Écho de notre page Facebook : août 2019

Actualité de la cause de béatification du père Marie-Joseph Lagrange o. p.

Actualité cause de béatification

 

31 août 2019
La Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l’Église

Tout au long de son existence, Marie a approfondi le mystère de la foi, gardant les paroles et les événements de la vie de son Fils Jésus dans son cœur » (cf. Lc 2, 51). Marie a progressé dans la foi en son Fils, jour après jour dans la vie ordinaire de Nazareth. Sur le Calvaire aussi, quand une épée a transpercé son âme (cf. Lc 2, 35), dans la communion de la prière au Cénacle au jour de la Pentecôte, au cœur de la communauté apostolique réunie au nom de Jésus dans l’attente de la descente de l’Esprit Saint.

Marie a grandi dans la connaissance de Dieu auprès de son Fils et au milieu de l’Église. La Constitution Lumen gentium du Concile Vatican II au chapitre VIII a tenu à situer la Vierge Marie dans le mystère du Christ et de l’Église. Les théologiens chrétiens s’interrogent sur Dieu « dans le mystère du Christ et de l’Église ».

La théologie vit toujours en chemin puisque le Christ Jésus est Chemin, Vérité et Vie. Marie-Joseph Lagrange a toujours été habité par une vision dynamique et progressive de l’histoire et de l’exégèse. Pour lui, la vérité était « une vérité en marche ». Dans son discours pour l’inauguration de l’École biblique de Jérusalem, il avait déjà entrevu le beau chemin à parcourir : « Dieu a donné dans la Bible un travail interminable à l’intelligence humaine et, remarquez-le bien, il lui a ouvert un champ indéfini de progrès dans la vérité (1). (Extrait de La Vierge Marie, théologienne par Manuel Rivero o. p.) https://fr.zenit.org/articles/la-vierge-marie-theologienne-par-le-fr-manuel-rivero-o-p/

(1) Discours pour l’inauguration de l’École biblique de Jérusalem, le 15 novembre 1890. Le père Lagrange au service de la Bible. Souvenirs personnels, Paris, Cerf, 1967, p. 104.

Photo : La Vierge à l’Annonciation, Fra Angelico (1450-55). Detroit Institut of Arts.
Fra Angelico représente ce moment juste après l’annonce de l’Ange. La Vierge Marie incline la tête en signe de consentement à la volonté de Dieu. L’Annonciation était un thème fréquent au 15siècle ; les artistes italiens analysaient et représentaient chaque aspect de cet événement miraculeux.

 

29 août 2019
Martyre de Saint Jean-Baptiste
Éloge de Saint Jean-Baptiste par Jésus
« Jean était la lampe qui brûle et qui luit » (Jean 5, 35). (M.-J. Lagrange, Journal spirituel, Cerf, 2017, p. 36).

Extrait d’un commentaire du P. Lagrange
L’imparfait indique que Jean était déjà mort […]. C’est une allusion au zèle brûlant du Baptiste pour la pénitence, en même temps que la révélation qu’il avait communiquée sur le Christ […]. Ce n’est pas sans dessein que Jésus ne parle plus ensuite de la chaleur de la flamme, mais seulement de la lumière. Cette lumière a attiré les Juifs ; ils s’en sont approchés avec joie, espérant qu’elle annonçait le réveil de leurs espérances. Mais leur joie a été de courte durée […]. Ils n’ont pas laissé à cette parole ardente le temps de les pénétrer intérieurement ; il y ont pris plaisir un moment, puis ils ont pensé à autre chose (L’Évangile selon Saint Jean,éd. Lecoffre-Gabalda, 1936, p. 151-152).

 

27-28 août 2019
L’influence d’une maman
Sainte Monique a beaucoup prié pour obtenir la conversion de son fils Augustin. C’est ainsi qu’ils allaient ensemble aux Sermons de l’évêque saint Ambroise de Milan, jusqu’au jour de la conversion et du baptême de ce futur Père de l’Église.

