Témoignage du cardinal Roger Etchegaray

Lettre du cardinal Roger Etchegaray à fr. Manuel Rivero
Rome, le 7 octobre 2008, Notre-Dame du Rosaire

« J’ai grand plaisir à recevoir Prier 15 jours avec le P. Lagrange. C’est à travers les écrits du P. Montagnes que j’ai découvert et aimé tout à la fois ce religieux, spirituel et exégète. Me trouvant à Jérusalem, il y a trois mois, je me suis recueilli profondément sur sa dalle, suppliant la Vierge Marie de nous le montrer un jour bienheureux. »

Témoignage du P. Maurice Gilbert, s.j. qui a collaboré au projet de béatification du père Lagrange, o. p.

Père Maurice Gilbert, s. j., ancien recteur du Biblicum de Rome, a collaboré au projet de béatification du père Lagrange,
 à Fr. Manuel Rivero, o.p.

« Je suis heureux que mes travaux sur le P. Lagrange vous aient rendu quelques services. Cette époque, d’il y a près de vingt ans, fut pour moi des plus intéressantes. Non seulement par la confiance de votre Ordre, mais pour les confirmations que j’ai reçues comme exégète d’un des maîtres les plus grands du siècle dernier. Comme vice-postulateur, vous aurez du travail et beaucoup, comme moi, comptent sur vous pour faire progresser le procès. Il serait temps que, dans l’Église, on reconnaisse l’importance pour la foi et la charité, de la recherche scientifique en exégèse. »

Témoignage du P. Maurice Gilbert, s. j. en remerciement d’un exemplaire du Journal spirituel du P. Lagrange

Témoignage du P. Maurice Gilbert, s. j. à fr. Manuel Rivero, o.p. en remerciement d’un exemplaire du Journal spirituel du P. Lagrange, courriel du 3 février 2015.

Vous avez eu l’obligeance de me faire envoyer votre dernier ouvrage où vous éditez le Journal spirituel du Père Lagrange. Je vous en remercie très cordialement et vous félicite pour cette belle édition d’un document important qui éclaire de l’intérieur la figure du Père. Je connaissais ce Journal. Votre édition très aérée en facilite la lecture et même la méditation. Pour un exégète, ce document est vraiment important. Les années que j’ai passées à lire les œuvres du maître m’ont confirmé dans ma vocation d’exégète : « je dois au Père Lagrange cette confirmation et aussi cette syntonie, si l’on peut dire ».

Félicitations aussi pour les notes abondantes et précises qui permettent de mieux comprendre les enjeux et les péripéties vécues par ce saint homme de Dieu.

Témoignage de Mgr Gilbert Aubry, évêque de La Réunion

Mgr Gilbert Aubry, évêque de La Réunion, à Fr. Manuel Rivero o.p., 2008.

« Merci de l’envoi de Prier 15 jours avec le Père Lagrange. Je ne doute pas qu’il va m’apporter des lumières sur cette personnalité hors du commun et qui a tellement contribué à permettre une lecture renouvelée de la Bible où spiritualité et science exégétique sont en dialogue au service de la Mission de l’Église dans la Tradition des apôtres. Merci d’avoir écrit ce petit livre qui fera un grand bien. »

Témoignage de Maurice Zundel sur l’oeuvre du père Lagrange

Si vous pensez au néant de l’exégèse catholique entre 1890 et 1900, à l’époque où le Père Lagrange fondait l’École biblique de Jérusalem, si vous considérez les conséquences de cet immense travail, si vous lisez la Revue biblique, si vous constatez qu’aujourd’hui, après soixante ou soixante-dix ans de travail, l’exégèse catholique est au premier plan de l’érudition, si vous voyez les résultats des travaux de l’Institut biblique de Rome, qui a suivi l’ École biblique de Jérusalem, et les autres Instituts qui se sont inspirés de la fondation du Père Lagrange, le pionnier en la matière, vous devez comprendre l’utilité d’un ordre savant, livré à des travaux de longue haleine qui ne peuvent être poursuivis avec continuité que par une équipe étroitement soudée et qui demeure, que la mort ne peut dévaster parce que, d’une génération monastique à l’autre, le flambeau est transmis.

(Zundel Maurice, Émerveillement et pauvreté, Éd. St-Augustin, 2009.)

Écho de notre page Facebook : avril 2021

29 avril 2021

 

Pauvreté, silence, exercice intérieur de l’esprit
C’est exactement la doctrine de sainte Catherine de Sienne.
(Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 87.)

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine à seize ans, grande mystique, première femme, docteur de l’Église. Patronne de l’Europe. Sa vie sera consacrée à la charité et à l’amour de l’Église.

Illustration : Autel Sainte Catherine de Sienne. Basilique Saint-Étienne. Jérusalem.

 

 

28 avril 2021
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) Apôtre du Rosaire

La pensée hardie du Bienheureux Grignion de Montfort : « Marie est le moule où les âmes deviennent semblables à Jésus. Entrez dans ce moule ! » (Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel, Cerf, 2014.) https://www.mj-lagrange.org/?p=412

 

 

26 avril 2021
Jean 10,7 : Jésus dit : Je suis la porte des brebis.

Avant lui, personne n’avait passé par cette porte ; ceux qui sont venus étaient des larrons, aussi les brebis ne les avaient pas écoutés. D’autres viendront en passant par lui, la vraie porte, qui conduiront les brebis aux pâturages. On ne pouvait méconnaître dans ces derniers les disciples de Jésus, ceux qui croiraient en lui et enseigneraient sa doctrine. Mais qui étaient les voleurs ?

Évidemment Jésus n’entend point qualifier ainsi ni Moïse, ni les prophètes, ni même les bons rois du passé. Israël avait eu de tout temps de bons pasteurs et aussi des bergers détestables, de véritables voleurs de brebis (Zacharie 11,15). La parabole ne vise pas ces temps éloignés.

Même parmi les contemporains de Jésus, les pharisiens, qui se croyaient pasteurs, s’ils ne l’étaient pas en réalité, avaient su se faire agréer des brebis.

Le Christ parle ici comme Messie, et ceux dont il blâme l’attitude sont donc ceux qui sans mandat se sont donnés comme Messies, par exemple Judas le Galiléen, Simon esclave d’Hérode, Athrongès, d’autres encore (voir Le Messianisme chez les Juifs, Lecoffre-Gabalda, 1909, p. 18 ss.). Ils avaient vainement essayé de soulever le peuple pour satisfaire leur ambition, ou, entraînés par leur fanatisme religieux, ils n’avaient abouti qu’à faire massacrer leurs partisans. Telle n’était point la mission de Jésus, venu pour que les hommes aient la vie, et une vie abondante.

(Marie-Joseph Lagrange o.p., L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse, nvle édition, Artège, 2017, p. 340).

Illustration : Icône Je suis la porte des brebis.

 

22 avril 2021
« Je suis le pain de vie ; vos pères ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts ; c’est ici le pain descendu du ciel : celui qui en mange ne meurt point. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra à jamais, et le pain que je donnerai est ma chair livrée pour la vie du monde » (Jean 6, 48-50).

