Écho de notre page Facebook : octobre 2021

20 octobre 2021
Des nouvelles de fr. Timothy Radcliffe o.p., ancien Maître de l’Ordre.

 

Nous venons d’apprendre que Fr. Timothy Radcliffe est à nouveau hospitalisé. Il demande notre prière avec la mention à l’intercession du P. Lagrange. Nous vous faisons partager cette prière, en plusieurs langues, afin que nous soyons nombreux à y participer.
Vous avez plusieurs traductions de cette prière sur le site internet www.mj-lagrange.org à partir de la page d’ouverture, en cliquant sur la catégorie « Prière » dans la colonne de gauche.

 

 

 

20 octobre 2021
Source : Le Patriarcat latin de Jérusalem

Conférence sur la vie et l’œuvre du père Roland de Vaux par le P. Jean-Jacques Pérennès

Le père Roland de Vaux était un disciple et ami du père Marie-Joseph Lagrange o.p.

Par: Florence Budry/lpj.org – Publié le: October 20 Wed, 2021

Conférence sur la vie et l’œuvre du père Roland de Vaux par le P. Jean-Jacques Pérennès Available in the following languages:

JERUSALEM – Jeudi 14 octobre dernier, à 18h, au sein du couvent Saint Etienne des Pères Dominicains de Jérusalem avait lieu une des conférences bi-mensuelles de l’Ecole biblique et archéologique française (EBAF). Le P. Jean-Jacques Pérennès, son actuel directeur, dévoilait la première partie de la vie du père Roland de Vaux, lui aussi dominicain et ancien directeur de l’Ecole, sous le titre « comment devient-on Roland de Vaux ».

Le P. Pérennès consacrera son prochain ouvrage au père Roland de Vaux alors qu’il est déjà l’auteur de quatre magnifiques biographies, toutes dédiées à des religieux catholiques vivant leur mission et leur sacerdoce en pays à majorité musulmane.

Pouvant consacrer des mois de recherches et d’études à l’écriture d’un chapitre, n’hésitant pas à aller lui-même jusqu’en Afghanistan recueillir les témoignages nécessaires, le P. Pérennès partage avec nous les quêtes scientifiques mais aussi spirituelles de ces vies extraordinaires données avec succès.

Homme d’église béatifié, islamologue, ethnographe, archéologue, orientaliste, chacun avait un charisme particulier qu’il a exercé à sa manière dans un univers culturel et géographique différent au sein du monde arabo-musulman.

Roland de Vaux nait en 1903 dans une famille parisienne aisée de grands serviteurs de l’Etat; il reçoit une éducation classique des plus solides avant d’être ordonné prêtre à l’âge de 26 ans et d’entrer au Noviciat. Sujet brillant il rejoint ensuite le Grand Couvent dominicain du Saulchoir en Belgique. Parmi 80 religieux étudiants eux-aussi il se distingue par une grande capacité de travail et très tôt, deux publications, une sur Averroès, une sur l’avicennisme latin, auraient pu faire de lui un médiéviste reconnu.

C’est finalement l’étude biblique et l’archéologie qui vont devenir ses domaines de prédilection suite à son envoi en Terre Sainte à l’Ecole biblique de Jérusalem en 1933. Les Pères dominicains fondateurs de l’Ecole, explorateurs et pionniers de l’archéologie, vieillissent : il est important de former une nouvelle génération dont le père de Vaux sera la figure emblématique.

Méticuleux, acharné au travail, polyvalent, assoiffé de découvertes et de connaissances, il n’aura finalement de cesse de ressembler au père Lagrange, qu’il admirait tant pour cette capacité à être un « érudit complet ».

Poursuivant selon ses mots « une grande ambition humble », il se place dans la continuité de la vocation des pionniers de l’Ecole biblique qu’il est venu rejoindre et dont il a toute la confiance : confronter les textes bibliques avec la réalité historique et archéologique de la Terre Sainte, ce qu’il fera dès 1946 dans une série d’articles remarquables sur Les Patriarches hébreux et les découvertes modernes, anticipant la grande Histoire ancienne d’Israël, publiée à la fin de sa vie.

Participant aux nombreuses campagnes de fouilles dirigées par l’Ecole biblique, il dispense également des cours d’Histoire ancienne d’Israël (en changeant de thème chaque année, il ne donnera jamais le même cours) ainsi qu’un cours d’archéologie sur les institutions de l’Ancien Testament et des cours de langue assyro-babylonienne, tout en contribuant au lancement et à la réalisation de la Bible de Jérusalem.