Le Père Lagrange débute sa quatrième conférence à Toulouse en 1902 : – La Méthode historique même en matière scientifique, par ces mots :

Saint Augustin est le seul Père qui ait laissé des Rétractations, c’est-à-dire, dans le sens latin surtout, qui soit revenu sur sa pensée. Son étonnante candeur lui a permis peut-être, mieux qu’à un autre, de reconnaître que son prodigieux génie avait prodigué sur plusieurs points de vues très différentes. Si on s’en était tenu à son grand principe, si bien analysé par saint Thomas, que Dieu n’enseigne pas la science dans l’Écriture, l’exégèse catholique aurait évité bien des déboires. Mais l’aigle d’Hippone prêtait lui-même à confusion, en disant, dans son livre des Confessions(XII, 31), livre très lu, que par une illumination spéciale, l’auteur inspiré « avait compris et pensé dans ses paroles en les écrivant, tout ce que nous avons pu y trouver, et tout ce que nous n’avons pas pu, ou que nous ne pouvons pas encore, mais qu’on peut y trouver ». Avec sa parfaite simplicité, le grand docteur confesse qu’il n’a pas pris cette opinion dans la tradition, mais c’est ainsi, dit-il, que je ferais, si mes paroles pouvaient avoir tant d’ampleur. Si ces expressions avaient été prises à la lettre, c’en était fait de l’exégèse historique. La pensée de l’auteur sacré ne devait plus être interprétée comme saint Athanase (De Decret, Nic.,§ 14, n° 173)en particulier l’avait compris, d’après le temps et les circonstances ; elle se mesurait à la science de Dieu, autant du moins qu’elle peut être reçue dans l’esprit de l’homme, et Moïse, par exemple, aurait saisi d’avance et caché dans son texte tous les sens qu’on pourrait y découvrir. C’est presque cependant là qu’en est venue l’exégèse du XIXesiècle sur le premier chapitre de la Genèse.
Nous avons déjà exposé les principes, vous savez dans quelle mesure la Bible contient des propositions scientifiques, vous vous dites sans doute qu’en examinant maintenant les cas particuliers je vais enfoncer une porte ouverte. Il sera bon toutefois d’y passer, car passer par une porte ouverte, c’est quelquefois le moyen de savoir comment on peut ouvrir les autres sans les enfoncer. […] (La Méthode historique. La critique biblique et l’Église, éd. Foi Vivante 31, Cerf, 1966, p.96-97)

Illustration : Sainte Monique dans le Petit Livre des Saints, éd. du Chêne, t.2, 2011, p. 146.
Petite et accipietis (Demandez et vous recevrez)

S. Augustin et Sainte Monique écoutant un Sermon de S. Ambroise de Milan-Vergos Group (15e)-Museu National d’Art de Catalunya.

23 août 2019
Sainte Rose de Lima, patronne du continent latino-américain

Santa Rosa, ora pro nobis. Sainte Rose, priez pour nous. (Marie-Joseph Lagrange. 30 août 1883, Appel au diaconat, Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 205.)

Rose de Sainte Marie du Tiers Ordre de saint Dominique vécue son union au Christ dans la prière incessante et joyeuse. Active auprès des malades et des déshérités qu’elle soignait, qu’elle visitait, qu’elle accueillait avec tout son amour et sa patience ; elle était toujours disponible à tous. Elle aimait répéter : « Si les hommes savaient ce qu’est vivre dans la grâce, ils ne s’effraieraient d’aucune souffrance et pâtiraient volontiers toute peine, parce que la grâce est le fruit de la patience ». Sainte Rose de Lima est la première sainte canonisée du continent latino-américain, dont elle est la première patronne. (Fr. Manuel Rivero o.p.)

Illustration : Sainte Rose de Lima (photo Manuel Rivero o.p.)