Transition par la nécessité de manger le pain de vie pour obtenir la vie éternelle.
Reprise de la proposition du verset 35 (Jésus leur dit : « Je suis le pain de la vie : celui qui vient à moi n’aura pas faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »). Le Christ pain de vie, nourriture de l’âme par la foi, sera encore sa nourriture par sa chair et son sang.

Les pères sont morts, mais ceux qui consomment le pain de vie seront-ils affranchis de la mort naturelle ? Et s’il s’agit de la mort spirituelle, Moïse et d’autres ne l’ont pas encourue. Cette difficulté, exposée fortement par Augustin, l’a conduit à opposer moins le pain céleste à la manne, que les bonnes dispositions aux mauvaises. Mais il suffit pour rester dans le sens littéral d’entendre la mort naturelle dans le premier cas, la mort ou plutôt la vie spirituelle dans le second.

La manne était une nourriture ordinaire qui ne changeait rien aux conditions de la vie naturelle. Le pain du ciel donne la vie, une vie que la mort naturelle ne pourra détruire, et qui sera le principe de la résurrection.

(extraits de Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 1936.)

Illustration : Saint Thomas d’Aquin. Le docteur angélique – Panis Angelicum

 

20 avril 2021
« Seigneur Jésus, recevez mon esprit » (Actes des Apôtres 7, 59).

Et ils lapidèrent Étienne qui invoquait Jésus en disant : « Seigneur Jésus, recevez mon esprit », comme Jésus avait dit : « Père, je remets mon esprit entre vos mains » (Luc 23, 46). Il confessait une fois encore la divinité de Jésus auquel il rendait son âme comme au Créateur qui la lui avait donnée, puis il pensa, comme Jésus, à ses bourreaux. Jésus avait dit : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Étienne plie les genoux et crie d’une voix forte : « Seigneur ne leur imputez pas ce péché ! » et disant ces mots, « il s’endormit ». Il s’endormit ! cette expression si douce convient bien à cette âme si forte.

[…] Saint Étienne n’a pas voulu s’associer à la haine. Il voulait bien se donner par la charité, assister les veuves, prendre des soins des faibles, prêcher aux ignorants, guérir les malades ; il faisait tout cela pour les fils de sa nation, pour les veuves d’Israël. […] Il savait que le règne de l’Esprit Saint était arrivé. Il était aussi hardi par le génie que généreux par le cœur. […] Dans cette mort endurée pour la vérité, les chrétiens ont vu une victoire, et les Pères, qui savaient peu de choses sur les origines d’Étienne, ont reconnu dans son nom même de Couronne, une harmonie préétablie dans les conseils de Dieu.

Pierre est la pierre sur laquelle Jésus Christ bâtit l’Église, Étienne (qui veut dire) (couronne) reçoit le premier la couronne du martyre.

C’était un symbolisme saisissant dans ce temps et chez des peuples qui employaient si souvent la couronne. Les vainqueurs des jeux olympiques se contentaient d’une couronne pour récompense (Pindare). On n’osait pas se présenter aux dieux pour prier sans avoir sur la tête une couronne de fleurs. Les orateurs ne paraissaient pas devant le peuple sans être couronnés.

La couronne, symbole de prière, d’éloquence et de victoire, convenait bien au premier martyr.

(Marie-Joseph Lagrange des Frères prêcheurs. Saint Étienne et son sanctuaire à Jérusalem, éd. Alphonse Picard et Fils, Paris, 1894.)

 

19 avril 2021
Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » (Jean 6, 29)

La réponse du Sauveur ramène tout à l’unité. L’œuvre du Père c’est d’envoyer son Fils ; s’associer à cette œuvre, la faire en quelque sorte, c’est croire en son envoyé (cf. 1 Jean 3, 23). […] Mais on peut affirmer que si l’on n’avait pas étudié Paul avec le désir de comparer les doctrines, ce que faisaient les Pères, personne ne verrait ici une allusion à la distinction des œuvres et de la foi, d’autant que les œuvres du verset 28 (« Que devons-nous faire, pour procurer les œuvres de Dieu ? ») ne sont pas les œuvres de la Loi, et si cette distinction n’est pas exprimée, on n’a pas le droit de dire qu’elle est dépassée. En somme, aux Juifs qui le consultent sur les œuvres qu’il leur promet, Jésus demande de croire en lui. C’est la seule chose qu’il exige tellement qu’on peut la dire unique, quoique Jean ne prétende pas assurément laisser de côté d’autres œuvres, comme l’amour du prochain (Marc 9, 23 ; 11, 22 etc.) qui est en somme l’adhésion à Jésus (Matthieu 9, 28 ss.).

(Marie-Joseph Lagrange des Frères prêcheurs, L’Évangile selon saint Jean, 6e éd., Lecoffre-Gabalda, 1936.)

Illustration : Christ par Rembrandt (1648)

 

17 avril 2021
Ayant donc ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils aperçoivent Jésus marchant sur la mer et s’approchant de la barque ! …. Et ils prirent peur. Mais il leur dit : « C’est moi ; n’ayez pas peur » (Jean 6, 19-20).

Le père Lagrange commente : – Cependant tous ces prodiges étonnaient les disciples sans les éclairer entièrement. Ils avaient eux-mêmes fait des miracles au nom de Jésus, ils avaient été les instruments de la multiplication des pains, ils l’avaient vu marcher sur les eaux : il avait donc plein pouvoir sur la nature. Mais à quoi aboutiraient tout cela, puisqu’il ne voulait pas se laisser acclamer roi par la foule ? Où donc les menait-il, exigeant d’eux une obéissance dont ils ne pénétraient pas les raisons ? Saint Marc parle d’une stupeur extrême, contenue dans leurs cœurs. On touchait à une heure critique. (L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, Artège-Lethielleux, Paris, 2017.)

Illustration : Jesus walks on water – St Botolph without Aldersgate.

 

12 avril 2021
Deux éminentes et saintes figures dominicaines du XXe siècle. Deux expériences spirituelles. Tous deux avaient en commun leur amour pour la Vierge Marie et le Rosaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 26 mars 2021, à Lourdes, l’Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France a approuvé « l’ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification du R.P. Marie-Étienne Vayssière », dominicain, qui fut pendant trente-deux ans (1900-1932) le gardien de la grotte de la Sainte Baume (Var), avant d’être nommé ensuite prieur provincial de Toulouse de 1932 à 1940.

L’estime du prieur provincial Étienne Vayssière o.p. (1864-1940) pour le frère Marie-Joseph Lagrange o.p. (1855-1938)

Une lettre inédite du prieur provincial Ét. Vayssière au P. M.-J. Nicolas, le 26 mai 1937, atteste l’importance que le P. Lagrange attachait à ce document : « Le P. Lagrange m’a fait taper, à votre intention, une lettre admirable du P. Colchen, qui prouve son rôle de premier plan et presque d’initiateur dans la création de l’œuvre de Jérusalem… Les deux provinciaux, de France et de Lyon, restèrent sourds à l’appel… Vous pouvez utilement lui donner place dans votre petite biographie [de Colchen]. Le cœur du P. Colchen vibrait toujours, me disait le P. Lagrange, quand il s’agissait des intérêts principaux de l’Ordre… » ADT, fonds Colchen. (Bernard Montagnes o.p. Marie-Joseph Lagrange. Une biographie critique, Cerf, Paris, 2004, p. 62.)

