Écho de notre page Facebook : janvier 2021

Belle et Sainte Année 2021, sous la protection de la Vierge Marie

et de saint Joseph !

 

30 janvier 2021
« Tout à coup la tempête s’élève… (Marc 4, 37) »

Enseignement du père Lagrange :
… Les disciples s’adressent à lui comme à un compagnon quelque peu inerte, dont cependant ils attendent du secours, sans bien savoir comment. Lui cependant parle à la mer comme à une puissance hostile. Aurait-il reconnu une embûche de Satan, désireux de se débarrasser de lui dans un incident vulgaire ? Plus vraisemblablement il se sert du style sémitique qui traitait comme des personnes les grandes forces de la nature, surtout les Eaux. Le vent et la mer obéissent. Et lui à son tour interpelle ses disciples comme ferait un nautonnier plus hardi, en élevant cependant leurs regards vers sa personne, en laquelle ils devaient se confier. N’avaient-ils donc pas encore compris ? Non ! car même alors ils se demandent d’où peut lui venir cette puissance. C’est déjà quelque chose cependant qu’ils ne disent pas : « Quelle puissance Dieu lui a-t-il donc donnée ? » mais : « Qui donc est-il ? ».

C’est ainsi que nous saisissons sur le vif les rapports de Jésus avec les siens. Aucune déclaration retentissante de sa part, aucune exigence de respect. Et insensiblement, au fil des choses, la lumière grandit dans ces âmes simples, et la distance s’établit au sein de l’intimité.

(L’Évangile selon saint Marc, Lecoffre-Gabalda, 1935, p.41-42.)

Photo : La tempête apaisée. Icône orthodoxe.

 

28 janvier 2021
Prière selon saint Thomas d’Aquin (1225-1274)
Fêté le 28 janvier. Patron des universités, collèges et écoles catholiques.

Mets de l’ordre dans ma vie, ô mon Dieu,
Et ce que tu veux que je fasse donne-moi de le connaître,
Accorde-moi de l’accomplir comme il faut
Et comme il est utile à mon âme.

Donne-moi de te craindre
Sans tomber dans le désespoir,
D’être vrai sans malice,
De faire le bien sans me faire valoir,
De reprendre le prochain sans hauteur,
L’édifiant de parole et d’exemple sans double jeu.

Donne-moi, Seigneur, un cœur vigilant
Que nulle curiosité n’éloigne loin de toi ;
Un cœur noble que nulle affection déplacée n’entraîne ;
Un cœur droit
Que nulle arrière-pensée ne fasse dévier ;
Un cœur ferme
Que nulle tribulation ne brise ;
Un cœur libre
Que nulle passion violente ne subjugue.

 

27 janvier 2021
La parabole du Semeur – Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,20
Enseignement du père Lagrange

On ne saurait dissimuler une certaine gaucherie dans la rédaction de Marc. Elle provient de ce que, au lieu de reprendre chaque situation de la parabole pour en indiquer le sens dans l’ordre de la prédication, il a mêlé la parabole et son explication, mettant en scène par exemple « ceux qui sont le long du chemin » pour dire que le cas du grain tombé le long du chemin est semblable à celui des hommes qui entendent la parole, mais chez lequel elle n’a aucune action, parce que Satan en détruit l’effet. S’il était permis d’être encore plus précis, on songerait à ceux qui n’ont pas la foi. Quel effet peut leur produire la prédication la plus solide et la plus touchante ? Parmi les auditeurs de Jésus, c’étaient peut-être des païens, qui, au lieu de réfléchir, se moquaient. D’autres auditeurs, nombreux sûrement, acclamaient la doctrine nouvelle du Maître, si douce aux pauvres et aux affligés. Mais si les chefs spirituels de la nation les menaçaient de leur défaveur, ils se disaient que peut-être Jésus se trompait, et se scandalisaient de ce qui les avait charmés. Aujourd’hui le respect humain serait d’autre sorte, imposé au nom d’une fausse science. La catégorie de ceux qui sont entraînés par le courant du monde a toujours été la même. Les bons sont ceux qui écoutent – car il faut même pour cela prendre de la peine –, qui adhèrent à la parole par le cœur, et qui la mettent en pratique. La métaphore des fruits et leur nombre est un retour aux termes de la comparaison.

(L’Évangile selon saint Marc, Lecoffre-Gabalda, 1935, p. 36-37.)

Photo : Hortus Deliciarum (12e) par Herrade de Landsberg, manuscrit alsacien du couvent du mont Saint-Odile – La parabole du Semeur.

 

 

25 janvier 2021
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec le père Lagrange-J8
« Afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit entière » (Jn 15,11)

C’est la grande joie du christianisme que rien ne peut altérer. Il prêche la discipline, l’abnégation, l’acceptation des souffrances, mais de tout cela c’est l’abandon de celui qui se sait aimé, et la tristesse est absorbée dans la joie. L’amour descendu du Père va plus loin que chaque disciple : il faut qu’il rayonne entre eux. « Et ce n’est pas un amour pour rire » [sainte Angèle de Foligno. Cette citation figure dans le Journal spirituel, du père Lagrange, Cerf, 2014, p. 236].

(Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, Artège-Lethielleux, 2017, p. 559).

Photo : Le peintre de la joie-P. Kim En Joong o.p.

 

23 janvier 2021
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec le père Lagrange-J6
« Que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure » (Jn 15,16)

[…] Mais ce choix est le meilleur encouragement à aller où il les enverra, pour faire le fruit qu’ils connaissent bien, amener les hommes au règne de Dieu. […]

Ce ne sont que quelques paroles. Mais elles renferment le secret de la vie spirituelle, le principe de tout apostolat. Les amis de Jésus vivront désormais de sa vie, et feront son œuvre. Ils sont en Dieu par la charité, et cette charité est un amour d’amitié, et le commandement par excellence. C’est toute la théologie de la grâce, dont les développements sont admirables, mais qu’elle est claire et savoureuse à sa source !

(Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, Artège-Lethielleux, 2017, p. 559).

 

22 janvier 2021
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec le père Lagrange-J5
« Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai adressée. » (Jn 15,3)

Ici, [la parabole de la vigne est interrompue] Jésus s’adresse directement à ses disciples. Étaient-ils exposés à ce nettoyage de la part du Père, douloureux sans doute et inquiétant ? Non, ils sont déjà purs, comme il leur a été dit (Jn 13,10). Si cela n’exclut pas tout progrès, il se fera désormais en union avec le cep. Pour tous les disciples d’ailleurs, ce n’est pas le Père qui a opéré directement ce bon effet ; c’est la parole prononcée par le Fils, dont nous savons par ailleurs que le Père la lui avait confiée (Jn 14,10) : « C’est un trait caractéristique du quatrième évangile que cette vertu rédemptrice de la parole de Dieu » […]. Cependant Paul aussi a dit que l’évangile est une énergie divine pour le salut (Rm 1,16), et Pierre que c’est un germe de régénération (I P 1,23). La parole de Jésus a éclairé les âmes des disciples ; elle a aussi pénétré en eux par la foi, dissipant l’erreur, chassant le péché par leur adhésion de charité au Christ (Ac 15,9) : cela dans l’ordre de l’exécution. Mais le premier principe de ce changement fut la parole elle-même, parole qui est esprit de vie (Jn 6,63), tout comme la vie est une lumière (Jn 1,4).

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Jean, sixième édition, Lecoffre-Gabalda, 1936, p. 402-403.)

Photo : Émondés par la parole

 

21 janvier 2020
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec le père Lagrange-J4
« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père » (Jn 15,15).

Les disciples ne cessent pas d’être des serviteurs, et Paul tiendra à l’honneur de prendre ce titre, mais Jésus ne leur donne plus ce nom, parce que certains serviteurs, dépositaires de la pensée de leur maître, sont devenus ses amis : c’est le cas puisque Jésus a fait connaître aux siens tout ce qu’il a entendu de son Père, c’est-à-dire ce qui concernait sa mission (8,26 : « J’ai beaucoup à dire à votre sujet et à juger : mais celui qui m’a envoyé est véridique, et ce que j’ai entendu de lui, c’est de cela que je parle dans le monde »). […] Ici l’amour de Jésus a précédé ; mais seulement après la confidence que les disciples prennent le rang d’ami : « parce que », et non pas « ensuite » ou « en signe de quoi ».

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Jean, sixième édition, Lecoffre-Gabalda, 1936)

 

20 janvier 2021
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec le père Lagrange-J3
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 15, 12).

Au moment de mourir, plus d’un grand homme a tenu à laisser aux siens une dernière pensée, la plus intime, par laquelle il vivra encore en eux. C’est ce que Jésus fait aussi, mais il fonde une communauté qui devra être animée de son esprit, il fait de cette pensée une loi : la loi de ses disciples sur la charité fraternelle, non pas telle que les hommes la peuvent concevoir, mais telle que lui-même l’a éprouvée. C’est sur ce dernier point qu’est l’accent. […] Jésus, lui, veut que la société religieuse qu’il fonde ait pour ciment l’amour, tel que les hommes doivent le comprendre dans la lumière de son Incarnation et les sentiments de son Cœur. En cela le commandement est vraiment nouveau (cf. Jn 13,34).

Dans Jn 15,12 le contexte est beaucoup plus naturel, surtout selon le mode sémitique où un mot appelle un mot. Ayant parlé des commandements, Jésus cite celui qui les résume tous (cf. Mc 12,31), d’autant que son accomplissement continue la douce série de la charité. Venu du Père au Christ, du Christ aux disciples, elle se répand parmi eux, et d’après son exemple.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Jean. Lecoffre-Gabalda, 1936)

Photo :  Le lavement des pieds par Youngsung Kim, peintre sud-coréen.

 

 

 

19 janvier 2021
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avec le père Lagrange-J2
« Demeurez en moi comme je demeure en vous » (Jn 15, 4).

