Écho de notre page Facebook : juillet 2016

 

22 juillet 2016 : Sainte Madeleine était une des saintes de prédilection du Père Lagrange, à cause de son héroïque esprit de pénitence et de son ardent amour pour Notre Seigneur (P. Louis-Hugues Vincent, Le père Marie-Joseph Lagrange. Sa vie et son œuvre, Parole et Silence, 2013).

Ste Marie Madeleine,  (détail), Louis Brea, 1512

Ste Marie Madeleine,
(détail), Louis Brea, 1512

 

[Marie-Madeleine] aperçoit alors Jésus mais sans le reconnaître, et même sans le regarder, parce qu’elle ne songe qu’à ce cher corps, qu’elle voudrait oindre d’une huile précieuse, et qui est entre les mains de profanateurs. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Elle pense que c’est le gardien du jardin, étrange gardien, peut-être infidèle, qui doit être au courant, qui devrait comprendre son inquiétude : « Si vous l’avez emporté, dites-moi où vous l’avez mis, et j’irai le prendre. » Elle était bien venue sans se soucier de la pierre ! Elle ne veut que Lui, mais elle le veut. Alors la voix qui va au cœur et dessille les yeux, le nom familier dans la langue maternelle : « Mariam ! » Aussitôt le cri : « Rabbouni », mon Maître, et déjà la Magdeleine était aux pieds de Jésus, pleurante encore, mais de joie.

Elle est à sa place, elle y veut demeurer, prolonger les effusions de son amour. Mais ce n’est plus le temps des larmes de la pécheresse répandues sur les pieds du Sauveur. Jésus appartient au monde d’en haut. S’il n’est pas encore remonté vers son Père, il ne tardera pas, et il lui incombe d’en avertir ses disciples. C’est, semble-t-il le sens de cette parole : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore remonté vers le Père, mais va vers mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, et mon Dieu et votre Dieu. »

De ce moment, Marie-Magdeleine était consacrée l’apôtre des apôtres. Elle obéit, comme font ceux qui s’arrachent à la conversation avec leur Maître pour aller porter la bonne nouvelle : « J’ai vu le Seigneur ! »

(Père Lagrange, L’Évangile de Jésus-Christ, Paris, 1954, pp. 650-651).

 

«[Maria Madalena] vê então Jesus, mas sem o reconhecer e mesmo sem o olhar, porque não sonha senão naquele querido corpo, que ela queria ungir com um unguento precioso e que estaria nas mãos de profanadores. Jesus diz-lhe: “Mulher, porque choras? A quem procuras?” Ela pensa que é o guarda do jardim, um guarda estrangeiro, talvez infiel, que devia estar ao corrente do sucedido, que deveria compreender a sua inquietação: “Se foste tu que o levaste, diz-me onde o puseste, e eu irei buscá-lo.” Ela tinha vindo sem se preocupar com a pedra! Não quer mais nada senão a ele, mas qué-lo. Então ouve uma voz que lhe fala ao coração e lhe abre os olhos e que lhe diz o nome familiar na língua materna: “Mariam!” Logo em seguida o grito: “Rabuni” – meu Mestre – e já Madalena se encontra aos pés de Jesus, chorando ainda, mas de alegria.

Encontra-se com gosto nesse lugar e quer permanecer ali, prolongando as efusões do seu amor. Mas este já não é o tempo das lágrimas da pecadora derramados sobre os pés do Salvador. Jesus pertence ao mundo do alto. Se ele ainda não subiu para o Pai, não tardará; e encarrega-a de advertir disso os seus discípulos. Este parece ser o sentido destas palavras. “Não me detenhas, pois ainda não subi pra o (meu) Pai; mas vai ter com os meus irmãos e diz-lhes: subo par ao meu Pai e vosso Pai, meu Deus e vosso Deus.”

Desde aquele momento Maria Madalena foi consagrada apóstola dos apóstolos. Ela obedece como fazem os que se separam da conversação com o seu Mestre para irem levar a boa nova: “Eu vi o Senhor!”»

– Pe. Frei Marie-Joseph LAGRANGE OP, L’Évangile de Jésus-Christ, Paris 1954, pp. 650-651 [tradução de Frei António-José de ALMEIDA OP, in Laicado Dominicano, ano XVII (1991), nº 206 (Julho), p. 2b.]