 

21 août 2019
Saint Pie X (élu le 4 août 1903, † 20 août 1914)

En matière d’études bibliques, l’urgence devient celle du contrôle et même de la répression. Aussi le projet d’une institution romaine vouée à la science biblique tombe en sommeil, comme le déplore le P. Lagrange, le 29 octobre 1903, dans une lettre au P. Ambroise Gardeil : « Le Saint-Père n’est évidemment pas entré dans la pensée de Léon XIII et n’y entrera probablement pas. Ceux qui veulent démolir se passent de permission… et nous en sommes là. On travaille beaucoup ici… pour l’avenir. »

Par le Père Cormier, Maître général, familier de Pie X, le P. Lagrange sait ce que le pape pense de l’École biblique. « Le Saint-Père me dit : « En cette matière, soyez dur ; vous pouvez être assuré de l’appui du Saint-Siège » » (10 septembre 1906). « Il ne pense pas qu’à Jérusalem on soit bien enchanté de ce qu’il fait et bien empressé à le seconder efficacement con amore. Un de nos Pères […] lui a dit que les études philosophiques et théologiques souffraient de la prépondérance donnée au reste » (22 avril 1908). « L’opinion s’est répandue chez certains de nos Pères que des professeurs ont pour tactique de se taire, attendant des jours meilleurs, et prévoyant que, s’ils avaient le malheur de risquer des opinions peu agréées, le pape frapperait comme un sourd, quod est inconveniens [ce qui ne convient pas» (18 juin 1909).

Non seulement le P. Lagrange est empêché en 1907 de publier quoi que ce soit sur l’Ancien Testament, mais après son Évangile selon saint Marc (1911), la Congrégation romaine responsable des séminaires jette en 1912 un blâme public sur ses publications. C’est alors que le P. Lagrange adresse au pape une admirable lettre de soumission, dans laquelle il proteste de son intention de servir l’Église et non de la subvertir, lettre qui émut Pie X. Le P. Cormier en avertit aussitôt le P. Lagrange le 5 septembre 1912 : « J’ai eu hier l’audience du Saint-Père, qui spontanément m’a exprimé sa grande et pleine satisfaction de votre lettre, m’encourageant à la publier. J’ai ajouté que vous aviez été peiné que certains vous attribuassent d’être rationaliste et insoumis. Votre désir était, au contraire, de sauvegarder la véracité, même historique de l’Ancien Testament et vos écrits dans ce sens sont de beaucoup antérieurs aux récentes décisions. » La bienveillance de Pie X se maintient ensuite puisqu’en mars 1913, comme le P. Lagrange le raconte à Tisserant, il a reçu une bénédiction spéciale du Saint-Père par un de ses anciens amis, camérier de cape et d’épée.

Dans ses Souvenirs personnels, écrits en 1926, le P. Lagrange revient sur cet épisode : « Quand je pense à l’accueil plein de bonté que fit Pie X à ma soumission de 1912, je me dis que si je lui avais écrit alors [en 1909] une lettre filiale, pour lui ouvrir mon cœur plus complètement que je ne l’avais fait jusqu’alors, ses soupçons se seraient peut-être évanouis. Je me suis trop condamné à ne rien faire qui parût être une captatio benevolentiae [La captatio benevolentiae est un procédé rhétorique qui consiste à s’assurer d’entrée de jeu de la sympathie de l’interlocuteur].Et que pouvait une lettre contre les attaques sans cesse renouvelées auprès de Sa Sainteté ? » (p. 184). (Bernard Montagnes o. p., Les papes du père Lagrange, extrait de la Revue du Rosaire, n° 196, décembre 2007)

 

19 août 2019
Jésus signe de contradiction (Luc 12, 49-53) par Marie-Joseph Lagrange o. p.
« Ne pensez pas que je suis venu jeter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu jeter la paix, mais le glaive. …….. »

[…] S’il était permis de se dérober à l’impression profonde de cette confidence pathétique, où toute l’âme de Jésus proteste contre le sens matériel des paroles, il faudrait rappeler que ce n’est là qu’un aspect de sa mission, tellement affligeant qu’il voile un moment tout le reste : la paix intérieure rendue aux hommes, leur réunion dans une société régie par l’amour. Il faudrait bien noter aussi que ces paroles si évidemment authentiques – qui eût osé risquer ce paradoxe ? – sont le démenti le plus décisif à ces critiques qui ne voient dans Jésus que le prophète du règne de Dieu imminent, dans la parfaite innocence, sous le regard du Messie.