Jésus ne parle plus de venir vers ses disciples pour demeurer en eux (14, 23). Cette union est ici supposée acquise : il faut seulement la conserver. Bossuet : « Notre union avec Jésus-Christ présuppose, premièrement, une même nature entre lui et nous, comme les branches de la vigne sont de la même nature que la tige… (Ces paroles) présupposent, secondement, une intime union entre lui et nous, jusqu’à faire un même corps avec lui, comme le sarment et les branches de la vigne font un même corps avec la tige. Elles présupposent, en troisième lieu, une influence intérieure de Jésus Christ sur nous, telle qu’est celle de la tige sur les branches, qui en tirent tout le suc dont elles sont nourries » (Méditations…). On sait que la même doctrine a été présentée par Paul plusieurs fois sous les images d’un corps dont Jésus est la tête (Col 1,18, etc.), ou d’un édifice dont il est le fondement (Ep 2, 20-22). Mais qui ne voit que la manière de Jean, moitié parabole et moitié allégorie, est celle qui nous paraît la plus naturelle sur les lèvres de Jésus ? Le ton est pénétrant et l’accent persuasif. Après l’invitation, l’explication qui en montre le bien fondé d’après les termes de la parabole-allégorie. – L’action du libre arbitre est très marquée : Jésus restera […] si les disciples restent. Et cependant ils ne peuvent faire aucun fruit, c’est-à-dire une œuvre bonne dans l’ordre du salut, sans la sève qu’ils lui empruntent. Mystère insondable, dont les termes sont posés avec la simplicité familière et imagée des synoptiques, plutôt que comme faisant partie d’un raisonnement paulinien. (L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 1936, p. 403.)

Photo : Cristo, La Vite, Victor (1674). Musée des Icônes, Venise (Italie)

 

18 janvier 2021
Semaine de prière pour l’unité des chrétiens-J1
Appelés par Dieu
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis (Jean 15,16). »

C’est Jésus qui a choisi ses disciples, mais non pas seulement comme amis, […] ceux que nous nommons par excellence les apôtres […]. Il les a choisis, non pas de toute éternité par la prédestination à la gloire, mais pour leur donner une vocation spéciale. Ils ont pu penser qu’ils l’avaient choisi pour Maître ; c’est lui qui les a choisis pour disciples. Ce sens résulte aussi de ce qui suit, Jésus les a constitués en dignité […] ou du moins investis d’une mission […]. Le sens de ce mot est clair : c’est aller, aller à ses affaires, suivre son chemin […]. Il est très bien choisi pour indiquer le rôle des apôtres, mais ne saurait se ramener à la parabole de la vigne sans une violente subtilité, comme si par exemple les branches s’étendaient, s’allongeaient. Il faut donc reconnaître que Jésus parle ici en clair, et que l’image de la vigne est tout au plus rappelée […] : encore comprend-t-on aussitôt que les fruits sont des œuvres solides et durables : puisqu’ils se produisent durant les courses des disciples, ce sont plutôt des fruits d’apostolat que des œuvres personnelles. Nous avons donc dans ce passage la clef de tout ce discours. À quelque moment qu’il ait été prononcé, c’est un programme de l’apostolat : le principe en est l’union à Jésus, mais les apôtres auront une œuvre à remplir […]. Le programme des œuvres étant tracé – et il y a de quoi effrayer l’humaine faiblesse – la prière est le moyen de le réaliser.

(Marie-Joseph Lagrange o.p., L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 1936 p.408-409.)

Photo : Appel des disciples (détail), Masaccio, 1425, Chapelle Brancacci, Florence.

 

 

17 janvier 2021
« Voici l’Agneau de Dieu. »
« Rabbi, où demeures-tu ? » « Venez et voyez ! » (Jn 1, 36-39)

Ce récit, plus détaillé que ne le sont d’ordinaire ceux du quatrième évangile, a l’aspect d’un souvenir lointain, caressé dans la mémoire, comme il arrive des événements qui ont changé le cours de notre vie. Le Christ s’y montre avec moins d’empire que dans la vocation des bords du lac, mais avec plus de séduction persuasive. Cette première entrevue explique d’ailleurs très bien comment la vocation définitive, dont Jean, ne parle pas, a été si vite menée.

[…] Les deux disciples de Jean suivent Jésus, non pas comme ses disciples mais dans l’intention de lui parler. La première démarche vient d’eux, mais provoquée par les paroles du Baptiste, qui parurent en singulière harmonie avec la douceur et la candeur que respirait toute la personne de Jésus. […] Si les deux disciples suivent Jésus dans une telle circonstance, c’est qu’ils attendent de lui un bien de l’ordre moral. Cette question est posée à tout lecteur de l’évangile. Les deux répondent par une interrogation, parce que, dans leur pensée, les choses qu’ils cherchent sont trop importantes pour être traitées sur le grand chemin. Ils disent Rabbi, quoique Jésus n’ait pas l’allure d’un docteur de profession, mais aussi était-ce souvent un simple titre de politesse (Monsieur), – Quoique Jean donne l’explication littérale : « celui qui enseigne ». […] La réponse est agréablement calquée sur la demande, mais comme la demande impliquait plus que ne disaient les termes, la réponse a dû être accompagnée d’un sourire : Vous verrez où je demeure ; soyez les bienvenus. Et en effet c’est bien ce qu’ils virent. Quand nous voudrions savoir ce qui s’est dit, Jean le tait et insiste sur des minuties ; on peut cependant en déduire que l’entretien fut long.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 1936.)

