Écho de notre page Facebook : novembre 2016

29 novembre 2016

Mettre sa confiance et son espérance en Dieusainte-therese-de-lenfant-jesus-et-le-christ

Une âme faible qui a besoin de l’estime, de l’approbation, qui la mendie sous toutes les formes, même en la refusant d’avance. Le remède est dans le sentiment très vif de la présence de Dieu, dans la pureté d’intention : il faut se dire, une bonne fois, que chercher l’approbation des hommes, c’est vouloir y mettre sa récompense, c’est, au fond, de l’hypocrisie. « Agis dans le secret, le Père céleste voit dans le secret » : s’appuyer sur Dieu, mettre sa confiance et son espérance en lui : Aucune récompense, si ce n’est vous, mon Dieu ! (P. Lagrange, Journal spirituel.)

« Mourir d’Amour, voilà mon espérance. Quand je verrai se briser mes liens Mon Dieu sera ma grande récompense. Je ne veux point posséder d’autres biens. » (Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus).

 

26 novembre 2016

Un grand combat du père Lagrange

ecole-biblique-jerusalem-121Il nous est sans doute impossible aujourd’hui d’apprécier l’énormité de la tâche que, il y a cent ans, ce jeune dominicain, le père Lagrange, mesurait du regard et affrontait sans peur. Cela nous est impossible parce qu’en effet le père Lagrange a livré une bataille gigantesque, et que cette bataille est aujourd’hui en grande partie gagnée. Pour m’en tenir à un seul point, il y a cent ans Renan vivait encore ; dans le monde de l’exégèse scientifique, les évangiles étaient tenus pour des faux, écrits un siècle, voir deux siècles après la mort de Jésus Christ.

Depuis ce temps, les recherches et les découvertes accumulées ont été telles qu’il n’est scientifiquement plus exclu que ces textes aient été écrits par des contemporains de Jésus, voire des témoins de sa vie. Cela, il y a cent ans, Lagrange le tenait déjà pour vrai ; restait à le démontrer. Ce fut sa tâche propre et celle de l’École biblique qu’il a fondée à Jérusalem. (P. Raymond Brückberger, OP, 1988.)

23 novembre 2016

Femmes kabyles revenant de la fontaine 1910. Musée de Brou. Bourg-en-Bresse

Femmes kabyles revenant de la fontaine
1910. Musée de Brou. Bourg-en-Bresse

La Sainte Vierge était comme çà !

Au cours d’une séance de projections qu’il nous fit un jour, il y avait une vue qui montrait une femme de Palestine portant une cruche d’eau au retour d’un puits. Comme tout commentaire, le père Lagrange dit avec les larmes dans la voix : « La Sainte Vierge était comme ça. » (Fr. Maximin Marie Barrière OP).

 

 

19 novembre 2016

Beatus de Saint-Sever Manuscrit enluminé (11e)

Beatus de Saint-Sever
Manuscrit enluminé (11e)

Dans un cahier de notes scientifiques prises en 1905 afin de préparer un livre sur le Royaume de Dieu, j’ai eu l’émotion de découvrir, après quelques pages, une note prise durant la retraite d’octobre 1905, où le père Lagrange esquisse le plan de son étude : les prophètes, Jésus, L’Église. Suit, sur la même page :

« À l’œuvre ! Noël 1905. Pressé, malgré mes tendances, ce qui est déjà en train, malgré le poids de la tâche qui me fait frémir et qui m’épouvante, par une sorte d’incitation intérieure qui se reproduit quand je l’ai écartée, je me mets à l’œuvre, en implorant le secours de Marie… pour l’honneur de Jésus, le bien des âmes […] Da mihi virtutem contra hostes tuos [Donnez-moi la force contre vos ennemis] […] Je me sens tellement incapable de mener à bien cet ouvrage que vous semblez me demander, ô Jésus, que cette impuissance même doit m’attirer votre secours. »

[…] Voilà une échappée révélant à quelle source le père Lagrange puisait son inspiration.

(Bernard Montagnes OP, Penseurs et apôtres du XXe siècle, Marie-Joseph Lagrange, éd. Fides, 2001.)

15 novembre

Le père Lagrange faisait souvent mémoire dans la prière du 12 mars 1855, date où il avait été plongé dans les eaux baptismales dans la collégiale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. À l’autel de la Vierge noire, le nouveau-né avait reçu le prénom d’Albert en l’honneur de saint Albert le Grand…

Le baptême de Jésus à la lumière de la vie et de l’oeuvre du père Lagrange

 

13 novembre

De l’Évangile de Jésus Christsaint-dominic-csm_de_la_parole_ed7ce33d7e

« Le père Lagrange insistait sur la simplicité avec laquelle il fallait lire un texte de l’Écriture, de l’Évangile surtout. Et il disait que son livre « L’Évangile de Jésus Christ » voulait en montrer la vérité simplement. » (Témoignage du père Joseph-Marie Perrin O.P.)

 

 

10 novembre

Au cours de la messe de ce jour, fr. Manuel Rivero OP fait mémoire du père Marie-Joseph Lagrange et confie au Seigneur les intentions des amis de l’association. Unissons-nous à sa prière!

Prière pour la béatification du P. Lagrange3

 

7 novembre 

saints-et-bienheureux-dominicainsJésus de Nazareth, martyr de la vérité religieuse

Lorsque retentit son témoignage, Jésus semble engagé lui aussi dans le judaïsme : mais si l’on y regarde de près, on voit que tout ce qu’il a dit du Père qui est Dieu est en faveur de tous les hommes, que la manière de le servir et de s’unir à lui est ouverte à tous, que le prix de l’âme est le même pour tous. Nous avons déjà dit que les Juifs ne s’y sont pas mépris. Son affirmation est pure de tout alliage, il n’a en vue que Dieu seul, et il ne s’appuie que sur Dieu seul, puisqu’il est réprouvé et condamné par sa nation. Et ce premier témoin est suivi d’un nombre incalculable d’autres martyrs, qui attestent la vérité de ce qu’il a enseigné. On conviendra qu’il y a là un fait d’une suprême gravité, qui partage en deux temps l’histoire religieuse de l’humanité : avant Jésus Christ, après Jésus Christ. (Père Lagrange. L’Évangile de Jésus Christ.)

 

3 novembre : Saint Martin de Porrès, dominicain : Apôtre de la charité

Saint Martin de Porrès Photo fr. Manuel Rivero OP

Saint Martin de Porrès
Photo fr. Manuel Rivero OP

« Les amis de Jésus vivront désormais de sa vie, et feront son œuvre. Ils sont en Dieu par la charité, et cette charité est un amour d’amitié, et le commandement par excellence. C’est toute la théologie de la grâce, dont les développements sont admirables, mais qu’elle est claire et savoureuse à sa source ! »

(Père Lagrange. L’Évangile de Jésus Christ.)