Alors qu’il prend de plus en plus de responsabilités au sein de l’Ecole, le contexte politique change, enterrant à jamais l’âge d’or de l’archéologie orientale menée sur un territoire unifié par l’Empire ottoman. La Seconde guerre mondiale et ses conséquences vont bouleverser la vie de l’Ecole en même temps que toute la région. En outre, à partir de 1947, la découverte des rouleaux de la Mer morte à Qumrân, tout en lui apportant une notoriété mondiale, sera un fardeau lourd à porter.

Jusqu’à son décès à l’âge de 68 ans, le père de Vaux devra s’adapter à une réalité chaque jour différente, accomplissant des tâches administratives et matérielles lourdes, parfois au beau milieu des nombreux conflits armés qui jalonneront son mandat, sans cesser ses recherches de savant reconnu universellement, tout en restant un religieux très simple, amical, assistant aux offices parmi ses frères.

Sa ténacité à maintenir le fonctionnement de l’Ecole et son niveau d’excellence malgré des contextes politiques et sécuritaires très troublés paie encore aujourd’hui puisque l’EBAF continue en 2021 à accueillir de jeunes générations de frères, eux aussi considérés comme de grands spécialistes en exégèse, archéologie et orientalisme (langues anciennes, épigraphie).

Dans le contexte particulier de la Terre Sainte, les travaux archéologiques de l’EBAF se poursuivent dans le Nord de la Jordanie (mise au jour d’églises byzantines), mais aussi avec la publication et la préservation des fouilles du monastère Saint Hilarion de Gaza dont le classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO est espéré prochainement.

Accueil d’étudiants, publications, conférences, visites du samedi, animation de groupes bibliques, l’esprit du père de Vaux et de ses prédécesseurs est bien présent parmi les pères dominicains d’aujourd’hui qui ne pensent qu’à partager auprès du grand public, une érudition acquise au prix de tant d’efforts personnels.

La prochaine conférence du Jeudi à l’Ecole biblique sera donnée le 28 octobre par le P. Emile Puech, épigraphiste, directeur de recherches du CNRS / EBAF et consacrée au plus mystérieux des épisodes des fouilles de Qumrân, la découverte du rouleau de cuivre.

Toutes les conférences sont enregistrées et accessibles ici.


Biographies rédigées par le P. JJ Pérennès et déjà parues :

  1. Pierre Claverie, un Algérien par alliance, Paris, Le Cerf, 2000, 391 pages, traduit en italien (Citta nuova) ; arabe (Paulistes, Beyrouth), anglais (Orbis book), allemand (Benno Verlag) et tchèque (Ed. Crystal) ; version résumée en espagnol (Editirial San Esteban)
  2. Georges Anawati, un chrétien égyptien devant le mystère de l’islam, Paris, le Cerf, 2008, 367p., traduit en allemand (Herder)
  3. Le père Antonin Jaussen, op (1871-1962), une passion pour l’Orient musulman, Paris, Le Cerf, 2012, 144 p.
  4. Passion Kaboul, le père Serge de Beaurecueil, Paris, Le Cerf, 2014, 362 p.

 

20 octobre 2021
La lecture de la Sainte Bible est-elle dans l’esprit dominicain ? par Marie-Joseph Lagrange o.p.

La première question qui se présente est celle-ci : un tertiaire dominicain est-il obligé de lire la Bible ? La réponse n’est pas douteuse. Non, il n’y a nulle obligation pour lui, pas plus que pour tout autre laïc.

C’est ce dont les protestants se scandalisent. La Bible est la Parole de Dieu, elle a été inspirée par l’Esprit Saint ; les catholiques ont proclamé solennellement au Concile de Trente qu’elle a Dieu pour auteur. Se peut-il que tous ne soient pas obligés à la lire ? Mais alors il faudrait conclure que tout chrétien est obligé de savoir lire, et personne ne le soutient, si recommandée que soit l’instruction.

Mais enfin, si l’on sait lire ? Pourquoi le premier soin d’un ministre protestant est-il de mettre une bible entre les mains de tout converti, tandis que le missionnaire catholique se contente du paroissien ? Cela prouve bien, en tout cas, que l’Église n’interdit pas la lecture de la Bible, puisque le paroissien contient des épîtres et des évangiles, tirés de l’Écriture, que le prêtre le plus souvent prend soin d’expliquer. Mais ce n’est pas toute la Bible.