Photo : Les deux disciples de Jean suivent Jésus. Chapelle du Centre Aletti, Rome.

 

 

16 janvier 2021
Bienheureuse Vierge Marie

« Pour moi, tous mes vœux ont été exaucés, la Sainte Vierge Marie, à laquelle je me suis consacré de nouveau à ma tonsure, m’a présenté elle-même à Saint-Maximin, le jour de sa Nativité et le jour du Très Saint Rosaire. Puisse-t-elle être toujours ma Mère, ma Maîtresse, ma Reine, ma Dame, ma Patronne, ma Protectrice, mon Avocate auprès de Jésus : puisse-t-elle me donner un peu de l’amour dont son cœur était enflammé pour Jésus. »

(Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 42.)

Photo : Vierge Marie et l’Enfant Jésus par Lorenzo Tiepolo (1776 env). Linares Gallery, Madrid, Spain.

 

 

 

15 janvier 2021
« Je te le dis, lève-toi, prends ton grabat et retire-toi dans ta maison. » (Mc 2, 11)

Si donc Jésus opère un miracle quand il le veut, et tel que tous les assistants puissent en juger, ils devront l’en croire sur sa parole. À ce moment il se dit « Fils de l’homme » ; et il ne fait pas le miracle pour apparaître en Messie, le Roi attendu par Israël, mais pour prouver qu’il a le droit de remettre les péchés. C’était, dès sa première déclaration, insister moins sur les honneurs dus à sa personne que sur son pouvoir spirituel, sur le but qu’il poursuivait, sur le salut qu’il venait donner à l’âme, lui qui était un fils de l’homme comme tous les autres, mais cependant le Fils de l’homme par excellence. Ce que signifiait ce titre, personne alors n’eût pu l’analyser avec exactitude ; il était accommodé à la carrière humaine du Sauveur dans l’humilité et la souffrance, et devait être remplacé ensuite par le nom de Christ et de Seigneur, lorsqu’il eut compris que cet Homme était uni à la nature divine de telle sorte que le Fils de l’homme était aussi le Fils de Dieu.

En harmonie avec la gravité des circonstances, l’ordre de Jésus est formel, précis, impérieux. On peut croire que ceux rendirent gloire à Dieu furent plutôt la masse de l’assemblée que les scribes dont les pensées avaient été pénétrées et confondues.

(Marie-Joseph Lagrange. L’Évangile selon saint Marc, Lecoffre, 1935, p.16-17.)

Photo : Guérison du paralytique de Capharnaüm. Missel franciscain (15e) Attribution à Jean Colombe.

 

13 janvier 2021
Information pour tous nos amis qui nous demandent souvent des reliques du Serviteur de Dieu Marie-Joseph Lagrange o.p.

Ce qui ne nous empêche pas de prier pour sa glorification et de confier à son intercession les grâces dont avons besoin.

Information de la Congrégation des causes des saints, extrait de l’Instruction « Les reliques dans l’Église : authenticité et conservation. Rome 2017.

Information pour la conservation des reliques dans l’Église

Les reliques ont toujours fait l’objet dans l’Église d’une particulière vénération et attention, parce que le corps des Bienheureux et des Saints, destiné à la résurrection, a été sur la terre le temple vivant de l’Esprit Saint et l’instrument de leur sainteté, qui a été reconnue par le Siège Apostolique à travers la béatification et la canonisation. Les reliques des Bienheureux et des Saints ne peuvent être exposées à la vénération des fidèles sans un certificat spécial de l’autorité ecclésiastique, qui en garantit l’authenticité.

Traditionnellement, sont considérées comme reliques insignes le corps des Bienheureux et des Saints, ou les parties importantes de celui-ci, ou encore la totalité des cendres provenant de sa crémation. Les Évêques diocésains, les Éparques, ceux qui leurs sont assimilés par le droit, et la Congrégation des Causes des Saints réservent à ces reliques une attention et une vigilance particulières pour en assurer la conservation et la vénération et pour éviter tout abus. Elles sont par conséquent conservées dans des reliquaires spécifiques scellés et placés en des lieux qui en garantissent la sécurité, en respectent le caractère sacré et en favorisent le culte.

Sont considérées comme reliques non insignes les petits fragments du corps des Bienheureux et des Saints ainsi que les objets qui ont été en contact direct avec leur personne. Elles doivent être si possible conservées dans des reliquaires scellés. Elles sont de toute façon conservées et honorées dans un esprit religieux, en évitant toute forme de superstition et de commerce.