Les dernières années de sa vie, le père Lagrange les a vécues à Saint-Maximin, et ses frères dominicains en formation, soulignait l’exemplarité du P. Lagrange. Exemplarité soulignée par un prieur provincial lui-même expert dans les voies spirituelles et qui a laissé une réputation de sainteté.

En 1938, le P. Gillet, maître de l’Ordre, soulignait que le fondateur de l’École biblique n’était pas seulement un exégète incomparable, un savant d’une rare culture, un esprit très fin, un travailleur acharné, mais aussi « qu’il fut en même temps et resta toute sa vie un saint religieux ».

De cet éloge, venu de la plus haute autorité de l’Ordre, le P. Vayssière tint à remercier le maître de l’Ordre (7 Mai 1938) :

« Je veux sans retard vous dire ma fidèle reconnaissance. Dieu l’avait donné à notre province ; il lui en avait conservé au cœur l’amour ; et il a voulu qu’il vienne y mourir, et trouver son suprême repos dans ce couvent de Saint-Maximin, berceau de son noviciat, pour que notre jeunesse religieuse qui s’y abrite trouve, dans son souvenir et la présence de ses restes, la grâce de ferveur dominicaine qui, sans défaillance, a animé sa vie si méritante et si glorieuse. Vous avez bien voulu, mon Rme Père, mettre en pleine lumière aux regards de l’Ordre cette prérogative accordée par Dieu à notre province. Nous en sommes grandement touchés, et permettez-moi, au nom de tous nos religieux, de vous en dire notre sincère reconnaissance. »

(Extraits de Bernard Montagnes o.p. Marie-Joseph Lagrange. Biographie critique. Cerf, Paris, 2014.)

 

10 avril 2021
Le 10 mars 1938, le P. Lagrange retournait vers le Père.

En ce jour-anniversaire, nous unissons notre prière à celle de Fr. Manuel Rivero o.p. au cours de la messe célébrée aux intentions des amis de l’association, de celles qui sont confiées à l’intercession du P. Lagrange dont la foi était rayonnante. Le P. Lagrange a voué son existence à la recherche de la vérité dans les Écritures. Que l’Église reconnaisse bientôt publiquement la sainteté de sa vie et l’héroïcité de ses vertus. Le P. Lagrange reste aujourd’hui, une référence et un exemple, quatre-vingt-trois ans après sa mort.

Le P. Lagrange écrit dans son Journal spirituel : « Dieu voulait aussi nous faire comprendre combien la prière lui est agréable ; ce qu’il a décidé, il veut que nous l’obtenions par nos prières ; c’est le grand mystère de l’intercession pour les prédestinés ». En effet, « le père Lagrange était un homme fervent, c’est-à-dire un homme dont la prière était feu ». Ce qui lui a permis d’accomplir une œuvre immense pour la compréhension des Écritures, la recherche sur le terrain et la création de l’École biblique et archéologique de Jérusalem qui continue son œuvre et la garde bien vivante.

 

7 avril 2021
Jésus et les disciples d’Emmaüs.(Luc 24, 13-35)

L’évangéliste qui seul a raconté la mission des soixante-douze disciples est aussi le seul qui ait fait une part aussi large à de simples disciples comme témoins de la résurrection. D’ailleurs ils auront hâte d’en référer aux Apôtres. Le récit est simple, et bien propre à produire la conviction ; les sentiments ne sont point décrits mais sortent avec un naturel exquis de l’âme affligée puis radieuse des disciples. Ce chemin d’Emmaüs rappellerait les bords de l’Illisos, si l’on pouvait comparer les agréables conversations, ou même les suggestions profondes de Socrate, à une si touchante manifestation du Sauveur du Monde.

« Reste avec nous, car le soir vient, et le jour est déjà à son déclin. »

Bientôt on se met à table, et on laisse l’étranger présider le repas. […] Les disciples d’Emmaüs le reconnaisse à la fraction du pain, mais ne le voient pas manger ; il mangera plus tard. Ainsi insistent-ils sur la fraction du pain. Pour donner à ce mot un sens précis, il suffit de supposer que Jésus avait sa manière à lui de rompre le pain après l’avoir béni, manière que les siens connaissaient. […] Le moment où leurs yeux furent ouverts n’est pas précisé, et il n’a pas été question de manducation. […] Le Christ a quitté les disciples en disparaissant soudain. […] L’importance de l’événement est telle que les deux disciples, renonçant au repos qu’on goûte si volontiers quand on est rentré chez soi, partent à l’heure même pour informer les Apôtres, qu’ils espèrent rencontrer encore à Jérusalem. Et de fait ils trouvent tout le groupe réuni.

(extraits de L’Évangile selon saint Luc par le P. Marie-Joseph Lagrange o.p., Lecoffre-Gabalda, Paris, 5° édition, 1941.)

Illustration : Disciples d’Emmaüs par Diego Velázquez, 1618. Museum Metropolitan, NY.

 

4 avril 2021
Christ est ressuscité ! Alléluia ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !
Sainte et Heureuse Pâques !

Jésus de Nazareth, martyr de la vérité religieuse

D’autres hommes s’étaient fait un nom glorieux dans la politique, dans les lettres, dans la guerre.

La philosophie, la poésie, les arts étaient la part d’Athènes. Alexandrie avait cultivé l’érudition et les sciences naturelles, inaugurées par Aristote. Rome faisait la conquête du monde méditerranéen et savait déjà l’administrer ; elle posait les fondements d’un droit universel grâce à la philosophie grecque. Jésus est étranger à tout cela.

Était-ce pour demeurer fidèle à l’idéal des prophètes ? Assurément les prophètes s’étaient présentés à Israël comme les envoyés de Dieu, porteurs de son message, uniquement préoccupés de ses intérêts. […] Lorsqu’on voulut le [Jésus] proclamer Messie, c’est-à-dire le roi libérateur d’Israël, il s’y refusa.

Il avait toujours pris soin dès le début d’éviter toute action révolutionnaire, et même recommandé de ne point divulguer ses miracles. Il se savait le Messie, promis par Dieu à son peuple, mais, le rôle du Messie, tel que Dieu le lui avait confié : d’instruire les hommes de leurs devoirs religieux, de les inviter à la pénitence, de leur prêcher l’amour de Dieu, l’abandon à sa Providence, la soumission à sa volonté, l’amour du prochain. C’était cela, le règne de Dieu.

Ce règne établi par sa mort, lui ressuscité et glorifié, il en serait le roi dans les siècles des siècles. (Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile de Jésus Christ, p. 652-653, Artège, 1017.)

Illustration : Anastasis – La Résurrection du Christ

 

Samedi saint 3 avril 2021
Le silence du Samedi saint

Pour les chrétiens, ce saint Samedi représente le temps de maturation du mystère pascal.
Le Christ accomplit l’union du repos du chabbat avec Dieu, par sa victoire sur la mort.