 

Ce que Jésus avait déjà annoncé des persécutions qui attendent ses messagers, il l’embrasse d’un coup d’œil sous le côté le plus pénible à son Cœur aimant, une longue suite de dissensions et de querelles. Si du moins elles n’étaient qu’entre ses disciples et ceux du dehors ! (Extrait de L’Évangile de Jésus Christ, p. 385, Artège-Lethielleux, 1917)

 

Illustration : Les moines de Tibhirine, en prière, tués en haine de la foi, comme tant d’autres, aujourd’hui encore dans le monde. Détail d’un tableau accroché dans la chapelle du monastère à Midelt, au Maroc.

 

 

 

15 août 2019
Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France
« Je vous salue, blanc lis de la glorieuse et paisible Trinité. Ô vous de qui a voulu naître et du lait de laquelle a voulu se nourrir le Roi des cieux, abreuvez nos âmes des effusions de la grâce divine. Ainsi-soit-il. » (Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 167.)

Le Journal spirituel du frère Marie-Joseph Lagrange révèle son dialogue fervent avec la Vierge Marie qu’il invoque surtout sous le vocable de Marie Immaculée, Vierge Marie Immaculée, Mère Immaculée. Dans son cœur à cœur avec Marie, il l’appelle « ma Dame, mon Avocate, ma Patronne, mon Guide, ma Reine, ma Mère ! » C’est à la bienheureuse Vierge Marie Immaculée qu’il se consacre le 31 mai 1880. Il remet son corps et son âme, tout son être, entre les mains de la Vierge Marie, « Maîtresse de sa vie présente et future ». Mû par un ardent désir de louer, de bénir et de prêcher l’amour de Jésus-Christ, il comptesur l’intercession de sa Mère. Dominicain, il oriente tous ses efforts vers « le salut des âmes », but de l’ordre créé par saint Dominique. Les chrétiens savent que la Vierge Marie n’est pas une mère possessive. Loin de s’enfermer dans une prière intimiste, la prière mariale du frère Marie-Joseph manifeste le don total de lui-même par amour au service du Règne de Dieu.
(Fr. Manuel Rivero O. P. : La dévotion du P. Lagrange à la Vierge Marie. Extrait.)

Illustration : La mort et l’Assomption de la Vierge Marie. Panneau de reliquaire, 1432 env., Isabella Stewaer Gardner Museum, Boston, USA.
Ce panneau a été peint par Fra Angelico pour la basilique des Dominicains de Santa Maria Novella à Florence.
Fra Angelico fait preuve ici d’une grande délicatesse tout en étant bien complexe.

Le panneau représente la « Dormition » de la Vierge. Autour de la Vierge, se trouvent les disciples. À sa tête, parmi les disciples, le peintre a représenté saint Dominique. À ses pieds, l’un d’eux porte une palme terminée en broussaille. Quatre apôtres s’inclinent et se penchent pour enlever le corps vieilli de Marie qui repose sur un somptueux drap d’or, entouré de quatre chandeliers. Au centre, le Christ tient l’âme représentée sous la figure d’un petit enfant.

Dans la deuxième partie, Marie s’élève sur des nuées lumineuses, les mains étendues vers le Christ, entourée d’une gloire rayonnante.

Dans la troisième partie, Jésus vêtu d’une tunique d’un bleu intense, descend du ciel penché en avant, ouvrant grand ses bras pour accueillir sa divine Mère. Il est accompagné de sept séraphins,

Dans les trois zones l’artiste a réuni, autour de Marie, des anges qui vaquent à diverses occupations. On en voit quatre agenouillés, admirant la Vierge s’élevant sur les nuages ; puis, ce sont, de chaque côté, trois esprits célestes, jouant de divers instruments ; deux avec de longues trompettes ; un troisième fait résonner un tambourin et trois jouent sur des instruments à cordes. Quatorze anges ont formé autour de la Reine du ciel une ronde joyeuse. Fra Angelico est parvenu à entourer Marie de vingt et un anges, ils sont à genoux, dansent et semblent flotter, tourbillonner, attirés par un centre qui les emporte.