La même discipline s’applique aussi à la dépouille mortelle (exuviae) des Serviteurs de Dieu et des Vénérables, dont les causes de béatification et de canonisation sont en cours. Tant qu’ils ne sont pas élevés à la gloire des autels à travers la béatification ou la canonisation, leur dépouille mortelle ne peut jouir d’aucun culte public, ni des privilèges qui sont réservés seulement au corps de qui a été béatifié ou canonisé. Les reliques dans l’Église

 

Relics in the Church have always received particular veneration and attention because the body of the Blesseds and of the Saints, destined for the resurrection, has been on earth the living temple of the Holy Spirit and the instrument of their holiness, recognized by the Apostolic See through beatification and canonization. The relics of the Blesseds and of the Saints may not be displayed for the veneration of the faithful without a proper certificate of the ecclesiastical authority who guarantees their authenticity.

The body of the Blesseds and of the Saints or notable parts of the bodies themselves or the sum total of the ashes obtained by their cremation are traditionally considered significant relics. Diocesan Bishops, Eparchs, those equivalent to them in law and the Congregation for the Causes of the Saints reserve for these relics a special care and vigilance in order to assure their preservation and veneration and to avoid abuses. They are, therefore, preserved in properly sealed urns and are kept in places that guarantee their safety, respect their sacredness and encourage their cult.

Little fragments of the body of the Blesseds and of the Saints as well as objects that have come in direct contact with their person are considered non-significant relics. If possible, they must be preserved in sealed cases. They are, however, preserved and honored with a religious spirit, avoiding every type of superstition and illicit trade.

A similar discipline is applied also to the mortal remains (exuviae) of the Servants of God and the Venerables, whose Causes of beatification and canonization are in progress. Until they are elevated to the honors of the altars through beatification or canonization, their mortal remains may not enjoy any public cult nor those privileges which are reserved only to the body of someone who has been beatified or canonized. Relics in the Church

 

 

13 janvier 2021
L’humble de cœur désire être aux yeux des hommes ce qu’il est aux yeux de Dieu. Il faut épouser l’humilité comme saint François a épousé la pauvreté, par un vrai mariage mystique. Ne pas se pousser au premier plan, affirmer son moi, occuper les autres de son estime, de son affection.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. Lagrange, Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 16.)

Photo : Le mariage de saint François avec Dame Pauvreté. Panneau de la face arrière du retable de Borgo san Sepolcro. 1437-1444, par Sassetta. Chantilly. Musée Condé.

Ce groupe, l’une des huit petites scènes qui accompagnent le panneau central de l’extase de saint François, montre le saint en train de passer l’anneau au doigt de « Dame pauvreté », qui s’harmonisent avec les courbes du cadre. Entre François et les Vertus part une blanche route sinueuse à travers la vallée vers un magnifique fond naturel de montagnes.

 

 

12 janvier 2021
Guérison d’un possédé (Marc 1, 21-28)
« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu »

Un « saint de Dieu », c’est une personne qui lui est spécialement consacrée, qui lui est unie par la raison et par le cœur, qui lui appartient à la façon d’un objet employé uniquement à son service. « Le » saint de Dieu est celui qui est tout cela d’une manière spéciale et même unique (Lc 4,34 ; Jn 6,69). Cette sainteté était comme l’antithèse de l’impureté de ceux qui sont éloignés de Dieu. Jésus dédaigne de dire au démon son fait, mais il lui impose silence et le chasse. L’esprit ne sort pas sans causer à sa victime un ébranlement sensible, avec le cri qui accompagne une telle commotion.

Marc donne à la stupeur des assistants un double motif. Ce n’est pas seulement le miracle de ce commandement qui ne souffre pas de réplique, c’est l’autorité dans l’enseignement, déjà signalée. Le premier miracle de Jésus dans son évangile est donc présenté nettement comme une confirmation de son autorité doctrinale. C’est dans ces termes que la renommée du nouveau et véritable Maître se répand tout d’abord. Il s’exposait ainsi à l’inimitié des scribes, inflexibles défenseurs de leurs méthodes, mais il se posait à jamais comme le révélateur des secrets que son Père n’avait point encore communiqués. Avec quelle force Paul a prêché cela aux Éphésiens !

(Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile selon saint Marc, Lecoffre, 1935, p. 9-10.)

Photo : Guérison d’un possédé (détail). Livre d’Heures du Duc de Berry (enluminure du 15e).