Nous touchons ici à la différence fondamentale entre catholiques et protestants. L’initiateur du protestantisme, Luther, a enseigné que chaque fidèle devait être éclairé sur sa foi par la Bible elle-même, par le contact direct avec l’Esprit Saint, auteur de la Bible, si bien que le sens qu’il percevait était bien la leçon que Dieu voulait lui donner par l’Écriture. Ainsi comprise, ainsi pratiquée, la lecture de la Bible par tous devenait une cause de division entre les chrétiens sur les points intéressant la foi, car chacun l’entendait à sa manière. Et en effet la division s’est produite entre plusieurs sectes dont nous constatons l’émiettement. Elle ne s’est arrêtée en partie que par un reste de sens catholique. Le protestant laïc entend l’Écriture comme la lui enseigne son pasteur ; chaque groupement conserve l’unité par le principe d’autorité qui garantit à l’Église l’unité de tout le corps chrétien.

L’Esprit qui a inspiré l’Écriture l’a donnée en dépôt à l’Église qu’il assiste infailliblement dans son interprétation. Assurée de posséder l’Esprit de la lettre, l’Église a le droit et le devoir de le communiquer directement aux fidèles par son corps enseignant. Elle ne reconnaît aucun privilège aux plus instruits ; elle guide ceux qui ne savent pas lire comme les docteurs qui ont pâli sur les textes. Elle permet d’ailleurs la lecture de la lettre à tous ceux qui savent lire, à la condition, s’il s’agit de traductions, qu’elles soient accompagnées de notes tirées des saints Pères ou d’autres représentants autorisés de la tradition. À cette condition, on doit reconnaître qu’elle l’encourage et la bénit.

Par le fait cette tradition a été souvent écrite. Mais si on la compare à la Bible, elle représente l’enseignement de vive voix, le plus clair, celui qui s’adresse à tous, qui se met à la portée de tous par le jeu des questions et des réponses. Il y a longtemps que Platon a montré la supériorité de la parole vivante sur la parole écrite, incapable de s’assouplir dans l’intérêt des intelligences. Il en est ainsi de toutes les disciplines. Même si le texte est formellement un code de lois, le seul qui fasse autorité, qui fixe son devoir au juge comme au particulier, on ne le livre pas à son impuissance, on constitue un corps professoral pour l’enseigner. Cela est vrai de notre code civil, écrit pour des Français, et qui ne date pas encore d’un siècle et demi. Quel étudiant aura assez de génie pour qu’on lui dise : prenez, étudiez ce petit volume, et après vous plaiderez devant un tribunal. C’est cependant ce qu’en théorie, mais en théorie seulement, les protestants disent à leurs fidèles du monde entier, après tant de siècles, à propos d’un livre écrit pour les juifs, ou du Nouveau Testament qui ne prétend nulle part proposer une règle de foi complète, qui suppose plutôt que cette règle a été prêchée de vive voix par les disciples d’un Maître qui n’a rien écrit.

Combien l’Église est mieux inspirée, qui s’en tient à la méthode des Apôtres, et enseigne les principes de la foi et de la morale d’après sa tradition, d’ailleurs conforme à l’Écriture, du Nouveau Testament surtout.

L’Ordre de Saint-Dominique ne fait pas autre chose. Ce qui lui est propre – dans les origines, car sa méthode s’est répandue dans l’Église entière –, c’est de faire de cette substance de la foi et de la morale le thème d’une prière. Le simple fidèle contemple ainsi ce qui est l’essence de sa foi, et demande à Dieu de l’aider à pratiquer ses préceptes. Le révélateur de la foi, la source de la grâce, c’est Jésus, mais on a recours pour s’unir à lui à l’intercession de sa très Sainte Mère. Vous entendez bien que c’est là tout le Rosaire.

On vous en parlera souvent dans cette Revue (La Vie dominicaine). On vous dira que le Rosaire est un acte de foi dans les mystères du salut, qu’il nous enseigne la Bonté de Dieu et aussi sa Justice, qu’il est un miroir de toutes les vertus chrétiennes, la charité, l’espérance, l’humilité, la patience, l’abandon à Dieu qui les résume toutes. Ce que je voudrais noter seulement aujourd’hui, c’est que aucune de ces méditations n’est proposée d’une manière didactique, partant de la nature des attributs de Dieu pour en déduire les actes de l’excellence des vertus pour en presser la pratique. Non, tout est de l’ordre des faits ; c’est une histoire qui se déroule, celle de Jésus, si intimement liée à celle de Marie. C’est en Jésus que les vertus nous paraissent admirables, souhaitables, même réalisables pour nous selon notre faiblesse et par sa grâce, avec l’assistance maternelle de Marie.

