrainien agressé sur sa propre terre, et délivre-le de ses ennemis. Donne-lui de retrouver sa juste autonomie dans ses frontières et de pouvoir décider par lui-même de son avenir.

Père, nous te prions pour son agresseur, et nous te demandons de venir toucher son cœur, pour que cessent les combats et qu’il quitte l’Ukraine.

Père, enlève aussi du cœur de tout être humain les germes de haine, de domination, de division, et l’esprit de vengeance ; mets-en chacun un esprit de respect, de paix, de pardon, un désir de réconciliation et de fraternité.

Père, tu as envoyé dans le monde ton Fils Jésus, le Prince de la paix, pour libérer l’humanité des forces du mal. Il a déclaré bienheureux les artisans de paix ; fais à ses disciples la grâce de l’amour désintéressé, de l’humilité, du courage, pour qu’ils soient promoteurs de la paix dans le monde.

Que la Vierge Marie, Reine de la paix, veille sur l’Ukraine et sur le monde entier !

+ Guy de Kerimel
Archevêque de Toulouse

Illustration : Hodegetria ou Notre Dame de Kiev, soutien des humbles. Icône dont l’auteur est inconnu.

Ukrainienne priant.

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