 

10 janvier 2021
C’était le 10 mars 1938, le père Lagrange entrait dans la Paix du Seigneur, laissant une œuvre immense au service de l’Église.
En ce jour-anniversaire, la messe est célébrée par Fr. Manuel Rivero o.p. auquel nous pouvons nous joindre avec la prière pour la glorification du Serviteur de Dieu :

« Père Saint, tu as mis en serviteur le frère Marie-Joseph Lagrange, le désir de la vérité et un goût passionné pour la Parole de Dieu. À la lumière de la Loi de Moïse, des Prophètes et des Psaumes, il a scruté le mystère de Jésus-Christ et son cœur est devenu brûlant. Avec la Vierge Marie, il a médité l’Évangile dans la prière du rosaire. Il a voué son existence à l’étude scientifique de la Bible dans l’harmonie évangélique de la foi et de la raison afin de sauver les âmes perturbées par la critique scientifique. Ceux qui l’ont connu ont témoigné de sa foi rayonnante et de son exemplaire obéissance dans les épreuves. Nous te prions, Père, de hâter le jour où l’Église reconnaîtra publiquement la sainteté de sa vie, afin que son exemple bienfaisant entraîne nos frères à croire en la Parole de Dieu. Que l’intercession du frère Marie-Joseph Lagrange nous obtienne les grâces dont nous avons besoin, et en particulier : pour notre amie Soucila, bienfaitrice de notre association, qui lutte contre la maladie. Pour les amis qui nous ont quittés. Pour tous ceux qui nous sont chers et auxquels nous pensons particulièrement. Nous te le demandons, Père, au nom de ton Fils Jésus Christ, dans la communion du Saint-Esprit, un seul Dieu vivant pour les siècles des siècles. Amen. »

 

10 janvier 2021
Le Baptême du Christ
« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je me suis complu (Mc 1,11). »

[…] Signal de sa mission, il est désigné à d’autres comme investi des droits qu’il tient de son Père. […] Le baptême de Jean invitait les Juifs à la pénitence. Celui de Jésus sera proposé à toutes les nations comme l’initiation par la foi à la vie divine de sa résurrection, et il sera donné au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Mt 28,19), du Père qui l’a nommé au baptême son Fils bien-aimé, du Saint-Esprit qui s’est empressé vers lui avec amour. […] Il n’est pas nécessaire d’être croyant pour comprendre que le baptême de Jésus fut une très grande chose. L’Église célèbre le baptême du Christ le jour octaval de l’Épiphanie. C’était bien, après l’épiphanie de sa Nativité, sa seconde épiphanie d’entrée en scène, et cela d’après le style des rois qui se arguaient d’origine divine : nous le comprenons aujourd’hui mieux que jamais.

Le croyant y a toujours vu un admirable dessein de Dieu : il ne s’étonne pas que la voix du Père qui retentit dans l’éternité ait été entendue sur les bords du Jourdain par le Fils incarné, et que le Saint-Esprit, nœud du Père et du Fils, ait paru comme un lien entre le ciel et la terre.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, Artège, 2017.)

Photo : Le baptême du Christ. Fresque de Fra Angelico 1441-1443, Couvent de Saint-Marc, Florence, Italie.

Nota. Pour la France uniquement : Derniers livres disponibles au siège social à Nice. 32 euros. Frais de port inclus.

Écrire en joignant un chèque de 32 euros. Frais de port inclus : Association des Amis du Père Lagrange -Couvent des Dominicains-9 rue Saint-François-de-Paule-06357-Nice Cedex

 

8 janvier 2021
« Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre pur. » Et étendant la main Jésus le toucha, disant : « Je le veux, sois purifié ! » Et aussitôt la lèpre le quitta. (Luc 5, 12-13)

La vraie lèpre est incurable, et l’on eût pu espérer d’en être purifié, ce n’eût été que par une intervention extraordinaire de Dieu (2 Rois 5,7). La crainte de la contagion, la répugnance inspirée par la maladie, l’impureté légale qui infectait le malade, avait déterminé le législateur à le reléguer loin des autres, avec un attirail lugubre qui le faisait reconnaître, l’obligeant même à crier : « Impur, impur ! » pour se dénoncer aux passants (Lévitique 13,45).

On voit quelle était l’audace du lépreux qui entre dans un lieu habité, même dans une maison, et s’approche de Jésus. Il avait violé la Loi ; mais il était à plaindre, et sa foi était entière. Le premier mouvement du Maître est la compassion. Le lépreux a fait appel à sa volonté : Oui, il veut. On lui demande une purification : il l’accorde. Et il ajoute un geste qu’aucun lépreux n’aurait osé implorer, qui est devenu l’instinct des âmes héroïques, il touche cet homme impur. C’était son droit à Lui ; d’autant qu’à son contact la lèpre disparaît.

Photo : La guérison d’un lépreux. Dessin d’Alexandre Bida (19e)

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse, Artège, 2017, p. 147.)

Nota. Pour la France seulement : Derniers livres disponibles au siège social à Nice. 32 euros. Frais de port inclus.

Adresse : Association des Amis du Père Lagrange -Couvent des Dominicains-9 rue Saint-François-de-Paule-06357-Nice Cedex 4. Téléphone secrétariat : 06.80.84.03.43.