 

1er novembre

saints-in-heaven« N’avons-nous pas éprouvé souvent, mes frères, ce sentiment de réconfort, cette consolation, et une nouvelle énergie en pensant à nos saints, à cette glorieuse assemblée présidée par Jésus, où Marie règne à sa droite, où les anges et les saints mêlés ensemble louent le Seigneur qu’ils contemplent et qu’ils possèdent. Mais ce spectacle si beau est trop beau, notre œil ne saurait l’atteindre. Celui que je vous propose aujourd’hui, c’est la vie des saints sur la terre, le spectacle même qui mettait un terme à l’angoisse du psalmiste. Les saints, avant d’être couronnés, ont lutté. Il sont différents les uns des autres par toutes les nuances du talent, du caractère, du temps et de l’espace. Ils se ressemblent tous en ceci qu’ils ont pratiqué les vertus dans un degré héroïque. Les saints sont nos héros…. » (P. Lagrange. Journal spirituel.)

 

 

Écho de notre page Facebook : octobre 2016

31 octobre 2016

Marie, Vierge de tendresse. Icône de Mireille Félix

Marie, Vierge de tendresse.
Icône de Mireille Félix

« Ma douce et tendre Mère, Marie Immaculée, vous êtes ma vie, ma douceur, mon espérance : oui, vous me sauverez, vous me permettrez de célébrer vos grandeurs et votre miséricorde, vous me donnerez Jésus, vous me donnerez à Jésus. Je suis encore accablé du poids de mes péchés et de ma misère, mais j’espère en vous. » (P. Lagrange, Journal spirituel.)

 

29 octobre 2016

Homme de tradition vivante

Saint Augustin lisant les lettres de saint Paul. Benozzo Gozzoli (15e) San Gimignano. Italie.

Saint Augustin lisant les lettres de saint Paul.
Benozzo Gozzoli (15e) San Gimignano. Italie.

Le P. Lagrange était d’une fidélité chatouilleuse à l’enseignement apostolique des siècles chrétiens, du Ier au XIXe. Il s’obligeait à le connaître et à le confronter aux données de l’Écriture. Je l’ai entendu, à maintes et maintes reprises, regretter qu’aucun patristicien n’ait fait partie de l’équipe de l’École. Je l’ai pareillement entendu déclarer qu’il n’avait jamais rencontré d’incompréhension auprès des grands théologiens systématiques. Il était vraiment un homme de la Tradition vivante. Tradition, avec une majuscule.

[…] On peut dire sans exagération que : par son apport personnel par l’apport de ses élèves, par l’apport des auteurs excellents depuis 1892, dont il assure la collaboration à sa collection « Études bibliques » ou à sa revue (Revue biblique), il a pris une part importante au redressement de l’exégèse catholique, à la constitution d’une véritable exégèse biblique. » (P. Samain, La Bible et le prêtre.) (Témoignage du fr. Ephrem Lauzière.)

« Ce qu’est la Bible, elle s’ouvre par la Création et finit en s’ouvrant sur la vie éternelle… » (P. Lagrange. Journal spirituel.)

27 octobre 2016

Foi en l’eucharistie

La Gloire de l'Eucharistie

La Gloire de l’Eucharistie

La noble distinction du caractère du père Lagrange et la vivacité de sa foi lui faisaient célébrer l’eucharistie avec révérence et dignité, dans une réserve toute sulpicienne ; messe quotidienne, au couvent ou au cours des expéditions archéologiques dans le désert.

Chaque jour, le père Lagrange s’installait dans la basilique de Saint-Étienne pour une longue visite au Saint-Sacrement. Ces moments-là auprès du Maître étaient pour lui sacrés. Tous le savaient et tenaient à respecter son oraison silencieuse. Heures bénies de contemplation affectueuse du Mystère du Salut.

« Par l’eucharistie, nous prenons contact avec le Dieu vivant. » (P. Lagrange, Journal spirituel.)

 

26 octobre 2016

Jésus, cœur de la foi du père Lagrange

Moïse et les Dix Commandements (détail) Rembrandt. 1658.

Moïse et les Dix Commandements (détail)
Rembrandt. 1658.

Jésus, Fils de Dieu, Sauveur. Sûr de Jésus-Christ, le père Lagrange s’était donné à lui sans réserve et s’était engagé à fond dans la mission du Sauveur. À un jeune religieux qui trouvait démesuré l’effort déployer pour commenter les Synoptiques, le vieux savant répliquait vertement : « Sa Parole, la retrouver, la saisir dans toute sa force, cela n’a pas de prix. » Il proclamait pareillement : « Nous sommes des messianistes », attachés à l’activité salutaire de Jésus-Christ comme à sa Révélation. Il professait donc respect, vénération et amour pour la mission de Salut de l’Église de Jésus-Christ.
(fr. Ephrem Lauzière OP).

« Ô mon Jésus, source cachée, beauté ineffable, amour éternel, c’est vous seul que je désire connaître et aimer ; j’étudierai cependant les sciences puisque c’est ma vocation pour travailleur à votre gloire et au salut des âmes. »
(P. Lagrange, Journal spirituel.)

 

25 octobre 2016

Accord exemplaire avec l’Église jusqu’à l’héroïsme

Pères de l'Église latine. St Jérôme, Ambroise de Milan, Augustin d'Hippone, Grégoire 1er. Jacob Jordaens 1593-1678.

Pères de l’Église latine. St Jérôme, Ambroise de Milan, Augustin d’Hippone, Grégoire 1er.
Jacob Jordaens 1593-1678.

Personnellement, je n’aurais rien ajouté. Mais l’insistance fraternelle m’a conduit à rédiger quelques pages où j’envisage le père Lagrange sous l’angle de son accord avec l’Église. Cet accord, je témoigne qu’il fut exemplaire. […] Je dis donc que le P. Lagrange servit l’Église jusqu’à l’héroïsme quand celle-ci a frappé douloureusement sa personne et toute son œuvre. Et j’applique au Père la première ligne du témoignage qu’il rendit à la mort d’un ami intime, Mgr Batiffol : Il était de l’Église jusqu’à la moelle.

Encore qu’il faille saisir le sens exact de cette formule.

Être d’Église (sans article) signifie l’appartenance à une profession, à un état de vie. On peut être d’épée, de robe, d’Église. Dans ce dernier cas, on est membre du clergé, on est ecclésiastique.

Mais Être de l’Église s’entend de la participation active à l’activité et l’œuvre de l’Église. On dira de tel ou tel : il est de l’affaire… c’est-à-dire il est un des acteurs. (Témoignage du fr. Ephrem Lauzière OP.)

« Mon Dieu, dans la lumière de ma conscience, dans la vôtre, il m’est impossible de prononcer que je n’ai pas voulu travailler pour l’Église, pour le bien des âmes. Avec cela bien des misères, mais il me semble que l’intention droite y était. » (P. Lagrange, Journal spirituel.)

