Écho de notre page Facebook : août 2019

15 août 2019
Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France
« Je vous salue, blanc lis de la glorieuse et paisible Trinité. Ô vous de qui a voulu naître et du lait de laquelle a voulu se nourrir le Roi des cieux, abreuvez nos âmes des effusions de la grâce divine. Ainsi-soit-il. » (Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 167.)

Le Journal spirituel du frère Marie-Joseph Lagrange révèle son dialogue fervent avec la Vierge Marie qu’il invoque surtout sous le vocable de Marie Immaculée, Vierge Marie Immaculée, Mère Immaculée. Dans son cœur à cœur avec Marie, il l’appelle « ma Dame, mon Avocate, ma Patronne, mon Guide, ma Reine, ma Mère ! » C’est à la bienheureuse Vierge Marie Immaculée qu’il se consacre le 31 mai 1880. Il remet son corps et son âme, tout son être, entre les mains de la Vierge Marie, « Maîtresse de sa vie présente et future ». Mû par un ardent désir de louer, de bénir et de prêcher l’amour de Jésus-Christ, il comptesur l’intercession de sa Mère. Dominicain, il oriente tous ses efforts vers « le salut des âmes », but de l’ordre créé par saint Dominique. Les chrétiens savent que la Vierge Marie n’est pas une mère possessive. Loin de s’enfermer dans une prière intimiste, la prière mariale du frère Marie-Joseph manifeste le don total de lui-même par amour au service du Règne de Dieu.
(Fr. Manuel Rivero O. P. : La dévotion du P. Lagrange à la Vierge Marie. Extrait.)

Illustration : La mort et l’Assomption de la Vierge Marie. Panneau de reliquaire, 1432 env., Isabella Stewaer Gardner Museum, Boston, USA.
Ce panneau a été peint par Fra Angelico pour la basilique des Dominicains de Santa Maria Novella à Florence.
Fra Angelico fait preuve ici d’une grande délicatesse tout en étant bien complexe.

Le panneau représente la « Dormition » de la Vierge. Autour de la Vierge, se trouvent les disciples. À sa tête, parmi les disciples, le peintre a représenté saint Dominique. À ses pieds, l’un d’eux porte une palme terminée en broussaille. Quatre apôtres s’inclinent et se penchent pour enlever le corps vieilli de Marie qui repose sur un somptueux drap d’or, entouré de quatre chandeliers. Au centre, le Christ tient l’âme représentée sous la figure d’un petit enfant.

Dans la deuxième partie, Marie s’élève sur des nuées lumineuses, les mains étendues vers le Christ, entourée d’une gloire rayonnante.

Dans la troisième partie, Jésus vêtu d’une tunique d’un bleu intense, descend du ciel penché en avant, ouvrant grand ses bras pour accueillir sa divine Mère. Il est accompagné de sept séraphins,

Dans les trois zones l’artiste a réuni, autour de Marie, des anges qui vaquent à diverses occupations. On en voit quatre agenouillés, admirant la Vierge s’élevant sur les nuages ; puis, ce sont, de chaque côté, trois esprits célestes, jouant de divers instruments ; deux avec de longues trompettes ; un troisième fait résonner un tambourin et trois jouent sur des instruments à cordes. Quatorze anges ont formé autour de la Reine du ciel une ronde joyeuse. Fra Angelico est parvenu à entourer Marie de vingt et un anges, ils sont à genoux, dansent et semblent flotter, tourbillonner, attirés par un centre qui les emporte.

On peut souligner ici la variété des bleus utilisés par Fra Angelico, donnant à chacun une signification particulière, bleu sombre pour la Vierge morte, bleu clair, délicat, léger pour la Vierge montée au ciel, et bleu sursaturé pour le Christ.