Le Rosaire est un résumé de l’Évangile, nous orientant vers la fin que nous fait espérer l’Incarnation et la Passion de Notre-Seigneur Jésus‑Christ.

Mais alors le Rosaire supplée à la lecture de l’Écriture et la rend inutile ?

Disons plutôt qu’il la fait désirer, qu’il nous la rend même nécessaire, si nous voulons réellement avoir devant les yeux les mystères que nous devons méditer.

Et puis le Rosaire, comme reflet de la vie de Jésus, est incomplet. On y constate une grande lacune, car il ne dit rien de ce qui est proprement l’Évangile, c’est-à-dire l’enseignement du Sauveur. Cette lacune, il ne pouvait l’éviter, étant une prière qui passe par Marie. Par une dispensation de sa Sagesse, Dieu n’a pas voulu que la Très Sainte Vierge ait pris part ordinairement au ministère de son Fils. Elle apparaît au début, pour solliciter le premier miracle ; elle est debout auprès de la Croix pour être constituée notre Mère par son Fils mourant. Le plus souvent, presque toujours au cours de la prédication, elle est absente. Elle n’avait plus besoin d’être instruite des vérités de l’Évangile telles que Jésus les proposait aux auditeurs, avec mille ménagements appropriés à leur faiblesse. C’était assez que le Messie fût discuté, méconnu, par un peuple récalcitrant ; la Virginité de sa Mère ne devait pas être jetée en pâture à des enquêteurs malveillants. Elle absente, le Rosaire était interrompu.

Mais il en disait assez pour provoquer une curiosité bien légitime. On ne peut être attentif aux mystères de l’Enfance et de la Passion sans être porté invinciblement à considérer l’œuvre de l’homme mûr, celle que faisait présager son Enfance, celle qui l’a conduit à sa Passion. De sorte que l’âme dominicaine, formée par le Rosaire, sera la plus inclinée à se pencher sur l’évangile pour mieux connaître ce que Jésus exige de nous et l’apprendre dans les faits de sa vie, dans son attitude envers les hommes qu’il est venu sauver, dans les paroles où se répand la lumière, et surtout cette révélation que Dieu est un Père, et qu’il est amour : Deus caritas est.

Une fois sur cette voie, le tertiaire dominicain, selon ses facultés et ses loisirs, sera entraîné à la suivre dans les Épîtresdes Apôtres et surtout de saint Paul, dans les Actes qui conduisent l’Église de Jérusalem à Rome où sera fondé le Siège de Pierre, et même jusque dans cette Jérusalem nouvelle, dont saint Jean nous fait entrevoir dans l’Apocalypse la splendeur encore voilée à nos yeux.

Puis ayant constaté avec quelle fermeté saint Paul affirme que la valeur de l’Ancien Testament est de préparer les âmes au Christ, le dévot du Rosaire voudra connaître ces prophéties auxquelles font allusion les évangélistes et les apôtres, il remontera le cours des temps jusqu’à Jérémie, image du Messie méconnu et souffrant, jusqu’à Isaïe qui eût voulu déchirer les cieux pour en faire descendre l’Emmanuel, jusqu’à David, le type du Roi oint de l’onction divine, jusqu’à Moïse, le législateur dont l’œuvre n’est plus qu’une figure. Il atteindra à Abraham, dont la tente plantée dans le désert contenait toute l’Église, et enfin au premier Adam dont le Christ, le second Adam dans l’histoire, mais le premier, par son origine divine, avait expié et réparé la faute. Alors lui apparaît le Dieu créateur, dont les desseins ne sauraient faillir et qui avait annoncé au couple coupable l’avènement du fils de la femme qui devait triompher du serpent. Tout cela, l’Église le lui a appris dès ses plus jeunes années, mais le contact avec le livre inspiré, qui est un contact avec l’Esprit de Dieu, le lui rendra plus vivant et par là même plus vivifiant. Le Rosaire aura porté tous ses fruits.

(extrait de Comment lire la Sainte Écriture par Marie-Joseph Lagrange o.p., La Vie dominicaine, 1936) Extrait de La Vie dominicaine, Saint-Maximin (Var) Juin-Décembre 1936.

L’Écriture en Église, coll. « Lectio divina », n° 142, Éd. du Cerf, Paris, 1990, p. 185-217).
Pour lire ou relire l’article en entier : https://www.mj-lagrange.org/?p=8224

 

 

20 octobre 2021

Fr. Roland de Vaux o.p., éminent savant, archéologue, à l’origine de la découverte des manuscrits de la mer Morte, disciple et ami du père Marie-Joseph Lagrange o.p.