 

24 octobre 2016

Chercheur du véritable Jésus

Saint Jean l'Évangéliste. Attribué à Jean-Baptiste Marie Pierre (1714-1789)

Saint Jean l’Évangéliste.
Attribué à Jean-Baptiste Marie Pierre
(1714-1789)

Aucune localité de l’histoire de Jésus n’avait échappé au père Lagrange. Cette histoire qui semble flotter dans une étendue vague prit, peu à peu, au cours de cinquante ans de voyages, de fouilles, de vérifications, une sorte de consistance, de matérialité, d’exactitude, à travers les récits de Matthieu et de Marc, et même de Jean : au lieu d’un être humain lointain et décoloré, décomposé, reconstruit grâce à l’érudition et à l’imagination, il avait vu le véritable Jésus de Nazareth, qui prouvait son existence par son propre mouvement. Et en relisant sur les lieux mêmes l’Évangile le plus théologique, celui de saint Jean, il avait été frappé, comme Renan avant lui, par le fait que les lieux cités par saint Jean et absents des évangiles synoptiques avaient été vérifiés par les fouilles. (Témoignage de Jean Guitton de l’Académie française.)

« Il faut que toute ma vie intérieure se tourne vers l’intelligence de saint Jean. » (Père Lagrange. Journal spirituel.)

 

21 octobre 2016

Appréciation de l’eucharistie et de la confession

J’assistais donc au dialogue entre mon ami juif et le père Lagrange et, en écoutant le P. Lagrange, je pensais tout le temps au grand Newman. Je

Ecce panis angelorum S. M. Cornu (1860) Musée du Louvre

Ecce panis angelorum
S. M. Cornu (1860)
Musée du Louvre

me souviens de cette belle idée du père Lagrange présentant l’eucharistie et cette présence multipliée du Christ par ce sacrement, comme une glorification de l’humanité du Christ et lui donnant en quelque sorte l’immensité. Il insista sur l’importance de l’humilité pour s’ouvrir à la Parole et, avec un tact merveilleusement délicat, il insinua l’idée de la confession comme préparation à la grâce, ce qui d’ailleurs ne gênait nullement mon ami dont la vie avait été toute droite, façonnée dans son enfance par une famille de belle religion juive. Ce fut d’ailleurs un tournant définitif dans la montée de cet ami ; mais une fois encore, et pour la dernière fois, j’étais remis devant cette transparence pour recevoir la parole du Christ qui m’avait séduite dans le P. Lagrange. (Témoignage du frère Joseph-Marie Perrin, O. P.)

« La marque d’un véritable enfant de Marie, c’est la fidélité à la grâce. Pour cela demander une contrition parfaite. » (P. Lagrange. Journal spirituel.)

 

20 octobre 2016

Éminent exégète

Madone et l'Enfant et S. Dominique Basilique St-Dominique, Bologne, Italie.

Madone et l’Enfant et S. Dominique
Basilique St-Dominique, Bologne, Italie.

De nos jours, quand éclata soudain, au cœur de la chrétienté, la crise biblique, l’Ordre eut alors la gloire de posséder, en la personne du P. Lagrange, un religieux exemplaire qui pouvait d’autant mieux combattre ces nouveaux hérétiques sur leur propre terrain, que ceux-ci, par la plume de leurs chefs de file, n’avaient jamais osé contester son savoir ni son orthodoxie. On se rendra mieux compte, à mesure que les années passeront sur la tombe du père Lagrange, et que ceux qui l’ont le mieux connu pourront parler de lui plus librement, sans crainte d’offenser sa réelle modestie, de quelle hauteur il dépasse les exégètes de ce temps dont les meilleurs l’ont toujours tenu pour un maître. (Témoignage du fr. Martin Gillet, O. P.)

Sur la crise biblique au temps du modernisme, voir l’article du père Montagnes OP : http://www.mj-lagrange.org/?p=4258

O Jesu, vivens in Maria veni et vive in famulis tuis…
Ô Jésus vivant en Marie, viens vivre en nous, dans la sainteté de ton Esprit, dans la perfection de tes voies, dans la vérité de tes vertus, dans la communion à tes mystères. Maîtrise en nous toute puissance ennemie, en ton Esprit Saint, à la gloire du Père. Amen. (Prière de Jean-Jacques Olier. Prière chère au cœur du père Lagrange.)

19 octobre 2016

Apôtre de la vérité

Assomption de la Vierge Marie B. E. Murillo, 1670 (détail).

Assomption de la Vierge Marie
B. E. Murillo, 1670 (détail).

L’impression que le père Lagrange a produite sur nous tous est celle d’un exemple merveilleux de vie religieuse, de vie spirituelle et d’exigence scientifique. Il nous disait souvent que, pour un dominicain, le seul but de l’étude, même la plus scientifique, la plus aride, c’est l’apostolat de la vérité, ce qui est utile pour la défense de la foi, mais alors, il faut mettre tout son effort pour cela. Il pensait toujours à l’École biblique et cherchait des volontaires pour cela. Il avait repéré le père Labourdette et aurait voulu qu’il se consacrât aux études bibliques. Le père Labourdette se défendait en disant que ce qui l’intéressait c’était plutôt l’étude de la théologie mystique. Le père Lagrange lui répliquait : « Mais justement, il nous faut cela dans l’étude de la Bible et, spécialement de saint Jean. » (Témoignage de fr. Marie-Joseph Nicolas O.P.)

« Ô Marie, Reine de Vérité, la Lumière, faites que je voie ! » (P. Lagrange, Journal spirituel.)

 

18 octobre 2016

Vie dédiée à l’Écriture

Saint Matthieu Pompeo Batoni (1708-1787)

Saint Matthieu
Pompeo Batoni (1708-1787)

Toutes les pensées du P. Lagrange, toute sa vie allaient à comprendre le sens exact des paroles du Seigneur et il les mettait vraiment au-dessus de tout. Dans ce sens-là, un jour où je lui demandais conseil à ce propos, il me recommanda “Les Méditations sur l’Évangile” de Bossuet, soucieuses de cette exactitude et toutes nourries de la lecture des Pères. (Témoignage du frère Joseph-Marie Perrin, O. P.)

« Pour être plus près de Jésus, aucune étude autant que l’Évangile ne m’approchera de sa personne, ne me fera goûter ses enseignements…. Cieux répandez votre rosée… » (P. Lagrange. Journal spirituel.)

 

17 octobre 2016

P. Lagrange

P. Lagrange

Prière et travail de l’exégète

De mes cousins les pères Jacques et Alain de Rochefort, je tiens ce témoignage. Ils m’avaient raconté qu’au temps de sa plus grande activité, le père Lagrange était obligé, professionnellement de lire des livres très dangereux pour les réfuter. Il avait humblement conscience de ce danger. Et quand il était appliqué à ces lectures, chaque fois qu’il tournait une page du mauvais livre, il se levait, se mettait à genoux et disait un Ave Maria, pour être protégé. Puis il se relevait et se remettait au travail. (Sœur Élisabeth de Solms, moniale bénédictine.)

« Ô ma Mère, c’est en vous que je me fie ! »

 

16 octobre 2016

Sainte Marguerite-Marie Alacoque, confidente du Sacré-Cœur.

Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690)

Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690)

« L’obéissance est un mystère bien profond ; la moindre désobéissance est le chemin de l’enfer, le reste n’est pas, je pense, aussi grave.
Notre Seigneur à la bienheureuse Marguerite Marie : l’obéissance.
C’est aussi ce qu’il a voulu me faire entendre en me donnant pour patron de l’année son Sacré-Cœur et séparément la devise : tolle propriam voluntatem » [volonté exacte à exécuter les ordres] (Père Lagrange. Journal spirituel).

 

15 octobre 2016

sainte-teresa-de-avila-5e-centLe père Lagrange avait une grande ferveur pour sainte Thérèse d’Avila. Dans son Journal spirituel, il note cette très belle pensée de la sainte :

« Étant profondément recueillie, je vis tout à coup mon âme sous la forme d’un clair miroir, sans revers, sans côtés, sans haut ni bas, mais resplendissant de toutes parts. Au centre m’apparaissait Notre Seigneur Jésus Christ, comme il le fait d’ordinaire ; je le voyais néanmoins dans toutes les parties de mon âme comme s’il y était réfléchi ; et ce miroir de mon âme, à son tour, je ne puis dire comment, se gravait tout entier dans Notre Seigneur… Dès que l’âme commet un péché mortel, ce miroir se couvre d’un grand nuage et demeure extrêmement noir ; en sorte que Notre Seigneur ne peut s’y représenter, ni y être vu, quoiqu’il soit toujours présent comme donnant l’être. »

« Mon Dieu, votre lumière est admirable ! Soyez béni de l’avoir prodiguée à votre fidèle servante, Thérèse de Jésus ! »

 

14 octobre 2016

Émouvante caractéristique de la vie religieuse du père Lagrange

Marie Immaculée D. Desanti 19e Ste Marie Syché (Corse)

Marie Immaculée
D. Desanti 19e Ste Marie Syché (Corse)

Cette dévotion à la Très Sainte Vierge fut sans doute la plus émouvante caractéristique de toute sa vie religieuse. Il n’entreprenait rien sans le placer sous le patronage de cette Mère « si bonne » et si tendrement aimée. Lisez les avant-propos de ses gros ouvrages ; il les a presque tous datés d’une fête de la Vierge : S. Matthieu, de l’Annonciation ; S. Marc et S. Luc, de l’Immaculée Conception ; le Canon du Nouveau Testament, de la Purification ; et de « l’Évangile de Jésus-Christ » porte cette confidence : « En écrivant cet essai, je n’ai cessé d’implorer l’assistance de la très sainte Vierge Marie. Je la supplie de le bénir. » Dans ses notes intimes, nous trouvons ce dernier témoignage si touchant : « Mon seul désir est de mourir dans l’union de l’Église catholique et dans la grâce de Jésus-Christ mon Sauveur, assisté par la Vierge Immaculée. » (Témoignage du fr. Vincent de Paul Perret OP.)

 

13 octobre 2016

Patronage continu de Marie

P. Jacques Loew

P. Jacques Loew

Un jour, aussi brusquement, qu’il avait été demandé au père Lagrange de quitter Jérusalem, un autre ordre [de Rome] le fait retourner à Jérusalem pour reprendre tout ce qu’il avait abandonné : c’était donc lui qui avait raison, en définitive, contre ses adversaires. À qui le devait-il ? Il l’a écrit lui-même, beaucoup plus tard : « Avec la résolution de l’obéissance mon sacerdoce a été placé sous le patronage de Marie. Si j’ai quelque sens juste des réalités spirituelles, c’est dans ce fait que je lui dois tout, qu’elle a toujours été la Mère la plus tendre, Elle, la Vierge fidèle. Vous ne savez peut-être pas que l’École biblique a été, dès son origine, fondée sous sa protection. Comment elle nous a secourus, je ne saurais le dire, mais je suis sûr que c’est elle qui nous a sauvés, avec une telle maîtrise que chaque épreuve était suivie d’un avancement. Puisse cette œuvre travailler à la gloire de son Fils ; si nous sommes d’autres Jésus Christ par le sacerdoce, combien nous devons aimer sa Mère ! ». (Témoignage du Rév. Jacques Loew.)

« Je veux le dire encore une fois, je suis fils de Marie : tuus sum ego, salvum me fac ! ». [je suis à toi, sauve-moi !]

 

12 octobre 2016

Le P. Lagrange et le saint Rosaire

Saint Dominique recevant le rosaire des mains de la Vierge Marie (détail). Église des Dominicains. Strasbourg.

Saint Dominique recevant le rosaire des mains de la Vierge Marie (détail).
Église des Dominicains. Strasbourg.

Voici le témoignage du fr. Paul-Laurent Carle OP sur la grande épreuve du père Lagrange à l’occasion de la fermeture de Saint-Étienne en 1912.

« Je me rappelle la phrase du père Lagrange que me répéta le père Genevois : « Ce fut une tempête à l’intérieur de moi. Je priai le Rosaire. La paix se fit toujours. » On a donc l’impression que la tempête dura longtemps et qu’il lui fallut batailler longtemps avec le Rosaire. »

« O Maria ! tuus sum ego, salvum me fac » (Ô Marie, je suis à toi, sauve-moi !)

 

10 octobre 2016

Prière Fr**acEn ce jour anniversaire, comme chaque mois, la messe est célébrée par fr. Manuel Rivero o.p. aux intentions de tous les amis de l’association et pour la prochaine béatification de ce grand spirituel : le père Marie-Joseph Lagrange. Nous aussi, à cette occasion, de près ou de loin, nous nous unissons à cette prière.

http://www.mj-lagrange.org/?page_id=35

Pour les grâces reçues, écrivez… : pere.marie.joseph.lagrange@gmail.com.

9 octobre 2016

Homme d’étude et de prière

P. Raymond Brückberger o. p.

P. Raymond Brückberger o. p.

Je pense que la récitation du rosaire, à laquelle le père Lagrange était très quotidiennement fidèle, avait aussi ce rôle d’apaisement. Les motifs étaient plus profonds : sa dévotion à la Sainte Vierge était restée enfantine et confiante ; autant qu’un homme d’étude, c’était l’homme de la prière, et il rayonnait autour de lui cette zone paisible de silence et de sérénité qui entoure les hommes dédiés à la prière. Prière et distraction manuelle étaient les dérivatifs nécessaires qui équilibraient dans sa vie une somme énorme de labeur intellectuel. (Témoignage du P. Raymond Brückberger OP.)

 

8 octobre 2016

pp-vincent-et-abel-opPrier pour obtenir la vérité et l’obéissance

À une époque où les attaques contre le P. Lagrange devenaient particulièrement violentes et laissaient croire à la fermeture de l’École biblique par les autorités de Rome, les pères Vincent et Abel ont demandé au père Lagrange : « Que ferons-nous si l’École est fermée ? ». Le P. Lagrange a pris en mains son grand Rosaire avec les quinze mystères en disant : « Voici ce que nous ferons : Nous prendrons notre chapelet pour demander à la Sainte Vierge de nous obtenir deux choses : la vérité et l’obéissance. » (Témoignage du père Gebhard-Maria Behler OP.)