Par ce saint Samedi, les chrétiens vont connaître une étape nouvelle et définitive vers l’accomplissement. De Jésus aussi, il est vrai de dire que sa mort ne fixe aucune limite au Dieu vivant « qui ne laisse pas aux fidèles voir la fosse (Psaume 15,10) ».

Si, pour beaucoup, la mort est un voyage à l’horizon indéfini, pour les chrétiens, c’est Jésus qui rejoint notre enfer et nous relève resplendissants dans la re-création.

(extrait d’un très beau texte, « Le grand silence du Samedi saint », écrit en 2008 pour la Revue du Rosaire par Isabelle, amie de l’association des amis du père Lagrange.)

 

2 avril 2021

Vendredi saint

 

 

« Ayez pitié de nous Jésus, qui dans votre clémence avez souffert pour nous. »
(Marie-Joseph Lagrange o.p.)

Illustration : Crucifixion par Louis Brea (1512). Monastère de Cimiez. Nice.

 

 

 

1er avril 2021
Jeudi saint
Mon Dieu pardonnez-moi mes péchés, faites-moi la grâce de ne plus vous offenser !
Ô Dieu, sauvez la liberté de votre Église ! « Ne livre pas aux bêtes les âmes de ceux qui se confient en toi (Psaume 74 (73) 19). »
(Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel)

Dans l’évangile de ce jour (Jean 13, 1-15), l’intention principale de Jésus était de donner à ses disciples un exemple d’humilité qui fût une leçon éternelle dans son Église. Ce qui hausse cette basse fonction jusqu’à l’héroïsme, c’est que lui, sorti de Dieu, et allant à Dieu, savait que Judas Iscariote, fils de Simon, l’un des Douze, songeait en ce moment même à le livrer. Et il lui laverait les pieds comme aux autres.

(L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique par Marie-Joseph Lagrange, Artège, 2017.)

Illustration : Lavement des pieds (source Radio-Maria)

Écho de notre page Facebook : mars 2021

Mercredi saint, 31 mars 2021
Une pensée du P. Lagrange

 

J’ai attaché beaucoup trop d’importance aux belles considérations et même aux dévotes affections (sensibles) : si, après une oraison que j’ai cru fervente, je fais des actes imparfaits ou mauvais, suis-je bien avancé ? Je juge de mon état par les sentiments, je dirai presque les sensations que j’éprouve. En somme, l’homme est bon ou mauvais par les actes de la volonté.

(Marie-Joseph Lagrange o.p., Journal spirituel, 6 avril 1882. Mercredi saint.)

 

 

 

 

Mardi de la Semaine sainte 30 mars 2021
Jésus dénonce la trahison
Judas dit à Jésus : « Maître, serait-ce moi ? »

Malgré le privilège d’une foi indéfectible n’assuré qu’à Pierre, Jésus lui dit : « En vérité, , je te le dis : toi-même aujourd’hui, cette nuit, avant qu’un coq ait chanté deux fois, tu me renieras trois fois. » Pierre répondit : « Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renierai pas ! » L’affection, entraînée à s’affirmer plus ardente, peut seule faire pardonner un pareil démenti. (Jn 13, 21-33. 36-38)

(Quelques phrases tirées de L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique par Marie-Joseph Lagrange o.p. Artège, Paris, 2017.)

Illustration : Judas et Pierre demandent à Jean : « Qui est-ce ? » La Cène de Marco d’Oggiono.

 

 

Lundi 29 mars 2021
Évangile selon saint Jean 12, 1-11
« Tu demandes pourquoi elle n’a pas vendu ce parfum ? C’était afin de le conserver pour le jour de ma sépulture. »

Et en effet son cœur attentif avait été touché d’un pressentiment auquel les autres demeuraient fermés ; elle avait oint d’avance le corps du Maître tant aimé. Et ce geste était si beau, étant inspiré par une lumière divine, que Jésus annonça solennellement : partout où sera prêché l’Évangile, dans le monde entier, on parlera de ce qu’a fait cette femme, en mémoire d’elle. Prophétie réalisée dans toutes les chaires où l’on prêche la Passion.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile de Jésus-Christ avec la synopse évangélique, Artège, 2017.)

 

Dimanche 28 mars, dimanche des Rameaux et de la Passion de Notre Seigneur
L’entrée messianique du Seigneur à Jérusalem (Marc 11, 1-10).

En ce début de la Grande Semaine, cette journée commence par l’entrée messianique à Jérusalem. Hosanna est tiré d’un psaume (118, 25), ce qui signifie « Sauve donc ». C’était devenu une acclamation, comme « Gloire, Victoire ! ». Le reste du récit est parfaitement clair, mais on se demande pourquoi Jésus, qui a toujours évité l’éclat, a accepté et presque provoqué cette explosion d’enthousiasme messianique. C’est parce qu’il appartenait à sa mission de se présenter comme Messie, afin que les Juifs ne puissent alléguer qu’il ne leur avait pas donné lieu de le reconnaître. Aussi a-t-il choisi une entrée messianique incontestable, puisqu’elle réalise une prophétie clairement messianique (Zacharie 9, 9), mais en même la plus modeste. On a souvent exagéré la magnificence de ce triomphe, car, dit-on, d’après les Orientaux, l’âne est une noble monture. En réalité les rabbins étaient embarrassés de l’humble équipage décrit par le prophète. Ce devait être une entrée de rechange, pour le cas où les Israélites ne seraient pas dignes de voir le Messie descendre des nuées du ciel. Jésus a donc su concilier ce qu’il devait à son titre, et ce qui donnait satisfaction à l’humilité de son cœur. Son triomphe est tout populaire, par les sentiments spontanés et les hommages rustiques. Cette simplicité montrait assez qu’il ne venait pas pour établir un royaume temporel ; l’aspect spécifique de cette foule qui se dépouille de ses vêtements au lieu de prendre les armes devait rassurer la vigilance des Romains. Le contraste n’en est pas moins saisissant avec les scènes de la Passion. Le peuple s’était prononcé ; il se déjugea.

En effet, le lendemain c’était le début de la Passion. Les adversaires de Jésus ne veulent pas attendre la fin de la fête, signal du retour en Galilée, et ils craignent l’agitation durant la fête. Ils n’ont pas de temps à perdre. (Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Marc, Lecoffre-Gabalda, Paris, 1935.

Illustrations : Entrée messianique de Jésus à Jérusalem par Giotto.
Le baiser de Judas par Giotto.

 

 

 

 

Jeudi 25 mars 2021
Annonciation du Seigneur

« Et voici que tu concevras et que tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père, et il règnera sur la maison de Jacob pour les siècles, et son règne n’aura pas de fin. » (Luc, 31-32).

La phrase est pour ainsi dire stéréotypée dans la bouche de l’ange quand il s’agit d’un enfant extraordinaire. – Il est probable que Luc qui a insisté sur la virginité de Marie (verset 27) : « à une vierge fiancée à un homme nommé Joseph, de la maison de David, et le nom de la vierge était Marie » – pensait à ce dernier passage ; le nom d’Emmanuel ne pouvait remplacer celui de Jésus, et son contenu symbolique, « Dieu avec nous » […] Le nom le plus répandu du Messie était Fils de David.