 

10 août 2019

Belle fête de saint Laurent, diacre et martyr, depuis le monastère des moniales dominicaines d’Alcala la Real (Andalousie. Espagne), où je vais célébrer la messe ce matin pour la cause de béatification du père Lagrange ainsi que pour ses amis.
Le chapitre général de l’Ordre des prêcheurs qui vient de se clôturer à Bien Hoa (Vietnam) a mis en valeur dans le prologue des textes du chapitre l’exemple du père Lagrange qui vécut sa vie intellectuelle en équipe avec les autres professeurs de l’Ecole biblique de Jérusalem au coeur d’une communauté dominicaine de prière et de vie fraternelle. Le chapitre général a souligné la synergie entre la communauté et la mission. Les couvents des dominicains étaient appelés au début de l’Ordre « sainte prédication ». Ce ne sont pas les murs qui font le couvent mais la communauté apostolique des frères au service du salut des âmes.
Le saint patron de baptême du père Lagrange, saint Albert le Grand, parlait de « la recherche de la vérité dans la douceur de l’amitié ». Le père Lagrange a vécu la recherche exégétique en équipe pluridisciplinaire (historiens, géographes, archéologues, théologiens …) dans une Ecole biblique fondée au couvent de Jérusalem afin que la Parole de Dieu ne soit pas uniquement étudiée dans les bibliothèques mais qu’elle soit priée, célébrée dans la liturgie, vécue dans la charité et transmise dans la prédication et l’enseignement.
Au mois de juin dernier, le pape François a présenté sa vision de la théologie à Naples dans la perspective du dialogue et du travail interdisciplinaire. Le père Lagrange en son temps a relevé les défis de l’exégèse en équipe de manière scientifique et surnaturelle.
Belle journée dans la lumière de l’Esprit Saint ! Fr. Manuel.

 

8 août 2019
Notre Père Saint Dominique

 

Dominique ! Quelle nature ardente et généreuse, droite. Sans la moindre finesse de dissimulation ; quelle grâce enflammée, quelle prière pour les âmes, c’est vraiment une nouvelle effusion de l’Esprit de Dieu… (M.-J. Lagrange, Journal spirituel, p. 434, Cerf, 2014.)

 

Illustration : Saint Dominique dispute avec les hérétiques. Fresque de Simone Martini à la chapelle des Espagnols de Sainte-Marie-Nouvelle à Florence.
Dominique répond en ordre aux arguments de ses adversaires en comptant sur ses doigts. Au bas de la fresque, des chiens noirs et blancs représentent les Prêcheurs qui arrachent les brebis aux loups qui les dévorent. Le chien est au Moyen Âge le symbole classique du prédicateur, parce qu’il aboie contre l’erreur, met en fuite les faux bergers et les voleurs et guérit avec sa langue. (Source : Saint Dominique. Textes et légendes de Marie-Humbert Vicaire, o.p., DDB, 1957.)

6 août 2019
« Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le »
La Transfiguration est un gage certain de la gloire de Jésus, la scène de Gethsémani le montre au point où il s’abaisse le plus pour satisfaire aux conditions de la nature humaine. Plus d’un Père a pensé que les témoins étaient les mêmes parce que le souvenir de la lumière éclatante devait les préserver contre le scandale de l’agonie. Pierre a été choisi, comme le chef désigné. Jean était le plus aimé. Jacques son frère ne le quittait pas et devait être le premier des Apôtres à verser son sang pour l’évangile… (lire le texte en entier dans L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, par le P. Marie-Joseph Lagrange, p. 291 et suivantes, Artège-Lethellieux, 2017.)

Illustration : La Transfiguration du Christ par Duccio di Buoninsegna (1308-1311) National Gallery, Londres.