 

7 octobre 2016

Rosaire, prière vitale ou vie priée

Madonna del Rosario par Cerrano (Giovanni-Battista Crespi 1573-1632)

Madonna del Rosario
par Cerrano (Giovanni-Battista Crespi 1573-1632)

Le père Lagrange faisait du Rosaire sa prière journalière. Avec Léon XIII, il voyait dans le Rosaire l’Évangile en raccourci (evangelium breviatum) qui, tel un diorama, déroule les mystères du Salut devant les “yeux illuminés du cœur”. Aussi, se faisait-il partout, auprès de la famille dominicaine, le défenseur et le propagateur du Rosaire. “Le Rosaire, disait-il familièrement et en orant expérimenté… ça réussit toujours”. De toute évidence, le Rosaire était pour lui mieux qu’une prière vocale ou mentale, une prière vitale… une vie priée. Signe encore de sa dévotion à Notre-Dame, son refus irréductible de tout honoraire pour avoir écrit sur la Mère de Dieu.

En bref, Jésus et Marie lui devenaient présents comme la source quotidienne de sa confiance et de son courage (Témoignage du frère Ephrem Lauzière OP).

« Ô Marie, Reine du Très Saint Rosaire, priez pour nous ! »

 

6 octobre 2016

P. Lagrange priant son rosaire (détail)

P. Lagrange priant son rosaire (détail)

Comme tous les dominicains, le père Lagrange portait accroché à sa ceinture un rosaire. Et on m’a dit que chaque jour, il disait les trois chapelets, dont se compose la prière du rosaire, qu’il superposait à la récitation de son bréviaire.

Un jour où je m’étonnais qu’il pût avoir recours à cette pratique presque enfantine, il me répondit en me citant Pascal et dans Pascal le passage sur les liens du corps et de l’esprit et des actes automatiques avec la pensée, la prière et le salut. Car, « en nous tout est un, tout est divers ». Mais les éléments ne s’expliquent que par le Tout. « Il y a trois moyens de croire : la raison, la coutume et l’inspiration […] Il faut nourrir son esprit aux preuves, s’y confirmer par la coutume, mais s’offrir par les humiliations aux inspirations qui seules peuvent faire le vrai et salutaire effet. » (Jean Guitton de l’Académie française : Portrait du père Lagrange.)

« Salut, Mère de miséricorde, notre vie, notre espérance, salut… »

 

5 octobre 2016

Un autre souvenir du fr. François Glatz, OP :marie-mere-de-bonte

« Un jour que le père Lagrange nous faisait des projections sur la Terre sainte, en nous montrant la fontaine de Nazareth, il nous dit à peu près ceci : « La Vierge Marie est souvent venue là ; souvent puisque c’était l’unique fontaine de la ville. »

Puis, il nous parla de la Vierge Marie en termes délicats et affectueux et en terminant sa phrase il eut cette exclamation : “elle est si bonne !” et sa voix s’acheva dans un demi sanglot. »

« Ô Marie, je vous donne mon cœur pour Jésus. »

 

4 octobre 2016

Vierge du Rosaire. Les quinze mystères (détail) Peintre hollandais (1515)

Vierge du Rosaire. Les quinze mystères (détail)
Peintre hollandais (1515)

 

 

Le père Lagrange priait son rosaire autour du cloître.

À la fin de sa prière, il aimait déposer quelques roses blanches au pied de la statue de la Vierge.

(Témoignage du fr. François Glatz OP.)

« Ô Marie, divine Marie, donnez-moi la grâce : sans vous je ne peux rien faire. »

 

 

 

 

3 octobre 2016
Exégèse et dévotion à la Vierge

Marie et l'Enfant entre saint saint Dominique et saint Thomas d'Aquin par fra Angelico

Marie et l’Enfant entre saint saint Dominique et saint Thomas d’Aquin
par fra Angelico

Ainsi s’exprimait le père Lagrange aux séminaristes à Toulouse :

“Le problème de l’exégèse est absolument vital pour l’Église en ce moment, mais je vous en préviens, c’est très dangereux pour la foi et il ne faut pas se lancer dans cette étude sans une très grande dévotion à la Sainte Vierge”.

(Témoignage du fr. Marie-Joseph Nicolas, OP.)

« Marie, Mère du Verbe, Patronne des Prêcheurs, faites-le naître en moi afin que je le donne aux autres. »

 

Écho de notre page Facebook : septembre 2016

30 septembre 2016 : Saint Jérôme

Un nouveau Saint Jérôme

Il est, pour moi, le saint Jérôme de notre temps. Il inaugure une période d’une exégèse scientifique en lien avec les bases théologiques. Une nouvelle théologie se forme sur l’exégèse. Lagrange, par son obéissance à l’Église en tant que pionnier dans cette nouvelle perspective, témoigne, dans sa personne même, ce lien visible entre exégèse scientifique et foi. C’est un nouveau saint Jérôme et plus grand même que saint Jérôme, car il possède une science humaine qu’il doit traduire dans un langage théologique

Saint Jérôme (détail) par Joseph Aubert Basilique Saint-Étienne, Jérusalem

Saint Jérôme (détail)
par Joseph Aubert
Basilique Saint-Étienne, Jérusalem

nouveau. (Témoignage de Jean Guitton de l’Académie française.)

Le père Lagrange comparé à saint Jérôme

En vue de donner grand éclat à la célébration à Rome du seizième centenaire de saint Jérôme, le pape Benoît XV, qui avait, en 1914, arraché le P. Lagrange à la déportation par les Turcs, sollicita le grand universitaire qu’était un autre évêque belge, le cardinal Mercier, de présenter solennellement saint Jérôme et son œuvre. Le cardinal reconnaissait n’être pas lui-même un exégète, mais il avait toujours suivi, compris et appuyé le P. Lagrange, dont il mesurait l’importance de l’œuvre dans l’Église du XIXe siècle. Le grand cardinal ne pouvait comparer l’opportunité, l’importance et l’influence du père Lagrange qu’à celles de saint Jérôme, si profondément attaché à l’Écriture pour qu’en vivent les croyants. (Témoignage de fr. Ephrem Lauzière O. P.)

Le plus grand depuis saint Jérôme

De nos jours, quand éclata soudain, au cœur de la chrétienté, la crise biblique, l’Ordre eut alors la gloire de posséder, en la personne du P. Lagrange, un religieux exemplaire qui pouvait d’autant mieux combattre ces nouveaux hérétiques sur leur propre terrain, que ceux-ci, par la plume de leurs chefs de file, n’avaient jamais osé contester son savoir ni son orthodoxie.

On se rendra mieux compte, à mesure que les années passeront sur la tombe du père Lagrange, et que ceux qui l’ont le mieux connu pourront parler de lui plus librement, sans crainte d’offenser sa réelle modestie, de quelle hauteur il dépasse les exégètes de ce temps dont les meilleurs l’ont toujours tenu pour un maître. (Témoignage de Mgr Bruno de Solages, 1922.)