 

 

7 janvier 2020

Le frère Jean-Marie Mérigoux O.P. (1938-2020) et son attachement au père Marie-Joseph Lagrange
Fr. Manuel Rivero O.P.
Le frère Jean-Marie Mérigoux est parti vers le Seigneur le 7 novembre 2020 en la fête de tous les saints de l’Ordre des Prêcheurs.
C’est au cours de la célébration de l’eucharistie et dans la prière du rosaire que je le confie à Jésus-Christ, miséricordieux.
Le frère Jean-Marie aimait la figure spirituelle du père Marie-Joseph Lagrange ainsi que ses écrits. Il préparait habituellement ses prédications à l’aide des commentaires évangéliques du père Lagrange qui lui apportaient des précisions lumineuses sur le texte sacré.
Lors de la préparation de la nouvelle édition de l’Évangile de Jésus-Christ du fondateur de l’École biblique de Jérusalem, œuvre de belle vulgarisation des travaux exégétiques, le frère Jean-Marie avait insisté pour que je publie aussi la synopse des quatre évangiles en français du R.P.C Lavergne d’après la synopse grecque du R.P. M.-J. Lagrange[1]. Cette synopse fut publiée à Barcelone en 1926. Elle place saint Luc en premier, car cet évangéliste est considéré comme étant le plus rigoureux dans la présentation chronologique des faits. Saint Jean figure en quatrième et dernière position non seulement à cause de la date estimée pour sa rédaction mais aussi en fonction de la plénitude de la Révélation qu’il apporte. Dans sa préface datée de la fête de la Pentecôte de 1925, à Jérusalem, le père Lagrange confiait les fruits spirituels de cette synopse grecque à l’intercession de la Vierge Marie, « Reine du Très-Saint Rosaire ».
Pour ce faire, le père Ceslas Lavergne avait découpé la traduction des évangiles que le père Lagrange avait effectuée et présentée dans ses commentaires aux quatre évangiles. Par conséquent, la traduction du grec évangélique en français est bien l’œuvre du père Lagrange.
Le frère Jean-Marie Mérigoux avait la délicatesse de m’offrir son exemplaire personnel de la Synopse des quatre évangiles en français du père C. Lavergne[2] de manière à faciliter la présentation de la nouvelle édition de L’Évangile de Jésus-Christ avec la synopse évangélique[3].
Le père Ceslas Lavergne évoque dans son introduction à la Synopse le désir du père Lagrange d’y voir une dimension spirituelle qui clôturait habituellement ses recherches scientifiques au service de la Bible : « Enfin, mon cher maître m’ayant encouragé à appuyer discrètement sur la note de piété, j’ai eu recours à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Dans un temps où l’Évangile n’occupe pas la place qui lui est due dans les lectures et les méditations des chrétiens, n’est-il pas admirable que cette chère petite sainte, qui paraît si uniquement envahie du pur amour de Dieu, se soit si visiblement complue à cette divine lecture. C’est elle-même qui nous l’a dit : « Puisque Jésus est remonté au ciel, je ne puis le suivre qu’aux traces qu’il a laissées. Ah ! que ces traces sont lumineuses ! qu’elles sont divinement embaumées ! Je n’ai qu’à jeter les yeux sur le saint Évangile : aussitôt je respire le parfum de la vie de Jésus et je sais de quel côté courir (Histoire d’une âme, chapitre XI) ». Et elle ajoutait : « C’est par-dessus tout l’Évangile qui m’entretient pendant mes oraisons ; là, je puise tout ce qui est nécessaire à ma pauvre âme. J’y découvre toujours de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux  » (Histoire d’une âme, chapitre VIII) ».
Merci cher frère Jean-Marie pour tout ce que tu nous apporté par ton exemple et par ta charité fraternelle.
Que la Vierge du Rosaire et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face intercèdent pour toi à l’heure de ton passage vers le Père !
Saint-Denis (La Réunion), le 7 janvier 2021.
________________________________________
[1] Maria-Iosephus Lagrange, O.P. sociatis curis R.P. Ceslai Lavergne eiusdem ordinis, Synopsis evangelica, textum graecum quattuor evangeliorum recensuit et iuxta ordinem chronologicum Lucae praersertim et Ioannis concinnavit. Barcinone, Apud « Editorial Alpha », 1926.
[2] Synopse des quatre évangiles en français d’après la synopse grecque du R.P. M.-J. Lagrange par le R.P.C. Lavergne O.P. ; Paris, Librairie Lecoffre. J.Gabalda et Cie, éditeurs. 1942.
[3] M.-J. Lagrange, L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique du père Ceslas Lavergne. Préface de Jean-Michel Poffet O.P. ; présentation du Manuel Rivero O.P. Paris. Groupe Élidia, éditions Artège-Lethielleux. 2017.

 

 

6 janvier 2021
Qui étaient ces mages [venus rendre hommage au nouveau-né] ? Les anciens, en Occident surtout, ont vu en eux des prêtres de la religion des Perses. C’est le sens officiel du mot. Mais on l’employait aussi pour désigner des astronomes, un peu astrologues, car en Orient, mise à part la grande école d’astronomie d’Alexandrie, on ne se préoccupait guère des étoiles, et des planètes surtout pour pénétrer la destinée des enfants nés sous tel ou telle influence. […] Nous devons simplement nous représenter quelques hommes graves, appliqués à l’étude du ciel, désireux d’y lire l’avenir, et spécialement préoccupés de l’avènement d’un grand roi, attendu par les Juifs de ce temps.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile de Jésus Christ, Artège, 2017, p. 69-71.)