 

12 octobre 2021
« Frères, je n’ai pas honte de l’Évangile, car il est puissance de Dieu pour le salut de quiconque est devenu croyant » (Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (1,16-25).

C’est seulement après avoir lu ces épîtres, vraiment débordantes de cette émotion qui accompagne l’action, surtout l’action créatrice dans son premier élan surnaturel, qu’on est frappé de l’aspect monumental de l’Épître aux Romains. La construction a été contrariée, mise en question, presque entravée, comme la réparation des murs de Jérusalem, au temps de Néhémie. Maintenant la cathédrale est terminée. Paul, dans un moment où ses églises étaient calmes, a fait la synthèse doctrinale de son ministère comme apôtre des Gentils, toujours confiant cependant dans la promesse dont les juifs étaient dépositaires et qui, un jour, s’accomplira pleinement en eux. Jésus-Christ, source de la grâce, d’une grâce qui est dès à présent répandue dans l’âme du croyant, Jésus-Christ est au centre de cette épître. Il apparaît, au moment où tout semblait désespéré, comme la solution du problème du bien et du mal. Avant lui une volonté infirme qui succombe le plus souvent : après lui, avec lui, en lui, une vie divine qui triomphera de tout par cet amour, dont Dieu est le terme, mais dont il est aussi la source par le don de l’Esprit.

Pourquoi un fils de saint Dominique, un disciple de saint Thomas instruit des valeurs spirituelles se priverait-il de cette lecture ? Le judaïsme s’était scandalisé de cette parole de Jésus : « Soyez parfaits, comme votre Père est parfait » (Mt 5, 48). Et en effet c’était en apparence exiger de la volonté humaine ce que sa faiblesse ne saurait atteindre. Saint Paul nous fait comprendre que notre œuvre tend à la perfection parce qu’elle est moins la nôtre que l’œuvre de l’Esprit, qui agit en nous, qui prie en nous. Si quelque difficulté se présente à vous – et il y en a – et si vous ne pouvez les résoudre ni même les étudier, elles seront absorbées par une sorte d’évidence qu’un dessein du Dieu très bon sur l’humanité ne peut être conçu autrement. (extrait de Comment lire la Sainte Écriture par Marie-Joseph Lagrange o.p., La Vie dominicaine, 1936)

Illustration : Saint Paul par William Morris (19e)

11 octobre 2021
Saint Jean XXIII

Le père Marie-Joseph Lagrange o.p., précurseur du concile Vatican II, « origine d’un nouveau temps pour l’Église » (Jean Guitton, Portrait du père Lagrange)

 

Qu’attendait Jean XXIII du concile ? Il s’est expliqué à profusion sur ce sujet complexe. Mais un jour, il eut ce geste et ce mot éloquants dans leur simplicité franciscaine : « Le Concile ? dit-il en s’approchant de la fenêtre et en faisant semblant de l’ouvrir, j’en attends un peu d’air frais… » « Il faut secouer la poussière impériale qui s’est accumulée sur le trône de saint Pierre depuis Constantin. »  (à un ambassadeur, Les fioretti du bon pape Jean, par Henri Fesquet).

 

 

 

 

10 octobre 2021
L’Évangile de ce jour :
La récompense promise au détachement (Mc 10, 17-30)

En ce jour-anniversaire, comme nous le faisons tous les mois depuis de nombreuses années, en communion avec fr. Manuel Rivero o.p., nous confions nos intentions de prières à l’intercession du père Lagrange et pour « hâter le jour où l’Église reconnaîtra publiquement la sainteté de sa vie, afin que son exemple bienfaisant entraîne nos frères à croire en la Parole de Dieu ».

7 octobre 2021

Tome 143, n° 4 de la Nouvelle Revue Théologique, octobre-décembre 2021, le P. Jean Levie, directeur de la Revue, consacre un bel article sur le P. Marie-Joseph Lagrange.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7 octobre 2021
Notre-Dame du Rosaire
En communion de prières avec nos amis du Pèlerinage du Rosaire

 

« Marie est la fille chérie du Père céleste, la bien-aimée du Saint-Esprit, la
mère et l’amie de Notre Seigneur Jésus, la compagne fidèle de ses joies et
de ses douleurs. Elle est plus belle que les anges, plus pure que la neige
fraîchement tombée, plus souriante que l’aurore. Elle est la Vierge fidèle qui
n’abandonne pas ses serviteurs : quand nous pensons à elle, elle se réjouit
dans son Cœur Immaculé ; quand nous parlons d’elle, elle sourit ; elle se
penchera vers nous, si nous la saluons par une antienne » (P. Lagrange, Journal spirituel).