On peut souligner ici la variété des bleus utilisés par Fra Angelico, donnant à chacun une signification particulière, bleu sombre pour la Vierge morte, bleu clair, délicat, léger pour la Vierge montée au ciel, et bleu sursaturé pour le Christ.

 

10 août 2019

Belle fête de saint Laurent, diacre et martyr, depuis le monastère des moniales dominicaines d’Alcala la Real (Andalousie. Espagne), où je vais célébrer la messe ce matin pour la cause de béatification du père Lagrange ainsi que pour ses amis.
Le chapitre général de l’Ordre des prêcheurs qui vient de se clôturer à Bien Hoa (Vietnam) a mis en valeur dans le prologue des textes du chapitre l’exemple du père Lagrange qui vécut sa vie intellectuelle en équipe avec les autres professeurs de l’Ecole biblique de Jérusalem au coeur d’une communauté dominicaine de prière et de vie fraternelle. Le chapitre général a souligné la synergie entre la communauté et la mission. Les couvents des dominicains étaient appelés au début de l’Ordre « sainte prédication ». Ce ne sont pas les murs qui font le couvent mais la communauté apostolique des frères au service du salut des âmes.
Le saint patron de baptême du père Lagrange, saint Albert le Grand, parlait de « la recherche de la vérité dans la douceur de l’amitié ». Le père Lagrange a vécu la recherche exégétique en équipe pluridisciplinaire (historiens, géographes, archéologues, théologiens …) dans une Ecole biblique fondée au couvent de Jérusalem afin que la Parole de Dieu ne soit pas uniquement étudiée dans les bibliothèques mais qu’elle soit priée, célébrée dans la liturgie, vécue dans la charité et transmise dans la prédication et l’enseignement.
Au mois de juin dernier, le pape François a présenté sa vision de la théologie à Naples dans la perspective du dialogue et du travail interdisciplinaire. Le père Lagrange en son temps a relevé les défis de l’exégèse en équipe de manière scientifique et surnaturelle.
Belle journée dans la lumière de l’Esprit Saint ! Fr. Manuel.

 

8 août 2019
Notre Père Saint Dominique

 

Dominique ! Quelle nature ardente et généreuse, droite. Sans la moindre finesse de dissimulation ; quelle grâce enflammée, quelle prière pour les âmes, c’est vraiment une nouvelle effusion de l’Esprit de Dieu… (M.-J. Lagrange, Journal spirituel, p. 434, Cerf, 2014.)

 

Illustration : Saint Dominique dispute avec les hérétiques. Fresque de Simone Martini à la chapelle des Espagnols de Sainte-Marie-Nouvelle à Florence.
Dominique répond en ordre aux arguments de ses adversaires en comptant sur ses doigts. Au bas de la fresque, des chiens noirs et blancs représentent les Prêcheurs qui arrachent les brebis aux loups qui les dévorent. Le chien est au Moyen Âge le symbole classique du prédicateur, parce qu’il aboie contre l’erreur, met en fuite les faux bergers et les voleurs et guérit avec sa langue. (Source : Saint Dominique. Textes et légendes de Marie-Humbert Vicaire, o.p., DDB, 1957.)

6 août 2019
« Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le »
La Transfiguration est un gage certain de la gloire de Jésus, la scène de Gethsémani le montre au point où il s’abaisse le plus pour satisfaire aux conditions de la nature humaine. Plus d’un Père a pensé que les témoins étaient les mêmes parce que le souvenir de la lumière éclatante devait les préserver contre le scandale de l’agonie. Pierre a été choisi, comme le chef désigné. Jean était le plus aimé. Jacques son frère ne le quittait pas et devait être le premier des Apôtres à verser son sang pour l’évangile… (lire le texte en entier dans L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, par le P. Marie-Joseph Lagrange, p. 291 et suivantes, Artège-Lethellieux, 2017.)

Illustration : La Transfiguration du Christ par Duccio di Buoninsegna (1308-1311) National Gallery, Londres.