 

Le trône de David restauré doit s’étendre à toute la maison de Jacob. […] L’ange affirme encore plus nettement qu’Isaïe (9, 6) : – « Étendu est l’empire dans une paix infinie, pour le trône de David et sa royauté, qu’il établit et qu’il affermit dans le droit et la justice. Dès maintenant et pour toujours l’amour jaloux de Yahvé Sabaot fera cela. » – que le règne n’aura pas de fin. Et comme Daniel (7, 13) : – « Je contemplais, dans les visions de la nuit. Voici, venant des nuées du ciel, comme un Fils d’homme. Il s’avança jusqu’à l’Ancien et fut conduit en sa présence. À lui fut conféré empire, honneur et royaume, et tous peuples, nations et langues le servirent. Son empire est empire à jamais, qui ne passera point et son royaume ne sera point détruit. » – C’est ouvrir une porte sur le surnaturel, car ce qui est infini dans un sens sort des conditions des choses humaines. (Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Luc, Lecoffre-Gabalda, Paris, 1941.)

« Ô Vierge très pure, soyez louée et bénie par le Créateur et les créatures, et béni soit le fruit de vos entrailles, Jésus. » (Marie-Joseph Lagrange, o.p. Journal spirituel)

Illustration : Annonciation par Edward A Fellowes Prynne (1854-1921)

 

Dimanche 21 mars 2021
De l’évangile de saint Jean (12, 20-33)

Seigneur, nous voulons voir Jésus. […] Ces braves gens n’osent se présenter eux-mêmes ; ils ont vu Jésus comme tout le monde, monté sur le petit âne, mais ils voudraient l’entretenir. Nés dans le paganisme, ils ont acquis la foi en Dieu ensuite du travail personnel de leur esprit et de l’impulsion de leur cœur ; ils devaient plus que d’autres se sentir pressés de demander à Jésus plus de lumière. […]

Le vrai triomphe de Jésus sera le fruit de sa mort (23-33).

À une explosion de messianisme national, qui ne fait qu’éperonner la haine des Pharisiens dirigeants, et qui procure chez les Grecs une curiosité plus ou moins sympathique, le Messie répond en exposant sa vraie mission, où le triomphe était attaché à l’élévation sur la croix pour le salut de tout le monde. C’est comme une effusion de l’âme de Jésus, un adieu à la foule avant son adieu à ses disciples, et déjà presque un dialogue avec son Père, enfin une suprême exhortation.

Jésus accepte la mort, et instruit ceux qui veulent le suivre de la voie qui mène à la gloire (23-26) ; cependant son âme est troublée mais une voix du ciel lui rend témoignage (27-29) ; il indique quel sera son genre de mort (30-33). […] Cette voix n’est pas sans analogie avec celle de la Transfiguration. […] Il semble que cette voix ne fut entendue distinctement que par Jésus, et sans doute aussi par ses disciples. […] Après l’invocation au Père, il était évident que c’était un signe céleste.

(Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 6e édition, 1936)

Illustration : L’heure est venue où le fils de l’homme doit être glorifié. Peinture italienne-Marco (16e)

 

Vendredi 19 mars 2021

 

Saint Joseph, priez pour nous.

Saint Joseph a caché Jésus et Marie, et maintenant il les donne : il est le grand apôtre du ciel.

Grâces soient rendues à saint Joseph qui m’a rendu la grâce de sentir la dévotion à ma Reine Immaculée. Il m’a donné la force de me taire en classe. Je vous demande encore, ô grand saint, l’humilité dans les conversations ! (Marie-Joseph Lagrange o.p. Journal spirituel, 19 mars 1882)

 

 

 

 

Mercredi 17 mars 2021
Le Fils de Dieu use de son droit divin (Jean 5, 17-30)

Son œuvre essentielle est de donner la vie à ceux qui passent pour vivants et qui sont morts aux yeux de Dieu.

Mais qu’ils croient que Dieu l’a envoyé, qu’ils honorent le Fils, et déjà ils ont en eux-mêmes la vie éternelle.

Le Fils qui leur communique la vie reçue du Père sera leur seul juge au nom du Père, et comme sa voix fait naître à la vie spirituelle par la foi, elle retentira encore lors de la résurrection, de la vie ou de la mort. […] La fonction de juge n’ajoute rien d’essentiel, puisque celui qui croit n’est pas jugé, ayant passé de la mort à la vie. Ce qui donne au discours son caractère, c’est la révélation des rapports très étroits entre le Père et le Fils. Elle prépare à admettre entre eux l’identité de la nature divine, sans détriment de cette relation de Père à Fils et de Fils à Père qui suppose deux personnes distinctes.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, Artège-Lethielleux, 2017, extraits p. 263-264.)

Illustration : Christ, vrai Dieu et vrai homme. (artiste inconnu)

 

Lundi 14 mars 2021
La guérison du fils du fonctionnaire royal

« Hier à la septième heure, la fièvre l’a quitté. » Le père reconnut donc que c’était l’heure à laquelle Jésus lui avait dit « Ton fils vit » ; et il crut, lui et sa maison entière. (Jean 4, 52-53)

L’homme a ajouté foi à la parole de Jésus ; maintenant que le miracle est évident pour lui, sa foi est plus ferme. C’est un effet naturel et voulu de Dieu que le miracle provoque la foi ; ce que Jésus condamnait, c’était la demande de signes. La foi peut et ordinairement doit naître sans miracles constatés personnellement. Quand Jésus se manifestait par ses paroles et sa présence, la raison de croire était suffisante. […] Il est très probable que si Jean parle encore de « toute sa maison », c’est qu’elle était connue des premiers chrétiens et avait sans doute eu sa part aux progrès de l’évangile. […] On se demande si la guérison du fils du dignitaire est le même miracle que la guérison du centurion (Mt 8, 5-13 ; Lc 7, 1-10). La principale ressemblance est que le malade est à Capharnaüm, et que la guérison se fait sans contact ; dans les deux cas celui qui demande le miracle est un personnage d’une certaine importance. Mais les divergences sont nombreuses. Dans Jean, le malade est un fils, dans Luc un serviteur, et il n’y a pas de raison de croire que Matthieu ait parlé d’un fils. Dans Jean, le père vient de Cana et insiste pour faire venir Jésus. ; le centurion a assez de foi pour demander seulement une parole. Aussi le dignitaire est-il des Juifs, à Jérusalem ou en Galilée qui demandent des miracles pour croire ; le centurion le type des gentils dont la foi surpasse celle des Israélites. […] Nous croyons donc que les deux miracles sont distincts, sans nous appuyer sur la différence du temps. (Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 1936)

 

Dimanche 14 mars 2021
« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle !… » (Jean 3, 17)

Il suffit à Jésus de faire entrevoir à Nicodème le sort qui attend le Fils de l’homme, c’est-à-dire le révélateur qu’il est lui-même : il doit être élevé, et l’on pourrait croire que cette élévation le ramène au ciel d’où il est descendu. Mais non, il sera élevé comme le serpent d’airain dans le désert, attaché à un poteau : « et quiconque aura été mordu (par un serpent) et le regardera, conservera la vie (Nombres 21, 8) », pourvu qu’il mette sa confiance en Dieu qui a voulu opérer sa guérison par ce signe. – De même, lorsque le Fils de l’homme aura été élevé de cette manière, ce qu’on devait comprendre du supplice de la croix, ceux qui croiront en lui auront la vie éternelle.