 

 

27 septembre 2016

Marie, Première Église

Marie, Première Église

 

Dévotion à la Vierge et à l’Église – Passion pour la vérité

Le P. Lagrange avait une âme que j’appellerais “mystique”: il ne faisait pas beaucoup de confidences à ce propos, mais il était évident, par exemple, que sa vie intérieure était largement fondée sur une dévotion profonde et presque tendre, d’une part à la Sainte Vierge, de l’autre à l’Église. Pour lui, l’Église était une personne : pas seulement une autorité, mais une mère, qu’il fallait à la fois servir, aimer, écouter et ne pas contrister.

Mais il avait surtout, sa vie entière en témoigne, une passion pour la Vérité, à laquelle il fallait “aller de toute son âme”. Tous ses drames sont venus du fait qu’il estimait devoir sauver avant tout la vérité.

(Témoignage de Jean Bottéro.)

 

24 septembre 2016

Galileo Galilei et le Doge de Venise Fresque de Giuseppe Bertini (1858)

Galileo Galilei et le Doge de Venise
Fresque de Giuseppe Bertini (1858)

 

Le P. Lagrange aimait l’Église, et de la savoir absente du monde savant de son époque lui poignait le cœur. On se tromperait de penser qu’il ignorait ce qu’elle peut recéler de déficiences, de lenteurs, d’inertie, de cécité et de défaillance ; mais il faisait confiance en la puissance intime de la vérité pour amener finalement les hommes à s’y rendre. Sur ce point, je l’ai signalé, il s’apparentait à Montalembert, amoureux passionné de son époque et décidé à la servir avec les armes de lumière dont la Providence l’avait muni.

(Témoignage du fr. Ephrem Lauzière O. P.)

 

 

22 septembre 2016

Le P. Lagrange : Amour de la Bible par amour des âmes

Découverte de la nouvelle Bible par les frères de Jérusalem Photo : École biblique de Jérusalem

Découverte de la nouvelle Bible par les frères de Jérusalem
Photo : École biblique de Jérusalem

Le père Lagrange a vraiment, et on le voit sans cesse avoir le souci de sauver les hommes, le souci du peuple chrétien et dans son domaine à lui, n’est-ce pas, c’est-à-dire, aimant la Bible et sentant que cette Bible était mal comprise et devenait imbuvable, ridicule, si on la prenait sans une critique raisonnable et, je l’ai dit une fois, qu’elle pouvait repousser aussi des universitaires, des gens cultivés. Il a eu un grand souci de rendre la Bible abordable, féconde, nourrissante pour le peuple chrétien; dans sa soumission, dans ses efforts pour suivre les directives du magistère, il y a sans cesse ce souci apostolique et c’est pourquoi il appréciait beaucoup les directives du père Cormier. Comme un saint qu’il était, peut-être ai-je dit d’une piété un peu moins intellectuelle, un peu plus simple, mais était également un homme de Dieu, le Père Cormier suivait de tout cœur cette directive de la volonté de Dieu; l’un et l’autre s’en souciaient beaucoup.

Travailleur acharné

Quant au Père Lagrange, travailleur acharné, je vous ai une fois raconté un peu sa matinée et bien des matinées alors consacrées à son labeur, son béret en bataille, allant de sa chambre, de sa cellule à la bibliothèque, préoccupé de sa rédaction, évitant toute distraction, tout bavardage. Un travail acharné, un souci des sources: il aimait aller aux sources, il aimait vérifier. (Témoignage de fr. Pierre Benoit, O. P.)

19 septembre 2016

Le but du combat du père Lagrange

Saint Dominique envoyant les frères à travers le monde. (coll. Assoc. Véritas)

Saint Dominique envoyant les frères à travers le monde.
(coll. Assoc. Véritas)

« J’ai été spécialement frappé de la modestie du père Lagrange. Cette modestie était strictement chevaleresque. Dans cette gigantesque guerre que fut la crise moderniste, qui dure encore, le père Lagrange remettait à Dieu l’issue du combat : son but à lui n’a jamais été que de rester fidèle à son Seigneur Jésus-Christ et à son Église. À propos de ses adversaires, sur le terrain de l’exégèse, qui était le champ de bataille à lui assigné, il m’a dit textuellement et, je le crois bien plusieurs fois: “Je ne peux pas leur donner la foi ; mais je peux très bien leur enseigner la grammaire grecque !”. Tel le bon serviteur de l’Évangile, c’était sa manière à lui d’être “fidèle dans les petites choses”. C’est pourquoi la puissance d’enseignement de son œuvre est indestructible. Je crois mettre le doigt sur l’articulation majeure entre son métier d’exégète (l’exégèse est aussi un artisanat qui exige l’honnêteté la plus scrupuleuse dans la lecture d’un texte) et sa vocation dominicaine.

À son époque, saint Dominique a fondé un Ordre de chevalerie, transférant le modèle et les règles fondamentales de la chevalerie dans le domaine apostolique et spirituel : le combat et un certain style du combat appartiennent au chevalier, la victoire n’appartient qu’à Dieu. La récompense temporelle et suffisante du chevalier est d’avoir mené un beau combat, sans peur et sans reproche, un combat loyal, sous la bannière toujours déployée, jamais reniée, de son Seigneur Jésus-Christ, et sa Dame, la Sainte Église. L’issue du combat lui était secondaire, il n’avait d’autre victoire à lui que celle de la vérité, qui était aussi bien celle de son Seigneur et de sa Dame. » (Témoignage du fr. Raymond Brückberger O. P.)

 

15 septembre 2016

ND des Douleurs Descente de Croix du retable de Stauffenberg (détail) XVe.

ND des Douleurs
Descente de Croix du retable de Stauffenberg (détail) XVe.

Ô Mère des Douleurs, donnez-nous de vivre plus que pour Jésus Crucifié !

Elle était là, pâtissant avec lui, augmentant ainsi sa torture et pourtant le consolant dans l’abandonnement des autres.  http://www.mj-lagrange.org/?p=388.

En contemplant cette Mère, à qui « une épée a transpercé l’âme » (cf. Lc 2, 35), l’esprit se tourne vers toutes les femmes qui souffrent dans le monde, qui souffrent physiquement ou moralement. Dans cette souffrance, la sensibilité propre de la femme joue aussi son rôle; même si souvent elle sait mieux résister à la souffrance que l’homme. Il est difficile de faire le bilan de ces souffrances, il est difficile de les nommer toutes: on peut rappeler la préoccupation maternelle pour les enfants, surtout quand ils sont malades ou qu’ils prennent une voie mauvaise, la mort des personnes les plus chères, la solitude des mères qu’oublient les enfants adultes ou celle des veuves, les souffrances des femmes qui luttent seules pour survivre et des femmes qui ont été lésées ou qui sont exploitées. Il y a enfin les souffrances des consciences à cause du péché qui a blessé la dignité humaine ou maternelle de la femme, les blessures des consciences qui ne se cicatrisent pas facilement. C’est aussi avec ces souffrances qu’il faut venir au pied de la Croix du Christ. (19. Mulieris dignitatem. Saint Jean-Paul II.)