4 août 2019

Saint Jean-Marie Vianney

L’influence du saint Curé d’Ars dans la vie et l’oeuvre du P. Lagrange
par Fr. Manuel Rivero o.p.
Président de l’association des amis du père Lagrange

Dès sa tendre enfance, la vie d’Albert Lagrange a été marquée par le  curé d’Ars, comme il le raconte dans son Journal spirituel. Sa mère, Élisabeth, qui avait déjà perdu deux bébés, craignant pour la vie de son fils l’avait conduit à Ars : « Je suis né le 7 mars, jour de la Saint-Thomas ; j’ai été baptisé le 12, fête de saint Grégoire et, selon l’usage, sans doute consacré à Marie à l’autel de la Vierge noire. Je me trouvais donc, dès le début sous la protection de saint Joseph. Ma mère m’a mis en vœu pendant trois ans, me faisant porter le bleu et le blanc en l’honneur de Marie. Quelle douce pensée, et n’est-ce pas l’origine de sa tendresse pour moi !  Mes parents m’ont amené en pèlerinage à Ars, le saint curé m’a béni, et peut-être guéri d’une fatigue d’entrailles. »

Selon le frère L.-H. Vincent o.p., disciple, confident et ami du frère Lagrange pendant quarante-cinq ans, le curé d’Ars aurait dit à sa maman : « L’enfant ne mourra pas, il deviendra un jour une lumière pour l’Église. » La sœur du frère Lagrange, Thérèse Lagrange, affirmait tenir ces paroles de sa mère peu avant la mort de celle-ci.

Au cours de l’été 1879, avant d’entrer dans l’ordre de saint Dominique, Albert Lagrange, alors séminariste à Issy-les-Moulineaux, avait fait avec sa mère un pèlerinage à Ars pour demander au saint curé Jean-Marie Vianney la grâce du discernement : « Pendant les vacances, j’allai à Ars avec ma mère, et je fus bien touché. »

Au couvent de Saint-Maximin, le frère Marie-Joseph Lagrange, novice, se confie à l’intercession du curé d’Ars afin d’obtenir l’humilité. Lors de la pose de la première pierre de l’École biblique de Jérusalem, le 5 juin 1891, le frère Lagrange y déposa un fragment de la soutane du curé d’Ars.

Tout au long de sa vie, le frère Lagrange œuvra pour le salut des âmes par l’interprétation de la Parole de Dieu. À la suite du curé d’Ars, il travailla à la sanctification  du Peuple de Dieu. Les frères dominicains qui ont vécu avec lui témoignent de sa disponibilité quand il s’agissait d’écouter la confession d’un prêtre alors que le portier du couvent craignait de déranger ce frère si occupé par ses recherches et ses publications. À l’exemple du curé d’Ars, le père Lagrange aimait profondément le sacerdoce et les prêtres.

Le 25 mars 1992, en la fête de l’Annonciation du Seigneur, Monseigneur Guy Bagnard, évêque de Belley-Ars, a demandé la béatification du père Lagrange au pape Jean-Paul II.

Confions au saint curé d’Ars et au père Lagrange les vocations religieuses et sacerdotales dont l’Église a besoin.

 

4 août 2019
Histoire d’héritage (Luc 12, 13-14)
Réflexion du père Lagrange

Si cet homme avait paru à Jésus apte à la perfection, il lui aurait plutôt dit : « Donne-moi joyeusement ta part, et suis-moi. » Mais, il n’entend pas supprimer parmi les hommes l’exercice du droit de propriété. Ils devraient seulement comprendre qu’il n’en est pas chargé. Ce n’est pas sa mission. Sa mission est de prêcher le détachement des biens du monde. Il répond donc : « Ô homme ! Qui m’a établi pour être juge ou faire vos partages ? » […] Que les richesses échappent aux doigts glacés des morts, c’est un thème banal, cher aux moralistes et aux satiriques. Mais, aucun d’eux n’a éprouvé cette émotion de la perte d’une âme qui s’est abaissée au niveau de l’or. Jésus seul a fait entendre cette parole intérieure dans la nuit, suprême avertissement de Dieu à un homme qui va perdre et qui peut encore être sauvé. (L’Évangile de Jésus Christ, pp. 375-376, Artège-Lethielleux, 2017.)

Photo : Christ et le jeune homme riche par Ludwig von Hofmann (1824-1911)