Jésus a donc révélé à Nicodème les étapes encore inconnues de la vie surnaturelle. La naissance par le baptême et par l’Esprit, la foi en celui qui est venu d’en haut, révélateur et rédempteur, conduisant à la vie auprès de Dieu.

(Marie-Joseph Lagrange o.p. Extraits de L’Évangile de Jésus Christ avec la synopse évangélique, Artège Lethielleux, 2017.)

Illustration : Jésus s’entretient avec Nicodème (dessinateur inconnu)

 

Mercredi 10 mars 2021 : Tous les amis de l’association se retrouvent à l’occasion de ce Jour-anniversaire de la « naissance au ciel » du P. Lagrange, le 10 mars 1938, à St-Maximin (Var).

La messe de ce jour est célébrée par Fr. Manuel Rivero o.p. Président de notre association. Confions nos demandes de grâces à l’intercession du P. Lagrange. Prions pour la prochaine béatification de ce grand serviteur de Dieu et de ce grand ami de Sa Parole.

« Toute ma force est dans la prière » (P. Lagrange. Journal spirituel)

 

9 mars 2021
« Alors Pierre s’approchant [de Jésus] lui dit : « Seigneur, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardonnerai-je ?… Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas : jusqu’à sept fois ; mais : jusqu’à soixante-dix fois sept [fois] ». »

« Pardonnons toujours et sans réticence, et nous comprendrons ce qui se passe « dans le cœur du bon Dieu quand on revient vers lui. »
(Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, Histoire d’une âme).

« La grande miséricorde de Dieu à notre égard est pour nous la meilleure exhortation à l’indulgence »
(R.P. Lagrange, un de ses commentaires sur les évangiles.)

(Deux extraits de la Synopse des quatre évangiles en français d’après la synopse grecque, Lecoffre-Gabalda, 45e mille, Paris, 1942).

Illustration : Christ miséricordieux
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

 

 

 

Le 7 mars 1855 naissait à Bourg-en-Bresse Albert Lagrange,

Fête à cette époque de saint Thomas d’Aquin.

Le Docteur angélique restera sa référence théologique tout au long de son parcours d’exégète.

 

Illustration : La maison natale du P. Lagrange à Bourg-en-Bresse.

 

 

7 mars 2021
Dans l’évangile de ce jour :
« L’amour de ta maison fera mon tourment. » (Jean 2, 17)

Le père Lagrange écrit : « Le zèle de ta maison me consumera. »

Cet acte de zèle rappelle aux disciples présents le passage d’un psaume (69, 10), citation assez difficile à interpréter ? De toute façon le psaume faisait allusion à un zèle ardent, tel que celui de Jérémie (20, 9 ; 23, 9) ou du psalmiste (119, 139). Et ainsi l’application à Jésus était excellente, car ce qu’il venait de faire était un acte de zèle. C’était le temps où beaucoup de Juifs avaient montré un tel zèle, qu’on avait créé pour eux le surnom de Zélotes, désignant parfois des groupes, mais toujours une tendance à faire respecter les droits de Dieu quoi qu’il en coûte, et sans s’arrêter à aucune considération humaine, parfois avec tant d’indifférence sur le choix des moyens qu’on les nomma sicaires (cf. Le Messianisme…). Mais les disciples ne songeaient pas à comparer Jésus à l’un de ces hardis partisans ; le psaume qui leur fournissait un meilleur exemple de zèle, et pour la maison de Dieu développait longuement tout ce qu’il en avait coûté au psalmiste de montrer tant d’ardeur. D’où la question de savoir ce que signifie, même pour le psalmiste : « le zèle de ta maison m’a dévoré. »

Isolés les mots suggèrent que le zèle l’a consumé à l’intérieur comme un feu brûlant […]. « Le zèle m’a dévoré de l’intérieur » doit s’entendre : « m’a valu d’être consumé de douleurs ». […] C’était dans l’intention [de Jean] d’insinuer ce que ce zèle devait coûter à Jésus.

(extraits de Marie-Joseph Lagrange o.p. L’Évangile selon saint Jean, Lecoffre-Gabalda, 1936, p. 66-67.)

Illustration : Jésus chassant les vendeurs du Temple. Auteur inconnu, 1873.

 

6 mars 2021
La prière

 

Je suis dans les choses spirituelles comme un pauvre idiot qui vient chaque jour présenter son écuelle pour avoir sa soupe : je dois tendre à Dieu mon écuelle avec confiance. La confiance ! Elle renferme toutes les qualités de la prière ; c’est elle surtout que Jésus nous recommande dans l’Évangile. C’est de confiance qu’on manque le plus parce qu’on ne sent pas toujours l’effet sensible de la prière. Et encore, quand prie-t-on avec courage, sans en sentir l’effet ! La fin de la prière vient mieux que le commencement, dit l’Esprit Saint. Il faut envisager avec courage les commencements de la prière, qui souvent ne sont pas sans amertume. L’aridité vient, ou de la fatigue, il n’y a qu’à se résigner ; ou de la tiédeur, il faut prier, crier, supplier ; ou d’une épreuve de la bonté divine, il faut en rendre grâce, et se rappeler toujours que la prière est invincible, que la prière est la voie royale du salut et le plus sûr moyen de glorifier Dieu comme Dieu. (Marie-Joseph Lagrange o.p. Journal spirituel, Cerf, 2014, p. 218-219.)

Illustration : Prière de St Dominique au pied de la croix-Couvent St-Marc-Florence-Fresque de Fra Angelico

 

3 mars 2021
La dernière prédication de Jésus à Jérusalem
« Celui qui parmi vous voudra devenir « grand » sera votre serviteur. Celui qui voudra parmi vous être « premier » sera votre esclave (Mt 20, 26-27).

Le P. Lagrange commente :

Parmi les chrétiens en effet, celui qui est appelé à commander doit résolument faire figure de chef. Mais il ne sera accepté comme tel que si l’on sent qu’il s’humilie en lui-même au-dessous de tous. Le Pontife romain, pasteur suprême, a voulu être appelé « le serviteur des serviteurs de Dieu ». Et tout cela pour imiter le Fils de l’homme. Car il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. Depuis cet exemple, ce mot de servir, mal famé, est devenu très noble. Révélant alors le motif intime de son abaissement charitable, dont l’heure était venue, Jésus leur dit : le Fils de l’homme venu pour servir est venu donner son âme, c’est-à-dire sa vie, comme rançon, pour un grand nombre, c’est-à-dire comme l’avait marqué le bon pasteur pour ses brebis. (extrait de L’Évangile de Jésus-Christ avec la synopse évangélique, Artège-Lethielleux, 2017, p. 454.)