14 septembre 2016

Le prophète Ézéchiel (détail) par Michel-Ange-Chapelle Sixtine

Le prophète Ézéchiel (détail)
par Michel-Ange-Chapelle Sixtine

Le père Lagrange : Vertus d’un prophète

 

J’ai dit que la béatification de Lagrange était opportune comme source de cette encyclique (Pie XII, Divino afflante Spiritu). Il avait une valeur de prophète, mais aussi de pauvre. Son humilité est très particulière. Il obéissait à ses supérieurs tout en connaissant leur ignorance parfois évidente de données scientifiques. Sa plus grande vertu a été le travail. Il voulait tenir les deux bouts de la chaîne : science et abnégation de soi.

(Jean Guitton de l’Académie française.)

 

12 septembre 2016

ndss

 

 

Prière à Marie

« Ô Marie, Marie ! Vous avez daigné me montrer combien, même depuis ma vie religieuse, je me suis rendu indigne de participer par le sacerdoce à la vie ressuscitée de Jésus. Daignez me rendre pur pour être prêtre en esprit de victime, faites-moi semblable à Jésus humble et crucifié. »

(Père Lagrange, Journal spirituel.)

 

 

10 septembre, jour anniversaire
Le P. Lagrange : une humilité héroïque à l’imitation de Jésus-Christ

Jésus devant le grand prêtre Matthias Stom (1633)

Jésus devant le grand prêtre
Matthias Stom (1633)

« Il est toujours difficile de déterminer d’une manière exacte en quoi consiste essentiellement ce que l’Église appelle la sainteté et qui mérite la gloire des autels. S’il m’était permis d’exprimer en quoi pour moi consiste le caractère de sainteté que je reconnais au Père Lagrange, je dirais que c’est l’humilité, car il fut pendant longtemps frappé d’une mesure injuste et suspendu de ses fonctions ; or il pratiqua l’humilité d’une manière héroïque. Il savait qu’il avait raison, pourtant il imita la parole du Christ dans l’Évangile : Jesus ipse tacebat. [Jésus se taisait.] (Témoignage de Jean Guitton de l’Académie française)

En communion de prières avec fr. Manuel Rivero, o. p. qui célèbre la messe de ce jour anniversaire aux intentions des amis du père Lagrange et pour sa béatification prochaine.

Prière : http://www.mj-lagrange.org/?page_id=35

 

8 septembre 2016 : Fête de la Nativité de la Sainte Vierge Marie

Sts Joachim et Anne

 

 

En 1879, le P. Lagrange mentionne dans son journal : « Pour moi, tous mes vœux ont été exaucés, la Sainte Vierge Marie, à laquelle je me suis consacré de nouveau à ma tonsure, m’a présenté elle-même à Saint-Maximin, le jour de sa Nativité et le jour du Très Saint Rosaire… Ô Marie, conduisez-moi par le plus court chemin au cœur de Jésus ! »

(Père Lagrange, Journal spirituel).

 

 

 

 

3 septembre 2016

Saint Grégoire Ier Miniature du Registrum Gregorii de Trèves (983)

Saint Grégoire Ier
Miniature du Registrum Gregorii de Trèves (983)

« Je demande à Saint Grégoire le Grand (en la fête duquel j’ai reçu le saint baptême),
la science du chant sans vaine complaisance et pour la gloire de Dieu »
(Père Lagrange, Journal spirituel).

 

Élu pape au mois de janvier 590, Grégoire Ier est le seul pape avec Léon Ier à recevoir le qualificatif de « Grand ».
Il est considéré avec saint Ambroise, saint Jérôme et saint Augustin comme un des quatre docteurs de l’Église latine.
Auteur de nombreuses lettres, homélies, dialogues et traités de pastorale,
il est à l’origine d’une réforme liturgique et le chant dit « grégorien » porte son nom.

Le Père Lagrange ou la miséricorde de la vérité par Bernard Montagnes o. p.

 

Témoignage

La vérité qui est une lumière de nature à libérer l’esprit, peut devenir une arme meurtrière, tout comme elle peut aussi servir de remède bénéfique. En la personne du P. Lagrange, se voit une figure de la miséricorde de la vérité ; de la vérité administrée comme le baume du Samaritain plutôt que comme la trique de l’inquisiteur.

 Pour lire la suite, cliquer ici → Le Père Lagrange ou la miséricorde de la vérité

P.Lagrange bureau souriant

Écho de notre page Facebook : août 2016

31 août 2016

La prière de prédilection du père Lagrange était :
O domina mea sanctissima… Ô ma Très Sainte Mère…
Vous pouvez lire cette belle prière sur la page suivante : http://www.mj-lagrange.org/?p=8822

29 août 2016

Martyre de Saint Jean Baptiste

Saint Jean le Baptiste par Aidan Hart

Saint Jean le Baptiste
par Aidan Hart

 

 

« L’ombre où le prophète souhaitait de s’éteindre enveloppa son martyre.
Nul témoin n’a raconté comment il accueillit l’ordre inique, et dans quelle paix il mourut »,

(Abbé Constant Fouard, La Vie de N.-S. Jésus Christ.
Cité par le Père Lagrange dans son livre L’Évangile de Jésus Christ. La mort de Jean Baptiste).

 

 

 

25 août 2016

Annunciazione_chiesa_sant_agostino_amatrice_1491Dans la vie du père Lagrange, il y a eu des croix : la mort de son père qui ne put assister à son ordination presbytérale à Zamora, le 22 décembre 1883 ; l’interdiction inexpliquée et inexplicable de ses ouvrages dans les séminaires ; son départ obligé de l’École biblique de Jérusalem en septembre 1912. Le père Lagrange a porté ces fardeaux dans la foi et l’obéissance en communion avec le Christ souffrant. Des amis l’ont soutenu sur ces voies douloureuses à la manière de Simon de Cyrène. Parmi eux figure son ami fidèle, le frère L.-H. Vincent qui partagea avec lui la grande aventure de la fondation de l’École biblique et à qui il dédia affectueusement son Introduction au Nouveau Testament : « Que pouvait l’épreuve, sinon resserrer cette entente du cœur et de l’esprit ? » (extrait des méditations des mystères douloureux. Le portement de Croix par fr. Manuel Rivero, O. P.)

Prions pour ceux qui ont besoin d’aide et pour ceux qui peuvent la donner.
Prions pour toutes les victimes du tremblement de terre en Italie et pour les familles éprouvées par cette tragédie que nous confions à l’intercession de la Vierge Marie.

Photo. Annunciazione, Chiesa Sant Agostino, Amatrice (1491).

 

23 août 2016

Ave Maria ! Sainte Rose de Lima.

Ste Rose de Lima (Isabel de Florès de Oliva (1586-1671), tertiaire dominicaine espagnole, patronne des Amériques) Photo : From the Dominican House of Studies in Washington, D. C., Fr. Lawrence Lew, o. p.