 

 

 

4 octobre 2021
Saint François d’Assise (1181-1226), fondateur de l’ordre des Frères mineurs (O.F.M.), patron de l’Italie, patron Céleste des écologistes

« Louez et bénissez mon Seigneur, rendez-lui grâce et servez-le en toute humilité ! »

Comme l’ordre des Dominicains, l’ordre des Franciscains est caractérisé par la pauvreté, la prière et la prédication que l’on retrouve dans la vie du père Lagrange :

Homme de foi en la Providence, mystique sûr de l’action de Dieu dans l’histoire humaine, le père Lagrange a mis sa confiance dans la Providence divine. Les conditions de la fondation de l’École biblique de Jérusalem en sont l’exemple le plus parlant. Il savait que les grandes entreprises de Dieu naissent petites. Loin de se décourager face à la pauvreté matérielle ou d’exiger comme condition sine qua non des instruments de travail performants, le père Lagrange met sa confiance en la Providence, comme le décrit le frère Jacques Loew : « Les Supérieurs du Père l’envoient à Jérusalem : quelle joie ce sera de rechercher les traces de Marie à Nazareth ou à Bethléem et d’être comme dans un pèlerinage perpétuel ! Oui, mais le Père est seul, sans argent, sans livres de travail ! Qu’importe : il fonde l’École biblique de Jérusalem. C’est précisément, dira-t-il plus tard, parce que c’était inhumain et qu’il n’y avait rien que cela valait la peine de l’entreprendre, parce que c’était Dieu qui le réaliserait. »  Des professeurs pour enseigner ? Le Père les formera lui-même parmi ses premiers élèves. Des salles de cours ? Un abattoir où les crochets à suspendre les bestiaux se voient au mur. Du matériel scolaire ? Une seule table, un seul tableau noir, une seule carte du pays ! « Notre plus petite école primaire de France est un palais à côté de cette université naissante. Mais, en revanche, quel commencement, dit-il dans son discours, avec l’aide de Madame Sainte Marie et de Monseigneur Saint Étienne, dans la confiance que Dieu le veut! »

Ceux qui ont connu le père Lagrange témoignent de sa pauvreté manifestée dans les petites choses du quotidien. Dans l’Évangile, Jésus enseigne que celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes, tandis que celui qui se montre malhonnête dans les petites choses l’est aussi dans les affaires d’importance [1].

Le frère Louis-Albert Lassus, o.p., a cité un exemple de l’esprit de pauvreté du père Lagrange prêt à supporter le froid pour favoriser l’économie du couvent : « Je me rappelle aussi qu’en plein hiver, il demanda au père prieur : Croyez-vous qu’il fasse assez froid pour allumer mon poêle ? »  (Un religieux fidèle à ses vœux par Fr. Manuel Rivero o.p.)

Quand saint François et saint Dominique se rencontrent :  http://www.freres-capucins.fr/Notre-pere-saint-Francois-et-notre.html

 

2 octobre 2021
Prière à mon ange gardien

 

 

À l’exemple du père Lagrange ne manquons d’invoquer notre ange gardien.

« Tous les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur : à lui haute gloire, louange éternelle ! » (Dn 3,58)

Mon ange gardien, bénis le Seigneur ; et bénis-moi qui t’aime !

 

 

 

1er octobre 2021
Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte-Face

« Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses. »

Partie vers le Seigneur, sainte Thérèse ne disparaît pas. Son intercession auprès du seul Sauveur Jésus-Christ, nous attire une pluie de grâces symbolisées par les pétales des roses. Le chrétien, disciple de Jésus, ne peut pas dire « c’est fini » ou « c’est trop tard ». Dans la lumière du Christ ressuscité, ce n’est jamais fini et ce n’est jamais trop tard. Demandons au Seigneur par l’intercession de sainte Thérèse la grâce de l’espérance. (extrait de la neuvaine à sainte Thérèse de l’Enfant et de la Sainte-Face par Fr. Manuel Rivero o.p. : https://www.mj-lagrange.org/?p=14515

[1] Cf. Évangile selon saint Luc 16, 10. Témoin 31, Rév. Jacques Loew (Cop. Publ., IV, pp. 356-371).

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