Illustration : Le Christ rencontrant la femme et les fils de Zébédée, Paolo Caliari dit Véronèse-vers 1565

2 mars 2021

Le Père Marie-Joseph LAGRANGE, fondateur de l’École biblique de Jérusalem, ordonné prêtre à Zamora
Le diocèse de Zamora célèbre une année de retraite du 19 mars 2021 au 19 mars 2022 pour commémorer le neuvième centenaire de la restauration de son siège épiscopal.
Parmi les nombreux événements qui ont marqué son histoire figurent l’aménagement presbytéral du frère dominicain Maria-José LAGRANGE (1855-1938) qui a fondé l’École biblique de Jérusalem le 15 novembre 1890, fête de Saint-Alberto Magno, son patron de Baptême.
Exilé avec tous les dominicains de la Province de Toulouse (France) au couvent Saint Étienne de Salamanque de 1880 à 1886 à cause de la persécution antireligieuse de 1880 en France, fray Maria José LAGRANGE qui avait reçu l’ordination diaconale à Salamanque était à Zamora pour recevoir son ordination presbytérale des mains de l’évêque du diocèse Monseigneur Thomas Belesta et Cambeses le 22 décembre 1883, à la Chapelle publique du Palais épiscopal. La mère du Père Lagrange et sa sœur Thérèse étaient présents.
Fr. Manuel Rivero O.P.
Président de l’association des amis du père Lagrange

2 mars 2021
Pensée du P. Lagrange

 

La dévotion à saint Joseph a crû beaucoup. D’ailleurs il m’a été donné d’inspirer l’amour envers Marie. Oh ma bonne Mère, qu’est-ce auprès de ce que je vous dois ? Vous sauverez ma pauvre âme. (Journal spirituel, éd. Cerf, 2014)

 

Photo : Consécration au Cœur sacré de Joseph. Sanctuaire de Saint Joseph Bon Espoir. Espaly.

 

 

 

1er mars 2021

« Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. Et ne jugez pas, et vous ne serez point jugés ; et ne condamnez pas, et vous ne serez point condamnés ; absolvez, et vous serez absous. Donnez, et l’on vous donnera : une bonne mesure, serrée, tassée, débordante sera versée dans votre sein ; car on se servira envers de la mesure dont vous vous serez servis » » (Luc 6, 37-38).

Le P. Lagrange écrit pour ces deux versets :

(36) Luc parle seulement de la miséricorde « de votre Père », la miséricorde étant d’ailleurs plus spécialement dans le thème.

(37-38) Ces deux versets vont bien ensemble, puisque la charité commande aussi de ne pas juger.

(37) Non seulement on ne doit pas en vouloir à ses ennemis ni venger ses injures personnelles ; il ne faut pas même juger, c’est-à-dire, comme il est expliqué par la suite, juger que le prochain a mal agi. Il ne s’agit pas évidemment de la répression sociale ou des verdicts de la puissance judiciaire, mais des jugements prononcés intérieurement ou en paroles, sans mandat. Cela n’exclut pas non plus l’appréciation morale d’un acte ; mais ce n’est pas à nous à déclarer coupable celui lui l’a posé. Sainte Catherine de Sienne a beaucoup insisté sur ce point. On est si souvent trompé par des apparences défavorables ! et l’on n’a pas le droit de faire une enquête quand on n’a pas mission de juger. Dieu est toujours là pour nous traiter avec indulgence que nous aurons eue pour les autres. Luc développe même le conseil négatif de ne pas juger en celui d’absoudre.

(38) Luc revient à l’idée du don, préparée par celle d’absolution. La bonne mesure est déjà quelque chose de plus que la quantité strictement exigée ; la denrée est encore pressée pour que le récipient contienne davantage ; secouée, pour que les intervalles soient remplis, s’il s’agit par exemple de fruits, et elle déborde encore au moment où on la verse. Cette surabondance exprimée si fortement fixe le sens des derniers termes : on ne vous donnera pas exactement ce que vous aurez donné ; mais si vous êtes larges et bons, on sera large et bon, avec cet excès dans la récompense qui appartient aux dons de Dieu par rapport à ceux de l’homme. (Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile selon saint Luc, Lecoffre-Gabalda, 1941, p.197-198, extraits.)

Hommage au frère Paul Amargier O.P., par le frère Manuel Rivero O.P.

Cher frère Paul,

Le 8 janvier 2021, tu as vécu ton « exode » vers le Père à l’hôpital Saint Joseph de Marseille fondé par le bienheureux abbé Fouque (+1926) avec les sœurs dominicaines de la Présentation de Tours. La prière de tes frères dominicains et de tes amis t’accompagnent dans ce passage vers la Vie éternelle. Dans le memento des défunts quand je célèbre à la messe, tu es aussi bien présent.

Merci pour tout ce que tu as apporté à l’humanité, à l’Ordre des prêcheurs et à l’Église de Marseille.

Tu as aimé l’histoire traitée de manière scientifique et tu l’as fait aimer.

Assigné à l’École Lacordaire de Marseille en 1983 avec le projet de préparer une nouvelle étape pour la vie dominicaine à Marseille après des années de crise et de douleur au point qu’un grand nombre de frères souhaitaient la fermeture du couvent. Tu m’avais reçu dans le presbytère de la paroisse de Saint-Victor où tu logeais, tout près des vestiges de l’antiquité chrétienne gardés dans la crypte de l’abbaye, véritable écrin qui contient le trésor de la mémoire des martyrs et de la prière des moines dont le pape Urbain V. Je t’avais demandé si tu pouvais participer au renouveau de la communauté dominicaine à Marseille. « Je peux apporter une aide oblique », avais-tu répondu. Oblique ? Cette réponse pour le moins originale m’avait surpris. Mais c’était mieux que rien.

Il te plaisait de rappeler que saint Dominique et saint Thomas d’Aquin étaient morts à cinquante ans. C’est à cet âge que tu avais quitté le couvent de la rue Edmond Rostand, non sans souffrance. Néanmoins tu manifestais toujours ton attachement à l’Ordre des prêcheurs. Tes visites régulières au couvent pour partager un repas de midi et la récréation sous les platanes du cloître te rendaient attachant. Tu parlais beaucoup comme les gens qui passent de longues heures dans la solitude. Tes propos intéressants étaient parfois assaisonnés d’humour. Parmi les anecdotes, il y a l’histoire d’un chat que tu avais accepté de garder dans ton appartement à la demande des amis partis en vacances. Tu avouais en évoquant la psychologie du félin que « tu habitais chez le chat ». C’était lui qui t’imposait ses mœurs et ses habitudes. Il t’arrivait de me faire rire sans que tu l’aies cherché. Aumônier de l’université de sciences, les étudiants parlaient de leur manière de passer leurs week-ends avec une fille superbe, par exemple. Toi, tu nous disais : « J’ai passé le week-end avec Urbain V ». Tu écriras ainsi sa biographie : « Urbain V : un homme, une vie, 1310-1370 ».

Poli et précis, tu pouvais réagir violemment quand il s’agissait de la morale. Le père Pierre Duménil (+2019), curé de la paroisse du Sacré-Cœur de Marseille, m’invitait souvent à participer aux rencontres avec les chefs d’entreprises afin de réfléchir sur leurs problèmes économiques à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Parmi les questions abordées, il y avait celle bien connue des pots-de-vin dans l’obtention des marchés. Certains entrepreneurs avouaient leur tiraillement intérieur entre leurs convictions morales et la responsabilité de faire vivre l’entreprise. Tu t’étais exclamé : « Mon c… ! ».