Ste Rose de Lima
(Isabel de Florès de Oliva (1586-1671), tertiaire dominicaine espagnole, patronne des Amériques)
Photo : From the Dominican House of Studies in Washington, D. C., Fr. Lawrence Lew, o. p.

 

 

22 août 2016

Vierge du Rosaire (détail) Louis Brea (1450-1523) église des Dominicains, Taggia (Italie)

Vierge du Rosaire
(détail) Louis Brea (1450-1523) église des Dominicains, Taggia (Italie)

 

Dans son livre : Le père Lagrange. Sa vie. Son œuvre (Parole et Silence, 2013), le père Louis-Hugues Vincent o. p. mentionne que

« le père Lagrange confiait sa détresse à la Très Sainte Vierge, sa Reine, sa Mère, dont il veut être l’esclave absolu, pour qu’elle fasse de lui le serviteur et l’esclave de Jésus par l’amour de la Croix. Si discret que demeure ce coup d’œil furtif sur ses dispositions religieuses, je me le serais interdit si l’expérience personnelle ultérieure et bien longtemps prolongée de sa direction spirituelle n’avait rendu manifeste pour moi que les principes surnaturels dont il s’efforçait, avec une indulgente bonté de m’inculquer, tout au moins le désir, étaient ceux-là même dont sa piété vivait depuis sa formation dominicaine. »

« Marie, Reine du Ciel, priez pour nous ! »

 

19 août 2016

Fils de saint Dominique : Le lectorat en théologiest-thomas-immaculee-conception

Je n’ai pas fait mention de mon examen de lectorat, que je passai le 14 juillet. J’avais donc terminé mes études de théologie scolastique. Je prêtai sans scrupule, avec une conviction ferme, le serment de ne pas m’écarter de la solida S. Thomae doctrina, par où j’entendais une doctrine qui fît certainement partie de la construction théologique du saint Docteur. Je n’eus jamais aucun goût pour les discussions entre théologiens modernes. Dès ma première année de théologie (11 juin 1881), j’écrivais :

« En un mot, considérer saint Thomas comme la conclusion harmonieuse de toute la doctrine catholique, et non comme le point de départ de toutes les chicanes. Ô ma très pure Souveraine, accordez-moi dans la recherche de la vérité un calme serein, une paix profonde… Ô très pure Marie, soyez ma Maîtresse de théologie ; enseignez-moi le dogme, à combattre les hérésies, non les catholiques. Prenez mon esprit comme mon cœur : tout est à vous, daignez en disposer toujours. »

J’avoue que je craignais une pointe d’esprit sectaire dans un attachement excessif à une doctrine particulière, dont on se fait sans s’en douter un motif de glorification pour soi-même. Si cette impression me vint à la suite d’un incident personnel, elle n’en fut pas moins profonde et une règle de vie. On disait volontiers autour de moi que le thomisme s’accorde mieux avec le probabiliorisme ou du moins avec l’équiprobabilisme. J’avoue ici que l’équiprobabilisme me paraissait une chimère, et je m’en tenais à la solide probabilité comme règle d’action (Notes sur ma vie, Père Lagrange).

 

15 août 2016

Assomption Fra Angelico

Assomption
Fra Angelico

 

 

 

 

 » La fête de votre Assomption toujours si féconde en grâces, ô ma Mère, produira encore des fruits puisqu’elle me ramène dans votre maison. »

(Père Lagrange, Journal spirituel)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11 août 2016 : Sainte Claire d’Assise

Sainte ClaireDans son Journal spirituel le père Lagrange s’examine souvent sur sa pratique personnelle de l’esprit de pauvreté. « Degrés de pauvreté : 1° être en fait dépouillé de tout, ne rien faire de contraire au vœu ; 2° être détaché en esprit des choses dont on a l’usage. Ex. : les prêter volontiers ; 3° faire volontiers le sacrifice des choses superflues ; 4° faire volontiers le sacrifice des choses nécessaires ; 5° quand on est malade. » Puis, il cite sainte Angèle de Foligno : « La pauvreté est si réellement la racine et la mère de toute humilité et de tout bonheur, que l’abîme où je vois cela ne peut se décrire. L’homme qui verrait le bien de la pauvreté, l’amour de Dieu tomberait sur lui ! »

Pie XII, Lettre Apostolique (en forme brève) proclamant Ste Claire Patronne Céleste de la Télévision (21 août 1958)
Mémoire de sainte Claire, vierge. Première plante des pauvres Dames de l’Ordre des Mineurs, elle suivit saint François d’Assise et mena au couvent de Saint-Damien une vie très austère, mais riche d’œuvres de charité et de piété. Aimant par-dessus tout la pauvreté, elle n’accepta jamais de s’en écarter, pas même dans l’extrême indigence ou dans la maladie.

10 août 2016

Aujourd’hui, nous sommes en union de prières avec frère Manuel Rivero op qui célèbre la messe de ce jour aux intentions de « amis du père Lagrange » et pour sa béatification prochaine.

8 août 2016 : Solennité de Notre Père Saint Dominique

San Domenico*

 

Notre Père Saint Dominique avait neuf manières de prier. Il disait souvent :

« Seigneur, si tu le veux tu peux me guérir. »

« Seigneur, ne leur impute pas ce péché. »

Il priait prosterné pour obtenir à ses enfants l’esprit des huit béatitudes

(Père Lagrange, Journal spirituel).

 

 

6 août 2016

Transfiguration, icône« Prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, Jésus gravit la montagne pour prier. »

Saint Luc précise que Jésus a dévoilé la lumière de sa divinité pendant qu’il priait. Pour le Père Lagrange, la prière était repos et lumière dans les épreuves.

 

1er août 2016

P. Lagrange en 1895

P. Lagrange en 1895

 

« La Bible est un livre sacré sans être un livre secret », explique le Père Lagrange..

Tout en continuant d’habiter le sanctuaire dans son usage liturgique, elle doit aussi en sortir : elle est destinée aux croyants, qui ont à l’interpréter selon les lumières de leur raison et de leur foi, à l’aide de toutes les ressources qu’offre la modernité.

Déjà la leçon inaugurale du 15 novembre 1890 y invitait, dans une tonalité lacordairienne sinon pour le style, du moins pour l’inspiration : « Essayons donc, nous qui aimons tant ce que notre temps aime de beau et de bon, de parcourir avec lui la carrière. » Le statut de l’Écriture n’est pas différent de celui des sacrements : « une chose sainte, mais ordonnée par Dieu au salut des âmes », proposée à tous, exposée à la profanation ; « l’intérêt des âmes le veut ainsi ».

En ce qui concerne la Bible, « cette chose sainte est la lumière des âmes et je dois la faire luire aux âmes, même s’il faut pour cela qu’elle sorte du sanctuaire », au prix d’une sécularisation. Lui appliquer les méthodes modernes de la critique, en faire l’objet de publications savantes, ce n’est pas seulement lui faire subir le sort commun de tous les textes relevant de l’histoire des religions, c’est aussi la mettre en condition d’éclairer les esprits (Le Père Lagrange ou la miséricorde de la vérité par Bernard Montagnes o. p.).