Photo : Epiphany from Conception Abbey, Missouri, USA.

 

 

5 janvier 2021
Première multiplication des pains (Marc 34-44)
Ou la bonté compatissante du Sauveur.

La prédication des Douze avait donc augmenté en Galilée l’effet produit par l’action de Jésus. Marc s’est surpassé lui-même en décrivant ce flot mis en branle avec l’alternance du flux et du reflux. Enfin l’empressement de la foule l’emporte. Comme précédemment (3, 20), les disciples ne trouvaient plus le temps de manger. Et cependant Jésus désirait leur donner du repos. C’est le texte qu’on cite volontiers aux ouvriers apostoliques quand ils éprouvent le besoin de reprendre des forces spirituelles dans la retraite. L’idée est très juste. Mais il faut admirer ici avec quelle condescendance le Sauveur, loin de disposer des faits selon son plan, se complaît à régler sa conduite selon les circonstances, c’est-à-dire selon le bien que lui propose son Père. « Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive. Congédie-les, afin qu’ils aillent dans les hameaux et les bourgs des environs, et s’achètent de quoi manger. » Or il répondit et leur dit : »Donnez-leur vous-même à manger. » Les disciples s’étant informés dirent à Jésus : « Cinq pains et deux poissons. »» […]  Les groupes étaient plus ou moins nombreux selon la répartition par familles ou par clans, les chiffres de cent et de cinquante étant approximatifs. Jésus élève les yeux dans l’attitude de la prière, et l’Église, dans le Canon de la Messe, a ajouté ce geste au récit de la Cène. La bénédiction consacre la nourriture à Dieu, afin qu’il l’ait pour agréable. En comptant lui-même les pains et en partageant les poissons, le Seigneur se réserve l’action miraculeuse qui multiplie les morceaux ; ce fut bien un miracle, et des plus extraordinaires, puisqu’il y avait là cinq mille hommes.

S’il était permis de préférer parmi les choses divines, on dirait que cet immense prodige nous est spécialement précieux, et comme attestation de la bonté compatissante du Sauveur.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Marc. « Études bibliques » Lecoffre, 1935, p. 61-62)

Photo : Ambrosius Francken I (circa 1544/1545-1618), “Multiplication of the Loaves and Fish”

 

3 janvier 2021
« Toutes les nations se prosterneront devant toi » (Psaume 71/72)
Épiphanie du Seigneur

Entrés dans l’humble étable qui servait de maison, les mages virent l’Enfant, avec Marie sa mère, se prosternèrent devant lui, et ouvrant leurs sacoches de voyage offrirent les présents dont ils s’étaient munis pour le petit roi : de l’or, de l’encens et de la résine parfumée qu’on nommait la myrrhe. Plus tard on y a vu des symboles : l’encens est réservé à Dieu, l’or va au roi, la myrrhe fut employée dans la sépulture du Christ. Les bons mages avaient apporté ce que les étrangers venaient de préférence chercher dans leur pays. L’instinct de leur cœur les mit à la hauteur d’un symbolisme expressif et touchant.

(Marie-Joseph Lagrange. L’Évangile de Jésus Christ, Artège, 2017, p. 71.)

Photo : L’Adoration des mages. Enluminure du missel de Jacques de Beaune (16e)

 

1er janvier 2021
Sainte Marie, Mère de Dieu

 

La Vierge Marie, la Mère du Verbe fait chair, représente le passage obligé pour entrer dans le mystère de l’Incarnation. Il est impossible de comprendre l’humanité de Jésus sans penser au rôle de sa Mère qui l’a accueilli dans son cœur et dans son corps et qui l’a donné au monde pour son salut. C’est sur ses genoux que le Fils de Dieu fait homme a appris à parler et à prier. Les paroles de Marie sont devenues les paroles de Jésus. La Parole de Jésus a fait renaître sa Mère. La Parole de Dieu révélée par Jésus, et en lui, a engendré les paroles de foi et de service de sa Mère.

(Manuel, Rivero o.p. Le père Lagrange et la Vierge Marie. Méditations des mystères du Rosaire, Cerf, 2012.)

 

Cette année, le pape François invite à prendre le père adoptif du Christ, en exemple, et a pour cela décrété la célébration d’une « Année saint Joseph », jusqu’au 8 décembre 2021. « Après Marie, mère de Dieu, aucun saint n’a occupé autant de place dans le magistère pontifical que Joseph, son époux. »

150e anniversaire de la proclamation de Saint Joseph comme Patron de l’Église catholique.

Photo : Sculpture Marie et l’Enfant par Maïté Roche.
Photo : saint Joseph and Jesus, detail Fresco in the St Joseph Chapel, St Benedict’s Abbey, Atchison.

 

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