Fraternel et apostolique, tu ne refusais pas de rendre service. C’est ainsi que tu avais répondu favorablement à mon invitation pour parler aux étudiants. Nous nous étions donné rendez-vous à l’entrée de l’université de Provence, près de la gare. Tu étais ponctuel. La précision représentait une grande valeur à tes yeux. Tu m’as même dit : « Je suis comme Sartre, si tu me donnes rendez-vous dans quelques années, à tel endroit à telle heure, j’y serai ! ». Ce goût pour la précision tu l’as gardé. Il apparaît dans l’une de tes dernières productions : « 1215 Innocent III et le concile de Latran IV » où tu signales : « PRO MANU SCRIPTO Texte terminé le vendredi 30 mai 2014 (à 2 heures du matin) ».

Nous avons surtout travaillé ensemble pour l’édition de la plaquette « Vie dominicaine à Marseille, 1225-1992 ». Avec le frère Bernard Montagnes (+2018) d’heureuse mémoire, tu t’étais partagé la tâche de mettre en lumière le rayonnement fidèle des frères prêcheurs, dans plusieurs couvents au cœur de la cité phocéenne pendant des siècles, en traversant à l’image d’un couple amoureux, crises, guerres, maladies comme la peste … Attiré par le cinéma et l’image, je n’avais pas eu de mal à obtenir de toi des écussons et sceaux dominicains pour illustrer le texte. Tu aimais Marseille et tu la faisait aimer, non seulement par tes nombreuses publications[1] mais par l’affection et la joie que tu manifestais en faisant revivre l’histoire chrétienne de la Provence et de Marseille en particulier, tant il est vrai que nous transmettons aux autres ce que nous aimons. Le philosophe espagnol Ortega y Gasset disait que l’historien est un « prophète à l’envers »[2]. Si le prophète annonce l’avenir, l’historien annonce le passé. Si le prophète interprète l’avenir, l’historien scrute et explique le passé. La tâche de l’historien ne va pas sans des aspects mystérieux voire visionnaires. « L’histoire se fait avec des documents et des monuments », disait le père Lagrange. L’historien examine les manuscrits, les pierres, les épigraphies, les ruines et les monuments à la manière d’un plongeur qui essaie de reconstituer la vie du bateau qui gît sur le sable marin depuis des siècles. Chaque objet éveille en lui l’imaginaire mais cet imaginaire n’est pas à confondre avec la fantaisie. Ce que l’historien rêve est soumis au filtre de la raison et des critères scientifiques de vérification. L’étude du passé projette une lumière sur la vie présente, et il est vrai que rien ne peut être bien saisi sans la perspective historique. La recherche historique comporte une quête du sens de la propre vie de l’historien qui aborde la problématique d’hier avec ses questions, ses doutes et ses convictions.

À Jérusalem, en fondant l’École biblique, le père Lagrange avait tenu à faire œuvre d’historien en étudiant la Bible de manière scientifique, critique, car « tout ce qui a l’apparence de l’histoire n’est pas de l’histoire », déclarait-il.

Ta spécialité n’était pas la Bible mais le Moyen Âge. Membre émérite de l’Académie des sciences, des lettres et des arts de Marseille, tu as contribué à faire apprécier cette ville en montrant ses richesses humaines, culturelles et spirituelles. Avec le temps et la fatigue due à l’âge, tu t’étais effacé, mais le passage du temps n’efface pas ton amour envers la cité phocéenne. Tu fais partie de ces prophètes qui ont dévoilé avec génie le cœur de Marseille. Ce n’est pas sans raison que le père Jean Arnaud (+2000) appelait Marseille, souvent malfamée, « ville sainte ».

Tu as fait de l’histoire avec rigueur, selon les exigences académiques de l’université, auprès de Georges Duby, pour lequel tu étais fier de travailler de manière anonyme tout en dévoilant que dans ses livres un bon nombre de données historiques provenaient de ta recherche.

Tu as fait de l’histoire dans la lumière de la foi et non en aveugle, montrant l’action de Dieu dans les événements et dans la vie des saints. Parmi tes publications, j’ai beaucoup apprécié ton article sur saint Thomas d’Aquin dans l’Encyclopédie de la sainteté[3].

Merci, cher frère Paul, pour le respect que tu as témoigné envers les prêtres. Tu parlais des curés avec respect, estime et discrétion, qualités rares dans les échanges entre ecclésiastiques. Je ne me souviens pas t’avoir entendu critiquer les prêtres de Marseille du haut de tes connaissances. Tu aimais l’Église, tu aimais ses prêtres.

Que restera-t-il de ton œuvre ? D’autres recherches dépasseront tes découvertes. Mais il demeurera le processus mis en route et ton amour pour Marseille, cet amour dont l’apôtre Paul dit qu’ « il ne passera jamais » (I Cor 13,8).

Les talents reçus tu les as fait fructifier, puisse le Seigneur Jésus dans sa miséricorde te recevoir dans son Paradis : « Viens, serviteur fidèle ! » (cf. Mt 25,21).

Saint-Denis (La Réunion), le 2 février 2021, fête de la Chandeleur, célébrée avec ferveur en l’abbaye de Saint-Victor de Marseille.

[1] Paul Amargier – Balade dans les vieux quartiers de Marseille, Éditions Jeanne Laffitte, 2004. – Paul Amargier – Marseille au Ve siècle, Éditions La Thune, 1998. – Paul Amargier – Marseille au Moyen Age, Éditions La Thune, 1996. – Paul Amargier/Charlet – Münzer H., L’itinéraire de Jérôme Münzer en l’an 1495 (traduction de P. Amargier et J.-L. Charlet), dans Deux voyageurs allemands en Provence et en Dauphiné à la fin du XVe siècle, Provence historique, XLI, fasc. 166, oct.-nov.-déc. 1991, pp. 586–599. – Paul Amargier – Un âge d’or du monachisme, Saint-Victor de Marseille (990-1090), P. Tacussel éditeur, 1990. – Paul Amargier – (Texte établi sous la direction de) – Cartulaire de Trinquetaille, 1972. – Paul Amargier – Dauphine de Puimichel et son entourage au temps de sa vie aptésienne (1345-1360) et André Vauchez, dans Le peuple des saints. Croyances et dévotions en Provence et Comtat Venaissin des origines à la fin du Moyen Âge, Éd. Académie de Vaucluse et CNRS, 1987 (ISBN 2906908002).

[2] Voir à ce propos : Los Dominicos y el Nuevo Mundo siglos XIX-XX. Actas del V° Congreso Internacional Querétaro, Qro. (México) 4-8 septiembre 1995, José Barrado Barquilla, OP., Santiago Rodriguez, OP., (Coordinadores), Salamanca, Editorial San Esteban, 1997, Discours inaugural prononcé par le Dr. D. Enrique García Burgos, Gouverneur de l’État de Querétaro, le 4 de septembre 1995, PP. 21-22.

[3] Histoire des saints et de la sainteté chrétienne. Tome VI. Paris. Hachette. 1986. Pages. 245-260.