Préambule à la biographie du père Lagrange par le père Vincent

Bonne Semaine Sainte avec ma prière à l’Esprit du Christ

 Parution du livre le 12 avril 2013

Préambule à la biographie du père Lagrange par le père Vincent

Le père Louis-Hugues Vincent, disciple et ami du père Lagrange

 

Jésus appelle ses disciples « mes amis[1] » car il leur dévoile les secrets de son Père tenus cachés depuis la fondation du monde. C’est dans cette amitié divine et humaine que Jésus a partagé sa vie publique pendant trois ans avec ceux qu’il avait appelés à le suivre. Le propre des amis est de ne faire qu’un seul cœur. C’est pourquoi saint Thomas d’Aquin, le Docteur Angélique si présent dans la pensée du père Lagrange, parle de l’union des cœurs des amis au point que leurs secrets partagés ne sortent pas de la personne mais restent dans le cœur commun[2].

L’Église met en lumière l’amitié des chrétiens comme un don du Christ, l’ami commun. « Les amis de nos amis sont nos amis », dit le proverbe. La liturgie du 2 janvier célèbre ensemble deux saints, saint Basile le Grand (330-379) et saint Grégoire de Naziance (330-389), non pas qu’ils aient vécu le martyre le même jour comme cela arrive habituellement dans les fêtes du Missel, mais parce qu’ils étaient amis. Ils avaient partagé leur vie d’étudiant et de moine avant de devenir évêques et grands théologiens.

Cette expérience heureuse de l’amitié a caractérisé aussi le quotidien des frères dominicains Marie-Joseph Lagrange et Louis-Hugues Vincent à l’École biblique de Jérusalem pendant presque cinquante ans. Le frère Marie-Joseph, exégète et directeur de l’École biblique, s’est attaché à son élève et ami, le frère Louis-Hugues. Voici comment le père Lagrange décrit cette amitié à l’occasion de la dédicace de son ouvrage Introduction à l’étude du Nouveau Testament :

 « Je prie le père L.-H. Vincent d’agréer ce livre, non comme un hommage, mais comme une marque d’affection reconnaissante. Ce fut une grande joie pour moi de lui enseigner le peu que je savais, une joie plus grande de le voir devenir un maître, notre maître à tous dans l’archéologie de la Palestine, dont le R.P. Abel est le géographe. Notre amitié naquit aussitôt que nous nous vîmes, à Jérusalem, il y a plus de quarante-cinq ans, et il fut le lien d’une collaboration qui se poursuivit dans des voyages d’études, des visites de musées, un échange constant de vues sur les objets de nos travaux. L’accord, jamais exigé, n’en était que plus facile, et toutes les nuances personnelles, soigneusement respectées, se fondaient dans la même foi, la même espérance, le même amour de Notre Seigneur Jésus Christ. Nous avons toujours cru reconnaître à sa douceur, la protection de la Vierge fidèle : c’est grâce à elle, sans doute, que notre affection, toujours plus forte et plus solide, doit d’avoir conservé le charme des premiers jours, quand deux âmes s’aperçoivent qu’elles sont faites l’une pour l’autre. Que pouvait l’éloignement, sinon rendre plus sensible notre attachement à l’œuvre commune ? De ces bienfaits, je rends grâce à Dieu.[3] »

Puisse l’édition de cette biographie née dans l’amitié chrétienne faire aimer le Christ, ami des hommes, et contribuer à la connaissance du père Lagrange et à sa cause de béatification.

Marseille, le 10 octobre 2012

Fr. Manuel Rivero O.P.

Vice-postulateur de la cause de béatification du père Lagrange[4].

 

Notes    (↵ returns to text)

  1. Évangile selon saint Jean 15,15.
  2. Saint Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils, IV, ch. 21.
  3. Marie-Joseph Lagrange, Introduction à l’étude du Nouveau Testament. Quatrième partie. Critique historique. I Les mystères : l’orphisme. Librairie Lecoffre, J. Gabalda et Cie, éditeurs. Paris. 1937. Dédicace.
  4. Association des amis du père Lagrange. Couvent des Dominicains. 9 rue Saint-£François-de-Paule. 06357 Nice Cedex 4. http://mj-lagrange.org. Courriel : pere.lagrange@dominicain.net