 

14 juillet 2016

S. Tommaso d'Aquino  da Paolo di Majo (1709-1784)

S. Tommaso d’Aquino
da Paolo di Majo (1709-1784)

Fils de saint Dominique : Les études théologiques (Salamanque 1881-1884)

Le fond de l’enseignement était la Somme de saint Thomas, étudiée dans son texte, question après question, article par article. Rien ne vaut ce contact de tous les jours avec la lettre du plus grand des théologiens. Il ne fallait pas seulement étudier l’article, on devait l’apprendre par cœur, chaque classe, et un certain nombre, soixante par an si j’ai bonne mémoire, étaient requis pour passer l’examen. Exercice excellent. Car en se récitant l’article, en était tenté de réparer les lacunes de la mémoire par des improvisations, et on appréciait parfois seulement alors la propriété des termes choisis par le Maître, leur supériorité sur ce qu’on tentait de leur substituer. Que si la lettre était parfois difficile, le commentaire de Cajetan dans l’édition de saint Pie V qu’on trouvait facilement en Espagne, se plaisait à faire ressortir l’embarras du lecteur, l’objection d’Auréolus ou de Scot, pour mettre en lumière, par une distinction précise, la justesse de l’expression. Admirable gymnastique de l’esprit qui le rend assez souple, assez subtil pour éviter les à-peu-près, les généralisations confuses, et qu’aucune érudition ne peut remplacer. La critique est nette et claire, ou elle n’est rien qu’une accumulation d’observations sans pertinence. La meilleure arme est la distinction qui tranche, et que seule la logique peut enseigner. Cajetan fut pour moi le roi de la distinction, et si je le lus très attentivement, mon érudition thomistique ne s’étendit pas beaucoup au-delà de lui, c’est-à-dire au-delà de saint Thomas lui-même, étudié avec cet interprète si intelligent (Père Lagrange. Souvenirs personnels).

 

10 juillet 2016

« La prière est la voie royale du salut et le plus sûr moyen de glorifier Dieu comme Dieu » (Père Lagrange. Journal spirituel).

En union de prières avec fr. Manuel Rivero, o. p., vice-postulateur, qui célèbre la messe de ce jour aux intentions des amis de l’association et pour la prochaine béatification du Père Lagrange.

Pour prier ensemble , To pray together,  Para orar juntos..

3 juillet 2016

Les décrets français du 29 mars 1880 obligeant les religieux à quitter la France, les dominicains expulsés de la province de Toulouse trouvèrent refuge en Espagne, à Salamanque, au couvent San Esteban. C’est là que, entre autres, le P. Lagrange et le P. Gil Vilanova passèrent une partie de leurs temps d’études.

Fils de saint Dominique : Salamanque

Le premier contact avec l’Espagne dans les jours déjà brumeux de novembre ne fut pas sans mélancolie. Le splendide couvent de San Esteban, abandonné depuis longtemps, n’était guère en état de nous recevoir. C’était plus que la pauvreté, le dénuement. Mais la joie surabondait. À Salamanque nous étions à dix-neuf kilomètres d’Alba de Tormès où reposait le corps de sainte Thérèse. Dès les premiers jours, la grande sainte, la ‘mistica doctora’ des Espagnols, nous ouvrit ce grand cœur que l’on croyait voir percé d’épines. Si ces lignes ont pour but principal d’exprimer ma gratitude envers ceux qui m’on fait du bien, je reconnais ici que le peu de lumières que j’ai eues sur la vie spirituelle m’est venu surtout de sainte Thérèse d’Avila. Mon ordination au sous-diaconat à Avila n’a pu qu’augmenter ma dévotion pour la noble et vaillante sainte. Le couvent lui-même était plein de mémoire. On montrait sous le grand cloître un petit guichet par où le P. Bañez, [o. p.] entendant sa confession quand elle était dans l’église. S’installer à Salamanque, c’était prendre pied dans la théologie du XVIe siècle, car nulle part saint Thomas d’Aquin ne fut plus étudié et plus admiré, par les carmes comme par les dominicains (Père Lagrange, Souvenirs personnels).

Confessional de Ste Thérèse d'Avila