4 août 2019

Saint Jean-Marie Vianney

L’influence du saint Curé d’Ars dans la vie et l’oeuvre du P. Lagrange
par Fr. Manuel Rivero o.p.
Président de l’association des amis du père Lagrange

Dès sa tendre enfance, la vie d’Albert Lagrange a été marquée par le  curé d’Ars, comme il le raconte dans son Journal spirituel. Sa mère, Élisabeth, qui avait déjà perdu deux bébés, craignant pour la vie de son fils l’avait conduit à Ars : « Je suis né le 7 mars, jour de la Saint-Thomas ; j’ai été baptisé le 12, fête de saint Grégoire et, selon l’usage, sans doute consacré à Marie à l’autel de la Vierge noire. Je me trouvais donc, dès le début sous la protection de saint Joseph. Ma mère m’a mis en vœu pendant trois ans, me faisant porter le bleu et le blanc en l’honneur de Marie. Quelle douce pensée, et n’est-ce pas l’origine de sa tendresse pour moi !  Mes parents m’ont amené en pèlerinage à Ars, le saint curé m’a béni, et peut-être guéri d’une fatigue d’entrailles. »

Selon le frère L.-H. Vincent o.p., disciple, confident et ami du frère Lagrange pendant quarante-cinq ans, le curé d’Ars aurait dit à sa maman : « L’enfant ne mourra pas, il deviendra un jour une lumière pour l’Église. » La sœur du frère Lagrange, Thérèse Lagrange, affirmait tenir ces paroles de sa mère peu avant la mort de celle-ci.

Au cours de l’été 1879, avant d’entrer dans l’ordre de saint Dominique, Albert Lagrange, alors séminariste à Issy-les-Moulineaux, avait fait avec sa mère un pèlerinage à Ars pour demander au saint curé Jean-Marie Vianney la grâce du discernement : « Pendant les vacances, j’allai à Ars avec ma mère, et je fus bien touché. »

Au couvent de Saint-Maximin, le frère Marie-Joseph Lagrange, novice, se confie à l’intercession du curé d’Ars afin d’obtenir l’humilité. Lors de la pose de la première pierre de l’École biblique de Jérusalem, le 5 juin 1891, le frère Lagrange y déposa un fragment de la soutane du curé d’Ars.

Tout au long de sa vie, le frère Lagrange œuvra pour le salut des âmes par l’interprétation de la Parole de Dieu. À la suite du curé d’Ars, il travailla à la sanctification  du Peuple de Dieu. Les frères dominicains qui ont vécu avec lui témoignent de sa disponibilité quand il s’agissait d’écouter la confession d’un prêtre alors que le portier du couvent craignait de déranger ce frère si occupé par ses recherches et ses publications. À l’exemple du curé d’Ars, le père Lagrange aimait profondément le sacerdoce et les prêtres.

Le 25 mars 1992, en la fête de l’Annonciation du Seigneur, Monseigneur Guy Bagnard, évêque de Belley-Ars, a demandé la béatification du père Lagrange au pape Jean-Paul II.

Confions au saint curé d’Ars et au père Lagrange les vocations religieuses et sacerdotales dont l’Église a besoin.

 

4 août 2019
Histoire d’héritage (Luc 12, 13-14)
Réflexion du père Lagrange

Si cet homme avait paru à Jésus apte à la perfection, il lui aurait plutôt dit : « Donne-moi joyeusement ta part, et suis-moi. » Mais, il n’entend pas supprimer parmi les hommes l’exercice du droit de propriété. Ils devraient seulement comprendre qu’il n’en est pas chargé. Ce n’est pas sa mission. Sa mission est de prêcher le détachement des biens du monde. Il répond donc : « Ô homme ! Qui m’a établi pour être juge ou faire vos partages ? » […] Que les richesses échappent aux doigts glacés des morts, c’est un thème banal, cher aux moralistes et aux satiriques. Mais, aucun d’eux n’a éprouvé cette émotion de la perte d’une âme qui s’est abaissée au niveau de l’or. Jésus seul a fait entendre cette parole intérieure dans la nuit, suprême avertissement de Dieu à un homme qui va perdre et qui peut encore être sauvé. (L’Évangile de Jésus Christ, pp. 375-376, Artège-Lethielleux, 2017.)

Photo : Christ et le jeune homme riche par Ludwig von Hofmann (1824-1911)